10 juillet 2022. Les titres des articles sont en tête de l'envoi.

Pour retrouver les envois oxi antérieurs : discuter.rezo.net/c/oxi/42

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message de Marc de Solidarité Grèce 67 et du dispensaire d’Elliniko - 37 professionnels de la santé grecs arrêtés lors d’une manifestation pacifique - La Grèce va supprimer le « prélèvement de solidarité » et permettre aux retraites d’augmenter à nouveau - En Grèce, les dockers du port du Pirée luttent pour l’amélioration de leurs conditions de travail - « Les entreprises grecques fournissent quasiment la plus grande flotte de navires pour le transport de pétrole russe »: Zelensky critique l’implication des armateurs grecs - Une réfugiée qui se cachait à Chios, morte de faim et de soif - La CEDH condamne la Grèce après le naufrage d’un bateau de migrants en 2014 - La «thanato politique» migratoire européenne : un texte écrit en 2014 -

La crise alimentaire (III)

Colombie : la Commission de la Vérité a remis son rapport final

Libérez Leonard Peltier et tous les prisonniers politiques… le procureur qui l’a condamné reconnait ses torts et demande sa libération

Suite au pourvoi en cassation à l’initiative de Macron CONFÉRENCE DE PRESSE, RÉFUGIÉS ITALIENS, 11 JUILLET, 11h dans les locaux des Éditions Actes Sud, 60-62 avenue de Saxe, Paris 15ème.

Fête des barricades du 11 au 17 juillet gare de Lunéville

Festival anti-nucléaire des Bure’lesques les 5-6-7 août 2022

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message de Marc de Solidarité Grèce 67 et du dispensaire d’Elliniko

Les dispensaires grecs sont une structure de soins primaires (que nous n’avons plus en France) qui prend en charge tous les soins de base et sont donc en contact direct avec la misère générale. Cela évite l’engorgement des urgences et a créé un lien et développé un bénévolat qui prend soin aussi des personnes indigentes, patients non assurés, chômeurs, émigrés…

C’est à ces dispensaires sociaux que nous envoyons les médicaments, ci dessous le dernier message reçu d’Elliniko, cette fois ils l’ont traduit en français…

Chers amis, Bonsoir !

…Nous avons reçu le colis hier et nous vous remercions sincèrement ainsi que tous nos amis français.

Nous aimerions que vous sachiez que votre aide et votre soutien sont essentiels pour nous tous au dispensaire qui essayons, chaque jour, de donner aux gens qui en ont besoin, l’espoir, l’optimisme et le réconfort qu’ils ne sont pas seuls dans cette crise en cours.

Le dispensaire marche très bien. On estime que ça va beaucoup mieux parce qu’on l’a surmonté une manière centralisée de gérer et de faire fonctionner le dispensaire et de nombreux volontaires avec des qualifications spéciales ont été mis en valeur avec enthousiasme.

Nous avons été en contact avec de nombreuses autres organisations et avons organisé des collaborations pour fournir des médicaments mais aussi soutenir des gens vulnérables avec leurs problèmes de santé.

Nous nous attendons à ce que la situation en Grèce devienne pire. Il y a un manque important de médicaments à travers le pays.

Les chirurgies et les greffes d’organes sont reportées car il n’y a pas de médecins dans les hôpitaux publics.

Le gouvernement a éloigné des milliers de gens travaillant dans le domaine de la Santé parce qu’ ils n’ étaient pas vaccinés.

Maintenant, on pense les licencier. Les médecins qui continuent à travailler dans les hôpitaux, font 23 services de garde par mois pour couvrir les absences !

Cela veut dire que ces médecins passent leur vie dans l’hôpital … et, bien sûr, ils ont commencé à partir travailler à l’extérieur où les rémunérations sont 3 à 5 fois plus élevées.

Le monde s’assombrit, s’éloigne de plus en plus de l’humain. J’ai peur et je m’inquiète de ce qui vient.

La solidarité, l’humanisme et la vigilance pour les valeurs universelles pourraient changer les choses.

… Merci d’être avec nous pendant que vous êtes si loin

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source : worldcouncilforhealth.org/news/2022/07/greek-doctors-arrested/78622/?utm_source=newsletter&utm_medium=email&utm_campaign=meditation-greece

37 professionnels de la santé grecs arrêtés lors d’une manifestation pacifique

Par le Conseil mondial de la santé
8 juillet 2022

Le Conseil mondial de la santé et l’Alliance grecque pour la liberté médicale dénoncent les actions du gouvernement grec actuel et soutiennent les 37 professionnels de la santé qui manifestaient pacifiquement lorsqu’ils ont été arrêtés cette semaine.

De nombreux professionnels de la santé vivent dans la pauvreté en Grèce en raison de la décision du gouvernement de les licencier il y a dix mois pour ne pas avoir accepté une injection de Covid-19.

Jeudi, 37 de ces professionnels de la santé suspendus manifestaient pacifiquement devant le domicile du Premier ministre lorsqu’ils ont été arrêtés et emmenés au commissariat central d’Athènes.

Pendant les deux heures et demie qu’ils ont passées au siège de la police grecque avant d’être arrêtés, on les a empêchés de rencontrer leurs avocats. Une demande d’exemption des avocats des mères de familles monoparentales n’a pas été accordée, ce qui a eu pour conséquence de laisser de jeunes enfants seuls toute la nuit.

Alors qu’aucun acte illégal n’a été commis, de gros efforts ont été faits pour justifier l’arrestation des professionnels de la santé qui protestaient pacifiquement.
Une centaine de sympathisants se sont rassemblés à midi le vendredi 8 juillet au tribunal d’Evelpidon pour plaider auprès du procureur et du tribunal la libération des personnes arrêtées qui manifestaient pacifiquement devant la maison du Premier ministre à Lycabettus.

Une photo partagée sur Telegram montre l’un des professionnels de la santé, menotté, transféré au tribunal le vendredi 8 juillet.

Les 37 personnes ont été libérées vendredi vers 16 heures et attendent maintenant leur procès prévu pour le 19 octobre 2022.
Le Conseil mondial de la santé s’associe à l’Alliance grecque pour la liberté médicale et à l’Alliance mondiale des médecins pour demander que toutes les charges retenues contre les professionnels de la santé soient abandonnées et que leur emploi soit rétabli.

Pour plaider en faveur des personnes en attente de procès, des courriels peuvent être envoyés aux adresses suivantes :
Le ministère grec de la Santé à l’adresse info@moh.gov.gr
Association médicale panhellénique : pisinfo@pis.gr
Ministère grec de la protection des citoyens (police grecque) : kepik@astynomia.gr et pressoffice@yptp.gr

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source : www.keeptalkinggreece.com/2022/07/06/greece-solidarity-levy-abolish-pensions-rise/

La Grèce va supprimer le « prélèvement de solidarité » et permettre aux retraites d’augmenter à nouveau

6 juillet 2022

Le Premier ministre Kyriakos Mitsotakis a annoncé mercredi que le « prélèvement de solidarité », un impôt supplémentaire sur les revenus, sera supprimé à partir de janvier 2023 et que les retraites gelées depuis 2010 pourront à nouveau augmenter.

« C’est un double signal retentissant que la croissance du pays doit profiter à tous sans mettre en danger l’équilibre budgétaire et la compétitivité de l’économie grecque », a déclaré Mitsotakis aux législateurs lors d’un débat au Parlement convoqué par le Premier ministre pour présenter le travail de son gouvernement sur les questions sociales.

Il a précisé que les pensions « seront placées sur une trajectoire d’augmentation régulière et permanente » à partir de 2023 et que la suppression de l’impôt de solidarité s’appliquera à tous - salariés du secteur privé et du secteur public, ainsi que retraités.

La taxe de solidarité a été imposée conformément aux dispositions du premier plan de sauvetage en 2010, initialement en tant que « mesure fiscale provisoire » dont même les petits retraités ont été victimes.

La mesure a été modifiée par la suite et a fini par être imposée sur les revenus annuels à partir de 12 001 euros. Le prélèvement était calculé en plusieurs catégories de pourcentage de revenu, mais il y avait un plafond, de sorte que les personnes dont le revenu annuel était compris entre 50 000 et 60 000 euros devaient payer le même prélèvement que celles dont le revenu était supérieur à 100 000-200 000 euros.

Il a été supprimé pour les travailleurs du secteur privé il y a deux ans, mais maintenu pour le secteur public.

Le Premier ministre Mitsotakis s’était initialement engagé à supprimer ce prélèvement pour un an (2021) en septembre 2020, dans le cadre d’un programme d’allégement fiscal visant à stimuler l’emploi dans un contexte de récession causée par la pandémie de coronavirus, mais le plan a été reporté en raison du ralentissement de l’économie.

Selon le radiodiffuseur public ERT, le prélèvement de solidarité rapporte 460 millions d’euros par an.
Les retraites ont subi de fortes réductions depuis le premier plan de sauvetage et n’ont pas été augmentées au cours des 12 dernières années.
Les prestations sociales pour les personnes dans le besoin n’ont pas non plus été augmentées, bien que l’inflation soit galopante depuis le début de l’année 2022 et ait atteint 12 % en juin.
Il existe encore un certain nombre de « mesures de sauvetage provisoires », telles que l’imposition selon le revenu présumé, qui impose de lourdes taxes même aux personnes sans revenu, et l’impôt foncier unifié (ENFIA), initialement mis en œuvre pour deux ans.
Douze années se sont écoulées depuis lors, avec des mesures injustes qui ont conduit des milliers de personnes au désespoir et à la faillite, et les péchés des deux partis, la Nouvelle Démocratie conservatrice et le PASOK socialiste, qui ont dirigé la Grèce pendant 40 ans et l’ont conduite à l’effondrement économique, pèsent toujours sur les épaules des citoyens.
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source : www.equaltimes.org/en-grece-les-dockers-du-port-du#.YsmUWoTP3IU

En Grèce, les dockers du port du Pirée luttent pour l’amélioration de leurs conditions de travail

Par Miguel Fernández Ibáñez 22 juin 2022

Il est 6 heures du matin par une fraîche journée de février 2022 à Perama, une cité ouvrière dans les faubourgs du port du Pirée à Athènes. Des centaines de dockers, dont la plupart portent des manteaux orange réfléchissants, les mêmes que ceux qu’ils utilisent pour travailler pour Dport (une société liée à Cosco), organisent une grève de 24 heures. À l’entrée de l’un des quais, ils réclament une convention collective pour améliorer leurs conditions de travail et économiques afin de les aligner sur celles des dockers employés par l’autorité portuaire du Pirée (PPA en anglais).

« Sur l’autre quai, ils gagnent beaucoup plus que nous. Je touche 58 euros (62,3 dollars US) par jour parce que je travaille depuis dix ans, alors que ceux qui viennent d’être embauchés en touchent 42 (45,1 dollars US) », constate Stavros, un docker. « [L’entreprise d’État chinoise] Cosco paie moins, et je suis convaincu qu’elle paierait un dollar de l’heure si elle le pouvait, mais c’est aussi la faute du gouvernement [grec], qui le permet », ajoute l’homme de 32 ans, soutenu par son équipe. Ils ne sont pas jaloux des « autres dockers », soulignent-ils, car ces derniers touchent le minimum qu’ils méritent pour un travail éreintant et dangereux, sous d’énormes grues et entre des équipements extrêmement dangereux. Dans ce port, le deuxième port à conteneurs le plus important de la Méditerranée, un docker a récemment perdu la vie.

Le millier d’employés de PPA travaillent sur le quai I, dans les bureaux ainsi que dans les terminaux dédiés aux croisières, aux véhicules et autres activités. Ils sont protégés par une convention qui, grâce à des mesures incitatives, leur permet de gagner un salaire moyen de 1.600 euros net. « Nos négociations partent du minimum que nous assurons depuis des décennies. De plus, PPA rend des comptes aux investisseurs qui veulent conserver un bon profil aux yeux de la société », explique Giorgos Gogos, secrétaire général du syndicat des dockers de PPA. Toutefois, les 2.100 dockers qui travaillent pour Dport sur les quais II et III ne disposent pas d’une convention collective qui protège réellement leurs droits. C’est la raison pour laquelle ils gagnent moins, environ 1.300 euros, et que des grèves et des protestations ponctuelles sont organisées pour améliorer la formation, la sécurité et, bien sûr, le salaire.

Piraeus Container Terminal, la filiale de Cosco chargée de la gestion des terminaux pour conteneurs, fait appel au personnel fourni par Dport depuis 2010. Un maillage d’entreprises que tout le monde réduit à « Cosco », le géant chinois qui contrôle Le Pirée. En réponse à un entretien écrit avec Equal Times, George Petsis, directeur de Dport, nie toute relation avec Cosco et se défend de toute critique. « Notre entreprise a signé une convention collective de travail de trois ans avec le principal syndicat [le SYNEDEP, nda] en 2019. En octobre 2021, comme l’exige la loi, nous avons entamé une nouvelle négociation avec ce même syndicat, qui représente plus de 55 % des travailleurs », explique M. Petsis. « Les dockers en grève sont membres d’un syndicat [ENEDEP] qui représente environ 20 % des employés. Ce syndicat est en litige avec l’autre syndicat [SYNEDEP] et tente d’annuler la validité des récentes élections syndicales afin de bloquer la signature d’une nouvelle convention collective avec le représentant légitime. »

« Nous sommes disposés à discuter des dispositions qui amélioreraient la rémunération et tous les autres aspects des conditions de travail de notre personnel, à condition que le syndicat qui signe la convention collective dispose de tous les documents juridiques nécessaires », conclut-il.

Dport insinue que l’absence d’accord est due au syndicat ENEDEP. Or, ce dernier soutient que le SYNEDEP est un syndicat contrôlé par Dport, qui négocie à la baisse les avantages de la convention collective. « Il n’y a pas de preuves, mais leurs positions publiques le suggèrent : Le SYNEDEP n’affiche que des différences politiques et n’a pas appelé à une seule journée de grève, pas même lorsqu’un docker est mort en octobre », analyse Giorgos Gogos. « Dport sait qu’il est difficile de trouver du travail et oblige les gens à adhérer au SYNEDEP », dénonce le docker Petros, qui demande à être protégé par un pseudonyme.

C’est pour cette raison, et parce que l’organisation majoritaire a le pouvoir de négocier la convention, qu’il existe un différend entre les deux syndicats, une impasse qui porte préjudice aux travailleurs. Pour M. Gogos, la solution consisterait à unir leurs forces et à étendre leur lutte : « Les syndicats doivent négocier, s’unir sur certaines revendications, et ils doivent aussi obtenir le soutien de la population du Pirée. Nous espérons que nos conditions seront étendues aux dockers de Dport et aussi que la mentalité de cette entreprise ne touchera pas la PPA. »

Bénéfices record des entreprises qui ne profitent pas à la main-d’œuvre

La lutte des dockers témoigne de l’affaiblissement croissant de la protection des travailleurs en Grèce, de l’infiltration des entreprises dans les syndicats et de la cupidité des multinationales qui profitent des lois favorables pour raboter les avantages sociaux. C’est ce que Jordi Aragunde, coordinateur international en matière de travail du Conseil international des dockers, associe à la mentalité capitaliste : « Récemment, je négociais à Dakar avec des entreprises françaises et suisses et la seule chose qui les préoccupait était le fait de devoir payer cinquante centimes de plus à des gens qui sont payés un dollar et demi pour des journées de 12 heures. C’est ça l’attitude de l’entreprise capitaliste ». Il nuance cependant dans sa comparaison avec Cosco, ajoutant qu’« il est davantage possible de débloquer des litiges avec des entreprises occidentales ».

Cosco est la troisième compagnie de transport maritime par conteneurs au monde. Il s’agit de la principale compagnie maritime d’Ocean Alliance, qui, avec 2M et The Alliance, forme l’oligopole qui contrôle la quasi-totalité du trafic de conteneurs en Europe. En Méditerranée, Cosco gère le principal terminal du premier port à conteneurs à Valence en Espagne et dirige Le Pirée. Au Pirée, la compagnie a d’abord obtenu en 2016 la concession des quais II et III destinés au chargement et déchargement de conteneurs puis la majorité de la participation de l’Autorité portuaire du Pirée jusqu’en 2052, et ce, en échange d’un investissement estimé à 1,5 milliard d’euros (environ 1,57 milliard de dollars US), incluant des projets de développement d’infrastructures et 410 millions (440 millions de dollars US) de dividendes et d’intérêts pour l’État.

Depuis l’arrivée de l’entreprise chinoise, le port a vu son activité s’accélérer, en partie parce qu’il occupe une position stratégique sur la nouvelle « route de la soie » chinoise. Même si l’on ne s’accorde pas sur les bénéfices que l’entreprise apporte à l’économie locale, la progression se reflète dans le nombre croissant de dockers qu’elle emploie et de conteneurs de marchandises qui y sont acheminés. Celui-ci est passé de 800.000 par an à 5,3 millions.

« Il est proche du canal de Suez et permet le transit des cargaisons des gros navires vers les plus petits. En plus, Athènes abrite presque la moitié de la population grecque, ce qui permet de relier les gros navires au trafic local et au reste de l’Europe », souligne Sotirios Theofanis, ancien directeur des ports de Thessalonique et du Pirée.

Comme d’autres entreprises internationales, Cosco respecte les lois locales. La syndicaliste Margarita Koutsanellou, 55 ans, estime que « le gouvernement soutient les employeurs et qu’il est donc aussi coupable que Cosco [de la précarité qui afflige les travailleurs] ». Elle est aux côtés des dockers aujourd’hui, bien que sa lutte soit plus générale, déclare-t-elle, brandissant une extrémité d’une banderole critiquant la loi 4808 de 2021, qui, insiste-t-elle, porte atteinte au droit à la grève et prolonge la journée de travail.

« [Ce texte] établit un niveau d’effectif minimum de 33 % lors d’une grève dans les services publics ; c’est un chiffre très élevé qui en torpille l’efficacité », explique Ioannis Katsaroumpas, expert en droit du travail à l’Université du Sussex. « En 2010, des efforts ont été déployés pour décollectiviser les relations industrielles et passer d’accords collectifs à des accords individuels. À cet égard, [le parti au pouvoir] Nouvelle Démocratie a introduit des changements dans les heures de travail qui ont été rendus possibles en partie par la prolifération des accords individuels », poursuit-il.

La couverture offerte par les conventions collectives en Grèce est passée de l’une des plus élevées de l’UE à l’avant-dernière, et les programmes d’ajustement économique imposés par la Troïka ont nui à la qualité de l’emploi. M. Katsaroumpas, co-auteur d’un chapitre sur la Grèce dans Collective bargaining in Europe : towards an endgameLa négociation collective en Europe : vers une fin en soi »), note que « la loi a contribué à modifier les règles du jeu, en compliquant la contestation ».

L’expert souligne le consensus qui s’est dégagé par le passé, tant à droite qu’à gauche, pour protéger les travailleurs. Il rappelle la loi 1876 de 1990, qui « reposait sur deux piliers : le principe de “favorabilité”, en vertu duquel la convention collective générale ne pouvait être améliorée que par des accords sectoriels et tertiaires, et le principe d’“extension”, en vertu duquel les conventions collectives protégeaient non seulement les adhérents, mais aussi tous les travailleurs ». Or, dès 2010, des « frappes chirurgicales » ont eu lieu contre ces principes, qui ont été suspendus et rétablis une fois que le mal avait été fait. « Ils ont déstabilisé le système. Ils ont démantelé les accords sectoriels, qui constituaient un obstacle à la déflation salariale », explique M. Katsaroumpas, qui fait valoir que, de toute façon, « le gouvernement dispose de mécanismes pour garantir de meilleures conditions de travail ».

Comme bien d’autres, les dockers Stavros et Petros ont accepté les conditions de travail lorsque Cosco a pris le contrôle des terminaux pour conteneurs. C’était il y a dix ans et ils n’avaient pas le choix : il n’y avait pas de travail en Grèce. On leur avait promis que leurs droits s’amélioreraient avec le temps, mais cela ne s’est pas produit. Déçu, Petros résume la situation : « En 2010, tout le monde essayait de survivre. On nous a dit que nous étions une famille et que tout se ferait correctement. Et, même s’il est vrai que les conditions technologiques se sont améliorées, nous attendons toujours de meilleures conditions économiques et de travail. Nous nous sentons donc trahis. »

Cet article a été traduit de l’espagnol par Charles Katsidonis

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source ; www.lalibre.be/international/europe/guerre-ukraine-russie/2022/07/05/les-entreprises-grecques-fournissent-quasiment-la-plus-grande-flotte-de-navires-pour-le-transport-de-petrole-russe-zelensky-critique-limplica tion-des-armateurs-grecs-EVIWX5ZWABEDTPGPV3AQHLS3UQ/

"Les entreprises grecques fournissent quasiment la plus grande flotte de navires pour le transport de pétrole russe": Zelensky critique l’implication des armateurs grecs

AFP Agence

Publié le 05-07-2022 à 14h27

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a dénoncé mardi le rôle des entreprises grecques dans l’exportation du pétrole russe, y voyant une situation qui « ne correspond pas aux intérêts de l’Europe ».

« Nous voyons comment les entreprises grecques fournissent quasiment la plus grande flotte de navires pour le transport de pétrole russe », a-t-il déclaré durant un discours en visioconférence, à l’occasion d’un forum économique organisé à Athènes.

« Cela arrive justement quand une autre ressource énergétique russe (le gaz, ndlr) est utilisée comme arme contre l’Europe et contre le budget de chaque famille européenne. Je suis sûr que cela ne correspond pas aux intérêts de l’Europe, de la Grèce ou de l’Ukraine », a ajouté le président ukrainien.

Alors que de nombreuses compagnies maritimes ou pétrolières en Europe et aux Etats-Unis ont arrêté le commerce avec la Russie après son invasion de l’Ukraine, les armateurs grecs, qui contrôlent la majorité de la flotte de l’Union européenne, continuent de transporter du pétrole brut russe.

La présidente de l’Union des armateurs grecs (UGS), Melina Travlos, a défendu début juin la poursuite de ces échanges, assurant que « la navigation grecque ne fait rien d’illégal » et « n’a violé aucun embargo ».

En mai, le Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis a lui renvoyé les armateurs à leur « conscience » s’agissant du transport de pétrole.

Selon l’agence américaine Bloomberg, le transport maritime du pétrole russe, devenu très lucratif depuis l’invasion russe de l’Ukraine, est aujourd’hui majoritairement effectué par des entreprises grecques, turques et chinoises.

La Grèce a été l’un de premiers pays à condamner la guerre lancée par Moscou en Ukraine, malgré ses liens historiques avec la Russie. Fin juin, huit diplomates grecs, dont le consul général, ont été expulsés de Moscou.

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Aegean Boat Report

09/07/2022

Hier, une femme a été retrouvée morte de faim et de déshydratation dans la région d’Agia Triada à Kardemyla, au nord-est de Chios.
Elle faisait très probablement partie d’un groupe de réfugiés arrivés sur l’île il y a plus d’une semaine. Deux ou trois autres femmes se trouveraient encore dans les montagnes de Kardemyla à Chios, très probablement en grave danger ou déjà mortes, selon les déclarations des réfugiés enregistrées au RIC la semaine dernière.
Selon les informations, les réfugiés ont d’abord contacté une ONG à Samos, qui a ensuite prévenu des bénévoles à Chios. Les réfugiés ont cependant refusé de donner leur localisation, car les bénévoles devraient d’abord avertir les autorités, afin de pouvoir fournir de l’aide, et d’éviter des accusations criminelles, comme nous l’avons vu dans des cas précédents où les gens n’ont pas averti les autorités avant d’aider.
Aujourd’hui, en Grèce, l’aide aux réfugiés non enregistrés est considérée comme un crime, quelles que soient les circonstances. Si vous apportez de la nourriture et de l’eau à des personnes qui viennent d’arriver ou qui se cachent de la police, vous risquez des poursuites pénales et potentiellement des années de prison, en fonction des crimes dont vous êtes accusé.
La femme retrouvée morte se cachait dans la forêt pour échapper aux autorités grecques, afin d’éviter d’être retrouvée et repoussée en Turquie. Même lorsqu’elle avait désespérément besoin de soins médicaux, elle a refusé de donner son emplacement, craignant les autorités grecques plus que la mort elle-même.
Chios Press continue d’être le porte-parole du gouvernement grec fasciste, en publiant de la propagande raciste. Hier, ils ont titré « Une immigrante illégale retrouvée morte », comme si cela la rendait moins humaine, dégradée, sans importance. Ils ont réussi à utiliser cinq fois le mot « immigrant illégal », dans un court rapport de six phrases, lui manquant de respect même après sa mort.
Ceci est le résultat du traitement inhumain des autorités grecques envers les réfugiés qui arrivent sur les îles grecques de la mer Égée, ils sont chassés comme des animaux, dévalisés, battus, violés et tués, humiliés de la pire façon imaginable, cela ne peut être vu que comme une torture systématique.
Aegean Boat Report est contacté chaque jour par des personnes qui sont arrivées sur les îles grecques de la mer Égée. Beaucoup d’entre elles demandent de l’aide, mais ont trop peur de donner leur position, car elles craignent que les autorités ne les trouvent. Il est impossible d’aider quelqu’un sans savoir où il se trouve, mais nous comprenons leur peur, leur réticence à confier leur vie à un parfait inconnu.
Lorsque des personnes ont tellement peur d’une autorité européenne qu’elles choisissent la mort plutôt que d’être retrouvées, nous devrions nous inquiéter sérieusement de la suite des événements.

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source : www.infomigrants.net/fr/post/41775/la-cedh-condamne-la-grece-apres-le-naufrage-dun-bateau-de-migrants-en-2014

La CEDH condamne la Grèce après le naufrage d’un bateau de migrants en 2014

Par La rédaction Publié le : 07/07/2022

La Grèce a été condamnée jeudi 7 juillet par la Cour européenne des droits de l’Homme pour le naufrage en 2014 en mer Égée d’une embarcation transportant une trentaine de migrants, dont 11 avaient perdu la vie.

Les autorités grecques « n’ont pas mené une enquête approfondie et effective permettant de faire la lumière sur les circonstances du naufrage », a souligné dans un communiqué la juridiction.

Selon la Cour, ces autorités n’ont pas non plus « fait tout ce que l’on pourrait raisonnablement attendre d’elles pour offrir aux requérants et à leurs proches le niveau de protection requis par l’article 2 de la Convention » européenne des droits de l’Homme, qui protège « le droit à la vie ».

En conséquence, la CEDH a alloué un total de 330 000 euros aux 16 requérants - treize Afghans, deux Syriens et un Palestinien, tous rescapés de ce naufrage.

"Absence d’une enquête approfondie et effective"

Le drame remonte au 20 janvier 2014. Ce jour-là, un bateau de pêche transportant 27 migrants avait chaviré au large de l’île de Pharmakonisi, près des côtes occidentales turques.

Les versions qui expliquent ce naufrage diffèrent. Selon les requérants, un « navire des garde-côtes aurait navigué à une très grande vitesse pour refouler les réfugiés vers les côtes turques, ce qui aurait provoqué le chavirage du bateau », explique la Cour. Les autorités grecques soutiennent en revanche que « l’embarcation était remorquée vers l’île de Pharmakonisi pour secourir les réfugiés et le chavirement du bateau a eu lieu en raison de la panique de ses passagers » et de leurs « mouvements brusques ».

Qui des deux dit vrai ? Impossible à savoir, estime la Cour. En raison de « l’absence d’une enquête approfondie et effective », la juridiction considère en effet qu’elle ne peut pas se prononcer sur plusieurs détails spécifiques de l’opération de sauvetage.

"De sérieuses questions quant à la manière dont l’opération a été conduite"

« Des défaillances dans la procédure » de sauvetage ont par ailleurs été relevées. « Les garde-côtes [grecs] n’ont à aucun moment considéré la possibilité de demander d’aide supplémentaire ou les autorités compétentes n’ont pas été informées d’envoyer sur place un bateau » adapté à « une opération de sauvetage », poursuit la CEDH. Celle-ci pose « de sérieuses questions (…) quant à la manière dont l’opération a été conduite et organisée ».

Outre la violation de l’article 2, elle a constaté celle de l’article 13 - relatif à l’interdiction des traitements inhumains ou dégradants - car 12 requérants, une fois ramenés sur la terre ferme, ont fait l’objet de fouilles corporelles injustifiées.

Les forces grecques sont régulièrement accusées, par des migrants comme par des organisations de défense des droits humains, de refoulements illégaux à sa frontière. L’ONG Aegean boat report a recensé 629 cas de « pushbacks » en mer Égée en 2021. Plusieurs témoignages qu’elle a recueillis font état de migrants jetés à l’eau par les autorités grecques, certains « menottés avec des bandes de plastique ». InfoMigrants reçoit régulièrement des témoignages, notamment de migrants, qui vont dans ce sens. De son côté, Athènes dément systématiquement.

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La «thanato politique» migratoire européenne

par Vicky Skoumbi, Rédactrice en chef de la revue grecque αληthεια

publié le 6 mars 2014 à 19h06

Combien sont-ils au juste ? 20 000 ? 25 000 ? Ou plus ? On ne sait pas et on ne saura jamais le nombre exact des migrants qui ont péri en Méditerranée au cours de vingt dernières années. Dans le livre de cette comptabilité sinistre, pas moins de 17 306 victimes identifiées dans un inventaire détaillé. Pour combien d’inconnus, combien de sans-noms, qui ont sombré sans laisser de traces sur aucun registre.
Jusqu’à maintenant nous disions avec Eric Fassin que «l’Europe ne tue pas, elle abandonne à la mort». Après le «drame» de Lampedusa, la maire, Guisi Nicolini, avait appelé à un changement radical de la politique migratoire afin de «cesser de faire mourir des innocents». A-t-elle pour autant été entendue ? Au lieu de la réforme de la politique d’accueil de l’UE qu’elle appelait de ses vœux, nous assistons à un renforcement des opérations de «dissuasion» et des moyens militaires mobilisés à cette fin. Le secours aux embarcations en détresse ne fait toujours pas partie de la mission officielle de Frontex, l’agence européenne de gestion de frontières. Sous l’effet des pushback, «refoulements violents» effectués par les gardes-côtes nationaux et Frontex, nous nous doutions que la gestion sécuritaire des flux migratoires est en train de passer à la vitesse supérieure. Mais, après ce qui s’est passé les 19 janvier à Farmakonisi et 6 février à Ceuta, nous ne pouvons plus ignorer que la «thanato politique» migratoire européenne a encore franchi un nouveau seuil.
Le 6 février, des migrants subsahariens, qui tentaient de passer la frontière à Ceuta, ont été accueillis par la garde civile espagnole avec des balles en caoutchouc et des gaz lacrymogènes. Résultat de cette opération de «dissuasion» : 13 victimes, 9 personnes noyées sur le champ, auxquelles il faudrait ajouter les 4 corps retrouvés le lendemain.
A Farmakonisi, une petite île grecque près de la côte turque, les onze femmes et enfants, qui ont péri en mer la nuit du 19 janvier, ne furent point les victimes d’un naufrage accidentel ; leur mort a été délibérément causée par les manœuvres de la police côtière grecque. Les témoignages des survivants sont accablants. Après avoir remorqué à grande vitesse et en slalomant l’embarcation des migrants vers la Turquie, les garde-côtes l’auraient heurtée avec leur vedette. Impassibles aux cris de femmes qui brandissaient leur bébé pour leur signifier la présence des enfants à bord, ils auraient refusé de porter secours aux naufragés et auraient même essayé de les empêcher de monter sur le bateau. S’il y a des survivants pour témoigner, c’est dû au fait que le moteur de la vedette a pris feu et que des navettes turques se sont rapprochées, ce qui a donné l’occasion à quelques naufragés de monter à bord. Malgré les démentis des autorités, plusieurs éléments corroborent les témoignages des rescapés : deux corps ont été trouvés près de la côte turque, ce qui ne saurait s’expliquer que par un refoulement vers la Turquie, tandis que l’épave de l’embarcation ne porte pas de traces d’avarie majeure susceptible d’expliquer le naufrage.
Loin d’être un acte isolé, ce crime fait partie d’une politique globale de dissuasion des candidats à l’émigration, dissuasion par la noyade ou par l’enfermement extra ou intra-muros dans des conditions abjectes. La nuit du 19 janvier, la garde côtière grecque ne faisait que suivre des ordres du gouvernement grec dont le Premier ministre s’était enorgueilli d’avoir fait accepter, par ses partenaires européens, «des tactiques de « dissuasion » jusqu’alors interdites». De l’aveu même du chef de la police portuaire grecque, la plupart des migrants ayant tenté un passage de la mer Egée en 2013 étaient des ressortissants de pays en guerre, syriens ou afghans. Cela fut aussi le cas des naufragés de Farmakonisi. Ajoutons que juste après ce naufrage et avant même l’ouverture d’une enquête, Frontex s’est précipitée pour dédouaner la police grecque de toute responsabilité. Force est de constater que la vie des migrants sans papiers est dépourvue de valeur humaine et juridique pour l’Europe. Au même moment, l’UE finance des camps de rétention de «clandestins» où ceux-ci peuvent être détenus sans procès ni jugement pendant un an et demi. Des camps où des milliers de personnes sont privées de tout droit et livrées à la merci de leurs geôliers, comme celui de Mineo à Catane, ou celui d’Amygdaleza, près d’Athènes, que Newsweek avait qualifié de «Guantánamo style camp».
A force d’accepter l’existence de deux catégories d’humains, ceux qui sont des citoyens de plein droit d’une part et ceux dont l’existence même serait frappée du sceau de la clandestinité, on s’engage dans une politique dangereuse non seulement pour les exclus mais pour nous tous et toutes : une fois l’universalité soumise à une «relativité toute politique», comme dit Michel Agier, la légitimité de nos propres droits se met à vaciller. La poursuite de la guerre contre les migrants ne saurait se faire qu’au détriment du principe démocratique, mettant en question l’universalisme qui en est le fondement.
Face à la libre circulation des marchandises et des capitaux avec ce que cela comporte de délocalisations et de dérégulations, les pays européens font semblant de retrouver une souveraineté étatique à la faveur d’un contrôle violent des flux migratoires. Comme s’il était possible de circonscrire un territoire propre contre l’illimité de la mondialisation ultralibérale en marquant ses bords externes par des cimetières marins. Il revient à nous, comme dit Alain Badiou, de créer un seul monde de corps vivants régi par le principe «de l’égalité d’existence en tout lieu dans ce monde unique».
Exigeons un changement immédiat de la politique migratoire européenne. C’est une question de vie et de mort.
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source ; www.pressenza.com/fr/2022/07/la-crisis-alimentaire-iii/

La crise alimentaire (III)

06.07.22 - Allemagne - GERMAN-FOREIGN-POLICY.com

Cet article est aussi disponible en: Anglais, Espagnol, Italien, Allemand, Grec

L’union Européenne bloque les efforts de l’ONU pour mettre sur le marché mondial les céréales ukrainiennes via la Biélorussie. La Russie et la Turquie ouvrent la voie à l‘exportation de céréales ukrainiennes.

L’Union européenne tourne le dos aux efforts que font les Nations unies pour écarter le risque, renforcé par la guerre et les sanctions, de crise alimentaire mondiale. En l’occurrence, il s’agit notamment du plan de transport via la Biélorussie vers des ports de la Baltique des énormes réserves de céréales de l’Ukraine. Ce plan, qui a été approuvé par António Guterres, le secrétaire général de l’ONU, représente l’unique alternative raisonnable au transport des céréales par la mer Noire, qui était encore bloqué tout récemment. L’Union européenne n’est pas prête à réunir les conditions pour le succès de ce plan, pas plus qu’à lever les sanctions contre l’exportation d’engrais biélorusse. Antonio Guterres penche pour une levée des sanctions, qui sécuriserait l’approvisionnement mondial en engrais. Vendredi dernier, dans un de ses gestes symboliques qui en disent si long, Bruxelles a relevé le niveau de ses sanctions contre les producteurs d’engrais biélorusses. Une décision qui s’oppose à la mobilisation de l’ONU pour organiser l’exportation des céréales ukrainiennes vers la mer Noire. La Russie et la Turquie, quant à elles, laissent entrevoir les premières livraisons ukrainiennes à partir du port d’Odessa.

La double approche de l’ONU

Dans leur tentative de mettre un terme à la crise alimentaire qui menace le monde entier tant du fait de la guerre ukrainienne que du fait des sanctions occidentales, les Nations unies ont fait des progrès remarquables la semaine dernière. Antonio Guterres s’est explicitement donné pour objectif de « réintégrer sur les marchés mondiaux la production ukrainienne de denrées alimentaires » ainsi que « les denrées alimentaires et engrais fabriqués par la Russie et la Biélorussie ».[1] Et de fait, si l’on veut assurer sur toute la planète l’approvisionnement en denrées alimentaires, ces deux préalables sont nécessaires. L’Ukraine livre environ 10 % des exportations mondiales de céréales et d’orge ainsi que 16 % des exportations de maïs ; la Russie quant à elle est le premier exportateur de céréales ; avec la Biélorussie, elles exportaient environ 40 % de la production globale du chlorure de potassium nécessaire à la fabrication d’engrais.

Sans engrais, la prochaine récolte ne suffira pas à fournir le monde entier en denrées alimentaires. Le but que poursuivent les Nations unies depuis le début de la guerre en Ukraine, c’est bien de rouvrir la porte à des exportations en dehors de l’Ukraine, mais aussi de la Russie et de la Biélorussie.

Solution en vue

Une solution se dessine pour que l’Ukraine puisse exporter des céréales, dont, traditionnellement, plus de 95 % passent par la mer Noire. Mais pour le moment, il y a plusieurs obstacles. D’une part, les ports ukrainiens qui ne sont pas occupés par la Russie sont bloqués par la marine russe. D’autre part, pour neutraliser les attaques russes par la mer, la marine ukrainienne a miné ses eaux territoriales. La semaine dernière, Mme Rebeca Grynspan, Secrétaire générale de la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (CNUCED), et Martin Grieths, le Secrétaire général adjoint des Nations Unies aux affaires humanitaires et Coordinateur des secours d’urgence, ont constaté que les conversations qui s’étaient menées à Moscou s’étaient déroulées de façon « constructive » et qu’on en espérait une solution. Il est de notoriété publique que Vladimir Poutine, le président russe, s’est déclaré prêt par principe à mettre un terme au blocus des ports. La Turquie se chargerait alors d’éliminer les mines ukrainiennes et d’assurer la sécurité des bateaux de céréales empruntant la mer Noire.[2] Après d’intenses négociations bilatérales à Ankara fin mai, les observateurs attendent une avancée décisive dans les négociations entre le ministre turc des affaires étrangères, Mevlüt Çavuşoğlu, et son homologue russe, Sergueï Lavrov. D’après les informations relayées hier par les médias russes et turcs, la concrétisation serait imminente.

L’effet de diffusion des sanctions

Quoi qu’il en soit, on ne sait toujours pas comment la deuxième partie du projet de l’ONU — la garantie pour les céréales russes et biélorusses comme pour l’exportation des engrais — pourra être sécurisée. L’Union européenne et les USA se retranchent tous les deux derrière leur témoignage : ni l’une, ni les autres n’ont remis en route quelque sanction que ce soit contre la Russie dans ces deux domaines. C’est exact, mais cela cache aussi que, d’une part, il subsiste des sanctions transatlantiques contre le chlorure de potassium de Biélorussie et que, d’autre part, les pénalités, qui s’attaquent aussi bien au transport qu’à la finance, compliquent énormément les exportations russes. A cela s’ajoute la crainte d’une extension à venir des mesures d’embargo de l’Ouest, qui aurait des répercussions négatives sur le commerce. Cet effet de diffusion des sanctions est parfaitement connu puisque ce régime de sanctions a déjà été en vigueur antérieurement ; il a même fait, plus souvent qu’à son tour, obstacle à l’aide humanitaire (c’est en tout cas ce qu’en dit le site german-foreign-policy.com [3]). Comme la presse s’en fait l’écho maintenant, Washington est prête désormais à agir contre l’effet de diffusion des sanctions sur les exportations russes de céréales et de chlorure de potassium. À ce titre, on pourrait établir pour les entreprises intéressées une espèce de déclaration de non-opposition, précise Linda Thomas-Greenfield, ambassadrice des États-Unis auprès des Nations unies.[4]

Le plan Biélorussie Baltique de Guterres

L’Union européenne est aujourd’hui le saboteur numéro 1 des efforts des Nations unies. Cela concerne notamment les réflexions sur les modalités d’exportation des céréales ukrainiennes, via la mer Noire ou par voie terrestre. La République fédérale allemande travaille actuellement à organiser l’exportation des céréales ukrainiennes par les réseaux ferrés polonais et allemand ; l’acheminement par bateau est prévu par des ports allemands ou italiens (d’après le site german-foreign-policy.com [5]). « Il y a un problème non négligeable qu’il importe de prendre en compte : à la frontière entre l’Ukraine et la Pologne, le fret doit être transbordé sur de nouveaux trains du fait que, en son temps, l’Union soviétique s’était équipée de voies ferrées à l’écartement différent de celles de l’Europe de l’Ouest. Cela demande tellement de temps que, aux dires des experts en tout cas, on ne pourra transporter dans les délais impartis qu’une faible partie des stocks ukrainiens. L’alternative praticable consisterait à transporter les céréales via la Biélorussie jusqu’à l’un des ports de la Baltique, notamment le port lituanien de Klaipėda. De cette façon, on pourrait mettre à disposition deux bons tiers des près de 20 millions de tonnes de céréales qui restent stockés actuellement en Ukraine. Antonio Guterres s’en porte garant.

« Catégoriquement exclu »

Les sanctions contre la Biélorussie s’opposent à ce projet. Minsk est prête à organiser le transport des céréales sur son territoire, mais elle exige en contrepartie qu’une partie de ses exportations concernées par les sanctions qui touchent le port de Klaipėda soient de nouveau agréées. Cela recouvre en grande partie le plan de l’Onu d’autoriser la Biélorussie à reprendre ses exportations de chlorure de potassium, ce qui permettrait d’assurer à l’ensemble du globe un approvisionnement en denrées alimentaires. Quoi qu’il en soit, aujourd’hui, l’UE se met en travers : « Toute levée — ou tout adoucissement— des sanctions contre la Biélorussie est catégoriquement exclu, que ce soit à l’initiative de la Commission ou des Etats membres. », rapportait la presse de la semaine dernière.[6] Ces trois derniers mois, il est vrai, Bruxelles a essayé de détourner Minsk de Moscou avec des offres financières plus qu’alléchantes ; « il est à noter » que l’UE, après les sanctions du 9 mars, n’a plus appliqué d’autres mesures de rétorsion qu’à la seule Russie, et plus à la Biélorussie. Le gouvernement biélorusse n’aurait cependant pas accepté les avances de l’UE et aurait laissé entendre que toute tentative de susciter un conflit entre la Russie et elle-même serait vouée à l’échec.

Les priorités de l’UE

L’UE en a donc tiré les conséquences et, dès vendredi, elle a émis de nouvelles sanctions contre la Biélorussie. Celles-ci sont dirigés concrètement contre Belaruskali notamment, le plus gros producteur de chlorure de potassium du pays, contre le patron de l’entreprise, Iwan Golowaty, et contre la firme exportatrice Belarusian Potash Co., qui assure l’expédition de la production de Belaruskali à l’étranger.[7] Le prolongement de sanctions contre des entreprises dont Guterres essaye de rendre les produits disponibles pour éviter l’extension à toute la planète de la crise alimentaire est un affront direct comme il s’en voit peu contre les Nations unies. Cela montre que l’UE considère qu’il est plus important d’affaiblir les Etats qui lui sont hostiles plutôt que d’éviter une crise alimentaire !

Notes

[1] Sharon Marris: World hunger at ‘new high’, UN warns, with enough grain to feed millions stuck in Ukraine. sky.com 19.05.2022.

[2] William Mauldin, Jared Malsin, Evan Gershkovich: Black Sea Grain Talks Gain Steam as Russia, Turkey Eye Cooperation. wsj.com 01.06.2022.

[3] S. dazu Irans Wende nach Osten und Hunger wird gemacht (II).

[4] William Mauldin, Jared Malsin, Evan Gershkovich: Black Sea Grain Talks Gain Steam as Russia, Turkey Eye Cooperation. wsj.com 01.06.2022.

[5] S. dazu Die Hungerkrise.

[6] Thomas Gutschker, Friedrich Schmidt, Reinhard Veser: Buhlen um Lukaschenko. Frankfurter Allgemeine Zeitung 03.06.2022.

[7] Belarus: EU adopts new round of restrictive measures over internal repression. consilium.europa.eu 03.06.2022.

Traduction de l’allemand, Didier Aviat

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source : www.pressenza.com/fr/2022/06/colombie-commission-de-la-verite-remis-son-rapport-final/

Colombie : la Commission de la Vérité a remis son rapport final

30.06.22 - Bogotá, Colombie - Redaccion Colombia

Cet article est aussi disponible en: Espagnol

La Commission pour la Clarification de la Vérité en Colombie a remis son rapport final, qui raconte les histoires des victimes sur la violation de leurs droits, les modèles de victimisation et où la reconnaissance des auteurs est bienvenue, dans le but de trouver une réparation symbolique pour les personnes affectées par la clarification de ce qui s’est passé dans le contexte du conflit armé et d’entamer un chemin vers la réconciliation.

La Commission de la Vérité a remis son rapport final Hay Futuro, si hay Verdad (Il y a un avenir, s’il y a la vérité) le mardi 28 juin. Pour la création de ce texte, plus de 30 000 victimes et auteurs de crimes en Colombie et dans 27 pays où ils sont en exil ont été entendus.

Le dernier chapitre du rapport comprend également des recommandations formulées après avoir analysé le conflit armé en Colombie, la violation des droits humains et l’écoute des communautés paysannes, afro, indigènes, roms et autres citoyens pendant trois ans et demi, depuis la signature de l’accord de paix à La Havane, à Cuba, en 2016.

Onze commissaires ont participé à l’enquête et à la rédaction du rapport. Ils étaient chargés de parcourir le pays et avaient également la possibilité de disposer de 28 Maisons de la Vérité, créées pour que les citoyens puissent venir avec leurs histoires sur la violation des droits des différentes victimisations subies dans le cadre du conflit armé. En outre, il s’agit de connaître la manière dont ont agi certains tiers civils et agents de l’État, qui ont participé par action ou par omission à une guerre incontrôlée, dans laquelle la population civile a été la plus touchée.

Au cours de ces années, la Commission de la vérité a reçu quelque 1 802 rapports de cas de victimes, de dynamiques du conflit armé et de violations du droit international humanitaire de la part d’organisations de victimes de tout le pays, qui ont rassemblé chacun des cas qui endeuillent les familles colombiennes.

Cette feuille de route a été remise à la société civile, au ministre de l’Intérieur Daniel Palacios et au président entrant Gustavo Petro, accompagné de sa vice-présidente Francia Márquez.

Dans le texte, une demande est faite au gouvernement de « mettre les institutions au service de la citoyenneté et de la reconstruction de la société », comme l’indique le président de la Commission de la vérité, le père Francisco de Roux.

Francisco de Roux appelle au pardon

Image: www.comisiondelaverdad.co

« Nous n’avions aucune raison

de nous habituer à l’ignominie

de tant de violence

comme si elle ne nous concernait pas,

alors que notre propre dignité

était mise en lambeaux entre nos mains ».

Déclaration de la Commission de la Vérité

Dans son discours, le président de la Commission de la Vérité, le prêtre jésuite Francisco de Roux, a appelé les Colombiens, indépendamment de leur ethnie, de leur opinion politique, de leur classe sociale ou économique, à générer à partir du rapport, un espace de réconciliation qui permette la construction d’une société sans violence et sans vengeance, qui se retrouve entre les mains de tous, mais en mettant davantage l’accent sur les jeunes, qui écrivent aujourd’hui l’avenir du pays.

En outre, M. De Roux a appelé ceux qui ne reconnaissent pas le rapport, qui sont hors la loi ou qui considèrent le conflit comme un moyen médiatique de rester au pouvoir, « à arrêter la guerre de tous les côtés et à être des participants à la construction d’un environnement inclusif et participatif, basé sur le respect des droits humains et de la différence ».

Le Père De Roux a ajouté dans son discours que « la participation d’auteurs de crimes provenant de l’État, des paramilitaires, des guérilleros, des hommes d’affaires et de certains anciens présidents a été d’une grande importance pour contribuer à la Vérité ». Il a également salué leur courage en reconnaissant leurs responsabilités éthiques, politiques et pénales dans les cas de viols, d’assassinats, de faux positifs [NdT. : meurtres de civils par des membres de l’ armée nationale colombienne, dans le but de faire passer ceux-là pour des guérilleros morts au combat lors du conflit armé colombien. Ces assassinats avaient pour objectif d’améliorer les résultats des brigades de combat.], de massacres et autres violations des droits humains.

Image: www.comisiondelaverdad.co

« Nous avons devant nous la possibilité

en tant que corps responsable d’une nation,

de faire nôtre la blessure de nos 10 millions de victimes,

et de nous racheter dans une nation

inclusive, juste et réconciliée ».

Déclaration de la Commission de la Vérité

Avant de conclure son discours, le Président de la Commission a repris les questions initiales que les 11 membres de la Commission ont posées pour mener à bien l’analyse du conflit armé en Colombie : Pourquoi le pays n’a-t-il pas arrêté l’État et les groupes illégaux ? Pourquoi l’État n’a-t-il pas arrêté le conflit sachant que les citoyens étaient les seuls touchés ? Qui a impulsé le conflit armé ? Où étaient le Congrès et les partis politiques ? Que faisaient les dirigeants ? Quel était le rôle des médias et des responsables de l’information ? Quel était le rôle des universités et des églises ?

Enfin, la Commission a demandé que le dédommagement des victimes par la vérité soit une priorité, au-dessus de l’extradition. Elle a également appelé le nouveau gouvernement à mettre pleinement en œuvre l’Accord de Paix, en mettant l’accent sur la redistribution des terres.

Gustavo Petro a accueilli les recommandations

Lors de la présentation du rapport de la Commission de la Vérité, le président élu a accepté les recommandations et a indiqué que « cet effort est considéré comme une approximation de la vérité, où les mots mènent à des idées et celles-ci à des histoires. Par conséquent, ce rapport ne doit pas être considéré comme un moyen de vengeance, mais comme un mécanisme de réconciliation, de coexistence, de paix et de non-répétition du conflit armé ».

Avant de conclure son discours, le président élu Gustavo Petro s’est engagé à lire les recommandations en détail et à les mettre en œuvre dans le cadre de l’Accord de Paix et de la loi.

Qu’a livré la Commission de la vérité ?

Cet organe, composé de 11 membres, a d’abord fourni le rapport final qui est divisé en plusieurs chapitres, dont les récits des victimes, le rôle des auteurs de crimes (l’État, les hommes d’affaires et les groupes armés illégaux), une analyse générale du conflit armé colombien ; puis une section de recommandations dont on espère qu’elles seront mises en œuvre et acceptées afin de poursuivre la recherche de la vérité, de la justice et de la réparation pour les victimes.

Ce rapport, qui sera publié par chapitres sur la plateforme de la Commission de la Vérité, disposera également d’outils numériques et pédagogiques qui permettront à tous les Colombiens et étrangers de prendre connaissance de son contenu, grâce à des vidéos, des jeux et de courtes explications qui le rendront facilement accessible. Et il disposera de traductions dans différentes langues et d’un soutien pour les personnes handicapées.

Image: www.comisiondelaverdad.co

« Il existe toujours un conflit multipartite

qui pourrait prendre de l’ampleur

dans une autre période de confrontation totale

si des mesures sérieuses ne sont pas prises

pour construire une paix globale ».

Déclaration de la Commission de la Vérité

En outre, la Commission pour la vérité présentera une exposition artistique qui restera au Musée national de la mémoire ainsi que des archives audio et vidéo sur les droits humains et leurs violations, qui seront disponibles sur la plate-forme numérique de la Commission pour la vérité. Comisión de la Verdad.

Qu’est-ce que la Commission de la vérité ?

La Commission est une institution de l’État colombien, de niveau constitutionnel, autonome et indépendante, qui a été créée par l’Acte législatif 01 de 2017, suite à la signature de l’Accord de Paix à La Havane, Cuba, en 2016.

Image: www.comisiondelaverdad.co

« Nous apportons un message

d’espoir et de futur

pour notre nation

abîmée et brisée ».

Déclaration de la Commission de la Vérité

Cet organisme devait publier tous les six mois un rapport sur son travail de recherche de la vérité, en collaboration avec les institutions étatiques et les organisations civiles, afin de garantir que les victimes et la société colombienne sachent comment les événements se sont produits, pourquoi ils se sont produits et qui en est à l’origine.

La Commission était également chargée de compiler des informations, de clarifier les schémas et les causes qui expliquent la violence, ainsi que d’élaborer des recommandations pour la construction d’institutions démocratiques et la prévention de la violence ou de la répression.

Quelle est la prochaine étape pour la Commission de la Vérité ?

Image: www.comisiondelaverdad.co

« Nous appelons à accepter

la responsabilité éthique et politique

face à la vérité des dommages brutaux causés,

et à le faire avec sincérité de cœur ».

Déclaration de la Commission de la Vérité

Après la remise du rapport final Hay Futuro, si hay Verdad (Il y a un Futur, s’il y a la Vérité), la Commission consacrera les deux mois restants de son mandat à la socialisation du rapport et laissera une délégation de sept personnes chargée de surveiller la mise en œuvre des recommandations données au gouvernement entrant.

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source : www.pressenza.com/fr/2022/06/liberez-leonard-peltier-et-tous-les-prisonniers-politiques-reunions-pour-briser-le-silence/

Libérez Leonard Peltier et tous les prisonniers politiques, réunions pour briser le silence

30.06.22 - Italie - Andrea De Lotto

Cet article est aussi disponible en: Italien

À l’occasion du 47e anniversaire des événements d’Oglala, qui ont eu lieu le 26 juin 1975 dans la réserve de Pine Ridge, dans le Dakota du Sud, de nombreuses initiatives ont été organisées pour rappeler l’histoire de Leonard Peltier et demander sa libération.

Il y a eu des réunions à Monza, Milan, Turin (comme il y en a eu dans de nombreuses villes d’Allemagne, mais aussi en Suisse, en France et bientôt en Espagne) ; mais nous voulons mettre l’accent sur deux des moments les plus émouvants : la réunion au chantier de San Didero (Valsusa) en présence d’une belle délégation du mouvement No Tav et du chantier, sur la place de la cathédrale à Milan, qui a eu lieu hier en fin d’après-midi du 28/06.

Turin

Vendredi 24 juin, à 18 heures, à San Didero, devant le fortin où les forces de l’ordre défendent un chantier fantôme pour un hypothétique parking. Certains sont arrivés tôt pour tout préparer, disposer au mieux la bannière, arranger les chaises, tant et tant de gens arrivent, même les visages les plus connus : Nicoletta Dosio, Alberto Perino, Guido Fissore, Emilio Scalzo, Loredana Bellone, Gigi Richetto, on s’embrasse à qui mieux mieux. Alessio Lega est également venu, qui n’a pris connaissance de l’histoire de Leonard que depuis peu, mais qui a été immédiatement impliqué ; ses chansons nous projettent dans des espaces et des temps lointains.

Le récit de la répression du Mouvement des Indiens d’Amérique aux USA au début des années 1970 par le gouvernement et le FBI est vite compris ici dans la vallée, les similitudes abondent. Ce qui se passe depuis 30 ans dans cette vallée, multiplié par vingt, est comparable à ce qui se passe depuis plus de 500 ans sur un continent entier : la logique, les méthodes sont identiques. On se sent proches, solidaires, unis.

Emilio Scalzo porte un T-shirt dédié à Leonard, se démène pour s’asseoir sur sa chaise, semble vouloir se lever et aller ouvrir cette cage qui a gardé un homme enfermé pendant près de 47 ans. Nicoletta Dosio (qui estime que son âge est très proche de celui de Peltier) nous invite à continuer la lutte, à résister, et à s’indigner, mais il faut cependant savoir se rebeller.

Et lorsque quelqu’un demande comment il peut aider ici, Alberto Perino émet l’hypothèse que ce présidium porte le nom de Leonard Peltier… Applaudissements nourris : ils vont maintenant vérifier cette possibilité, mais même cette hypothèse réchauffe le cœur de ceux qui sont venus raconter l’histoire des Amérindiens.

Milan

Hier, 27 juin, 18h30, une chaleur étouffante sur la place de la Cathédrale de Milan. Au milieu de nombreuses barrières et d’une immense scène où ont lieu les tests de son, la longue et ancienne banderole se déploie et pendant plus d’une heure, les nombreux passants et badauds de la place découvrent un instant cette histoire absurde : celle d’un homme qui est entré en prison le 6 février 1976 à l’âge de 31 ans et qui est toujours détenu en sécurité maximale. Peltier a 77 ans et ne peut plus faire face. Souvenons-nous aussi de Julian Assange qui risque d’être un futur cas Peltier. C’est pourquoi nous crions, chantons, jouons, faisant tout ce que nous pouvons pour briser la chape de silence qui obscurcit ces vérités.
Les musiciens du groupe Ottoni a Scoppio sont à nouveau parmi nous, au soleil. Leur musique nous accompagne et nous fait nous sentir moins seuls. Silvia Zaru chante quelques morceaux qui font froid dans le dos. Les noms de Nicolas et Bart résonnent cent ans après. Nous crions « LIBEREZ LEONARD PELTIER… », convaincus que ces mots rebondiront et que le vent les portera au loin, jusqu’à ce qu’ils traversent l’océan et les barreaux d’une cellule en Floride.

Merci à tous ceux et celles qui ont rendu possible ces journées dédiées à Peltier et à tous les prisonniers politiques.

Traduction de l’italien, Ginette Baudelet

Léonard Peltier : le procureur qui l’a condamné reconnait ses torts et demande sa libération

Quarante-six ans après avoir contribué à mettre le militant autochtone Leonard Peltier derrière les barreaux (condamné à une double condamnation de prison à vie), l’ancien procureur américain James H. Reynolds qualifie ses poursuites d’injustes et critique le FBI pour son rôle dans la promotion de la violence dans les réserves indiennes … Il supplie Joe Biden de le libérer ! Rappelons que les membres des tribus reconnues par le gouvernement fédéral américain et émanant de dix État distincts avaient envoyé en octobre dernier une lettre au Président Biden pour demander la libération du militant amérindien.

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Suite au pourvoi en cassation à l’initiative de Macron, les avocats de la défense, Irène Terrel et Antoine Comte, organisent une conférence de presse qui se tiendra le 11 juillet à 11h dans les locaux des Éditions Actes Sud, 60-62 avenue de Saxe, Paris 15ème.

N’hésitez pas à vous rendre à cette conférence pour manifester votre soutien.

source : memoires-et-presences.fr/CONFERENCE-DE-PRESSE-REFUGIES-ITALIENS-11-JUILLET-11h

CONFÉRENCE DE PRESSE, RÉFUGIÉS ITALIENS, 11 JUILLET, 11h.

mercredi 6 juillet 2022

Depuis les années 80, la France avait accordé l’asile aux réfugiés italiens, à condition d’abandonner la lutte armée et de s’insérer dans la société française.

En 2021, Emmanuel Macron reniait la parole de la France et donnait suite aux demandes d’extradition de l’Italie.

Le 29 juin 2022, la chambre de l’instruction de la Cour d’appel de Paris a refusé ces extraditions sur la base du respect des principes fondamentaux du droit. Emmanuel Macron ayant pris aussitôt position sur les dix arrêts de la Cour d’appel, le parquet général vient de se pourvoir en cassation. En tant que garant de l’indépendance de la justice, les déclarations du Président de la République sont choquantes. En matière d’extradition, les pourvois en cassation sont très rares. Ils sont ici uniquement motivés par des considérations politiques.

Cette décision du parquet traduit un acharnement inadmissible à l’encontre de personnes intégrées dans la société française depuis quarante ans.

Une conférence de presse se tiendra lundi 11 juillet 2022, à 11h, dans les locaux des Éditions Actes Sud, 60-62 avenue de Saxe, Paris 15ème, pour dénoncer cette ingérence scandaleuse de l’exécutif et du politique dans la justice française.

La conférence de presse aura lieu en présence de Paul Brétecher (psychiatre), Jean-Paul Chagnollaud (professeur de sciences politiques), Pierre Lemaître (écrivain), d’Éric Vuillard (écrivain), seront lus les messages de soutien d’Annie Ernaux (écrivaine) et de Michèle Riot-Sarcey (historienne).

Seront également présents Irène Terrel (avocate), Antoine Comte (avocat).

Ceux qui souhaitent soutenir cette cause peuvent se joindre à nous.

Nous avons également mis en ligne le communiqué de la Ligue des Droits de L’Homme. : memoires-et-presences.fr/Un-acharnement-politique-inadmissible-contre-les-refugies-italiens

Un acharnement politique inadmissible contre les réfugiés italiens

Communiqué LDH - Paris le 5 juillet 2022

mercredi 6 juillet 2022

Alors que la France, depuis les années 80, avait accordé l’asile à ces dix réfugiés italiens – sous les conditions remplies de sortir de la clandestinité, d’abandonner la lutte armée et de s’insérer
pacifiquement dans la société française – le Président Emmanuel Macron décidait, en 2021, de renier la parole de la France résultant de la doctrine Mitterrand, maintenue durant quatre décennies, et de donner suite aux demandes d’extradition de l’Italie.

La LDH (Ligue des droits de l’Homme) a salué les décisions, prononcées le 29 juin 2022 par la chambre de l’instruction de la Cour d’appel de Paris, refusant ces extraditions sur la base du respect des principes fondamentaux du droit énoncés par la Convention européenne des droits de l’Homme.

Néanmoins, le parquet général vient de se pourvoir devant la Cour de,cassation pour contester le refus d’extradition de ces dix Italiens.
Cette décision traduit un acharnement judiciaire inadmissible à l’encontre de personnes totalement intégrées dans la société française depuis quatre décennies. Il s’agit au surplus d’une procédure rarement utilisée, motivée par des considérations purement politiques.

La LDH dénonce cette immixtion scandaleuse du politique dans la justice française en espérant voir échouer cette ultime tentative de remise en cause des décisions justes et courageuses prises par la chambre de l’instruction.

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Fête des barricades du 11 au 17 juillet gare de Lunéville

Rdv du 11 au 17 juillet 2022 à la gare de Luméville , près de Bure (55) pour la fête des barricades! La gare de Luméville fait partie de la future ligne ferrovière destinée au transport de déchets nucléaires vers le centre de stockage des déchets radioactifs CIGEO. Menacée d’expropriation pour l’avancée des travaux, la Gare s’organise et prépare sa défense! Pendant une semaine, rendez-vous sur place pour réaliser des travaux sur le terrain, participer à des espaces de partage d’expériences et de connaissance, mais aussi discuter des stratégie possible pour lutter contre la menace d’expulsion! Non au virilisme des barricades et du mansplaning dans l’artisanat, vive l’apprentissage collectif, les espaces en mixités choisies, à la fête, les boules à facettes, le soin et la responsabilisation collective!

Toutes les info ici : https://bureburebure.info/event/fete-des-barricades/

Festival anti-nucléaire des Bure’lesques

Les 5-6-7 août 2022, c’est les Bure’lesques à Hévilliers (sud Meuse)! Ce festival de résistance au projet d’enfouissement de déchets radioactifs remet le couvert pour une 3e édition explosive! Spectacles, concerts, conférences et débats, films et documentaires, pizzas en pagaille… Ces 3 jours s’annoncent fantabistouflan, plein d’espoir et de rencontres joyeuses.

→ Alors fonce, toutes les info ici : https://burefestival.org/

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