12 novembre 2022. Les titres des articles sont en tête de l'envoi.

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Invitation -Ecole des Beaux-Arts Paris - Jeudi 24 novembre de Stathis Kouvelakis - Demande au Parlement européen de la mère de Jacques concernant son meurtre et l’impunité policière en Grèce - À Athènes, le quartier solidaire d’Exarcheia lutte pour sa survie -

Communiqué Inter-associatif « Pour le plein respect des droits et de la dignité des passager.e.s de l’Ocean Viking, pour une véritable politique d’accueil européenne » -

Les grèves contre l’inflation perturbent les trains et les vols en Grèce et en Belgique.

Le soutien de l’Italie à l’Ukraine fait l’objet d’un débat dans un contexte de protestations généralisées

Saisissez l’occasion : Le général Milley voit une opportunité pour des pourparlers de paix entre la Russie et l’Ukraine.

L’Algérie demande officiellement à intégrer les BRICS

L’Europe et les États-Unis rencontrent le vrai président vénézuélien Maduro - désespérés par la baisse des prix du pétrole, leur tentative de coup d’État échoue.

Un expert de l’ONU appelle à la levée des sanctions unilatérales qui " étouffent " le peuple syrien.

Rencontre-débat : « La parole des exilé.es, les réponses de l’Etat. Enquête de Calais à Ouistreham le jeudi 17 Novembre 2022 de 13h30 à 18h00 au WIP, rue des ateliers à Colombelles

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Invitation -Ecole des Beaux-Arts Paris - Jeudi 24 novembre de Stathis Kouvelakis

Cher-e-s ami-e-s,

Vous vous êtes peut-être demandé-e)s si ce que l’on appelle la « crise grecque », ces années troubles et effervescentes entre 2010-2015, ont laissé une empreinte littéraire forte.

La réponse est positive, et elle se trouve dans le livre de Makis Malafékas, qui a connu un important retentissement lors de sa sortie en Grèce en 2018, et qui vient - enfin!- d’être traduit en français.

Ce livre exploite et renouvelle les ressources qu’offre le néo-polar pour explorer cette séquence, en la replaçant dans une perspective plus large, dans laquelle l’ « art contemporain » - en tant que composante de l’industrie culturelle - condense les transformations sociales de notre époque. Mais, comme l’exige le genre dans lequel il s’inscrit, l’ouvrage embarque également le/la lecteur/ice dans une étourdissante virée athénienne, détournant les clichés qui enveloppent cette ville, et la société dont elle est l’expression.

J’aurai le plaisir de présenter l’ouvrage aux côtés de l’auteur ce 24 novembre, à l’Ecole des Beaux-Arts de Paris (cf. invitation ci-dessous), et j’espère vivement vous voir à cette occasion.

Bien à vous,

Stathis

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The press project

vendredi 11 novembre 2022 Publié : 20:24:23

Demande au Parlement européen de la mère de Jacques concernant son meurtre et l’impunité policière en Grèce

La famille de Zach et toute une communauté demandent justice pour son meurtre. Sa mère, Eleni Kostopoulou, a déposé une requête au Parlement européen, dans le but de porter l’affaire devant la Justice, la vraie Justice.

Dans le texte de la requête, Eleni Kostopoulou attire l’attention sur le meurtre de son fils. Elle rapporte qu’il existe une vidéo qui montre la manière brutale et inhumaine dont quatre policiers et deux civils ont traité son fils en lui donnant des coups de pied, de poing, en le traînant sur le trottoir alors qu’il saignait, suffoquait et avait désespérément besoin de soins médicaux.

Il était menotté si étroitement que les ambulanciers n’ont pas pu les briser, et aucune tentative n’a été faite pour le réanimer, note-t-elle, ajoutant que trois rapports médico-légaux ont conclu que tous les coups reçus par son fils avaient causé sa mort. Elle se plaint que tous les policiers ont été acquittés et que la brutalité policière et l’usage inutile de la force ont atteint des proportions énormes en Grèce. Elle demande donc aux membres d’user de leurs pouvoirs pour mettre fin à ces pratiques contraires à la démocratie et à la justice et assurer le respect de la vie et de la dignité humaines, ajoutant qu’elle est disposée à soumettre son rapport à la Commission.

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source : reporterre.net/A-Athenes-le-quartier-populaire-d-Exarcheia-lutte-pour-sa-survie

À Athènes, le quartier solidaire d’Exarcheia lutte pour sa survie

Par Isabelle Karaiskos

7 novembre 2022 à 15h59, Mis à jour le 9 novembre 2022 à 10h10

Durée de lecture : 12 minutes

La mairie d’Athènes veut construire une station de métro sur la place du quartier contestataire d’Exarcheia. Les habitants voient dans cette décision autoritaire une attaque politique contre l’esprit des lieux.

Athènes (Grèce), reportage

Les riverains présents ce jour-là n’en reviennent toujours pas. Le 9 août dernier, sur la place principale du quartier athénien d’Exarcheia, au beau milieu des vacances estivales et vers 4 h 30 du matin, une centaine de MAT — les policiers anti-émeute grecs, équivalents de nos CRS- - se sont déployés, accompagnés d’une poignée d’ouvriers. En quelques heures, la place a été barricadée de palissades de chantier et de barbelés. C’est ici, dans le cœur historique de ce quartier contestataire et en grande partie autogéré de la capitale grecque que doit se construire la station de métro desservant la zone.

Une décision pour le moins expéditive de la mairie d’Athènes, du ministère des Transports et du Métro de la région de l’Attique, qui avaient jusque-là peu communiqué sur le projet. « Il n’y a eu strictement aucune concertation publique concernant ces travaux, aucune information donnée aux habitants ou aux commerçants — et l’on parle d’un chantier censé prendre au moins huit ans — et, à ce jour, il n’y a toujours aucun affichage d’autorisation d’urbanisme, qui est obligatoire sur tous les chantiers. Cela montre bien l’opacité de ce projet », dénonce Barbara Svoronou, native du quartier et membre de l’initiative citoyenne Non au métro sur la place d’Exarcheia.

Une chaîne humaine a été organisée le 23 octobre, rassemblant plusieurs centaines d’habitants et d’opposants au projet de station de métro sur la place d’Exarcheia. © Isabelle Karaiskos / Reporterre

Habituellement, en lieu et place du chantier, la plateia grouille d’initiatives citoyennes comme des stands solidaires et soupes populaires, mais aussi de structures telles qu’un centre de soins autogéré, ou encore un parc pour enfants construit par les habitants.

Alors, depuis cette nuit d’août, la lutte s’est organisée à Exarcheia. De nombreux habitants et opposants au projet se sont structurés en un comité inédit, qui mobilise aujourd’hui activement plusieurs centaines de personnes. Les rassemblements se sont multipliés et, le 24 septembre dernier, plus de 4 500 personnes ont manifesté contre le chantier.

Depuis début août, soit près de trois mois après le début du chantier, une centaine de policiers se relaient 24h24 autour de la place où ont lieu les travaux mais aussi dans l’ensemble du quartier. © Isabelle Karaiskos / Reporterre

La nouvelle ligne 4 du métro d’Athènes et ses 35 stations doit traverser des quartiers non desservis du centre pour les relier aux banlieues de la capitale. Une avancée en matière d’urbanisme et, a priori, d’environnement. Mais si le plan de cette ligne avait été projeté depuis la fin des années 1990, les opposants à la station Exarcheia perçoivent le choix de la place comme une stratégie politique. « Nous ne sommes pas du tout contre une station de métro, qui est une bonne chose ; c’est son emplacement que nous dénonçons, qui est totalement injustifié », insiste Barbara.

Alternative rejetée

De nombreux résidents avaient notamment proposé une autre option de lieu, consolidée par une étude d’urbanistes, à trois rues de là, près du Musée archéologique d’Athènes. La proposition a été rejetée par les autorités, qui ont invoqué des difficultés de construction et de budget. « C’est un choix qui aurait été beaucoup plus cohérent, il y a beaucoup plus d’espace au niveau du musée, le lieu est fréquenté et les autres stations de métro en sont plus éloignées. Sur la place d’Exarcheia, il n’y a aucun site touristique, aucune grande entreprise ou institution, qui nécessiterait un passage à cet endroit précis. »

Depuis quelques années, ce quartier peu cher et prisé des touristes a fait les affaires des investisseurs immobiliers. Un graffiti « touristes, rentrez chez-vous » rapelle la colère des locaux qui peinent de plus en plus à se loger face aux locations saisonnières et à la gentrification. © Isabelle Karaiskos / Reporterre

De nombreux habitants considèrent, comme le dit Barbara, que « le choix de cet emplacement est politique plutôt que d’intérêt public. Il s’agit clairement d’une opération de destruction d’Exarcheia ». Chaque jour, la polémique enfle autour de la construction de la station. D’autant que le maire d’Athènes, Kostas Bakoyannis, neveu du Premier ministre conservateur Kyriakos Mitsotakis, relaye les discours belliqueux du gouvernement.

Dès 2019, à son arrivée au pouvoir, Kyriakos Mitsotakis annonçait des interventions policières drastiques « pour remettre de l’ordre » à Exarcheia, en évacuant plusieurs de ses squats autogérés — notamment ceux accueillant des migrants — dont il promettait la fin. Plus récemment, le maire usait de propos aux relents xénophobes, arguant que les opposants à cette station « n’étaient qu’une petite dizaine, en errance » et que beaucoup d’entre eux « ne sont même pas grecs ». Les gouvernements successifs et en particulier la droite conservatrice n’en sont pas là à leur premier bras de fer avec ce quartier unique en Europe, héritier des luttes antifascistes et très marqué à l’extrême gauche.

Nikos, avocat de 54 ans, vit à Exarcheia depuis plus de 20 ans. Comme de nombreux habitants impliqués dans la vie citoyenne du quartier, il vient s’occuper plusieurs fois par semaine du parc autogéré de Navarinou. © Isabelle Karaiskos / Reporterre

L’identité contestataire d’Exarcheia est née il y a un demi-siècle, lorsqu’en 1973, sous la dictature des colonels, les étudiants grecs se soulevèrent contre la junte et occupèrent l’Université polytechnique nationale d’Athènes, située à 200 mètres de la place. Les militaires y pénétrèrent par la force, faisant officiellement au moins 24 morts dans un élan de répression, quelques mois avant la chute du régime. Les événements ont eu pour conséquence l’adoption, quelques années plus tard, d’un droit d’asile universitaire — interdisant à la police d’intervenir dans les universités, sauf en cas de crime —, levé en 2019 par l’actuel Premier ministre.

Exarcheia est devenu à partir de la fin des années 1970 un bastion des mouvances anarchistes grecques, un lieu d’affrontements récurrent entre libertaires, manifestants et forces de police, sans perdre pour autant son identité résidentielle et familiale, mais aussi artistique.

L’histoire du quartier est marquée par les émeutes qui suivirent la mort en 2008 d’Alexandros Grigoropoulos, un lycéen de 15 ans tué par balle par un agent de police. Une plaque en mémoire de l’adolescent a été érigée dans la ruelle d’Exarcheia où a eu lieu le meurtre. © Isabelle Karaiskos / Reporterre

Elle est devenue aussi un refuge pour les minorités de tous bords et les exclus du système grâce aux nombreuses structures autogérées mises en place au fil du temps. Les initiatives citoyennes et les squats de nombreux bâtiments abandonnés s’y sont multipliés à partir de la crise de la dette en 2008, puis de l’arrivée massive de demandeurs d’asile syriens ou afghans à partir de 2015. Notara 26, l’un des squats ayant survécu aux expulsions, a accueilli à lui seul près de 10 000 migrants en sept ans.

« Ici, nous avons une vie citoyenne unique, fondée sur le vivre ensemble, la solidarité, l’écologie »

Ce quartier, Barbara y a grandi et refuse de voir son identité enterrée sous une bouche de métro. « Notre quartier a une histoire qui s’est bâtie sur celle des luttes du pays. Exarcheia a échappé, toutes ces années, au système néolibéral. Ici, nous avons une vie citoyenne unique, fondée sur le vivre ensemble, la solidarité, l’écologie. Nous ne voulons pas que tout cela soit détruit. »

Les violences policières se sont multipliées avec leur présence continuelle autour du chantier. © Isabelle Karaiskos / Reporterre

D’autant plus que le chantier du métro coïncide avec des travaux commencés sur la vaste colline de Strefi, autre lieu public emblématique du quartier. À la suite d’un accord en 2019 avec la mairie d’Athènes, la société Prodea Investments, l’une des plus grosses sociétés d’investissement immobilier du pays, s’est vue attribuer la prise en charge de la « réhabilitation » de cette colline sinueuse, offrant une vue d’exception sur l’Acropole.

« L’intérêt soudain pour un site qui avait été laissé à l’abandon par la mairie et dont seuls les habitants s’occupaient est étonnant », ironise Barbara. Les habitants, pourtant, y réclamaient vainement depuis de nombreuses années une amélioration des infrastructures et notamment de l’éclairage public et craignent à présent une privatisation du lieu.

Au même moment, des policiers quadrillent une partie de la colline de Lofos Strefi, où ont été entamés des travaux pris en charge par l’un des plus gros investisseurs immobiliers du pays. © Initiative pour la défense de Lofos Strefi

« Ce qui est sidérant, c’est que ce sont les deux quasi uniques espaces publics libres et verts du quartier qu’ils veulent détruire », raconte Nikos, résident du quartier et membre, comme Barbara, de l’initiative contre le métro sur la place. Très impliqué dans la vie du quartier, cet avocat de 54 ans s’investit presque quotidiennement dans l’entretien bénévole du parc autogéré de Navarinou, situé à quelques rues du chantier.

« En pleine crise climatique, ils veulent arracher les 72 arbres de l’unique place ombragée de notre quartier »

Nikos fulmine lorsqu’il évoque les plans de la future station prévue sur la place boisée d’Exarcheia. « Ici, il fait 40 °C en été. En pleine crise climatique, ils veulent arracher les 72 arbres de l’unique place ombragée de notre quartier », se désespère l’avocat. Pour le moment, au moins quatre de ces arbres auraient été coupés. Le maire d’Athènes avait brièvement assuré que de nouveaux arbres « qui seront plus nombreux qu’avant » seraient plantés, tandis que sur l’un des uniques schémas du projet a avoir été rendu public n’en apparaissent que douze.

En haut, la place boisée d’Exarcheia vue depuis GoogleEarth. En bas, le plan prévisionnel de la nouvelle station de métro, où figurent seulement douze arbres à la place des 72 originels. © Google ; © Métro de la région de l’Attique

Concernant les coupes, Barbara décrit des « méthodes mafieuses, faites à la dérobée ». Pour éviter les oppositions des riverains, certaines coupes ont été faites inopinément et en pleine nuit, comme le 18 octobre dernier.

« Imaginez deux hommes débarquer sur la place, à minuit trente, sans uniforme et avec une tronçonneuse », raconte la libraire. « Le bruit de la tronçonneuse a réveillé le voisinage et des habitants sont intervenus pour les empêcher de couper un deuxième arbre. »

Les interventions des riverains, qui se rassemblent à chaque coupe, ralentissent considérablement les travaux et le chantier semble avancer à pas comptés. « À chaque tentative de coupe d’arbres, nous serons là », prévient la quadragénaire.

Barbara Svoronou, membre du comité Non au métro sur la place d’Exarcheia et native du quartier. © Isabelle Karaiskos / Reporterre

Malgré la ténacité des habitants, leur inquiétude est palpable. D’autant qu’Exarcheia, déjà fortement affectée par la politique d’expulsion des squats du gouvernement Mitsotakis, est en proie, depuis plusieurs années, à un embourgeoisement grandissant et une explosion des locations saisonnières.

Celle-ci est notamment liée au tourisme toujours croissant que connaissent le pays et sa capitale. Les squats et les petits commerces disparaissent peu à peu au profit de cafés branchés ou de bureaux. « Les prix et les loyers flambent pour les habitants comme pour les petits commerces et la situation ne fait qu’attiser l’appétit des investisseurs. La station de métro serait le coup de grâce pour Exarcheia », s’inquiète la libraire.

Les habitants d’Exarcheia ont réhabilité le parc navarinou en un petit poumon vert, en y plantant, un à un, plusieurs dizaines d’arbres fruitiers. Ils ont aussi fabriqué deux aires de jeux pour enfants, ainsi qu’un amphithéâtre en bois pour des événements culturels ou des concertations citoyennes. © Isabelle Karaiskos / Reporterre

« Ils ne peuvent pas venir tout démolir pour bâtir des escalators et des bouches de métro, qui en feront un simple lieu de transit et un lieu touristique et commercial, et qui va happer tout espace public libre pour les citoyens ! » s’insurge de son côté Kiki Menou, habitante et militante libertaire active dans le quartier.

Comme de nombreux opposants au projet, Kiki ne doute cependant pas un instant de l’aboutissement de leur combat. « Vont-ils garder durant dix ans ces policiers ici, en guise de sécurité privée, au frais du contribuable ? Vont-ils aller jusqu’à nous passer dessus physiquement ? »

Huit ans d’omniprésence policière ?

Car la question de la surveillance policière du chantier, dont les travaux doivent prendre au minimum huit ans, pose question. Depuis le début du chantier, en août dernier, la centaine de policiers et d’agents anti-émeutes mobilisée n’a plus quitté la place ni les rues alentours, se relayant 24 heures sur 24.

Interrogé par le journal économique Naftemporiki sur une « possible présence de huit années des forces de l’ordre », le président de la société du métro de l’Attique affirme que, « dès lors qu’il n’y a pas d’autres moyens [pour effectuer ces travaux], il est du rôle de l’État de protéger un tel investissement ».

Explosion des violences

Depuis le mois d’août, les cas de violences policières ont explosé et des incidents sont relayés quasi quotidiennement par la presse ou les réseaux sociaux. Par exemple, une passante, a été traînée, puis frappée dans le chantier début septembre par des policiers surveillant le site.

Début octobre, un parent d’élève d’une école primaire d’Exarcheia s’est fait rouer de coups devant ses enfants, sur le terrain de basket municipal situé au pied de la colline Stréfi, avant d’être interpellé. Le 3 octobre, lors d’une manifestation contre le projet, un photojournaliste étasunien a été agressé par des policiers anti-émeute. Plusieurs restaurants attenants au chantier ont également rapporté des cas de violences policières sur leurs employés.

Les messages d’opposition à la station de métro sur la place fleurissent sur les balcons © Isabelle Karaiskos / Reporterre

Le bras de fer entre opposants au métro et autorité n’en est qu’à ses débuts, y compris sur le plan juridique. Une pétition a été mise en ligne, et les habitants mobilisés comptent déposer un recours auprès du Conseil d’État pour réclamer une suspension temporaire des travaux.

Antonios Tsiligiannis, ingénieur-urbaniste et expert en mobilités durables, par ailleurs ancien étudiant à l’École polytechnique située à Exarcheia, reste pessimiste quant à cette procédure : « Il sera difficile de trouver des failles juridiques, car les autorités font en sorte d’être dans les clous, avec un système très laxiste sur ces questions. »

Les habitants, qui ont largement repris en main l’organisation du quartier, ont été écartés de la prise de décision sur le nouveau métro. © Isabelle Karaiskos / Reporterre

L’étude d’impact du projet, rendue publique seulement deux mois après le début du chantier à la demande des habitants, laisse également Antonios perplexe. « Lorsque l’on regarde de près l’étude d’impact environnemental, les différents segments d’études ne font chacun qu’une demi-page et ne donnent qu’une vision globale de la ligne de métro, et non de chaque lieu spécifique. Cela signifie qu’aucune véritable recherche ou étude n’a eu lieu, que les bureaux chargé du travail n’ont fait que répéter les connaissances générales sur Athènes et ont adapté le texte en fonction du projet de la ligne de métro. »

L’étude comporte ainsi une unique section « impact sur l’environnement naturel, la faune et la flore » d’une quinzaine de lignes de recommandations génériques pour l’ensemble de la ligne, et les arbres de la place d’Exarcheia n’y sont pas mentionnés. « Aucune évocation, non plus, des conséquences en matière de bilan carbone ni concernant l’impact direct d’un tel chantier — qui comme on le sait va durer des années —, ni concernant la découpe des 72 arbres, qui ont pour certains 70 ans. » Des angles morts liés à des problématiques plus larges, selon lui. « En Grèce, les études d’impacts environnementaux sont validées par les mêmes ministères qui les commandent », regrette l’urbaniste.

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source : www.lacimade.org/presse/communique-inter-associatif-pour-le-plein-respect-des-droits-et-de-la-dignite-des-passager-e-s-de-locean-viking-pour-une-veritable-politique-daccueil-europeenne/

Communiqué Inter-associatif « Pour le plein respect des droits et de la dignité des passager.e.s de l’Ocean Viking, pour une véritable politique d’accueil européenne »

11 novembre 2022

L’accueil de l’Ocean Viking à Toulon en France a été un soulagement face au drame terrible et indigne que vivaient ses passager.e.s depuis plusieurs semaines, balloté.e.s sur les flots en attente d’une décision sur leur possibilité de débarquement.

Maintenant se pose la question des conditions de l’accueil des passager.e.s. Nous demandons la mise en place des dispositions suivantes :

  • Pas de privation de liberté en zone d’attente, qui ne ferait qu’accroitre les souffrances et traumatismes vécus en mer et sur le parcours d’exil ; de nos expériences sur le terrain, le respect des droits des personnes et de leur dignité n’est pas compatible avec l’enfermement de ces dernières, quel que soit le contexte de leur arrivée, et a fortiori après un périple tel que l’on vécut les rescapés de l’Océan Viking.

En outre, il est inadmissible que le gouvernement ait fait le choix de « fabriquer » une zone d’attente temporaire dans une base militaire, rendant impossible l’accès des associations habilitées et des élu.e.s de la République, sous prétexte de secret défense, ne permettant pas à des personnes en situation de particulière vulnérabilité d’avoir accès à l’assistance minimale que la loi leur reconnaît.

  • Mobilisation d’un centre d’accueil ouvert, permettant de mettre en place l’accompagnement sanitaire, social, et également psychologique nécessaire.
  • Protection immédiate, mise à l’abri et hébergement des passager.e.s, dépôt de demandes d’asile pour toutes les personnes le souhaitant, et examen approfondi de toutes les situations des personnes afin de garantir le respect de l’exercice effectif de leurs droits

Plus globalement, pour éviter demain d’autres drames avec d’autres bateaux :

  • Nous rappelons le nécessaire respect du droit international de la mer, en particulier l’obligation de porter secours aux passagers d’un bateau en difficulté, le débarquement des personnes dans un lieu sûr dans les meilleurs délais ainsi que le principe de non-refoulement vers des pays où les personnes encourent un risque d’être soumises à la torture ou à des traitements inhumains ou dégradants.

  • La solidarité en Europe ne fonctionne pas. Le « mécanisme de solidarité » proposé dans le cadre du pacte européen « migrations et asile » est non seulement non respecté par les pays mais très en-deçà d’une véritable politique d’accueil respectueuse de la dignité des personnes et de leurs droits fondamentaux. L’Italie est à la pointe des égoïsmes nationaux mais globalement les pays européens dans leur ensemble ne sont pas à la hauteur.

  • C’est donc un changement de modèle politique qui est indispensable : passer de politiques européennes fondées sur la fermeture et le repli vis-à-vis des migrant.e.s considéré.e.s comme indésirables pour prôner un autre système :

    • permettre un accès inconditionnel au territoire européen pour les personnes bloquées à ses frontières extérieures afin d’examiner avec attention et impartialité leurs situations et assurer le respect effectif des droits de tou∙te∙s
    • Permettre l’accueil des réfugié.e.s non pas sur la base de quotas imposés aux pays, mais sur la base des choix des personnes concernées (selon leurs attaches familiales, leurs compétences linguistiques ou leurs projets personnels), dans le cadre d’une politique de l’asile harmonisée, fondée sur la solidarité entre Etats et le respect inconditionnel des droits fondamentaux.

Premiers signataires : ADDE, Anafé, Ardhis, Fasti, Gisti, La Cimade, LDH, SAF

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source : www.whec.com/business/inflation-strikes-disrupt-trains-flights-in-greece-belgium/

Les grèves contre l’inflation perturbent les trains et les vols en Grèce et en Belgique.

Par Elena Becatoros, WHEC.

9 novembre 2022

Athènes, Grèce - Les travailleurs ont débrayé en Grèce et en Belgique mercredi lors de grèves nationales contre la hausse des prix à la consommation, perturbant les transports, forçant l’annulation de vols et fermant les services publics dans les dernières protestations européennes contre l’augmentation du coût de la vie.

En Grèce, où les travailleurs ont organisé une grève générale de 24 heures, des milliers de manifestants ont défilé dans les rues d’Athènes et de la ville de Thessalonique, dans le nord du pays. De brefs affrontements ont éclaté à la fin des manifestations dans les deux villes, de petits groupes de manifestants se détachant du cortège principal pour lancer des cocktails Molotov et des pierres sur la police, qui a répondu par des gaz lacrymogènes et des grenades assourdissantes.

Les affrontements se sont terminés en quelques minutes. La police a déclaré qu’un officier avait été blessé à Athènes, tandis que deux personnes ont été arrêtées dans la capitale et huit autres à Thessalonique.

La grève a perturbé les services dans tout le pays : les ferries sont restés bloqués dans les ports, les liaisons avec les îles grecques ont été interrompues, les écoles publiques sont fermées, les hôpitaux publics fonctionnent avec un personnel réduit et la plupart des transports publics sont paralysés.

En Belgique, la grève nationale pour l’augmentation du coût de la vie a bloqué la circulation dans une grande partie du pays et perturbé les activités commerciales, les travailleurs ayant dressé des piquets de grève dans les supermarchés et les centres commerciaux.

Alors que les principaux syndicats du pays réclamaient des augmentations de salaire, l’action a entraîné la réduction au minimum de la plupart des trains et du trafic urbain public et l’annulation de 60 % des vols à l’aéroport de Bruxelles. Le personnel d’environ deux tiers des hôpitaux de la région wallonne francophone et de Bruxelles s’est joint à l’action, avec des rendez-vous non urgents et des opérations reportées, selon le syndicat CSC.

L’Europe a été confrontée à une série de protestations et de grèves ces derniers mois en raison de la montée en flèche de l’inflation. Alors que la guerre en Ukraine a fait grimper les prix de l’énergie et des denrées alimentaires, les travailleurs, des infirmières aux pilotes en passant par le personnel des chemins de fer, ont débrayé pour réclamer des salaires qui suivent l’inflation. D’autres se sont joints à eux en descendant dans la rue pour faire pression sur les gouvernements afin qu’ils fassent davantage pour alléger les factures, alors même que les dirigeants européens ont adopté des mesures d’aide à l’énergie.

Et d’autres sont à venir. La moitié du métro parisien sera fermée jeudi pendant une grève pour l’augmentation des salaires, dans le cadre d’une journée nationale de débrayage et de protestation des conducteurs de train, des enseignants et d’autres travailleurs du secteur public.

Cette grève s’inscrit dans le prolongement des multiples actions menées ces derniers mois par les travailleurs français pour réclamer des augmentations de salaire afin de faire face à la forte inflation. Le mois dernier, une grève salariale des travailleurs des raffineries de pétrole a provoqué une pénurie de carburant à l’échelle nationale qui a perturbé la vie des gens et des entreprises, incitant le gouvernement à intervenir pour les forcer à reprendre le travail.

Le plus grand syndicat infirmier de Grande-Bretagne, le Royal College of Nursing, a déclaré mercredi que ses membres avaient voté la grève dans la majorité des hôpitaux et des centres de santé du pays. Aucune date n’a été fixée pour le débrayage, qui sera la première grève nationale depuis la création du syndicat il y a 106 ans.

Le Royaume-Uni n’a pas connu de grève générale depuis près d’un siècle, mais l’agitation ouvrière s’étend sur les lieux de travail des secteurs public et privé, alors que l’inflation dépasse les 10 %. Le personnel des chemins de fer, les postiers, les avocats, le personnel de British Telecom, les dockers et les éboueurs ont tous organisé des débrayages.

Dans la capitale grecque, mercredi, aucun bus ni trolleybus ne circulait, tandis qu’une seule des trois lignes de métro fonctionnait, avec un service limité jusqu’à l’après-midi.

Les contrôleurs aériens devaient participer à la grève par un arrêt de travail de six heures, mais ils ont dû revenir sur leur décision mardi en fin de journée, un tribunal ayant jugé leur participation illégale. Cependant, les compagnies aériennes avaient déjà annulé des dizaines de vols, qu’elles n’ont pas toutes pu reprogrammer à la dernière minute.

Les passagers arrivant à l’aéroport international d’Athènes n’avaient que très peu d’options pour se rendre en ville, aucun bus, taxi régulier, métro ou train de banlieue n’étant disponible. Des foules se sont rassemblées dans les agences de location de voitures, tandis que d’autres ont essayé de partir en bus interurbains, qui étaient le seul moyen de transport public encore en service.

« Les travailleurs ainsi que les syndicats luttent contre la hausse des prix qui noie les ménages grecs », a déclaré la GSEE, une confédération de syndicats du secteur privé, citant la hausse des prix de l’énergie et des produits de base.

Les syndicats ont demandé une augmentation des salaires et du salaire minimum, qui est d’un peu plus de 700 euros (dollars) par mois pour les salariés, ainsi que des mesures plus audacieuses pour lutter contre l’inflation.

L’inflation annuelle dans les 19 pays qui utilisent l’euro, dont la Grèce et la Belgique, a atteint un niveau record de 10,7 % le mois dernier, en grande partie en raison de la hausse des prix de l’énergie. L’inflation a été un peu plus faible en Grèce (9,8 % en octobre, contre 12,1 % en septembre) et plus élevée en Belgique (13,1 %), selon l’agence statistique européenne Eurostat.

Les syndicats belges affirment que les prix du gaz ont augmenté de 130 % en un an seulement, l’électricité de 85 % et le carburant de 57 %, tandis que les prix des denrées alimentaires ont également augmenté.

Les reporters de l’AP Costas Kantouris à Thessalonique, en Grèce ; Samuel Petrequin et Raf Casert à Bruxelles ; et Jill Lawless à Londres et Angela Charlton à Paris ont contribué à ce rapport.

Traduit avec www.DeepL.com/Translator (version gratuite)

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source : english.news.cn/europe/20221107/d8b65bdb324d46a1b1bac5ac0dcd3983/c.html

Le soutien de l’Italie à l’Ukraine fait l’objet d’un débat dans un contexte de protestations généralisées
07/11/2022

ROME, 6 novembre (Xinhua) - Les médias italiens ont mis en doute dimanche l’avenir du soutien militaire de l’Italie à l’Ukraine dans son conflit avec la Russie, un jour après que des dizaines de milliers d’Italiens soient descendus dans les rues de Rome et de Milan pour protester contre la livraison d’armes du pays à l’Ukraine.

Les médias locaux ont rapporté que les manifestants tenaient des banderoles, des pancartes et des drapeaux arc-en-ciel lors des manifestations de samedi, exigeant des négociations et des efforts diplomatiques pour résoudre la crise en Ukraine. « Plus d’armes pour les câlins, plus de guerres ! » pouvait-on lire sur une bannière portée par un homme qui portait un foulard arc-en-ciel à Rome.

L’Italie est un membre fondateur de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN) et de l’Union européenne (UE), qui soutiennent toutes deux largement l’aide financière et militaire à l’Ukraine.

Mais dans un contexte de flambée des prix de l’énergie et de ralentissement économique provoqué par la crise, un nombre croissant d’Italiens estiment que les politiques actuelles risquent de prolonger la guerre tout en détournant des ressources que le gouvernement devrait consacrer à l’intérieur du pays.

Selon les médias locaux, les manifestants comprenaient des représentants de syndicats, de groupes d’étudiants et d’associations culturelles.

Vendredi, les ministres des affaires étrangères des pays du Groupe des Sept ont réitéré leur promesse de continuer à soutenir l’Ukraine, et le nouveau Premier ministre italien Giorgia Meloni a déclaré que le soutien de l’Italie à l’Ukraine ne faiblirait pas et que des armes supplémentaires seraient envoyées prochainement.

Selon le quotidien italien Il Sole 24 Ore, les manifestations ont mis en lumière les divergences entre les dirigeants politiques italiens, l’ancien Premier ministre italien Giuseppe Conte - désormais membre de l’opposition gouvernementale - ayant déclaré dimanche qu’aucune arme supplémentaire ne serait envoyée sans l’approbation du Parlement.

« Nous avons besoin d’une percée vers un cessez-le-feu et des négociations de paix », a déclaré Conte cité par les médias, ajoutant que la stratégie actuelle « ne mène qu’à l’escalade. »

Le débat sur le soutien du pays à l’Ukraine intervient alors que le nouveau gouvernement italien, qui a prêté serment le 22 octobre, cherche à élaborer les détails du budget national 2023 et à définir des stratégies pour stimuler la croissance économique et juguler une inflation record.

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source : 'Seize the Moment': Gen. Milley Sees Opportunity for Peace Talks Between Russia and Ukraine - News From Antiwar.com

Saisissez l’occasion : Le général Milley voit une opportunité pour des pourparlers de paix e ntre la Russie et l’Ukraine.

D’autres responsables américains seraient en désaccord avec le général Milley quant à sa position sur les négociations.

par Dave DeCamp
Publié le 10 novembre 2022

Le président des chefs d’état-major interarmées, le général Mark Milley, a déclaré mercredi qu’il voyait une opportunité de négociations entre la Russie et l’Ukraine maintenant que Moscou a annoncé son retrait de Kherson et que les deux parties devraient « saisir l’occasion. »

« Quand il y a une opportunité de négocier quand la paix peut être atteinte, saisissez-la », a déclaré Milley à l’Economic Club de New York. « Saisissez le moment ».

Milley pense que la Russie se retranche pour l’hiver et que les lignes de bataille ne changeront pas beaucoup au cours des prochains mois. Il a déclaré que des leçons devraient être tirées de la Première Guerre mondiale, lorsque le refus des puissances européennes de négocier a entraîné des millions de victimes supplémentaires dans la guerre des tranchées.

Milley a déclaré que la Russie pourrait utiliser le retrait pour faire reposer ses troupes en vue d’une future offensive de printemps, mais il estime qu’« il y a également une opportunité ici, une fenêtre d’opportunité pour la négociation. »

Le plus haut officier militaire américain a déclaré que les deux parties devaient parvenir à une « reconnaissance mutuelle » que la victoire « n’est peut-être pas réalisable par des moyens militaires, et qu’il faut donc se tourner vers d’autres moyens. »

Milley a déclaré que si une solution diplomatique n’était pas trouvée, les États-Unis continueraient d’armer l’Ukraine, et les États-Unis et l’OTAN ont de grands projets pour soutenir Kiev pour les années à venir. Mais Milley a réitéré son point de vue selon lequel les négociations sont possibles dans une interview avec CNBC le jour suivant. « Maintenant, ce que l’avenir nous réserve n’est pas connu avec un certain degré de certitude, mais nous pensons qu’il y a des possibilités ici pour certaines solutions diplomatiques », a-t-il déclaré.
Ses commentaires sont intervenus après que NBC News eut rapporté que certains responsables américains et occidentaux pensaient que cet hiver serait l’occasion d’engager des pourparlers de paix. Mais le New York Times a rapporté jeudi que Milley est en désaccord avec d’autres hauts responsables américains sur sa position.

Le rapport du Times indique que les conseillers du président Biden ont conclu que le moment n’est pas propice à des pourparlers de paix et que les États-Unis ne devraient pas faire pression sur l’Ukraine pour négocier. La Maison Blanche a pris soin de maintenir qu’elle ne poussait pas l’Ukraine à la table des négociations, Biden ayant répété mercredi que les Etats-Unis ne poursuivraient rien concernant l’Ukraine « sans l’Ukraine ».

Le conseiller à la sécurité nationale Jake Sullivan s’est toutefois rendu à Kiev la semaine dernière et aurait demandé au président ukrainien Volodymyr Zelensky d’assouplir sa position sur les négociations. M. Zelensky avait précédemment exclu toute négociation avec la Russie tant que Vladimir Poutine était président, mais il a abandonné cette position cette semaine, bien qu’il maintienne des exigences maximalistes comme conditions préalables aux pourparlers.

Les commentaires de Milley et la demande de Sullivan à Zelensky marquent un changement significatif dans la position des Etats-Unis sur les négociations. Jusqu’à présent, l’administration Biden avait découragé la diplomatie, même lorsqu’un accord était à portée de main après que l’Ukraine et la Russie eurent tenu des pourparlers de paix en personne à Istanbul à la fin du mois de mars.

Après les pourparlers d’Istanbul, l’ancien Premier ministre britannique Boris Johnson s’est rendu à Kiev et a appelé à ne pas négocier avec la Russie. Lorsqu’il est devenu évident qu’il n’y aurait pas d’accord, les États-Unis ont déclaré que leur objectif était d’« affaiblir » la Russie et le Congrès a adopté un programme d’aide de 40 milliards de dollars pour l’Ukraine.

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L’Algérie demande officiellement à intégrer les BRICS

par RT France.

Les autorités algériennes ont officiellement demandé à intégrer les BRICS ce 7 novembre. Pour le président algérien, qui avait évoqué cette possibilité en juillet dernier, cela permettrait à son pays de « s’éloigner de l’attraction des deux pôles ».

Comme le rapportent plusieurs médias algériens dont le site Echourouk et la radio publique algérienne, les autorités algériennes ont déposé une demande officielle d’adhésion aux BRICS, acronyme des cinq pays qui forment actuellement le groupe : le Brésil, la Russie, l’Inde, la Chine et l’Afrique du Sud.

L’annonce a été faite ce 7 novembre par l’envoyée spéciale du ministère algérien des Affaires étrangères pour le partenariat international, Leila Zerrouki.

Fin juillet, le président algérien Abdelmadjid Tebboune avait évoqué la possibilité d’une telle adhésion aux BRICS qui permettrait à son pays de « s’éloigner de l’attraction des deux pôles ». Il avait alors souligné qu’il ne fallait pas « devancer les événements » mais qu’il y aurait « de bonnes nouvelles ». « Il faut des conditions économiques » pour intégrer les BRICS et l’Algérie remplit une bonne partie de ces critères, avait-il fait valoir.

Quelques semaines plus tard, l’ambassadeur de Russie en Algérie, Valerian Chauvive, avait fait savoir que la Russie n’était pas opposée à l’idée, affirmant que les présidents russe et algérien avaient déjà discuté de la question.

Les BRICS plaident en faveur d’une refondation des organisations internationales, comme le Conseil de sécurité de l’ONU et les organisations financières de Bretton Woods (FMI, Banque mondiale).

En 2019, le groupe représentait plus de 40% de la population mondiale et ses cinq pays avaient un produit intérieur brut cumulé de 18 600 milliards de dollars, soit environ 23% du produit mondial brut. Selon les estimations du Fonds monétaire international, les Etats membres sont responsables de plus de la moitié de la croissance économique mondiale de la dernière décennie.

source : RT France

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source : multipolarista.com/2022/11/09/macron-kerry-venezuela-maduro-oil/

L’Europe et les États-Unis rencontrent le vrai président vénézuélien Maduro - désespérés par la baisse des prix du pétrole, leur tentative de coup d’État échoue.

Après avoir soutenu pendant des années une tentative de coup d’État ratée, le Français Emmanuel Macron, l’envoyé américain pour le climat John Kerry et le Premier ministre portugais ont rencontré le président élu du Venezuela Nicolás Maduro à la conférence COP27 de l’ONU. Désespérant de faire baisser les prix du pétrole, ils ont abandonné la prétention que Juan Guaidó contrôle quoi que ce soit.

Par
Ben Norton

10 novembre 2022

Après avoir soutenu pendant des années une tentative de coup d’État ratée, le dirigeant français Emmanuel Macron, l’envoyé américain pour le climat John Kerry et le Premier ministre portugais Antonio Costa ont eu des discussions informelles avec le président élu constitutionnellement du Venezuela, Nicolás Maduro.

Ces rencontres ont eu lieu le 7 novembre lors de la conférence des Nations unies sur le changement climatique, la COP27, à Charm el-Cheikh, en Égypte.

L’administration de Joe Biden reconnaît toujours techniquement le chef de coup d’État non élu Juan Guaidó comme le supposé « président par intérim » du Venezuela, mais Washington et Bruxelles cherchent désespérément à faire baisser les prix du pétrole dans le cadre d’une crise énergétique qui a fait des ravages dans leurs économies.

vidéo : youtu.be/ONakKTA87Bs

Avant que l’Occident n’impose des sanctions sévères à la Russie en raison de la guerre par procuration en Ukraine, Moscou était le principal fournisseur de pétrole et de gaz de l’Europe.

Le 5 décembre est la date limite à laquelle l’Union européenne s’est engagée à interrompre toutes les importations de brut russe. Cela signifie que les États membres de l’UE cherchent désespérément des fournisseurs alternatifs, alors que l’hiver approche.

Le président Biden s’est rendu en Arabie saoudite en juillet et a tenté de faire pression sur le pays et sur l’alliance OPEP+ pour qu’ils augmentent leur production afin de faire baisser le prix du pétrole sur le marché mondial. Le prince héritier Mohammed bin Salman a refusé, annonçant au contraire que les producteurs de pétrole allaient réduire leur production.

Le président français Emmanuel Macron est peut-être un banquier profondément motivé par l’idéologie néolibérale, mais il est aussi un peu pragmatique.

Réalisant qu’il n’avait guère d’autres choix, Macron a approché le président vénézuélien Nicolás Maduro lors de la conférence COP27. Une vidéo devenue virale sur les médias sociaux montre le dirigeant français demandant poliment à Maduro une rencontre et proposant un dialogue.

lien : twitter.com/i/status/1589808368549388288

Le même jour, Maduro a rencontré l’envoyé spécial de l’administration Biden pour le climat, John Kerry.

John Kerry avait sévèrement critiqué Maduro lorsqu’il était secrétaire d’État sous la présidence de Barack Obama. Le dirigeant vénézuélien avait lui aussi condamné Kerry, le qualifiant de « ridicule » lors d’un rassemblement en 2014.

Mais aujourd’hui, la réduction du prix du pétrole est une priorité plus importante pour Washington. Et Caracas est prêt à négocier dans l’espoir de lever certaines des sanctions unilatérales illégales que les États-Unis lui ont imposées, qui ont paralysé le secteur pétrolier vénézuélien et dévasté l’économie du pays, dépendante des exportations.

lien : twitter.com/i/status/1589991605921976320

Lors de la conférence COP27, le Premier ministre portugais Antonio Costa a également eu une discussion amicale avec Maduro.

Le dirigeant portugais a été le plus ouvert de tous quant à ses intentions, affirmant clairement que la situation économique en Europe est difficile, avec une inflation élevée et la flambée des coûts du pétrole et du gaz.

lien : twitter.com/i/status/1589973435694067714

Ces rencontres représentent un revirement politique pour les puissances occidentales, qui ont passé des années à tenter de renverser le gouvernement de gauche chaviste du Venezuela.

Lors d’une tentative de coup d’État au cours de laquelle des barricades violemment « guarimba » ont tenté de déstabiliser le pays en 2014, l’administration Obama a commencé à imposer des sanctions aux hauts responsables vénézuéliens.

En 2015, la Maison Blanche a publié un décret déclarant que le Venezuela constituait une « menace inhabituelle et extraordinaire pour la sécurité nationale et la politique étrangère des États-Unis. »

Cela a ouvert les vannes des sanctions américaines unilatérales illégales, qui se sont multipliées d’année en année, endommageant gravement l’industrie pétrolière vénézuélienne, limitant ses exportations, et privant ainsi le pays de réserves de change dont il a tant besoin.

En janvier 2019, l’administration de Donald Trump a initié une tentative de coup d’État, en nommant un politicien d’opposition de droite peu connu, Juan Guaidó, comme supposé « président par intérim », malgré le fait qu’il n’ait jamais remporté une seule voix dans une élection présidentielle.

Trump a radicalement élargi les sanctions pour en faire un embargo américain complet contre le Venezuela, semblable au blocus de Cuba imposé par Washington depuis six décennies. La production pétrolière de la nation sud-américaine a ensuite chuté à son niveau le plus bas depuis 2003 - lorsque le gouvernement américain a parrainé un autre coup d’État, brièvement réussi, au Venezuela, puis un lock-out pétrolier et une grève des patrons par l’opposition de droite.

L’EIA sanctionne le pétrole vénézuélien

Trump et les hauts responsables américains ont également discuté à plusieurs reprises du lancement d’attaques militaires contre le Venezuela. Le conseiller à la sécurité nationale néoconservateur John Bolton s’est plus tard vanté du travail acharné qu’il a fallu pour organiser le coup d’État.

Au début, la France s’est empressée de participer à l’opération de changement de régime menée par les États-Unis. Macron a déclaré que Paris reconnaissait Guaidó comme « président intérimaire » du Venezuela."

Pas plus tard qu’en 2020, Macron entretenait encore publiquement cette mascarade, tweetant des photos souriantes avec Guaidó.

Peu après son arrivée au pouvoir en janvier 2021, l’administration Biden a clairement indiqué qu’elle poursuivait la politique de Trump.

Le secrétaire d’État Antony Blinken a eu un appel amical avec Guaidó le 2 mars, réaffirmant le « soutien indéfectible » de Washington."

Aujourd’hui, le président intérimaire vénézuélien @jguaido et moi avons discuté de notre soutien indéfectible à la démocratie au Venezuela et de nos efforts pour améliorer la vie du peuple vénézuélien.

  • Secrétaire Antony Blinken (@SecBlinken) 3 mars 2021

Pas plus tard qu’en juin 2022, le département d’État décrivait encore Guaidó comme un « président intérimaire ».

Pour la deuxième fois en autant de semaines, le président intérimaire @jguaido a été attaqué au Venezuela. Les États-Unis sont profondément préoccupés et condamnent cette escalade d’actes de violence, de harcèlement et d’intimidation contre le président par intérim Guaidó et tous ceux qui défendent la démocratie.

  • Secrétaire Antony Blinken (@SecBlinken) 12 juin 2022

Le secrétaire adjoint américain aux affaires de l’hémisphère occidental, Brian A. Nichols, a même supprimé le mot « intérimaire » et s’est référé à Guaidó simplement comme « président » le 11 juin.

L’admission réticente de facto de l’Occident en 2022 que Maduro est le président constitutionnel du Venezuela contraste fortement avec une conférence de presse donnée en avril 2020, lorsque le ministère américain de la Justice a mis une prime de 15 millions de dollars de style mafieux sur la tête de Maduro et d’autres hauts responsables du gouvernement vénézuélien.

Le procureur général d’extrême droite de Donald Trump, William Barr, vétéran de la CIA, a lancé des accusations absurdes de « trafic de drogue » et de « narcoterrorisme », sans la moindre preuve.

La tentative de coup d’État de l’administration Trump au Venezuela a culminé avec une invasion bâclée en mai 2020, à laquelle ont participé des dizaines de mercenaires et d’anciennes forces d’opérations spéciales de l’armée américaine.

Connue sous le nom d’opération Gideon, cette opération terroriste ratée a été parrainée par la CIA et les services de renseignement colombiens, selon des putschistes impliqués dans l’attaque.

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source : www.ohchr.org/en/node/104160

Un expert de l’ONU appelle à la levée des sanctions unilatérales qui " étouffent " le peuple syrien.

11 novembre 2022
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La rapporteuse spéciale de l’ONU sur les mesures coercitives unilatérales et les droits de l’homme, Alena Douhan, a exhorté aujourd’hui les États sanctionneurs à lever les sanctions unilatérales contre la Syrie, avertissant qu’elles perpétuent et exacerbent la destruction et le traumatisme subis par le peuple syrien depuis 2011.

« Je suis frappée par l’omniprésence de l’impact sur les droits de l’homme et l’impact humanitaire des mesures coercitives unilatérales imposées à la Syrie et par l’isolement économique et financier total d’un pays dont le peuple lutte pour reconstruire une vie dans la dignité, après la guerre qui dure depuis dix ans », a déclaré Mme Douhan.

Dans un communiqué publié à l’issue de sa visite de 12 jours en Syrie, le rapporteur spécial a présenté des informations détaillées sur les effets catastrophiques des sanctions unilatérales dans tous les domaines de la vie du pays.

Selon Mme Douhan, 90 % de la population syrienne vit actuellement sous le seuil de pauvreté, avec un accès limité à la nourriture, à l’eau, à l’électricité, aux abris, aux combustibles de cuisson et de chauffage, aux transports et aux soins de santé, et elle a prévenu que le pays était confronté à une fuite massive des cerveaux en raison des difficultés économiques croissantes.

"Avec plus de la moitié des infrastructures vitales complètement détruites ou gravement endommagées, les sanctions unilatérales imposées aux secteurs économiques clés, notamment le pétrole, le gaz, l’électricité, le commerce, la construction et l’ingénierie, ont réduit à néant le revenu national et sapé les efforts de redressement et de reconstruction économiques.

L’experte a déclaré que le blocage des paiements et le refus des livraisons par les producteurs et les banques étrangers, associés à la limitation des réserves de devises étrangères due aux sanctions, ont provoqué de graves pénuries de médicaments et d’équipements médicaux spécialisés, notamment pour les maladies chroniques et rares. Elle a prévenu que la réhabilitation et le développement des réseaux de distribution d’eau potable et d’irrigation étaient au point mort en raison de l’indisponibilité des équipements et des pièces de rechange, ce qui a de graves répercussions sur la santé publique et la sécurité alimentaire.

« Dans la situation humanitaire actuelle, dramatique et qui continue de se détériorer, alors que 12 millions de Syriens sont aux prises avec l’insécurité alimentaire, je demande instamment la levée immédiate de toutes les sanctions unilatérales qui portent gravement atteinte aux droits de l’homme et empêchent tout effort de relèvement rapide, de reconstruction et de reconstruction », a déclaré Mme Douhan.

« Aucune référence aux bons objectifs des sanctions unilatérales ne justifie la violation des droits humains fondamentaux. La communauté internationale a une obligation de solidarité et d’assistance envers le peuple syrien. »

Le rapporteur spécial a également traité d’autres questions mettant en évidence l’impact négatif multiforme des sanctions, notamment la coopération internationale dans les domaines de la science, des arts, des sports, de la préservation du patrimoine culturel national et de la restitution des objets culturels, de l’accès aux nouvelles technologies, du cyberespace et des plateformes d’information en ligne, de la criminalité et de la sécurité régionale/internationale, ainsi que la question des avoirs étrangers gelés des institutions financières et autres entités syriennes.

« J’exhorte la communauté internationale et les États sanctionneurs en particulier, à tenir compte des effets dévastateurs des sanctions et à prendre des mesures rapides et concrètes pour remédier au non-respect des règles par les entreprises et les banques, conformément au droit international des droits de l’homme », a-t-elle déclaré.

Pour reprendre les mots de l’un de mes interlocuteurs, qui font écho à de nombreux autres : « J’ai vu beaucoup de souffrances, mais je vois maintenant l’espoir mourir », a déclaré Mme Douhan.

Au cours de sa visite, l’experte des Nations unies a rencontré des représentants d’institutions gouvernementales nationales et locales, d’organisations non gouvernementales, d’associations, d’acteurs humanitaires, d’entreprises, d’entités des Nations unies, d’universités, de chefs religieux et d’organisations confessionnelles, ainsi que de la communauté diplomatique. En plus de la capitale Damas, elle a également visité la ville de Homs, la zone rurale de Homs et la zone rurale de Damas.

La rapporteuse spéciale présentera un rapport au Conseil des droits de l’homme en septembre 2023.

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Rencontre-débat : « La parole des exilé.es , les réponses de l’Etat. Enquête de Calais à Ouistreham »

Evénements / Par Asti 14

Une journée-événement, le jeudi 17 Novembre 2022 de 13h30 à 18h00 au WIP, rue des ateliers à Colombelles, pour échanger et faire des propositions autour de deux rapports d’enquête réalisés et présentés par Pierre Bonnevalle, politologue et Marta Lotto, anthropologue. Tous deux é clairent la manière dont les politiques migratoires adoptées depuis les années 90 en France génèrent des conditions de vie indignes et inhumaines pour les exilé.es le long de la frontière franco-britannique.

Organisée dans le cadre de la Plateforme des Soutiens aux Migrant·e·s (PSM), cette journée de débats et d’ateliers participatifs s’intitule « La parole des exilé·e·s, les réponses de l’Etat – Enquête de Calais à Ouistreham ». Elle est à l’initiative de différentes organisations et associations : Médecins du monde, la Cimade, le Secours Catholique, Citoyen.nes en lutte Ouistreham, le Camo et le Ballon vert. Ensemble, elles proposent la création d’une convention citoyenne « pour mettre fin à la politique migratoire générant maltraitances et violences à la frontière franco-britannique ». L’ambition est de penser collectivement des propositions humaines et réalistes, notamment à travers les échanges entre acteurs et actrices de tous les horizons attendu.es le 17/11.

Les synthèses des deux rapports réalisés en 2021 pour la Plateforme des Soutiens aux Migrant.es, coordination d’acteurs à la frontière franco-britannique sont consultables et téléchargeables en ligne : une enquête sur les conditions de vie des personnes en transit réalisée par Marta Lotto, anthropologue et une enquête sur la gestion par les autorités françaises par le politologue Pierre Bonnevalle.

Afin de garantir un meilleur accueil, un lien d’inscription à l’événement est disponible ici : Rencontre - Débat: la parole des exilés, les réponses de l'Etat.

En ouverture de cette journée, les organisateurs invitent à la projection-débat du film documentaire La Combattante de Camille Ponsin le mercredi 16 novembre 2022 à 20H00 au Café des images (4, square du théâtre, 14200 Hérouville-Saint-Clair).

Le flyer de la journée est à retrouver ici et à partager largement : FLYER-PSM_A5_V6-2b-1

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