14 octobre 2022. Les titres des articles sont en tête de l'envoi.

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Dernière représentation à Paris "Sur les vagues grecques"Jeudi 20 octobre à 20:00 - Dettes : toujours les mêmes qui trinquent ? -

La gauche francaise et européenne: Avec les peuples ou avec l’ OTAN? -

Une tempête parfaite dans la politique étrangère américaine

Assimi GOITA vient d’annuler 8 des 11 accords coloniaux de 1959 entre son pays et la France. LES 11 ACCORDS SECRETS SIGNÉS ENTRE LA FRANCE ET LES PAYS D’AFRIQUE NOIRS

24h Assange: les dernières nouvelles et où suivre la 24h

Un long article sur la grève des raffineries en France « Ce n’est pas une fenêtre de tir qu’on a, c’est une baie vitrée »

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Dernière représentation à Paris
« Sur les vagues grecques »

vidéo : youtu.be/CuYijZwrfvk

Nefeles , interprète un répertoire varié de la Grèce, inspiré de la mer Thalassa, se donnant toute latitude pour accoster les îles, se délasser dans une taverne populaire avec du rebetiko, partager la vie des pêcheurs.
Les musiciens transmettent une culture musicale authentique et chaleureuse où chansons traditionnelles et compositions se côtoient.
« Merci pour ce moment magique, poétique, un rêve… » Vanessa Bruno

Jeudi 20 octobre à 20:00
au Regard du Cygne
210 rue de Belleville Paris 20°

Prévente internet : 17 €, réduit 11 € (chômeurs, - 25 ans)
Sur place : 20 €, tarif réduit 12 €
lien : www.billetweb.fr/sur-les-vagues-grecques8

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Le 12/10/2022 à 21:06, Angélique Kourounis a écrit :

source : www.arte.tv/fr/videos/106527-014-A/27/
Dettes : toujours les mêmes qui trinquent ?

Émission du 09/10/2022

Jamais dans son histoire, l’Europe n’avait cumulé un tel endettement : près de 13 000 milliards d’euros de déficit, soit 90 % de son PIB. Comment les pays européens vont-ils se sortir de cet endettement démesuré ? Qui va devoir payer ? Est-ce que ce sont finalement les citoyens, en bout de chaîne, qui vont trinquer ? Un débat animé par Nora Hamadi.

Pour nous aiguiller, trois invités : Lars Feld, professeur d’économie à l’université de Fribourg, conseiller du ministre allemand des Finances Christian Lindner. Il prône un retour à plus de rigueur budgétaire pour éviter à l’avenir d’avoir recours à l’austérité. Face à lui, Rui Pedro Esteves, historien de la finance et de l’économie internationale à l’Institut des hautes études internationales de Genève, considère, lui, que la dette publique est un bien commun à défendre, loin de toute idéologie. Et Michelle Murphy, membre de l’ONG Social Justice Ireland, défend pour sa part l’idée que la dette a un coût social et humain.

Des échanges ponctués par les témoignages des neuf Européens qui ont défriché le sujet en amont de l’émission, et par un reportage en Italie, où les entreprises qui ont contracté des prêts garantis par l’État pendant le Covid sont désormais étranglées par les remboursements.

Enfin, dans notre grand entretien, Nora Hamadi reçoit Filippa Chatzistavrou, professeure de sciences politiques de l’université d’Athènes, qui plaide pour lever les tabous idéologiques autour de la dette et dénonce son instrumentalisation politique.

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source : www.defenddemocracy.press/la-gauche-francaise-et-europeenne-avec-les-peuples-ou-avec-l-otan/

La gauche francaise et européenne: Avec les peuples ou avec l’ OTAN?

14/10/2022

Par Dimitris Scarpalezos

La grande explosion sociale arrive mais dans la confusion idéologique la plus extrême.

Inversement a ce qui se passe en Amérique Latine la gauche européenne est dans la confusion la plus profonde et n’ose pas faire face au récits imposés par les medias et les limites imposées par la domination Américaine. Ainsi, sur certains sujets fondamentaux comme la paix et la guerre, elle réussit à se situer a droite de Elon Musk, Henri Kissinger ou Marine Lepen.

Le risque majeur est que si la gauche ne se resaisit pas de son autocastration, par volonté de rester dans le “politiquement correct”, elle laissera la place a l’extrême droite conservatrice et nationaliste, du moins a son aile moins soumise aux américains, pour exprimer la révolte populaire.

La révolution française n’est pas restée une jacquerie a cause de la présence des idées des Lumières.

La gauche européenne doit s’inspirer de l’exemple et des discours de dirigeants progressistes latino-américains comme ceux de Colombie et de Bolivie à l’ Assemblée Générale des Nations Unies.

Elle doit s’inspirer des expériences progressistes récentes , dépassant les usages et les blocages théoriques du passé comme par exemple l’ expérience de la Bolivie en face à des défis économiques ethniques, sociaux, géopolitiques et environnementaux auxquels le peuple bolivien a dûfaire face, pour donner, ici et maintenant, avec un effort d’intelligence et de créativité théorique et pratique les idées et les mots,ainsi que l’organisation syndicale ou “mouvementiste” à l’expression de cette inévitable révolte populaire dont peut sortir le meilleur ou le pir

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source : www.indianpunchline.com/a-perfect-storm-in-us-foreign-policy/

Posté le 11 octobre 2022 par M. K. BHADRAKUMAR
Une tempête parfaite dans la politique étrangère américaine

Selon le vieil adage, une bonne politique étrangère est le reflet de la politique nationale. Une tempête parfaite se prépare sur le front de la politique étrangère américaine, déclenchée par la décision de l’OPEP, jeudi, de réduire la production de pétrole de 2 millions de barils par jour, ce qui, d’une part, fera grimper le prix de l’essence pour le consommateur national et, d’autre part, exposera les priorités de l’administration Biden en matière de politique étrangère.

À son niveau le plus évident, la décision de l’OPEP confirme la croyance selon laquelle Washington a perdu son influence sur le cartel des pays producteurs de pétrole. Cela est attribué à la détérioration des relations entre les États-Unis et l’Arabie saoudite au cours de la présidence Biden. Mais, fondamentalement, une contradiction est apparue entre les intérêts américains et les intérêts des pays producteurs de pétrole.

Les contradictions ne sont pas nouvelles dans la géopolitique du pétrole. Les années 1970 et 1980 ont été marquées par deux grandes « crises pétrolières ». L’une était due à l’homme, tandis que l’autre était le résultat de l’interaction de forces historiques - la guerre du Yom-Kippour de 1973 et la révolution iranienne de 1979.

En aval de la guerre du Kippour, les nations arabes ont militarisé le pétrole et proclamé un embargo pétrolier sur les nations occidentales, perçues comme ayant soutenu Israël dans la guerre. Le résultat est que le prix du pétrole a augmenté de près de 300% en moins de 6 mois, paralysant l’économie mondiale.

Le président Nixon demande aux stations-service de ne pas vendre d’essence du samedi soir au lundi matin. La crise a touché l’industrie plus que le consommateur moyen.

En 1979, la révolution iranienne frappe les taux de production de pétrole et l’offre mondiale de pétrole diminue de 4 %. La panique s’installe, la demande de pétrole brut augmente et le prix fait plus que doubler.

L’administration Biden a tenté le sort en sous-estimant l’importance du pétrole en termes économiques et politiques modernes et en ignorant que le pétrole restera la source d’énergie dominante dans le monde dans un avenir prévisible, alimentant tout, des voitures au chauffage domestique en passant par les titans de l’industrie et les usines de fabrication.

Une transition en douceur vers les énergies vertes dépend largement de la disponibilité continue de combustibles fossiles abondants et bon marché. Mais l’administration Biden n’a pas tenu compte du fait que ceux qui possèdent des réserves de pétrole exercent un pouvoir énorme sur nos systèmes énergétiques centrés sur le pétrole, et que ceux qui achètent du pétrole sont, au contraire, terriblement dépendants du marché et des relations diplomatiques qui l’animent.

Les puissances occidentales sont bien trop naïves pour penser qu’une superpuissance énergétique comme la Russie peut être simplement « effacée » de l’écosystème. Dans une « guerre énergétique » avec la Russie, elles sont condamnées à être perdantes.

Historiquement, les nations occidentales ont compris l’impératif de maintenir de bonnes relations diplomatiques avec les pays producteurs de pétrole. Mais Biden a jeté la prudence aux orties en insultant l’Arabie saoudite, la qualifiant d’État « paria ». Il ne faut pas s’attendre à une quelconque amélioration des relations américano-saoudiennes sous la direction de Biden. Les Saoudiens se méfient des intentions américaines.

La congruence des intérêts de l’OPEP à maintenir les prix élevés s’explique essentiellement par le fait qu’elle a besoin de revenus supplémentaires pour son budget de dépenses et pour maintenir un niveau d’investissement sain dans l’industrie pétrolière. En avril, le Fonds monétaire international a prévu que le prix du pétrole au seuil de rentabilité de l’Arabie saoudite - le prix du pétrole auquel elle équilibrerait son budget - serait de 79,20 dollars le baril.

Le gouvernement saoudien ne divulgue pas le prix du pétrole qu’il estime être le point mort. Mais selon un rapport de Reuters, le niveau de prix préféré se situerait entre 90 et 100 dollars le baril de Brent, niveau auquel l’impact sur l’économie mondiale ne serait pas énorme. Bien sûr, un prix supérieur à 100 dollars sera une aubaine.

Pendant ce temps, une crise « systémique » se prépare. Il est naturel que l’OPEP considère avec scepticisme les récentes mesures prises par les États-Unis et l’UE pour bloquer les exportations de pétrole de la Russie. L’Occident justifie ces mesures par le fait qu’elles visent à réduire considérablement les revenus que la Russie tire de ses exportations de pétrole (ce qui se traduit par sa capacité à combattre la guerre en Ukraine). La dernière initiative du G7 visant à plafonner les prix auxquels la Russie peut vendre son pétrole pousse les choses à l’extrême.

L’OPEP la considère comme un changement de paradigme, car elle remet implicitement en cause la prérogative supposée du cartel de veiller à ce que l’offre mondiale de pétrole corresponde à la demande, alors que l’une des mesures clés de l’équilibre offre-demande est le prix. On peut dire que l’Occident met de facto en place un cartel rival de pays consommateurs de pétrole pour réguler le marché pétrolier.

Il ne fait aucun doute que la décision de l’Occident crée un précédent, à savoir qu’elle prescrit, pour des raisons géopolitiques, le prix auquel un pays producteur de pétrole est autorisé à exporter son pétrole. Si c’est la Russie aujourd’hui, cela peut tout aussi bien être l’Arabie saoudite ou l’Irak demain. La décision du G7, si elle est appliquée, érodera le rôle clé de l’OPEP dans la régulation du marché mondial du pétrole.

C’est pourquoi l’OPEP réagit de manière proactive. Sa décision de réduire la production de pétrole de 2 millions de barils par jour et de maintenir le prix du pétrole au-dessus de 90 dollars le baril tourne en dérision la décision du G7. L’OPEP estime que les options de Washington pour contrer l’OPEP+ sont limitées. Contrairement à l’histoire énergétique passée, les États-Unis n’ont pas un seul allié aujourd’hui au sein du groupe OPEP+.

En raison de la hausse de la demande intérieure de pétrole et de gaz, il est tout à fait concevable que les exportations américaines de ces deux produits soient réduites. Si cela se produit, l’Europe sera la plus touchée. Dans une interview accordée au FT la semaine dernière, le Premier ministre belge Alexander De Croo a averti qu’à l’approche de l’hiver, si les prix de l’énergie ne baissent pas, « nous risquons une désindustrialisation massive du continent européen et les conséquences à long terme pourraient être très graves ».

Il a ajouté ces mots qui font froid dans le dos : « Nos populations reçoivent des factures qui sont complètement insensées. A un moment donné, ça va craquer. Je comprends que les gens soient en colère… les gens n’ont pas les moyens de payer. » De Croo mettait en garde contre la probabilité d’une agitation sociale et de troubles politiques dans les pays européens.

Sans aucun doute, il s’agit d’un changement tectonique dans la géopolitique qui pourrait probablement s’avérer plus important que le conflit en Ukraine dans la construction de l’ordre mondial multipolaire.

Cette tempête parfaite dans la politique étrangère de Biden peut également avoir un impact sur les midterms de novembre et donner une majorité républicaine au Sénat, ce qui pourrait donner le tempo de l’élection présidentielle américaine de 2024.

Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a déclaré qu’en se détournant de l’énergie russe, l’Europe est devenue un marché captif pour les compagnies pétrolières américaines qui gagnent désormais « un argent fou », mais dont le coût élevé draine la compétitivité de l’économie européenne.

« La production est en train de s’effondrer. La désindustrialisation arrive. Tout cela aura des conséquences très, très déplorables pour le continent européen au cours probablement, au moins, des 10 à 20 prochaines années », a déclaré M. Peskov.

La Russie pourrait être le plus grand « gagnant » des réductions de l’OPEP. Selon les experts, les prix du pétrole vont augmenter par rapport aux niveaux actuels jusqu’à la fin de l’année et l’année prochaine. En d’autres termes, la Russie ne réduira pas sa production alors que le prix du pétrole devrait augmenter dans les mois à venir ! Avec la hausse du prix du pétrole, la Russie n’aura pas à réduire ne serait-ce qu’un seul baril de sa production tant qu’elle disposera d’un marché suffisamment important après décembre pour vendre le brut actuellement destiné à l’Europe. Une fois encore, la Russie, pour sa part, réaffirme qu’elle ne fournira pas de pétrole aux pays qui adhéreraient au plafonnement des prix du G7. Elle s’aligne sur les instruments non marchands de l’administration Biden.

Traduit avec www.DeepL.com/Translator (version gratuite)

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envoyé par une abonnée 8/10/2022

Assimi GOITA vient d’annuler 8 des 11 accords coloniaux de 1959 entre son pays et la France*

.*FRANÇAFRIQUE, la pomme de discorde qui emporte définitivement l’impérialisme français en Afrique francophone et de manière irréversible.

*RUPTURE DES ACCORDS COLONIAUX AVEC LA FRANCE POUR BIEN COMPRENDRE LE DOSSIER MALIEN CONTRE LA FRANCE IMPÉRIALISTE

*Après « l’indépendance » 14 pays francophones ont signé 11 accords avec la France

LES 11 ACCORDS SECRETS SIGNÉS ENTRE LA FRANCE ET LES PAYS D’AFRIQUE NOIRS

Peu de gens le savent. Mais il existe bel et bien des accords signés entre les anciennes colonies françaises et leur ancienne autorité administrative, la France. Ces accords concernent de nombreux domaines, tels que le militaire, le politique, mais surtout des accords économiques. Dans cet article, nous allons détailler les onze principales composantes de ces accords, signés juste avec les indépendances. Et qui sont toujours en vigueur et appliqués à la lettre par nos États.

1. LA DETTE COLONIALE POUR REMBOURSEMENT DES BENEFICES DE LA COLONISATION.

Les États nouvellement indépendants doivent rembourser le coût des infrastructures construites par la France pendant la colonisation. Nous cherchons toujours le détail des coûts, l’évaluation des bénéfices et des conditions de paiements imposés par la France aux pays africains

2. LA CONFISCATION AUTOMATIQUE DES RESERVES FINANCIERES NATIONALES.

Les pays africains doivent déposer leurs réserves financières auprès de la Banque de France. Ainsi, la France « garde » les réserves financières de quatorze pays africains depuis 1961 : le Bénin, le Burkina Faso, la Guinée Bissau, la Côte d’Ivoire, le Mali, le Niger, le Sénégal, le Togo, le Cameroun, la République Centrafricaine, le Tchad, le Congo-Brazzaville, la Guinée Equatoriale et le Gabon.

Ainsi, la gouvernance des politiques monétaires reste asynchrones et incomplètes du fait qu’elles sont pilotées directement par le gouvernement français, sans aucun lien avec les autorités financières des pays tels que la CEMAC ou la CEDEAO. Ainsi, du fait des conditions qui lient les banques des zones économiques et financières, elles sont obligées de garder 65% de leurs réserves de change dans un compte d’opérations tenu par le Trésor Français, ainsi que 20% supplémentaire afin de couvrir « les risques financiers ».

De plus, les banques des zones CFA imposent une limite de crédit à chaque pays membre équivalent à 20% des recettes d’état de l’année N-1 ! Bien que le BEAC ou la BCEAO ont des possibilités de retrait supérieur auprès du Trésor Français, ces retraits doivent faire l’objet de l’accord du Trésor Français. La décision finale revient donc au Trésor Français qui a lui même investi les réserves des pays africains sur la place boursière parisienne.

En d’autres mots, 80% des réserves financières africaines, sont déposées sur un compte opération contrôlée par l’administration française. Les deux banques de la zone CFA sont africaines de par leurs noms, mais ne décident aucune des politiques monétaires par elle-même. Pire, les pays eux mêmes ne savent même pas quel est la part de réserves financières qui leur appartient en groupe ou individuellement en tant que pays, mais détenus par l’administration du Trésor Français.

Les gains issus des investissements de ces fonds au Trésor Français sont censés être rajouté à la cagnote africaine, mais aucun compte n’est donné là dessus aux banques ni même aux pays membres. « Seul un groupe limité à six administrateurs du trésor français ont connaissance des montants du compte d’opération, du lieu d’investissement des sommes. Les banques centrales africaines n’ont pas accès à ces informations » déclarait le Dr. Gary K. Busch.

On estime maintenant que la France détient près de 500 milliards de dollars auprès de son trésor. Elle est donc prête à tout afin de combattre toute personne qui chercherait à faire la lumière sur le côté obscure de ce vieille empire. Les pays africains ne disposent pas d’accès à cet argent.

La France leur permet d’accéder à seulement 15% de l’argent chaque année. Si elles ont besoin de plus que cela, ils doivent emprunter de l’argent supplémentaire à partir de leur propre 65% du Trésor français à des taux commerciaux.

De plus, la France impose un plafond sur le montant de l’argent que les pays peuvent emprunter dans leur réserve. Le plafond est fixé à 20% de leurs recettes publiques de l’année précédente. Si les pays ont besoin d’emprunter plus de 20% de leur propre argent, la France dispose d’un droit de veto.
L’ancien président français Jacques Chirac a récemment parlé de l’argent des pays africains dans les banques en France. Voici une de ses vidéos qui parle du système d’exploitation français. Il parle en français, mais voici une transcription d’un extrait court: «Nous devons être honnêtes et reconnaître qu’une grande partie de l’argent dans nos banques viennent précisément de l’exploitation du continent africain.

3. LE DROIT DE PREMIER REFUS SUR TOUTE RESSOURCE BRUTE OU NATURELLE DECOUVERTE DANS LE PAYS

La France a le premier droit d’achat des ressources naturelles de la terre de ses ex-colonies. Ce n’est qu’après que la France ait dit: « Je ne suis pas intéressé », que les pays africains sont autorisés à chercher d’autres partenaires.

4. PRIORITE AUX INTERETS ET AUX ENTREPRISES FRANÇAIS DANS LES MARCHES PUBLICS ET APPELS D’OFFRE PUBLICS.

Dans l’attribution des marchés publics, les entreprises françaises ont la priorité sur l’attribution. Même si les pays africains peuvent obtenir un meilleur rapport qualité-prix ailleurs.

En conséquence, dans la plupart des ex-colonies françaises, tous les leviers économiques des pays sont entre les mains des expatriés français. En Côte d’Ivoire, par exemple, les entreprises françaises possèdent et contrôlent tous les grands services publics – eau, électricité, téléphone, transports, ports et les grandes banques. C’est la même chose dans le commerce, la construction et l’agriculture.

En fin de compte, comme je l’ai écrit dans un article précédent, les Africains vivent maintenant sur un continent possédé par les Européens!

5. DROIT EXCLUSIF DE FOURNIR DES EQUIPEMENTS MILITAIRES ET DE FORMER LES OFFICIERS MILITAIRES DES COLONIES.

Grâce à un système sophistiqué de bourses, de subventions, et les «accords de défense» attachés au pacte colonial, les Africains doivent envoyer leurs officiers supérieurs en formation en France.
La situation sur le continent est telle que la France a formé des centaines, voire des milliers de « traîtres« . Ils sont tous en sommeil, et seront activés en cas de besoin pour un coup d’Etat ou tout autre but!

6. LE DROIT POUR LA FRANCE DE DEPLOYER DES TROUPES ET D’INTERVENIR MILITAIREMENT DANS LE PAYS POUR DEFENDRE SES INTERETS.

En vertu de ce qu’on appelle « les accords de défense » attachés au pacte colonial, la France a le droit d’intervenir militairement dans les pays africains, et aussi de stationner des troupes en permanence dans les bases et installations militaires, entièrement gérées par les Français.

Lorsque le président Laurent Gbagbo de la Côte d’Ivoire a tenté de mettre fin à l’exploitation française de son pays, la France a organisé un coup d’Etat. Pendant le long processus pour évincer Gbagbo, des hélicoptères de combat et des forces spéciales sont intervenus directement dans le conflit, et ont tiré sur des civils.

La France a estimé que les hommes d’affaires français avait perdu plusieurs millions de dollars d’actifs en quittant précipitamment Abidjan en 2006. Pourtant, l’armée française a massacré près de 65 civils non armés et en a blessé 1.200 autres.

Par la suite, la France a réussi un coup d’Etat. Elle a fini par transférer le pouvoir à Alassane Ouattara. La France a demandé au gouvernement Ouattara de verser une indemnité à la communauté française pour rembourser les pertes pendant la guerre civile.
Le gouvernement Ouattara leur a payé deux fois le prix de ce qu’ils avaient demandé.

7. L’OBLIGATION DE FAIRE DU FRANÇAIS LA LANGUE OFFICIELLE DU PAYS ET LA LANGUE POUR L’EDUCATION.

Oui, Monsieur. Vous devez parler français, la langue de Molière! Une organisation de la langue française et de la diffusion de la culture française a même été créé. Elle s’appelle la « Francophonie » et possède plusieurs organisations satellites. Ces organisations sont affiliées et contrôlées par le ministre français des Affaires étrangères.
Comme nous l’avons démontré dans cet article, si le français est la seule langue que vous parlez, vous aurez accès à moins de 4% de la connaissance de l’humanité et des idées. Cela reste très limitatif.

8. L’OBLIGATION D’UTILISER LE FRANC CFA (FRANC DES COLONIES FRANÇAISES D’AFRIQUE)

Voilà la vraie vache à lait pour la France. Ce système est même dénoncé par l’Union européenne. Mais la France n’est pas prête à faire tomber ce système économique datant de la colonisation qui met environ 500 milliards de dollars des caisses de l’Afrique dans sa trésorerie.

Lors de l’introduction de la monnaie Euro en Europe, les autres pays européens ont découvert le système d’exploitation français. Beaucoup, spécialement les pays nordiques, ont été consternés; ils ont suggéré à la France de se débarrasser du système, mais sans succès.

9. L’OBLIGATION D’ENVOYER EN FRANCE, UN BILAN ANNUEL ET UN RAPPORT D’ETAT DES RESERVES.

Pas de rapport, pas d’argent. Quoi qu’il en soit, le directeur des banques centrales des ex-colonies présente ledit rapport lors des réunions biannuelles des ministres des Finances sur les ex-colonies. Ce rapport est ensuite compilé par la Banque de France et le Trésor français.

10. RENONCER A TOUTE ALLIANCE MILITAIRE AVEC D’AUTRES PAYS, SAUF AUTORISATION DE LA FRANCE.

Pourquoi les alliances militaires régionales en Afrique sont les plus faibles? La plupart des pays ont seulement des alliances militaires avec leurs ex-colonisateurs! Drôle, mais vous ne pouvez pas faire mieux!. La France leur interdisait toute autre alliance militaire.

11. L’OBLIGATION DE S’ALLIER AVEC LA FRANCE EN CAS DE GUERRE OU DE CRISE MONDIALE.

Plus d’un million de soldats africains se sont battus pour la défaite du nazisme et du fascisme au cours de la seconde guerre mondiale. Leur contribution est souvent ignorée ou minimisée. Mais quand vous pensez qu’il a fallu seulement 6 semaines à l’Allemagne pour vaincre la France en 1940, la France sait que les Africains pourraient leur être utiles pour sauver la «Grandeur de la France » à l’avenir.

Il y a quelque chose de presque psychopathe dans la relation entre la France avec l’Afrique.
Tout d’abord, la France est accro au pillage et à l’exploitation de l’Afrique depuis l’époque de l’esclavage. Ensuite, il y a ce manque complet de créativité et d’imagination de l’élite française à penser au-delà du passé et de la tradition.

Enfin, la France dispose de deux institutions qui sont complètement gelées dans le passé, habitées par des paranoïaques et psychopathes « hauts fonctionnaires ». Ils répandent la peur de l’apocalypse si la France changeait de stratégie. Leur référence idéologique date encore du 19ème siècle: ce sont les ministres des finances et du budget et des affaires étrangères de la France.

Ces deux institutions ne sont pas seulement une menace pour l’Afrique, mais pour les Français eux-mêmes. C’est à nous, africains de nous libérer, sans en demander la permission. Parce que nous ne comprenons toujours pas comment 450 soldats français en Côte d’Ivoire ont pu contrôler le destin d’une population de 20 millions de personnes?

La première réaction des gens quand ils apprennent l’existence de la taxe coloniale française est de poser la question: «Jusqu’à quand? »
A titre de comparaison historique, la France a fait payer Haïti l’équivalent de 21 milliards $ de 1804 à 1947 (près d’un siècle et demi) pour les pertes causées aux marchands d’esclaves français par l’abolition de l’esclavage et de la libération des esclaves haïtiens.
Les pays africains paient la taxe coloniale depuis seulement 50 ans, donc cela pourrait durer encore un siècle de plus!

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24h Assange: les dernières nouvelles et où suivre la 24h

Les 24 heures pour Julian Assange, qui auront lieu le 15 octobre, ne sont plus qu’à quelques jours d’intervalle, et la réponse des militants, poètes, cinéastes, musiciens, peintres, journalistes et politiciens est enthousiaste. Un signe clair que de nombreuses personnes dans le monde ont compris que ce qui est en jeu n’est pas seulement la libération d’un journaliste courageux et persécuté, mais la liberté de la presse et les droits de chacun, avant tout le droit d’être informé.

Le programme promet d’être varié et très riche : Il y aura des événements - manifestations, flash mobs, concerts, projections de films et de documentaires, débats - des interviews - dont celles de Noam Chomsky, Stella Assange, Fidel Narváez, l’ancien consul d’Équateur qui a accueilli Assange à l’ambassade de Londres, et John Rees, l’organisateur de la chaîne humaine qui a entouré le Parlement le 8 octobre à Londres pour demander la libération du fondateur de Wikileaks - et de nombreuses vidéos avec des chansons, des poèmes et des performances artistiques. Toutes ces activités auront un espace dans la retransmission en direct - nécessairement bref, pour laisser de la place à chacun - avec un lien émotionnel qui montrera la solidarité et le monde généreux dont Julian Assange est le symbole.

Nous lançons un appel à tous ceux qui ont contribué avec enthousiasme et créativité à la construction de ce marathon pour qu’ils se concentrent dans les prochains jours sur sa diffusion, en informant et en impliquant le plus grand nombre de personnes possible. Comme nous le répétons depuis le début, seule la pression de l’opinion publique mondiale peut sauver Julian Assange de l’extradition vers les États-Unis, où un procès inéquitable et une peine de prison à vie l’attendent. Nous ne pouvons pas permettre cela !

La retransmission en direct du 15 octobre pourra être suivie à partir de 9 heures CET sur les plateformes :

Pressenza Italia, Terra Nuova Edizioni sur YouTube e Ottolina TV sur Twitch.

lien : www.24hassange.org/fr

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source : www.defenddemocracy.press/ce-nest-pas-une-fenetre-de-tir-quon-a-cest-une-baie-vitree/

« Ce n’est pas une fenêtre de tir qu’on a, c’est une baie vitrée »

Par Jean-Pierre PAGE

Oct 11, 2022

Voici plus de 3 semaines que les travailleurs des raffineries sont en grève avec leur syndicat CGT pour leurs salaires. Exxon Mobil, Total, Esso gavent leurs actionnaires en dividendes. Elisabeth Borne, elle, vient de décider des réquisitions.

Tout au long de l’été, et depuis ce que l’on a coutume d’appeler la rentrée sociale, des grèves nombreuses, rassembleuses et sans précédents, souvent victorieuses, ont lieu en France. La journée du 29 septembre a été l’illustration de cette combativité nouvelle qui de nouveau est à l’ordre du jour. Celle-ci implique pour les confédérations syndicales et singulièrement pour la CGT de savoir en tirer les conséquences. Au moment où la crise économique, sociale et politique en France, en Europe et dans les pays occidentaux s’aggrave en vitesse accélérée, ce mouvement revendicatif significatif est révélateur d’un état d’esprit qui murit et peut s’avérer prometteur. Il ne s’agit plus de déléguer et d’attendre « que là-haut on se décide » ou encore les faux-fuyants et la temporisation de certains syndicats, mais d’assumer des responsabilités. Par ailleurs aux yeux d’un grand nombre de travailleurs, on ne saurait éternellement subir le rythme et les conditions imposées par le gouvernement et le patronat. Le besoin est celui d’une stratégie offensive permettant de prendre l’initiative depuis le lieu de travail. Il ne suffit plus de constater passivement la réalité de la lutte des classes, il faut la mener concrètement jusqu’au bout. « Ce n’est pas une fenêtre de tir qu’on a c’est une baie vitrée » selon l’expression du coordinateur CGT de Total Energies, Eric Sellini.

Un exemple en témoigne et il faut en parler !

C’est le cas de la mobilisation exceptionnelle des travailleurs des raffineries, dépôts et de la pétrochimie. Décidées à travers les assemblées générales, elles sont coordonnées dans les différentes branches de ces industries stratégiques par la combative Fédération CGT des Industries chimiques. Le taux de participation des grévistes sur certains sites atteint 85%. Ces luttes ont en commun d’être inédites par leur ampleur et leur détermination. Elles donnent le ton du type de mobilisation dont on a besoin. Elles se poursuivent et s’élargissent. Elles sont facteur de confiance, car elles ouvrent des perspectives.

C’est si vrai que Laurent Berger président de la Confédération Européenne des Syndicats (CES) et nouvel expert en « grèves préventives » s’est empressé de voler au secours du patronat et du gouvernement. En effet, le secrétaire général de la CFDT désapprouve la grève. Il a ainsi encouragé la signature d’un accord au rabais entre le patronat de l’UFIPEM , la CFDT et la CFE-CGC. Cet accord va entériner une perte cumulée de pouvoir d’achat de 8,4% pour les salaires de cette branche notamment ceux proches des minimas. L’objectif étant par ailleurs de tout faire pour diviser et fragiliser le mouvement en cours. Certes, ce coup de poignard dans le dos des travailleurs en lutte, n’est pas une surprise, il est condamné largement par ceux-ci. Ils ont décidé de poursuivre leur action.

Faire le choix de la lutte des classes.

En fait, le contexte a changé et nous ne sommes plus dans le conformisme d’un « syndicalisme rassemblé » qui paralyse l’action entre immobilisme et grèves presse boutons que l’on décide à quelques-uns. Ces actions en cours dans la pétrochimie font le choix de construire depuis le lieu de travail et sur la durée le rapport de forces nécessaire pour gagner. Si elles ne prétendent pas au modèle, elles sont un exemple et sont déjà riches d’enseignements parce qu’elles traduisent une claire volonté d’agir tous ensemble. Elles ne tergiversent pas, elles anticipent avec une stratégie de conquête ! En passant à l’acte, les travailleurs font le choix démocratique de ne pas tourner autour du pot. Plus d’incantations, de bla-bla-bla dans lequel certains se complaisent, de journées sans lendemains, le choix fait est celui de la lutte de classes, de la confrontation sans concessions avec le capital en s’y mettant tous ensemble. Elles se donnent donc les moyens d’être utile et efficace pour elles-mêmes autant que pour l’ensemble des travailleurs inter professionnellement. Elles contribuent à clarifier les enjeux véritables de cette période. Elles placent chacun devant le devoir de choisir et de décider ce que doit être le contenu et l’engagement qui doit être la sien. C’est donc une interpellation forte au mouvement syndical dans son ensemble. Par conséquent, nul ne saurait se sentir dispensé d’en débattre, l’essentiel étant de décider.

Si l’on prend en compte d’autres mouvements revendicatifs comme ceux qui se développent également en Grande Bretagne, en Italie, au Portugal, en Espagne, en Grèce, aux Pays-Bas, en Allemagne, en Tchéquie, en Autriche et ailleurs qu’en Europe, y compris aux USA malgré la répression anti syndicale dont J. Biden fait preuve à l’égard de 100 000 cheminots en grève, on peut constater combien ce mouvement international de luttes sociales est inédit par son étendue, sa diversité autant que par son contenu. Toutes ces luttes ont en commun le pouvoir d’achat, le paiement de la force de travail, de l’argent pour vivre dignement.

Cette force matérielle qui s’exprime dans l’action peut contribuer à changer la donne, créer les conditions d’alternatives sociales, économiques et politiques, en France, en Europe et internationalement. L’exigence est simple : il faut augmenter les salaires et les pensions, c’est une urgence ! Pas d’union sacrée face à la crise capitaliste et pas de sacrifices pour la guerre, ce n’est pas aux peuples de payer ce prix. Pour répondre aux nécessités, le moyen c’est la grève, en bloquant les profits florissants de multinationales qui pillent et rackettent sans état d’âme aux quatre coins de la planète. Par conséquent les travailleurs du pétrole et des industries chimiques ont raison, ils ouvrent la voie.

Pourquoi la grève dans les raffineries ?

La grève a été décidée spontanément en assemblée générale le 20 septembre par les salariés des raffineries Esso-Exxon Mobil à Notre-Dame-de Gravenchon en Seine Maritime le plus grand complexe pétrochimique de France. Ils ont été rejoints dès le lendemain par leurs camarades de la raffinerie de Fos-sur–Mer. Depuis l’action s’est élargie à d’autres entreprises. Ainsi, les sites Total sont en grève depuis le 27 septembre.

Sur les 6 raffineries hexagonales, 4 sont sans sortie de produits : Exxon Mobil Gravenchon, Exxon Mobil Fos sur mer, Total Gonfreville, Total Feyzin. Les trois premières sont à l’arrêt complet, la dernière produite en recirculation au débit minimum. Le dépôt de Total Flandres ne sort plus rien, celui de Grandpuits est en marche dégradé. L’usine d’agrocarburant de La Mède est en grève et arrêtée.

Concernant la pétrochimie, seul deux vapocraqueurs sur les 6 en France fonctionnent normalement, ceux de Feyzin et de Lavéra. Des sites Arkema ont également rejoints l’action à Saint Auban, à Pierre-Bénite ainsi que d’autres sites chimiques. Il faut donc prendre la mesure de ce mouvement, il peut et doit devenir contagieux.

Frappé le tout premier par la grève, le groupe Exxon Mobil fait partie des entreprises de taille mondiale ayant les plus importants bénéfices, il est l’un dix plus importants groupes pétroliers en terme de capitalisation boursière, un des « supermajors » ! Les champs pétroliers contrôlés par ce géant sont les plus importants au monde, ils sont estimés à 22,4 milliards de barils. Exxon Mobil a réalisé en 2021 le fabuleux chiffre d’affaire de 286 milliards de dollars. Pour le seul premier trimestre 2022 ses résultats sont de l’ordre de 17,9 milliards de dollars. Parmi ces principaux actionnaires on retrouve les requins de la finance internationale : le Vanguard group, BlackRock le concepteur nord américain auprès d’Emmanuel Macron de sa réforme des retraites, State Street Global Advisors. Quant à Esso France touchée par la grève, celle-ci a annoncé pour le premier trimestre 2022 un bénéfice de 409 millions d’euros.

Total n’est pas en reste, les résultats du groupe on fait un bond en avant spectaculaire. Sur l’ensemble de l’exercice de 2021, Total a dégagé un bénéfice net part de 18,1 milliards de dollars contre 4,1 milliards de dollars en 2020. Selon Patrick Pouyanné le PDG du groupe cela permettra “entre les dividendes et les rachats d’actions de retourner de l’ordre de 35% de cash aux actionnaires” ! En 2021, 5,9 millions d’euros lui ont été attribués au titre de ses rémunérations soit une hausse spectaculaire de 52% (!) par rapport à 2020 et cela en pleine crise sanitaire. C’est à ce point choquant que l’on parle dorénavant de taxer les « superprofits », ce qui a provoqué les cris d’orfraie du gouvernement. Mais disons le clairement ne faut-il pas plutôt en finir avec un système fondé sur la propriété privée et l’accumulation des profits ! Par conséquent les travailleurs ont raison, les patrons peuvent et doivent payer.

Les patrons milliardaires multiplient les provocations.

Malgré cette situation qui donne raison aux travailleurs en lutte, le patronat de ces industries s’obstine dans le déni, et font le choix de la provocation, ils refusent la négociation, et débauchent certains syndicats comme la CFDT et la CFE-CGC. Mais pire encore ils prennent la responsabilité de rompre les chaînes d’approvisionnements de carburants en France, en entretenant la panique dans le but d’installer le pays dans un risque de pénurie, ce qui s’ajouterait à celui de la ristourne de 0,20 euros de chez Total qui a déjà provoqué d’interminables files d’attente aux stations-services.

Au 10 octobre, 1073 stations sont en rupture partielle, 2352 en rupture totale. Le 9 octobre était en forte augmentation et 30% des pompes à essence étaient en difficulté d’approvisionnement sur au moins un carburant. Dans les Hauts de France, 54,8% des stations étaient au bord de la rupture, 44,9% en ile de France. Ces difficultés s’étendent à la fourniture des aéroports ce qui obligent déjà à recourir aux réserves nationales de carburants et de pétrole équivalentes à trois mois d’approvisionnement. Mais, le problème va bien au-delà, car c’est aussi la perspective de ruptures dans la production de plastique que Total exporte dans une soixantaine de pays qui est concerné comme bien d’autres activités annexes.

Dans le même temps le patronat liquide la souveraineté industrielle et énergétique du pays. Comme le démontre la CGT Total, « les fermetures des capacités dans le raffinage ou dans la pétrochimie sont intégralement compensés par des importations venant de pays comme l’Arabie Saoudite ou les normes sociales et environnementales sont dérisoires ». Le but est clair, il faut augmenter les profits afin de gaver les actionnaires. Là est d’ailleurs la raison principale de la hausse des prix à la pompe, alors que l’approvisionnement devient et deviendra plus difficile comme le montre la récente décision de l’OPEP de réduire de 2 millions de barils jour la production mondiale.

Car les problèmes ne s’arrêtent pas là, les conditions de travail se dégradent, le sous effectif est permanent et le plus souvent au détriment de la sécurité, d’ailleurs les incidents se multiplient comme récemment à Feyzin en Normandie. Il faut donc conjuguer un projet social et un projet industriel. Au vu des résultats gargantuesques de ces groupes, les moyens existent pour cela.

Le patronat et les actionnaires milliardaires doivent assumer les conséquences de cette situation dont ils portent l’entière responsabilité. Depuis 6 ans aucun accord sur les salaires n’est intervenu ! Compte tenu de la poussée spectaculaire de l’inflation, c’est au moins une hausse de 12,4% que le patronat devrait concéder, alors que pour 2022 ce dernier s’en tient à 4%. Dans de telles circonstances, il est effarant de voir une entreprise comme Total pratiquer une forme de chantage à la négociation alors qu’il est totalement responsable de cette pénurie qui menace et dont il est certain qu’elle servira de prétexte comme en d’autres occasion pour faire pression sur l’opinion avec l’usage des médias et des lobbies.

Toute la CGT contre les réquisitions !

Cette fuite en avant est soutenue par le gouvernement d’Emmanuel Macron qui considère que « le conflit doit cesser » tout en soulignant le pas en avant positif fait par Total dans l’avancement de la date des négociations annuelles prévue en novembre alors que la grève en est à son vingtième jour ! C’est aussi le cas d’Aurore Bergé, la cheffe des députés macronistes pour qui « les grèves sont inacceptables », ou Bruno Retaillau de LR pour qui : « il faut sortir de cette culture de la grève, la grèviculture ».

Comme cela était prévisible cette rhétorique politicienne préparait le terrain pour Elisabeth Borne qui vient de décider d’ordonner les réquisitions des travailleurs des raffineries. Cela est sans précédent et parfaitement illégal. C’est une atteinte au droit de grève pour laquelle en 2010 la France avait été fermement mis en cause et critiquée par l’Organisation Internationale du Travail (OIT). Cette nouvelle provocation du pouvoir vise les travailleurs des raffineries mais également les travailleurs dans leur ensemble dont le mécontentement est à son comble et qui font le choix de l’action. Cela se veut un avertissement aux luttes en cours et celles qui se préparent contre la destruction de notre système de retraites, de l’assurance-chômage, de l’emploi et du service public. Il faut relever ce défi par l’action ! C’est le sens de l’interpellation lancée à la Confédération CGT et à toutes les structures de la CGT par Emmanuel Lepine au nom de la Fédération des Industries chimiques de la CGT. L’heure est grave ! La meilleure réponse est de construire les convergences dont l’on a besoin et il faut le faire dans l’unité de toute la CGT, sans repousser à demain ce qui doit être fait aujourd’hui. A situation exceptionnelle, décision exceptionnelle ! Tout doit être fait pour élever le rapport des forces au niveau des enjeux. « C’est au pied du mur qu’on voit le maçon » !

Comme en Grande Bretagne, on va chercher des boucs émissaires !

Dans un contexte de crise énergétique majeure et de mesures de rétorsion que le pouvoir entend imposer aux travailleurs et à leurs familles, on cherche donc des boucs-émissaires qu’on présentera peut-être demain comme les agents objectifs de Vladimir Poutine.

On en avait eu un avant gout à travers l’hystérie qui caractérise la presse britannique à l’égard de la lutte remarquable des cheminots du « National Union of Rail, of Transport Workers » le RMT, ce puissant syndicat des transports affilié à la Fédération syndicale mondiale (FSM) mais aussi, dans leur foulée à celle des postiers, des travailleurs des raffineries, des télécoms, des dockers, des centrales électriques, de la santé, de Ryan Air et même des avocats. Les objectifs sont identiques à ceux de leurs camarades français. En Grande Bretagne on lutte pour du pouvoir d’achat, hier contre la politique irresponsable de Boris Johnson, aujourd’hui contre celle de Liz Truss dont le modèle politique est celui de Margaret Thatcher.

Sans doute inspiré par les années 84/85 et l’historique grève des mineurs, la presse d’outre Manche menée par le Times, le Sun, le Daily Mail de l’oligarque Ruppert Murdoch stigmatise depuis des mois une grève qui rassemble des dizaines de milliers de travailleurs en l’assimilant à “une création d’agents russes” menée par un syndicat extrémiste qui « soutient les aventures meurtrières de Poutine en Ukraine ». Ainsi, le RMT est décrit comme dirigé “par des larbins de Poutine” appartenant à une « cabale d’extrême gauche ».

Aussi, les insultes ne varient pas et l’adversaire de classe demeure bien le même partout. Comme en France et partout en Europe, la situation sociale pour les travailleurs britanniques s’est aggravée spectaculairement, les prix ont fait un bond en avant, le plus haut niveau depuis 40 ans qui rappellent les conséquences de la mise en œuvre des politiques ultra libérales de la dame de fer, Margaret Thatcher, celle qui s’enorgueillissait « d’avoir tué et enterré la culture de la grève ». L’institut de sondage IPSOS assure que de nombreux britanniques sautent régulièrement un repas. Comme le montre le rapport 2022 de l’ONG britannique OXFAM, la plupart des gouvernements n’ont pas pris de « mesures concrètes » d’envergure pour atténuer la dangereuse augmentation des inégalités. L’accroissement de la pauvreté de masse est ainsi pointé dont la cause est la baisse des dépenses sociales et l’enrichissement obscène des nantis.

Il n’y a donc pas d’autres solution que le choix de la lutte face aux atermoiements et à l’indifférence des syndicats officiels, les « Trades Union Congress » (TUC) pilier de la CES et un des principaux obstacles à des luttes solidaires et coordonnées en Europe.

Voilà pourquoi, la contradiction capital/travail est une réalité concrète, n’en déplaise aux syndicalistes des deux côtés de la Manche, qui préconisent la compatibilité avec les très anti démocratiques institutions européennes, le partenariat social et le fluidification du dialogue social avec le patronat et la collaboration avec les programmes des gouvernements libéraux. Ainsi récemment on vient de voir le mouvement syndical européen se féliciter bruyamment après le vote positif du Parlement Européen en faveur d’un SMIC européen. En réalité, il n’y a là qu’enfumage car il faut rappeler que le social est de la compétence de chaque pays, les états sont libres d’une harmonisation par le bas, ce qu’ils font d’ailleurs, d’autant que la directive considère que ne sont concernés que les pays dont le SMIC est inférieur à 80 % d’un salaire médian. Ces derniers devront mettre en place par la négociation patronat/syndicats un calendrier permettant un plan d’action permettant de rattraper les retards. Autant dire que cette « prétendue avancée sociale » n’est pas pour demain. Les travailleurs devront d’abord compter sur leurs propres forces. Par conséquent la grève des travailleurs de la pétrochimie est bien la bonne voie à suivre.

La grève dans la pétrochimie comme une opportunité.

Cette grève dans les industries pétro chimiques en France, doit aussi être vu comme une opportunité pour le développement des luttes par toute la CGT, voilà pourquoi il faut contribuer partout à son soutien sous toutes les formes et d’abord confédéralement afin de mobiliser toutes les forces pour gagner et engranger des résultats qui seront un encouragement pour tous et toutes. L’enjeu est d’importance, et il faut en prendre toute la mesure. C’est pourquoi l’attitude de certains dirigeants confédéraux de la CGT, comme celui en charge des salaires n’est pas acceptable quand il entend déterminer un engagement de toute la CGT à des discussions préalables mais en fait très aléatoires en vue d’un accord préalable de la CFDT et de FO quant à une action nationale sur les salaires. Une telle approche semble plus motivée par le souci de continuer à légitimer le concept de « syndicalisme rassemblé » dont la faillite est illustrée par l’attentisme qui conduit au découragement comme aux illusions plutôt que de voir se développer un large mouvement revendicatif. Ainsi comme le fait remarquer Emmanuel Lepine secrétaire général de la Fédération CGT des Industries Chimiques « la confédération ne fait pas son boulot. Il a fallu attendre le 5 octobre pour obtenir un communiqué de soutien à la chimie, c’est vraiment tard ». Pour donner une impulsion faut-il encore le vouloir. « Celui qui n’a pas d’objectifs ne risque pas de les atteindre ! »

Avoir une vision et une volonté

Ce qui manque à la direction de la CGT pour encourager les luttes dans la pétrochimie comme à l’égard de celles qui ont lieu ailleurs dans d’autres branches et régions c’est une vision autant qu’une volonté. En finir avec la méthode Coué en anticipant et en se calant sur une stratégie d’action convergente plutôt que de mettre l’accent sur des objectifs qui ne figurent pas au calendrier des urgences sociales des travailleurs.

Dans le même temps ceci exige de procéder en permanence à un examen lucide, concret, sans détours de la situation réelle ainsi que des difficultés auxquelles fait face l’activité syndicale. L’objectif n’est pas de s’accabler et de se flageller. Avec la perspective du 53e Congrès Confédéral, c’est tout un débat qui est nécessaire et auquel nous renvoie les luttes dans la pétrochimie. C’est aussi pourquoi il faudra aborder les causes des reculs et des échecs successifs. La CGT« est au pied du mur ». Elle se doit d’apporter collectivement des réponses convaincantes à une série de problèmes qui touchent à son devenir comme à son existence même.

Un style de travail qui banalise et s’accommode des attentes non satisfaites comme si de rien n’était ne peut qu’entraîner des insatisfactions. Il y a dans la CGT une exigence de débats qu’il faut avoir en prenant en compte l’aspiration à plus de démocratie, de consultations d’échanges y compris contradictoires qui sont des impératifs d’efficacité, de cohésion et de cohérence en particulier dans la diffusion des idées de la CGT. Cette façon d’être et de faire contribue profondément à l’unité. C’est d’ailleurs de cette unité dont la CGT a le plus grand besoin. La CGT se doit d’écouter ses militants et parmi eux les plus combatifs qui sont sa force de par leur attachement à des principes de classe, à toute une histoire dont ils sont fiers comme à des valeurs qu’ils entendent défendre avec sincérité et détermination.

Donner le coup d’envoi du 53e Congrès de la CGT.

Enfin, cette grève des industries chimiques et du pétrole peut permettre de redonner un sens concret à la solidarité confédérale, en renouant des liens distendus, en contribuant à unir interprofessionellement les luttes des secteurs les plus combatifs de la CGT, ceux de l’énergie, des cheminots, des services publics, de la santé, du commerce, et bien d’autres en les articulant concrètement avec l’activité des unions locales, départementales et régionales.

Nul ne saurait nier que le syndicalisme doit changer, et prendre en considération le monde réel dans lequel nous vivons, non pour s’y adapter mais pour mieux contester l’ordre capitaliste qui le domine ! Pour cela, on doit tenir compte de la radicalisation de l’affrontement de classes, des contradictions et des nouvelles conflictualités internationales. C’est ce que font les travailleurs en lutte de la pétrochimie comme d’autres dans d’autres branches, d’autres industries et entreprises. Un nouvel ordre mondial se met en place, comment le syndicalisme ne pourrait-il pas en tenir compte.

Il est évident que les enjeux énergétiques placent en première ligne des grands défis mondiaux les travailleurs des industries chimiques. La grève dans ce secteur si stratégique et la manière dont les travailleurs avec leurs syndicats CGT conduisent leurs luttes peut être une forme de coup d’envoi du prochain 53e congrès confédéral lui permettant d’inaugurer ainsi ce grand débat si nécessaire à la mise en œuvre d’une orientation répondant aux nécessités, à partir d’une stratégie et d’une direction renouvelée qui donnera ainsi à toute la CGT les moyens de déployer les couleurs rouges qui sont les siennes.

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