1er janvier 2023. Les titres des articles sont en tête de l'envoi.

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évolution du procès en appel du parti néo-nazi grec Aube Dorée. – UN PAS EN ARRIÈRE POUR LA PROTECTION ET L’INTÉGRATION : Sur la fin du programme de logement ESTIA II pour les demandeurs d’asile -

Le Département d’Etat approuve une vente d’armes de 180 millions de dollars pour Taiwan

Berlin - Les groupes de défense du droit au logement renouvellent leurs appels à l’expropriation des propriétés privées

Mali. Voeux de nouvel an du Président de la Transition SE Le Colonel Assimi Goita

Amérique . La décolonisation, la multipolarité et la disparition de la doctrine Monroe.

SALUT AUX GILETS JAUNES de Raoul Vaneigem

MUMIA : Obsèques -sans lui- de son épouse WADIYA décédée - Rassemblement à Paris mercredi 4 janvier 2023

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Athènes, 31/12/2022

Bonjour les ami/es,

Comme promis on vous tient au courant avec Maxime et Thomas de l’évolution du procès en appel du parti néo-nazi grec Aube Dorée. Nous sommes désolé/es de notre silence de plusieurs semaines mais l’actualité en Grèce nous rattrape et vous n’êtes pas sans savoir qu’elle est plutôt lourde. Nous devons la couvrir et les préparations de notre prochain film nous accapare énormément de temps d’autant que, là aussi, notre caméra est sur le terrain pour ce procès en appel.

Concernant le procès en appel, après plusieurs reports dus, soit à des juges qui étaient malades soit à la grève des avocats, les audiences ont repris et la dernière a eu lieu le 19 décembre. Commencé à 9H et s’est terminée 15h avec plusieurs interruptions dont une de 45 mn. La prochaine aura lieu le 13 janvier 2023.

Pour la seconde fois à partir de 9 h du matin il y avait devant le tribunal une petite manifestation de soutien a la famille FYSSAS.

Le contrôle se faisait dès l’entrée au Palais de Justices sur les marches qui mènent à la salle d’audience. La police demandait " vous êtes du côté de Fyssas ou des autres". L’entrée des uns était à gauche, des autres à droite; ( plutôt drôle!). Les journalistes, eux, étaient automatiquement dirigés du côté de la partie civile ( gauche).

La salle était pratiquement pleine. En tout cas plus que d’habitude tant du côté des partisans d’Aube Dorée que de leurs opposants. Seuls les avocats étaient moins nombreux que dans le procès en première instance. Côté partie civile, antifasciste, car l’affaire des ouvriers halieutiques est prescrite donc leurs avocats ne sont plus présents, et côté fasciste car la majorité de leurs avocats ne sont plus payés par le Parlement comme c’était le cas auparavant. Or, pas mal des accusés veulent bénéficier de l’assistance juridique gratuite et c’était justement ces avocats là qui étaient en gréve car ils ne sont pas payés depuis des mois.

La présence de la police était massive, tant en uniforme qu’en civil. Il y avait un policier assis sur chaque banc des partisans de la partie civile, ce qui n’était pas le cas du côté des supporters d’Aube Dorée. Il était clair qu’ils les protégeaient.

Et pour cause. Le climat, comme dans toutes les audiences précédentes, était tendu dans la mesure ou était examinée la demande de libération conditionnelle, le temps du procès en appel, des accusés Ilias Kasidiaris, ex député et porte parole d’Aube Dorée et de Ioannis Lagos ex euro-député.

Les deux ont formé, de leur cellule, des partis politiques distincts : « OI ELLINES » pour Kasidiaris, c’est à dire « Les Grecs », et pour Lagos. « ELASIN -SINDESMO ELLINIKI LAIKI SINIDISSI° autrement dit " Alliance de la conscience populaire grecque. »

Ils se veulent des partis « populaires et nationalistes » partisans d’une politique économique ultra libérale protectionniste, violemment anti migrants, mais ils sont sur une ligne d’extrême droite très dure. Ils veulent se présenter aux prochaines législatives qui doivent avoir lieu d’ici juillet 2023.

Ils ont donc tous les deux transformé le banc des accusés ou ils déposaient en une tribune politique…

La ligne Kasidiaris est de dire « arrêtez de me reprocher mes erreurs de jeunesse. Je ne suis pas nazi mais nationaliste. Je travaille pour le bien des grecs » . Personne ne l’a applaudi après son discours.

Celle de Lagos, très très applaudie, était de dire, " Ce procès est un procès politique qui n’a pas lieu d’être. L’idéologie n’ a pas a être jugée. Je me moque de votre opinion".

La présidente du Tribunal a fait descendre à la barre des accusée une personne qui avait applaudi pour lui demander " pourquoi vous avez applaudi ?" La réponse " parce que je suis d’accord avec ce qu’il a dit". Elle l’a fait sortir de la salle en disant à la police que son travail était d’éviter ce type d’incident. La police, visiblement, était du côté des supporters d’Aube Dorée car les policiers parlaient fréquemment avec eux, certains supporters leur donnaient des tapes amicales dans le dos, ce qui n’était pas le cas avec les défenseurs antifascistes de Pavlos Fyssas, tué par les aube-doriens.

Après la pause la personne ’ « chassée de la salle" est revenue tranquillement suivre le reste du procès.

L’avocat de Lagos, Constantinos Plevris, père de l’actuel ministre de la santé dans le gouvernement Mitsotakis, a déclaré : « Personnellement je suis antisémite, homophobe fasciste, nazi, islamophobe tout ce que vous voulez, c’est mon droit et ce n’est pas condamnable".

A noter que c’est la troisième fois qu’il tient ces propos; Les deux précédentes il a même fait le salut nazi en quittant la salle.

Les avocats de la parti civile PAPADAKIS et TOMBATZGLOU ont porté plainte contre lui , auparavant c’était Kabayiannis qui l’a fait. On attend la décision de l’Association des Avocats de Grèce.

La procureure lorsqu’elle à présenté les charges a inclus l’idéologie nazie, ce qui a été contesté par les avocats de la défense car en Grèce on ne peut condamner une idéologie quelle qu’elle soit. Ils ont donc demandé de changer de procureure ce qui a été refusé.

La mise en liberté conditionnelle de Lagos et Kassidiaris a aussi été refusée et la salle, côté fasciste les a longuement applaudi lorsqu’ils l’ont quittée pour retourner en prison.

Enfin, l’avocat et frère du fondateur d’AUBE DOREE NIKOS MICHALOLIAS a pris à parti une photographe, Tatiani Bolari car elle prenait des photos qu’il n’appréciait pas. Elle lui a vertement répondu, la présidente du tribunal s’est rangée du côté l’avocat en menaçant de l’exclure la photographe.

Voilà, c’est long mais nous espérons que cela donne une idée de ce qui se passe dans la salle d’audience.

On reviendra vers vous peu après la reprise du procès.

Bonnes fêtes de fin d’année à tout le monde,

Angelique, Maxime, Thomas

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source : rsaegean.org/en/termination-of-the-estia-ii-for-asylum-applicants/

22 décembre 2022

UN PAS EN ARRIÈRE POUR LA PROTECTION ET L’INTÉGRATION :

Sur la fin du programme de logement ESTIA II pour les demandeurs d’asile

C’est la période de Noël et des centaines de demandeurs d’asile et de réfugiés vulnérables en Grèce ont compté leurs derniers jours dans leurs foyers et quartiers temporaires. Le gouvernement grec a insisté pour mettre fin au programme d’aide d’urgence à l’intégration et au logement (ESTIA II)[1] pour les demandeurs d’asile vulnérables, comme annoncé plus tôt cette année[2], malgré la volonté de la Commission européenne de poursuivre le financement[3]. Des organisations de la société civile[4], des enseignants et des réfugiés[5] ont exprimé leur inquiétude face à ce retour en arrière en matière de protection et d’intégration et demandent la poursuite du programme de logement.

Des centaines de familles de demandeurs d’asile ont déjà été transférées de leurs appartements vers des camps de réfugiés ou attendent d’y être transférées dans les prochains jours[6]. En outre, des milliers de personnes ont été touchées par des expulsions ou des transferts vers des camps depuis l’annonce initiale par le gouvernement de la fermeture de l’ESTIA en février 2022, alors que le programme accueillait encore environ 12 500 résidents[7].

Les bénéficiaires du programme de logement rapportent que les employés des partenaires de mise en œuvre d’ESTIA II ne les ont informés qu’oralement et à court terme de leur transfert vers des camps, souvent sans préciser le lieu du transfert. Du jour au lendemain, les enfants ont dû quitter leur école, leurs loisirs et leurs amis, les adultes leurs cours de langue et de formation professionnelle, les personnes souffrant de problèmes de santé (mentale) ont dû interrompre leur traitement. Ceux qui avaient trouvé un travail occasionnel ont déménagé loin de leurs petites opportunités d’emploi.

La décision du gouvernement de mettre fin à ESTIA II peut être comprise comme faisant partie d’une politique migratoire plus large visant à restreindre les demandeurs d’asile à des camps contrôlés et isolés. Elle fait suite à l’arrêt du programme d’hébergement FILOXENIA dans les hôtels[8], à la suppression progressive des logements alternatifs aux camps sur les îles et à la fermeture des camps situés à proximité des zones urbaines comme Skaramangas et Eleonas dans la région de l’Attique[9].

Par conséquent, l’aide de l’État n’est désormais accessible qu’aux demandeurs d’asile résidant dans des camps, cachés derrière des murs de béton de trois mètres et des fils barbelés[10]. Depuis l’introduction d’« HYPERION », un système de surveillance controversé actuellement examiné par l’autorité grecque de protection des données[11], les portes des camps sont contrôlées par des gardes de sécurité privés, des caméras ont été installées et les résidents doivent s’identifier pour entrer. [12] Les camps précédemment connus sous le nom d’" installations d’accueil temporaire ouvertes " sont depuis 2021 officiellement intitulés " installations d’hébergement temporaire contrôlées pour demandeurs d’asile " (Ελεγχόμενες Δομές Προσωρινής Φιλοξενίας αιτούντων άσυλο). [Ces camps sont apparemment devenus la seule forme d’accueil pour les demandeurs d’asile bénéficiant de conditions d’accueil jusqu’à l’achèvement de leur procédure d’asile.

Pendant ce temps, fin novembre, l’Organisation internationale des migrations (OIM) a informé ses employés qu’elle allait licencier 60 % de son personnel travaillant dans les camps dans le cadre du programme " Harmonisation des pratiques de protection en Grèce " (HARP)[14] jusqu’à fin 2022, diminuant ainsi drastiquement le soutien offert aux plus vulnérables. Cette situation a entraîné des protestations et des grèves des employés concernés. Selon les employés concernés, l’annonce a été une surprise. Ils craignent que la décision de réduire les services à l’intérieur des camps ne tienne pas compte des besoins et de l’intérêt supérieur d’un nombre important de résidents. Ils dénoncent en outre l’absence de tout plan de transition, y compris la gestion des cas et les références, jusqu’à ce que les services soient remis au gouvernement[15]. Par conséquent, les personnes résidant dans les camps se retrouveront soudainement avec moins de services juridiques, sociaux et psychologiques[16].

Au début du mois de décembre 2022, dix organisations de défense des droits civils, dont Refugee Support Aegean (RSA), ont écrit au ministère des migrations et de l’asile pour exprimer leurs profondes inquiétudes concernant la fin de l’ESTIA II et le transfert des demandeurs d’asile vulnérables vers les camps. Les organisations ont souligné les graves inquiétudes précédemment exprimées par le Médiateur et ont demandé à l’Etat de s’abstenir de fermer l’ESTIA II[17].

Le ministre de la migration et de l’asile, Notis Mitarakis, a déclaré le 16 décembre : " Nous fermons le programme ESTIA, car les structures d’hébergement sont suffisantes pour répondre aux besoins d’accueil. "[18]Parallèlement, la porte-parole du Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) en Grèce, Stella Nanou, a souligné dans une déclaration récente qu’« il est logique que la capacité des lieux d’hébergement soit adaptée à la population des demandeurs d’asile dans le pays », cependant, « un certain nombre d’appartements devraient être maintenus dans le réseau urbain » en tant que « type d’abri nécessaire pour les cas extrêmement vulnérables de demandeurs d’asile et leurs familles, afin qu’ils puissent vivre dans des conditions sûres et avec un accès plus facile aux services nécessaires ». "[19] La promotion de logements alternatifs aux camps est une priorité majeure du HCR depuis 2014.[20]R

C’est Noël et les enfants et leurs familles ont laissé derrière eux leurs foyers urbains pour vivre à nouveau dans des conteneurs à l’intérieur de camps fermés clôturés, sous des contrôles de sécurité et la surveillance de gardes, loin des communautés grecques. C’est Noël et les demandeurs d’asile en Grèce voient leur protection diminuer et sont éloignés de toute possibilité d’intégration.

La RSA a recueilli les témoignages de quatre demandeurs d’asile vulnérables affectés et de leurs familles. Voici leurs voix :

Salim*, père célibataire de trois jeunes filles.

« Quand mes filles entendent le mot « camp », la peur et la terreur envahissent leurs yeux. Nous avons passé huit mois dans la ‹ jungle › de Moria sur Lesvos lorsque nous sommes arrivés en Grèce. Nous devions faire attention toute la journée et toute la nuit pour ne pas être blessés lors d’une bagarre. » Salim* et ses trois jeunes filles (âgées de 5, 12 et 14 ans) viennent d’Afghanistan[21] La famille est arrivée en Grèce depuis 2019 et après plusieurs mois à Moria, ils ont été transférés dans un appartement de l’ESTIA en raison de leur vulnérabilité. Le père a été victime de l’explosion d’une bombe dans le passé et souffre toujours de ces blessures, tandis que la plus jeune fille souffre d’une grave déficience auditive et a besoin d’un suivi médical régulier. La famille attend le regroupement familial avec sa femme et sa mère. Après avoir passé près de deux ans dans un appartement du programme de logement ESTIA, ils ont récemment été informés qu’ils seraient à nouveau transférés dans un camp d’ici une semaine. « Mes filles allaient à l’école publique dans notre quartier. Pendant cette période, elles se sont fait des amis et ont créé des liens. Elles fréquentent les cours de langue l’après-midi et les clubs de sport. Ma fille cadette doit subir des contrôles médicaux réguliers. Je cherche des emplois à Athènes. Maintenant, nous sommes censés déménager dans un camp éloigné de la ville. Nous ne savons même pas dans quel camp nous irons. Des amis qui ont déjà été transférés dans un camp nous ont dit qu’ils vivent maintenant dans un conteneur et qu’autour d’eux il y a des murs et des clôtures. Comment mes enfants peuvent-ils s’installer dans une telle cage maintenant ? En tant que père, je me sens désespéré de ne pouvoir rien faire pour rester ici où ils se sentent libres. Je crains qu’ils ne deviennent dépressifs dans le camp. J’ai peur d’être loin des hôpitaux. J’ai peur d’affronter une fois de plus l’insécurité de la vie dans le camp. J’ai subi des blessures qui limitent fortement mes capacités avant de venir en Grèce. Je ne peux pas soulever de poids lourds ni marcher sur de longues distances. Comment allons-nous nous débrouiller dans un endroit éloigné de la ville ? Comment allons-nous payer les frais de transport vers les hôpitaux ? »

Adellard, 21-year-old survivor of gender-based violence*

Parwan, single father of an 12-year-old girl*

Shabnam, mother of two girls aged 3 and 7*

*Les noms ont été changés pour protéger l’identité et la vie privée des personnes concernées.

Notes

  1. The Emergency Support to Integration and Accommodation (ESTIA) programme implemented since November 2015, provided decentralized housing to vulnerable asylum applicants in Greece through rental of property. The programme was fully handed over by UNHCR to the Ministry of Migration and Asylum in January 2021.
  2. Ministry of Migration and Asylum, ‘Ολοκληρώνεται το πρόγραμμα στέγασης “ΕSΤΙΑ ΙΙ” το 2022’, 22 February 2022, available here
  3. Fenix, ‘Closure of ESTIA II: a political choice behind its closure’, 6 December 2022, available here
  4. Greek Refugee Council (GCR), ‘Εξώσεις, αστεγία και πισωγύρισμα στην ένταξη’, 30 Νοεμβρίου 2022, available here
  5. InfoMigrants, ‘Police violently disperse protest at Athens’ Eleonas camp during eviction operation’, 19 August 2022, available here
  6. Fenix, ‘Closure of ESTIA II: thousands of extremely vulnerable asylum seekers to be left without humane and adequate accommodation and proper care’, 31 October 2022, available here
  7. Ministry of Migration and Asylum, ‘ESΤΙΑ 2021 FACTSHEET Δεκέμβριος 2021- Ιανουάριος/Φεβρουάριος 2022, 28 February 2022’, available here
  8. FILOXENIA was a housing programme implemented by IOM for the temporary accommodation of vulnerable migrants in emergency hotel facilities. It was completed in the end of April 2021.Source: https://greece.iom.int/temporary-shelter-and-protection-most-vulnerable-migrants-greece-filoxeniaSee also:Ekathimerini, ‘Filoxenia program for refugees comes to an end’, 8 January 2021, available here
  9. For more information on the development of the Greek reception system, see: Refugee Support Aegean (RSA), ‘New Malakasa: Inhuman subsistence nine months on’, 17 December 2020, available hereRefugee Support Aegean (RSA), ‘Reception crisis in Northern Greece: three years of emergency solutions’, May 2019’, available here. Refugee Support Aegean (RSA), ‘Reception Crisis in Greece: The Malignancy of Atticas’ Refugee Camps’, 13 August 2018, available hereRSPA / PRO ASYL ‘Vulnerable Lives on Hold. Refugees are hardly surviving the mass camps in the Athens Region’, 2016, available here
  10. According to a new framework of 1 July 2021, cash assistance is provided to those eligible, as long as it can be certified that they continue to reside in the facilities designated by the Ministry of Migration and Asylum (i.e. facilities of the reception system). The Ministry of Migration and Asylum first announced this step through Press Releases issued in April and May 2021 respectively. It was introduced in ministerial decisions in July and September. See: MoMA, “The financial assistance to international protection applicants that are not accommodated in facilities under the responsibility of the Ministry of Migration and Asylum or MoMA partners is abolished from 1/7/21”, 15 April 2021, available here and “Pre-requisites for the disbursement of financial assistance to international protection applicants”, 25 May 2021, available hereMinisterial Decision 115202/2021 and JMD 2857/2021 amending JMD 2089/16-07-2021 on a “Common Framework for Managing Programmes that are assigned to the Special Secretariat for the Coordination and Management of Programmes under the Asylum, Migration and Integration Fund and the Internal Security Fund and other resources and are nor financed through National Programmes” (Β’ 3120), Gov. Gazette 4496/29-09-2021.
  11. HYPERION (Greek: ΥΠΕΡΙΩΝ– Σχεδιασμός, Υλοποίηση, εγκατάσταση και λειτουργία συστήματος ελέγχου πρόσβασης και παρακολούθησης παροχών των προσφύγων και μεταναστών που διαμένουν στις Δομές Προσωρινής Υποδοχής και Φιλοξενίας) is a surveillance system directed at asylum seekers monitoring movement in and out of state-run asylum camps.Available here
  12. For more information on the criticism on HYPERION and other asylum seekers’ surveillance systems implemented in Greece as well as the employment of private security companies in the migration context see:BIRN, ‘Asylum Surveillance Systems Launched in Greece without Data Safeguards’, 9 September 2022, available hereHellenic Parliament, Reply to parliamentary question, 14 December 2022. Protocol Number:66, available hereNeos Kosmos, ‘UN calls on Greece to monitor private security used in migrant camps and at sea’, 18 December 2022, available here
  13. Article 8(4) L 4375/2016, as amended by Article 28 L 4285/2021.
  14. Harmonizing Protection Practices in Greece **(**HARP) project is running out by the end of December 2022. Through the HARP project, IOM “in close collaboration with a wide array of partners, supports the National authorities in improving the quality of humanitarian response and protection assistance to migrants hosted within the Greek Reception system. Particular focus is given to beneficiaries being in a situation of vulnerability. The project is funded by the Directorate General Migration and Home Affairs of the European Commission (DG HOME). See: https://greece.iom.int/harmonizing-protection-practices-greece
  15. Similar transition problems occurred for example during the government’s takeover of the cash assistance programme for asylum seekers, when the provision of the allowances was interrupted for several weeks after September 2021 and hundreds suffered hunger. See: Refugee Support Aegean (RSA), ‘Refugee in Greece experience third month of humanitarian crisis and hunger’, 23 December 2021, available here
  16. Samos24gr, ‘ΔΟΜ: Απολύσεις στο 60% του προσωπικού του προγράμματος HARP καταγγέλλουν οι εργαζόμενοι’, 8 December 2022, available here
  17. Efimerida ton Syntakton, ‘Η Κομισιόν αδειάζει το υπ. Μετανάστευσης για το ESTIA’, 12 December 2022, available here
  18. Ministry of Migration and Asylum, ‘Μηταράκης: Η δουλειά μας στο μεταναστευτικό, βοηθά στα εθνικά θέματα’, 16 December 2022, available here
  19. Ecopress: ESTIA: τελειώνει το πρόγραμμα, ξενοικιάζονται χιλιάδες ακίνητα, 17 November 2022, available here
  20. Refworld, ‘Policy on alternatives to Camps’, 2014, available here. The UNHCR had pointed out back in 2014, that “enabling refugees to reside in communities lawfully, peacefully and without harassment, whether in urban or in rural areas, supports their ability to take responsibility for their lives and for their families and communities. Refugees bring personal skills and assets, as well as the qualities of perseverance, flexibility and adaptability demonstrated through their flight and survival. Refugees who have maintained their independence, retained their skills and developed sustainable livelihoods will be more resilient and better able to overcome future challenges than if they had spent years dependent on humanitarian assistance, whatever solutions are eventually available to them.”
  21. Interviewed on 15 December 2022.
  22. Interviewed on 8 December 2022
  23. Interviewed on 30 November 2022
  24. Interviewed on 30 November 2022

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source : State Department Approves $180 Million Arms Sale for Taiwan - News From Antiwar.com

Le Département d’Etat approuve une vente d’armes de 180 millions de dollars pour Taiwan

Par Dave DeCamp, AntiWar.com.

29 décembre 2022

L’accord porte sur des systèmes antichars de pose de mines Volcano.

Le département d’État a approuvé mercredi une vente potentielle d’armes d’une valeur de 180 millions de dollars à Taïwan, dans un contexte de tensions accrues avec la Chine concernant le soutien des États-Unis à l’île.

L’Agence de coopération pour la défense et la sécurité (DSCA) du Pentagone a déclaré que le contrat portait sur des systèmes de pose de munitions antichars Volcano lancés par véhicule et des équipements connexes. Les principaux contractants de l’accord sont Northrop Grumman et Oshkosh Corporation.

L’approbation du département d’État informe le Congrès de l’accord potentiel et ouvre une période pendant laquelle les législateurs peuvent tenter de bloquer la vente. Mais la vente ne devrait pas poser de problème car il n’y a pratiquement aucune opposition à l’armement de Taïwan au Congrès.

La vente potentielle intervient après que le président Biden a signé la loi d’autorisation de la défense nationale de 2023, qui prévoit 10 milliards de dollars de prêts pour que Taïwan achète des armes de fabrication américaine, qui seront déboursés sur cinq ans. Cette aide est sans précédent puisque les États-Unis n’ont jamais financé d’achats d’armes pour l’île.

Au début du mois, le département d’État a approuvé une vente d’armes de 425 millions de dollars à Taïwan pour des pièces détachées d’avions destinées à soutenir les chasseurs F-16, les avions de transport C-130 et d’autres systèmes d’armes fournis par les États-Unis.

La Chine s’oppose à toute nouvelle vente d’armes américaines à Taïwan et s’oppose encore plus fermement à cette nouvelle aide militaire. En réponse à la signature de la NDAA par Biden, la Chine a lancé d’importants exercices autour de Taïwan, invoquant « l’escalade de la collusion et de la provocation des États-Unis et de Taïwan. »

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source : peoplesdispatch.org/2022/12/20/berlin-housing-rights-groups-renew-calls-for-expropriation-of-private-realtors-properties/

Berlin. Les groupes de défense du droit au logement renouvellent leurs appels à l’expropriation des propriétés privées

Par Muhammed Shabeer, People’s Dispatch.

20 décembre 2022

Berlin, Allemagne - Une coalition de militants et de groupes pour le droit au logement a condamné la lenteur de l’État de Berlin à mettre en œuvre le mandat du référendum de 2021 sur l’appropriation des propriétés des grandes sociétés privées dans le secteur du logement et de l’immobilier. La semaine dernière, la Deutsche Wohnen & Co Enteignen (Initiative pour l’appropriation de Deutsche Wohnen & Co, DWE), formée par des militants et des groupes de défense du droit au logement à Berlin, a lancé un ultimatum à la coalition Parti social-démocrate (SPD)-Greens-Die Linke (La Gauche) pour qu’elle présente sans délai une feuille de route pour la socialisation des propriétés immobilières privées dans la ville.

Le 26 septembre de l’année dernière, en marge des élections fédérales et du Land de Berlin, les citoyens de la ville ont participé à un référendum qui a vu 59,1% des voix se prononcer en faveur de l’expropriation des biens des agents immobiliers qui possédaient 3 000 unités résidentielles ou plus. Ces propriétés devaient être placées sous propriété publique.

La coalition SPD-Verts-Die Linke, qui a conservé le pouvoir lors des élections législatives de 2021, a mis en place une commission d’experts chargée d’examiner la faisabilité de cette mesure. Toutefois, en novembre de cette année, la Cour constitutionnelle allemande a annulé les élections de 2021 à Berlin après avoir pris note de diverses irrégularités, plaintes et défaillances dans leur déroulement. De nouvelles élections à l’Assemblée de l’État sont prévues le 12 février 2023.

Les Berlinois sont agités par la lenteur de la procédure et le manque de transparence dans le fonctionnement de la commission d’experts. La maire de Berlin, Franziska Giffey (du SPD), et le sénateur chargé du développement urbain, de la construction et du logement, Andreas Geisel, ont également été vivement critiqués par les groupes de défense du droit au logement et même par les partenaires de la coalition Die Linke et les Verts pour avoir retardé le processus d’élaboration d’une feuille de route pour la socialisation des propriétés immobilières privées dans la ville, prétendument à la demande du lobby immobilier.

Plusieurs militants du droit au logement ont également critiqué la coalition SPD-Verts-Die Linke pour sa collusion présumée avec les partis politiques de l’opposition favorables à l’immobilier privé, notamment l’Union chrétienne-démocrate (CDU), l’Alternative pour l’Allemagne (AfD) et le Parti démocratique libre (FDP), qui ont tenté de supprimer le mandat du peuple pour atténuer la crise du logement.

La plupart des villes allemandes, en particulier Berlin, sont confrontées à une crise aiguë du logement avec une flambée des loyers. Selon plusieurs rapports, les loyers dans la ville ont augmenté de 60 % depuis 2011. La crise du logement a été exacerbée par la crise actuelle du coût de la vie.

Les sections progressistes de Berlin, y compris les partis politiques de gauche comme Die Linke et le Parti communiste allemand (DKP), les syndicalistes, les collectifs de quartier, les groupes de locataires dont l’Association des locataires de Berlin, les groupes de jeunes/étudiants et les campagnes comme Right2TheCity et Stand Up Berlin ont formé des coalitions et organisé des mobilisations massives demandant à l’État et au gouvernement fédéral de s’attaquer à la crise du logement. L’initiative DWE a également lancé plusieurs campagnes et pétitions demandant au gouvernement de l’État d’exproprier les propriétés immobilières des agents immobiliers privés comme Deutsche Wohnen.

Succombant à la pression populaire, le gouvernement de coalition SPD-Verts-Die Linke a adopté le 30 janvier 2020 un projet de loi sur le plafonnement des loyers, afin de geler les loyers pendant cinq ans aux niveaux de juin 2019. Cependant, la Cour constitutionnelle allemande a annulé la loi au motif que le gouvernement de l’État ne pouvait pas imposer sa propre loi dans la capitale allemande alors que le gouvernement fédéral dispose de sa réglementation pour contrôler les loyers.

Le 15 décembre, la commission d’experts chargée de la mise en œuvre du référendum de 2021 a publié un rapport intermédiaire indiquant que l’État de Berlin avait la compétence constitutionnelle de s’approprier des biens immobiliers privés et que cette mesure était financièrement réalisable.

Le DWE a déclaré que « la commission a confirmé ce qui était déjà clair pour plus d’un million de personnes l’année dernière : Berlin peut exproprier ! Le Sénat n’a plus d’excuses et ne peut plus se cacher derrière la commission. Berlin peut maintenant écrire l’histoire ».

Les groupes de défense du droit au logement et le DWE demandent maintenant aux partis politiques d’inclure dans leurs programmes respectifs, avant les prochaines élections, leurs plans pour mettre en œuvre le mandat du référendum sur le logement de 2021, ainsi que des mesures supplémentaires pour atténuer la crise du logement qui monte en flèche.

Achim Lindemann, porte-parole du DWE, a déclaré le 15 décembre : « Si vous n’expropriez pas maintenant, vous ne pouvez pas gouverner Berlin. Nous attendons du Sénat [gouvernement de Berlin] qu’il présente un plan de socialisation le plus rapidement possible et qu’il transforme les résultats de la commission en loi. Si Giffey et Geisel continuent à essayer de bloquer l’expropriation, ils percevront le reçu le 12 février. Parce que Berlin votera contre le lobby de l’immobilier ! ».

Le 18 décembre, Luca Sfer, de la Jeunesse ouvrière allemande socialiste (SDAJ), a déclaré à Peoples Dispatch que « la lutte pour le logement à Berlin est principalement menée par l’initiative Deutsche Wohnen Enteignen (DWE) ; c’est le résultat d’années de hausse des loyers. L’organisation de base a remporté une grande victoire lorsqu’un référendum sur l’expropriation de toutes les entreprises qui possèdent 3 000 appartements ou plus a réussi à obtenir 59% du vote populaire. Cependant, dans la période qui a suivi, le succès a cessé. La coalition régnante des Verts, des sociaux-démocrates et du parti de gauche n’a pas mis en œuvre une loi pour réellement exproprier les biens. Au lieu de cela, elle a formé une « commission d’experts » afin de retarder le processus et d’empêcher l’adoption d’une loi visant à mettre en œuvre les résultats du référendum. Et ce, bien que tous les partis en place aient soutenu au moins partiellement le référendum en premier lieu. Le DWE tente de forcer le Sénat à accélérer le processus en organisant des protestations populaires qui, cependant, n’ont pas été si importantes. »

« Il y a quelques jours, cependant, la commission a pris la décision que l’expropriation est légale en vertu de l’article 15 de la Grundgesetz [constitution allemande]. Cependant, l’avenir du mouvement pour l’expropriation est encore indécis car il est clair que le gouvernement fera tout pour empêcher la mise en œuvre », a-t-il ajouté.

Le dimanche 19 décembre, Klaus Ledere, de la direction de Die Linke à Berlin, a déclaré que « la réélection à l’Assemblée de Berlin est un choix de location ! » Au nom de Die Linke, il a assuré les électeurs de « l’aide aux locataires par le biais d’un fonds de secours et d’une allocation de logement qui arrive rapidement, d’un nouveau concept pour la reconstruction des logements sociaux, de la mise en œuvre du référendum sur l’expropriation et de la suspension des évacuations pendant l’hiver. »

Récemment, divers groupes de défense du droit au logement, dont l’association des locataires de Berlin et des coalitions comme « Chauffage, pain et paix », ont intensifié leur agitation en demandant « une baisse des prix des denrées alimentaires et des loyers, une augmentation des salaires et de la couverture des loyers à l’échelle nationale, ainsi qu’une couverture immédiate et complète des prix du gaz et de l’électricité au moins aux niveaux d’avant la crise. »

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Média Presse Mali Officiel était en direct.

Voeux de nouvel an du Président de la Transition SE Le Colonel Assimi Goita

Présidence de la République du Mali

#BonneAnnee2023

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source : www.coha.org/decolonization-multipolarity-and-the-demise-of-the-monroe-doctrine/

La décolonisation, la multipolarité et la disparition de la doctrine Monroe.

6 décembre 2022

William Camacaro, Caracas
Frederick Mills, Washington DC

« Il n’est plus possible, dans le cas de l’Amérique, de continuer avec la Doctrine Monroe ni avec le slogan ‹ l’Amérique pour les Américains › ».
Andrés Manuel López Obrador

Le 3 décembre 2023 marquera le 200e anniversaire de la Doctrine Monroe. Il marquera également son obsolescence face à la résistance populaire et à la marée rose des gouvernements progressistes d’Amérique latine qui ont été élus au cours des deux dernières décennies et demie. L’idéologie dominante de ces mouvements de gauche et de centre gauche rejette le « Consensus de Washington » et opte pour un nouveau consensus basé sur la décolonisation des sphères politiques, économiques, sociales et culturelles. Ce consensus s’accompagne de rencontres et de conférences qui mettent en avant les traditions libératrices développées depuis les années 1960 ainsi que celles profondément ancrées dans les cultures indigènes. C’est l’incapacité de Washington à respecter et à s’adapter à ce processus de transformation politique et idéologique qui empêche, à l’heure actuelle, une politique étrangère américaine constructive et coopérative envers la région.

Décolonialité et multipolarité

On ne peut comprendre la décolonisation à partir du point de vue totalisant de l’exceptionnalisme américain[1]. L’exceptionnalisme américain, issu de la traite des esclaves africains et de la conquête de l’Amérique, cherche à obtenir un accès illimité aux ressources naturelles et à la main-d’œuvre de la région pour servir ses intérêts commerciaux et géopolitiques. En revanche, la décolonialité est née de cinq siècles de résistance à la colonisation. C’est la perspective critique de ceux qui ont été opprimés par la domination impériale et les oligarchies locales et qui cherchent à construire un monde nouveau, un monde qui rejette la nécropolitique et le capitalisme racial ; un monde qui fait progresser la vie humaine en communauté et en harmonie avec la biosphère. Cette attitude éthique critique s’est exprimée au cours des deux dernières années dans les déclarations d’associations régionales qui excluent les États-Unis et le Canada. Toutes partagent le même idéal d’intégration régionale fondé sur le respect de l’égalité souveraine entre les nations et guidé par des principes écologiques, démocratiques et plurinationaux.

Une condition nécessaire à une intégration fondée sur ces principes est la liberté de s’engager économiquement, politiquement et culturellement dans un monde multipolaire ; ce n’est que dans un tel contexte géopolitique que la région peut résister à l’asservissement d’une superpuissance et devenir elle-même un acteur majeur sur la scène politico-économique mondiale. Un tel engagement est déjà un fait accompli. D’un bout à l’autre du spectre politique, la Communauté des États d’Amérique latine et des Caraïbes (CELAC, créée en décembre 2011) a embrassé une diversité d’opportunités commerciales. Par exemple, le forum Chine-CELAC[2] a été formé le 17 juillet 2014 en tant que véhicule de coopération intergouvernementale entre les États membres de la CELAC et la Chine. Le forum a tenu sa première réunion ministérielle[3] à Pékin en janvier 2015, qui a été suivie de deux autres sommets (2018,[4] 2021[5]), qui ont tous donné lieu à des accords économiques, d’infrastructure, énergétiques et autres. Autre élément significatif en matière de commerce, 20 pays[6] d’Amérique latine et des Caraïbes ont désormais adhéré à l’initiative « Belt and Road ». Selon Geopolitical Intelligence Services, GIS :

« Le commerce chinois avec l’Amérique latine est passé d’à peine 12 milliards de dollars en 2000 à plus de 430 milliards de dollars en 2021, sous l’effet de la demande de toute une série de produits de base, du soja au cuivre, en passant par le minerai de fer, le pétrole et d’autres matières premières. Ces importations, quant à elles, sont liées à une augmentation des exportations chinoises de produits manufacturés à valeur ajoutée. À partir de 2022, la Chine sera le deuxième partenaire commercial de la région et le premier partenaire commercial de neuf pays (Cuba, Paraguay, Argentine, Chili, Brésil, Uruguay, Pérou, Bolivie et Venezuela) »[7].

En outre, le Forum économique mondial prévoit que « sur la trajectoire actuelle, le commerce entre l’ALC et la Chine devrait dépasser 700 milliards de dollars d’ici 2035, soit plus du double de ce qu’il était en 2020. » [8]

Plutôt que de reconnaître cette tendance à la diversification des échanges, Washington mène une guerre hybride contre le Venezuela, Cuba et le Nicaragua, notamment en recourant à des mesures coercitives unilatérales illégales (« sanctions »), dans le but de limiter l’influence de la Russie, de l’Iran et de la Chine et de réimposer son hégémonie dans la région.

Le rapporteur spécial[9] des Nations unies sur l’impact négatif des mesures coercitives unilatérales sur la jouissance des droits de l’homme, Alena Douhan, a visité et documenté l’effet des sanctions en Syrie[10], en Iran[11] et au Venezuela[12], et a indiqué à chaque fois que les sanctions « violent le droit international » et « le principe d’égalité souveraine des États », en même temps qu’elles constituent une « intervention dans les affaires intérieures. » Comme le documente une étude réalisée en novembre 2022 par la campagne « Sanctions Kill », les sanctions contre le Venezuela et d’autres pays ciblés ont causé des difficultés dévastatrices et des milliers de morts[13].

Afin d’empêcher l’importation de biens vitaux au Venezuela, les États-Unis sont allés jusqu’à emprisonner un diplomate vénézuélien, Alex Saab, qui avait réussi à contourner les sanctions américaines pour importer du carburant, de la nourriture et des médicaments dont le pays avait un besoin urgent. En violation de la Convention de Vienne sur les relations diplomatiques (1961), Washington a accusé Saab de conspiration en vue de commettre un blanchiment d’argent (les autres charges ayant été abandonnées). Une audience sur l’immunité diplomatique de Saab était prévue pour le 12 décembre 2022 au tribunal du district sud. Saab a jeté un pavé dans la mare du « changement de régime » de Washington, pour lequel il paie un lourd tribut depuis plus de deux ans.

Les opérations de « changement de régime » menées contre les gouvernements désobéissants en Amérique latine et dans les Caraïbes au cours de la dernière décennie par les États-Unis et leurs alliés de droite au sein de l’Organisation des États américains (OEA) n’ont pas réduit l’influence de la Chine, de l’Iran et de la Russie dans la région. Bien au contraire. Par exemple, alors que Washington intensifiait sa campagne contre le gouvernement de Cuba, le président cubain Miguel Díaz Canal Bermúdez s’est rendu en Algérie, en Russie, en Chine et en Turquie pour renforcer la solidarité mutuelle et conclure de nouveaux accords économiques. La Russie et la Chine reconnaissent toutes deux l’importance stratégique de la Révolution cubaine, car sa défaite aurait un impact démoralisant sur la cause de l’indépendance et galvaniserait les intérêts oligarchiques dans tout l’hémisphère. De plus, dans le contexte de la marée rose des gouvernements progressistes et de la désintégration du Groupe de Lima (une coalition de droite soutenue par Washington), cette troïka de résistance (Cuba, Venezuela et Nicaragua) n’est pas seule.
La marée rose

Il est important de ne pas isoler la période de la marée rose comme une anomalie, car elle a des précurseurs, à commencer par les premiers soulèvements indigènes et la résistance bolivarienne à la domination espagnole. La lutte décoloniale actuelle est influencée par l’esprit de Túpac Amaru, la révolution hatienne, la révolution sandiniste, le soulèvement zapatiste et d’autres défis à la conquête, à la colonisation et à la tentative actuelle de recolonisation de la région.

Il ne fait cependant aucun doute que la marée rose a fait un grand pas en avant avec l’élection des présidents Hugo Chávez au Venezuela (1998), Néstor Carlos Kirchner en Argentine (2003) et Luiz Inácio Lula da Silva au Brésil (2003). C’est peut-être lors du quatrième Sommet des Amériques, tenu en novembre 2005 à Mar del Plata, que leur leadership audacieux combiné a porté un coup significatif à l’hégémonie américaine en rejetant la proposition du président de l’époque, George Bush, d’un accord hémisphérique appelé Zone de libre-échange des Amériques (ZLEA). Cette défaite de la ZLEA a également signalé la détermination des mouvements progressistes à chercher des alternatives aux impératifs néolibéraux des États-Unis et du Canada.

Bien que la marée rose de la gouvernance progressiste ait subi quelques revers électoraux et extraconstitutionnels depuis le quatrième sommet, elle a reçu un regain de force avec l’élection du candidat du parti MORENA, le président Andrés Manuel López Obrador (AMLO) au Mexique en 2018. AMLO s’est présenté sur une plateforme qui promettait de lancer la « quatrième transformation » du Mexique en luttant contre la corruption et en mettant en œuvre des politiques qui mettent les pauvres tout d’abord. Il est depuis devenu un critique majeur de la doctrine Monroe et de l’OEA.

La victoire du mouvement MORENA au Mexique a été suivie par l’élection de présidents de gauche et de centre gauche en Argentine (Alberto Fernández, octobre 2019), en Bolivie (Luis Arce, octobre 2020), au Pérou (Pedro Castillo, juillet 2021), au Chili (Gabriel Boric, décembre 2021) et au Honduras (Xiomara Castro, décembre 2021). Moins d’un an plus tard, pour la première fois de son histoire, les Colombiens ont élu un président de gauche, Gustavo Petro, en juin 2022. Petro n’a pas tardé à rétablir les relations diplomatiques avec le Venezuela et à ouvrir leur frontière commune. Cette nation sud-américaine reste toutefois l’hôte de neuf bases militaires américaines et demeure un partenaire de l’OTAN. Cette victoire historique a été suivie d’un retour en force de la gauche au Brésil avec l’élection de l’ancien président Luiz Inácio Lula da Silva en octobre 2022, après le règne d’extrême droite de Jair Bolsonaro. C’est une grande nouvelle, car le Brésil n’est pas seulement une grande puissance économique de l’hémisphère, mais aussi un membre de l’association BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud), qui devrait désormais accroître le commerce et intégrer un nombre croissant d’États membres.
Les associations régionales saisissent l’occasion

Ces victoires électorales, qui reposent toutes sur le soutien des secteurs populaires, ont fait l’objet d’une analyse critique lors de plusieurs réunions récentes d’associations régionales. Ces réunions expriment la formation d’un consensus sur la promotion de la souveraineté régionale, la protection de l’environnement, le respect des droits des peuples autochtones et la réalisation de la justice sociale.

L’esprit d’indépendance et d’intégration régionale a pris un nouvel élan lorsque AMLO a assumé la présidence pro tempore de la CELAC en 2020. Le dernier sommet de la CELAC a donné le ton de base de ce consensus lorsque, le 24 juillet 2021, AMLO a évoqué l’héritage de Simón Bolívar dans le contexte de la cause permanente de l’indépendance régionale ; cette focalisation a ouvert un espace politique pour critiquer l’OEA et fortifier la CELAC. Le sommet s’est tenu à un moment où le rôle de l’OEA dans la provocation d’un coup d’État en Bolivie était largement condamné.

Le message du sommet de la CELAC n’a apparemment pas fait grande impression à Washington. Le neuvième sommet des Amériques, organisé par les États-Unis à Los Angeles, en Californie (juin 2022), a exclu les pays figurant sur la liste des « changements de régime » de Washington, révélant ainsi une profonde déconnexion entre la politique hémisphérique des États-Unis et la réalité sur le terrain en Amérique latine. Cette exclusivité a inspiré des sommets alternatifs, plus inclusifs : le Sommet des Peuples à Los Angeles et le Sommet des Travailleurs à Tijuana. Ces sommets alternatifs ont révélé l’incapacité de Washington à s’adapter à des voisins du Sud de plus en plus indépendants. Pour éviter tout embarras, Washington n’a pas invité le président autoproclamé du Venezuela, Juan Guaidó, bien qu’elle soit maintenant pratiquement seule à prétendre reconnaître ce personnage comique et son gouvernement fantôme corrompu et sans importance.

Cinq mois après le sommet des Amériques qui a semé la discorde, s’est tenue une réunion du groupe de Puebla, fondé en juillet 2019 pour contrer le programme de droite du groupe de Lima soutenu par Washington. Il a tenu sa huitième réunion dans la ville colombienne de Santa Marta. Le 11 novembre, le groupe a publié la Déclaration de Santa Marta : La région unie pour le changement. Il y déclare que « la région doit intégrer et mettre en avant de nouveaux thèmes pour l’agenda régional qui, dans le passé, pour différentes raisons, n’avaient pas la visibilité qui semble aujourd’hui indiscutable, tels que… l’égalité des sexes, la libre circulation des personnes, la transition écologique, la défense de l’Amazonie et des droits des peuples indigènes,… et la nécessité d’inclure de nouveaux acteurs sociaux et économiques dans les processus d’intégration régionale ».

Quelques jours plus tard, dans une lettre datée du 14 novembre, un groupe de dirigeants régionaux a appelé les présidents d’Amérique du Sud à reconstituer l’Union des nations sud-américaines (UNASUR, créée en 2008). La désintégration de l’UNASUR est le reflet d’une offensive contre la révolution bolivarienne, menée par Washington et Bogota. Lorsque la Colombie a quitté l’organisation en 2018, avec ses alliés de droite pour la suivre, elle a ensuite rejoint le Groupe de Lima, dont le seul objectif politique au sein de l’OEA était la destruction de la cause bolivarienne. Et en août 2018, après que le président de l’Équateur Lenin Moreno ait confisqué le siège de l’UNASUR à Quito, le président Evo Morales a rouvert le siège de l’UNASUR en Bolivie. Morales a déclaré : « Le Parlement sud-américain [UNASUR] est le centre d’intégration et le symbole de la libération de l’Amérique latine. L’intégration de toute l’Amérique latine est un chemin sans retour. » À ce moment-là, le seul pays allié du Venezuela en Amérique du Sud était la Bolivie.

La lettre appelant à la reconstitution de l’UNASUR a été suivie d’une déclaration du Forum de São Paulo, qui s’est réuni à Caracas les 18 et 19 novembre 2022 et a résumé l’un des principaux thèmes de la conjoncture actuelle : « Nous sommes dans un moment historique pour reprendre et approfondir les transformations dans les domaines économique et géopolitique qui se sont produites depuis le début du siècle, et pour accélérer la transition vers un monde multipolaire démocratique, fondé sur de nouvelles relations internationales de coopération et de solidarité. »

Du 22 au 25 novembre, au Guatemala, des représentants des peuples indigènes de 16 pays se sont réunis pour la deuxième rencontre du mouvement souverain Abya Yala. La conférence s’est déroulée à un moment où les peuples autochtones de tout le continent font l’objet d’un regain de protagonisme politique. Par exemple, après le coup d’État fasciste en Bolivie en novembre 2019, c’est la résistance farouche des peuples autochtones et du Mouvement vers le socialisme IPSP qui a conduit à la récupération réussie de la démocratie un an plus tard. Le thème de la deuxième rencontre était « Peuples et communautés en mouvement, avancer vers la décolonialité pour bien vivre (« Buen vivir »). » Sa déclaration finale s’engage à la décolonisation de ces territoires. Pour y parvenir, la réunion a proposé la pluri-nationalité comme principe politique directeur, « pour construire de nouveaux États plurinationaux, de nouvelles lois, institutions et projets de vie qui permettent à tous les êtres partageant la communauté cosmique de vivre ensemble en harmonie. » La déclaration reconnaît également la nécessité de former des organisations politiques capables de faire avancer ces objectifs, y compris dans le domaine électoral./

Il existe désormais un bloc solide de gouvernements progressistes dans la région, ce qui offre de nouvelles opportunités pour faire avancer les causes de la décolonisation, de l’intégration, du nationalisme des ressources, de la souveraineté populaire et des expériences de construction d’un ordre post-néolibéral. Mais cette conjoncture pose également de nouveaux défis. La récente levée partielle par les États-Unis des sanctions contre le Venezuela dans le secteur pétrolier et le soutien aux négociations au Mexique entre le gouvernement vénézuélien et l’opposition constituent une réponse pragmatique à la nécessité d’accéder au brut vénézuélien et signalent un changement de tactique de la part des États-Unis en faveur d’un moyen électoral pour provoquer un « changement de régime ». Cela rappelle la stratégie américaine au Nicaragua à la fin des années 1980, qui a conduit à la défaite électorale des Sandinistes en 1990. Les États-Unis agissent également avec retenue car, compte tenu des tensions géopolitiques accrues liées à la guerre en Ukraine et du climat politique dans cet hémisphère, aucune autre voie n’est envisageable. Washington continue cependant de prendre des mesures coercitives unilatérales illégales contre le Venezuela, le Nicaragua et Cuba, dans le but de maintenir en vie la doctrine Monroe, devenue obsolète. Pour relever ce défi à leur existence, les gouvernements visés contournent les sanctions américaines, résistent aux opérations de « changement de régime », reprennent leurs efforts d’intégration, approfondissent leurs liens avec la Russie et la Chine et diversifient leurs partenaires commerciaux. Et tandis que les partisans de la ligne dure du Congrès américain, coincés dans une mentalité de guerre froide, parcourent les collines à la recherche de communistes, toute l’Amérique s’efforce de mettre fin aux derniers vestiges des conflits armés et d’établir une région en paix.
Sources

[1] Selon la définition de Donald E. Pease, « l’exceptionnalisme américain a été interprété comme signifiant que l’Amérique est soit ‹ distinctive › (c’est-à-dire simplement différente), soit ‹ unique › (c’est-à-dire anormale), soit ‹ exemplaire › (c’est-à-dire un modèle à suivre pour les autres nations), soit ‹ exemptée › des lois du progrès historique (c’est-à-dire qu’elle est une ‹ exception › aux lois et règles régissant le développement des autres nations). » L’exceptionnalisme américain, American Exceptionalism - American Literature - Oxford Bibliographies

[2] " Informations de base sur le Forum CELAC-Chine ", Département des affaires d’Amérique latine et des Caraïbes, ministère des Affaires étrangères de la Chine. Avril 2016. Consulté le 3 décembre 2022 : http://www.chinacelacforum.org/eng/ltjj_1/201612/P020210828094665781093.pdf.

[3] " Sous-forums pertinents dans le cadre du Forum Chine-CELAC en 2015 ". Forum Chine-CELAC, Nouvelles. 17 février 2016. Consulté le 3 décembre 2022 : Relevant Sub- Forums under China-CELAC Forum in 2015.

[4] Deuxième réunion ministérielle du Forum Chine-CELAC. Nations Unies (CEPALC). 22 janvier 2018. Consulté le 3 déc. 2022 : https://www.cepal.org/en/speeches/second-ministerial-meeting-forum-china-celac

[5] Déclaration de la troisième réunion des ministres du Forum Chine-CELAC. Forum Chine-CELAC, Documents importants. 9 décembre 202. Consulté le 3 déc. 2022 : DECLARATION OF THE THIRD MINISTERS’ MEETING OF THE CHINA-CELAC FORUM

[6] Pays de l’initiative « la Ceinture et la Route » (BRI). Centre de financement et de développement vert. Basé sur des informations en date de mars 2022. Consulté le 3 décembre 2022 : Countries of the Belt and Road Initiative (BRI) – Green Finance & Development Center.

[7] « China’s evolving economic footprint in Latin America », par John Polga-Hecimovich. Geopolitical Intelligence Services. Économie. 22 novembre 2022. Accès le 3 décembre 2022 : U.S., China vie for trade dominance in Latin America.

[8] « Le commerce de la Chine avec l’Amérique latine est appelé à continuer de croître. Voici pourquoi cela est important. » Forum économique mondial. 17 juin 2021. Consulté le 3 décembre 2022 : https://www.weforum.org/agenda/2021/06/china-trade-latin-america-caribbean/

[9] Le rapporteur spécial sur l’impact négatif des mesures coercitives unilatérales déclare que des principes directeurs doivent être rédigés pour protéger les droits et la vie des personnes. Nations Unies, Droits de l’homme, Bureau du Haut Commissaire. 14 septembre 2022. Consulté le 3 décembre 2022 : https://www.ohchr.org/en/press-releases/2022/09/special-rapporteur-negative-impact-unilateral-coercive-measures-says-guiding

[10] « Lift ‹ suffocating › unilateral sanctions against Syrians, urges UN human rights expert ». Nations Unies. Nouvelles de l’ONU. 10 novembre. 2022. Consulté le 3 décembre 2022.

[11] " Iran : Les sanctions unilatérales et le non-respect des règles constituent une menace grave pour les droits de l’homme et la dignité - Expert de l’ONU. " Nations Unies, Droits de l’homme, Bureau du Haut Commissaire. 19 mai 2022. Consulté le 3 décembre 2022 : https://www.ohchr.org/en/press-releases/2022/05/iran-unilateral-sanctions-and-overcompliance-constitute-serious-threat-human.

[12] " Conclusions préliminaires de la visite en République bolivarienne du Venezuela du Rapporteur spécial sur les effets négatifs des mesures coercitives unilatérales sur la jouissance des droits de l’homme. " Nations Unies, Droits de l’homme, Bureau du Haut Commissaire. 12 février 2021. Consulté le 3 décembre 2022 : https://www.ohchr.org/en/statements/2021/02/preliminary-findings-visit-bolivarian-republic-venezuela-special-rapporteur?LangID=E&NewsID=26747.

[13] « Sanctions américaines : Mortelles, destructrices et en violation du droit international ». Rapport produit par Rick Sterling, John Philpot et David Paul avec le soutien d’autres membres de la campagne SanctionsKill et de nombreuses personnes originaires de pays sanctionnés. Novembre 2022 (Mise à jour des publications précédentes de septembre 2020 et mai 2021). Consulté le 5 décembre 2022 : https://sanctionskill.org/wp-content/uploads/2022/06/SanctionsImpactReport_v62c-3.pdf

[14] « Les États-Unis font sortir Alex Saab du Cabo Verde sans décision de justice ni traité d’extradition », par Dan Kovalik. Conseil des affaires hémisphériques. 18 octobre 2021. Consulté le 3 décembre 2022 : The U.S. flies Alex Saab out from Cabo Verde without court order or extradition treaty – COHA

[15] Convention de Vienne sur les relations diplomatiques, 1961. Nations Unies. Consulté le 3 décembre 2022 : https://legal.un.org/ilc/texts/instruments/english/conventions/9_1_1961.pdf

[16] « Díaz-Canel arrive à Alger, première étape de la tournée présidentielle ». Telesur. 16 novembre 2022. Consulté le 3 décembre 2022 : Díaz-Canel Arrives in Algiers, 1st Stop on Presidential Tour | News | teleSUR English

[17] « Díaz-Canel en la reunión con Putin : ‹ El mundo tiene que despertar › ». RT. 22 novembre 2022. Consulté le 3 décembre 2022 : Díaz-Canel en la reunión con Putin: "El mundo tiene que despertar" (VIDEO) - RT

[18] « El Secretario General y Presidente Xi Jinping Sostiene una Conversación con el Primer Secretario del Comité Central del Partido Comunista de Cuba y Presidente de la República de Cuba Miguel Díaz-Canel. » Ministère des Affaires étrangères de la République populaire de Chine. 25 novembre 2022. Consulté le 3 décembre 2022 : El Secretario General y Presidente Xi Jinping Sostiene una Conversación con el Primer Secretario del Comité Central del Partido Comunista de Cuba y Presidente de la República de Cuba Miguel Díaz-Canel.

[19] " La Turquie et Cuba vont renforcer leurs liens bilatéraux ". La Prensa Latina : Médias bilingues. 23 novembre 2022. Consulté le 3 décembre 2022 : Turkey, Cuba to bolster bilateral ties - La Prensa Latina Media.

[20] « América Latina celebra 13 años de la derrota del ALCA ». Telesur. 4 novembre 2018. Consulté le 3 décembre 2022. América Latina celebra 13 años de la derrota del ALCA | Noticias | teleSUR

[21] " Cumbre CELAC 2021 : renovada apuesta por la integración latinoamericana ". Silvina Romano y Tamara Lajtman. Celag.org. 18 Septiembre, 2021. Consulté le 3 décembre 2022 : Cumbre CELAC 2021: renovada apuesta por la integración latinoamericana — CELAG.

[22] Sommet des Amériques. Département d’État des États-Unis. Consulté le 3 déc. 2022 : https://www.state.gov/summit-of-the-americas/

[23] Sommet des Peuples. 8 juin 2021. Code Pink. Consulté le 3 déc. 2022 : https://www.codepink.org/peoplessummit-6-8-2022

[24] Sommet des travailleurs des Amériques. Du 10 au 12 juin. Consulté le 3 décembre 2022 : https://workerssummit.com/

[25] Déclaration de Santa Marta : « La région, unie pour le changement », novembre 2022. Grupo de Puebla. Resumen Ejecutivo. 11 novembre 2022. Consulté le 3 décembre 2022 : DECLARACIÓN DE SANTA MARTA | “La región, unida por el cambio”- noviembre 2022 - Grupo de Puebla.

[26] Alberto Fernández, Luis Arce, Luiz Inacio « Lula » da Silva, Guillermo Lasso, Gabriel Boric, Gustavo Petro, Irfaan Ali, Mario Abdo Benítealista.

[27] « Declaración del Foro de São Paulo ». Reunión ampliada del Grupo de Trabajo Caracas, 18 y 19 de noviembre de 2022. Consulté le 5 décembre 2022 : https://forodesaopaulo.org/sesiono-el-grupo-de-trabajo-del-foro-de-sp-en-caracas/.

[28] « Declaración del II Encuentro de Abya Yala Soberana ». Abya Yala Soberana. 30 novembre 2022. Consulté le 4 décembre 2022 : Declaración del II Encuentro de Abya Yala Soberana – Abya Yala Soberana.

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SALUT AUX GILETS JAUNES

Ce fut, dans le ciel de la médiocrité, un coup de tonnerre, que l’émergence en France des Gilets jaunes. Leur présence catalysait obscurément une force insurrectionnelle qui s’éveillait partout dans le monde. L’ironie de l’histoire voulut qu’ils fissent leur apparition dans un pays où l’abjection et la sottise occultaient les Lumières de jadis.

La paradoxale alliance d’une volonté pacifique et d’une détermination sans faille plongea dans la peur et l’hébétude une gouvernance qui somnolait en faisant confiance au décervelage mercantile des foules. La médiocrité des chefs d’État, des notables, des élites passait à ce point pour exemplaire que le char de l’État n’avait plus, selon la plaisante expression de monsieur Prudhomme, qu’à « naviguer sur un volcan. »

De la droite à la gauche, un mépris unanime accueillit les Gilets jaunes. Qui étaient ces intrus redécouvrant soudain l’inspiration de la Commune de Paris, la joie de Mai 1968, la tranquille assurance des zapatistes, alors que beaucoup n’en avaient qu’une connaissance rudimentaire ? Ce fut un beau moment d’hilarité que d’entendre la coterie intellectuelle et les experts en pensée critique traiter d’abrutis des êtres qui découvraient en eux et entre eux, la présence d’une vie dont les nécessités quotidiennes les tenaient - et continuent de nous tenir - cruellement éloignés. Cette pulsion vitale, il en propagèrent spontanément la conscience pratique, ludique, poétique.

Les gilets jaunes n’appartiennent ni à la plèbe ni au prolétariat. Pour l’État et le conservatisme, ce sont des trublions à passer par les armes. Le populisme fascisant croyait pouvoir les dévorer. Il s’en est étouffé à la première bouchée. Le gauchisme les aurait volontiers affublés de la vieille défroque prolétarienne si l’appareil syndical et politique, empressé d’offrir sa tutelle, ne s’était pas heurté de la part des insurgées et des insurgés à une fin de non-recevoir.

Leur auto-organisation informelle repose sur quelques principes sommaires et radicaux : pas de chefs, pas d’appareil politico-syndical, pas de représentants autoproclamés, priorité absolue à l’être humain. Aucun mouvement insurrectionnel n’a marqué aussi résolument, dès le départ, sa volonté d’un monde nouveau en rupture absolue avec nos sociétés de prédation, de pouvoir, de sacrifice, d’esprit militaire.

La secousse sismique qui ébranle la société planétaire ne se réduit ni à une émeute, ni à une révolte, ni à une révolution. Elle marque le sursaut d’une vie que la civilisation du Profit a condamné à dépérir. Elle brise le carcan d’une léthargie millénaire. Sa conscience n’est pas née, comme au XVIIIe siècle, de la lucidité de brillants penseurs. C’est une parole anonyme, balbutiante. Elle est encore sous le trouble apeuré d’avoir osé l’impossible. Mais sa présence est là, elle se passe de mots parce qu’elle pressent que les mots eux aussi doivent renaître. Du Chiapas à l’Iran, une poésie de la subversion sociale pousse vers les rivages les plus disparates ses vagues frêles, éphémères et incroyablement irrésistibles.

Les prétextes invoquées au premier abord, paraissaient futiles : taxe, ticket de métro, mépris étatique. Beaucoup se cantonnent encore à des revendications de survie. Mais personne ne s’y trompe. Il y a, là-dessous, quelque chose de plus profond. La joie qui fait danser les ronds-points, les rues et les cœurs émane d’une volonté de vivre libre. Aucune revendication sociale n’a jamais fait montre d’une telle persévérance, avec une aussi tranquille détermination. Tout indique qu’il y a là un phénomène qui dépasse les initiateurs du mouvement, parce que - ils le comprendront tôt ou tard - ce dépassement ils le portent en eux.

Il ne faut pas être grand clerc pour repérer au sein des Gilets jaunes l’un ou l’autre raciste, antisémite, homophobe, misogyne, rétro-fasciste, rétro-bolchevik, psychopathe, demeuré mental. La foule traditionnelle a toujours privilégié l’individualisme aux dépens de l’individu, elle excelle à faire primer sur l’intelligence du vivant l’agressivité des émotions refoulées. Or, ce qu’a promu dès le départ le mouvement des Gilets jaunes, c’est un sens humain qui exclut le réflexe prédateur et garantit la prédominance de l’entraide et de l’autonomie individuelle. Même si ce mouvement disparaît, il aura propagé partout les germes d’une insurrection de la vie quotidienne et d’un printemps qui « fleurit en toute saison. »

Enclin de longue date à mépriser les drapeaux, j’ai réalisé que les emblèmes de la France, brandis par les Gilets jaunes, ne se déployaient pas au vent nauséabond du nationalisme mais claquaient au souffle de la Révolution française, porteur de nos révolutions présentes et à venir. Deux siècles de chauvinisme nous ont ôté de la mémoire qu’en dépit de sa grandiloquence sanguinaire la Marseillaise fut le chant inaugural des soulèvements qui, du XIXe et XXe siècle, ébranlèrent le monde.

La poésie ne tombe pas du ciel, elle naît dans les bas-fonds de l’existence. A ucune mesure, aucun calcul ne détermine l’intensité de ce qui se propage par résonances plutôt que par mots d’ordre. Débarrassée des tribuns, des manipulateurs, des intellectuels fiers de l’être, la rébellion du vivant fraie spontanément les voies d’une liberté authentiquement vécue.

La bêtise est contagieuse, l’intelligence est empathique. Quelques germes de radicalité sont de nature à fertilisent les terres les plus stériles. La qualité l’emporte toujours sur la quantité. Ne vous inquiétez pas du nombre ! La civilisation du chiffre, c’est fini ! Laissez les tenants du désespoir agressif vous traiter de chimériques. Ils sont de l’engeance qui décrète, depuis des siècles, que la vie aveugle et que la mort rend lucide.

C’est au départ de petites entités locales que prend son sens la lutte pour la qualité de la vie et l’élimination des nuisances . Coupé de ses racines vivantes, le projet d’émancipation humaine n’est qu’une abstraction. La conscience du vivant, c’est notre radicalité. Elle est imprescriptible.

Raoul Vaneigem

31 décembre 2022

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MUMIA : Obsèques aujourd’hui de son épouse WADIYA décédée - Rassemblement à Paris mercredi 4 janvier 2023

Les obsèques de WADIYA ont lieu ce jour 30 décembre à Philadelphie sans MUMIA car l’administration pénitentiaire a refusé sa demande exceptionnelle de sortie accompagnée. L’inhumanité n’a pas de limite pour cet homme qui se bat depuis quatre décennies pour faire reconnaître son innocence !

Par l’intermédiaire de son petit-fils JAMAL Jr HART, la famille endeuillée nous a fait parvenir le message ci-après :

" Merci beaucoup pour votre soutien sans faille. Notre famille est en deuil et nous savons à quel point nous sommes entourés d’amour. Lundi dernier Pam Africa m’a appris cette triste nouvelle et j’ai traversé le pays en avion la nuit même pour rendre visite à mon grand-père dès mardi matin. Mike Africa est venu avec moi ; nous avons beaucoup discuté, pris le temps nécessaire pour qu’il épanche sa souffrance, pour qu’il vive son deuil et avons partagé nos souvenirs de Wadiya, à travers divers événements vécus depuis leur mariage. Mon grand-père est une belle âme. Il en perd une partie en perdant Wadiya. C’est à moi qu’est revenu la lourde tâche de lui annoncer la nouvelle et les messages de toute la famille. Bien que cela soit un énorme défi je sais que notre mission est de le ramener à la maison. Rejoindre Wadiya était l’essence de son désir de liberté. Maintenant nous devons faire tout ce qui est en notre pouvoir pour que Mumia ne perde pas pied et qu’il reste déterminé. Nous devons protéger, autant que faire se peut, la belle âme qu’il est. C’est notre tâche commune. Dans le monde entier on connaît le nom de Mumia Abu-Jamal, mais connait-on celui de celle qui fut, sa vie durant, sa colonne vertébrale pendant ces quarante années d’emprisonnement ? Wadiya était une femme d’une rare beauté. Elle a gagné le respect de tous ceux qui ont eu le plaisir de croiser son chemin. C’était une lionne, une déesse. Tous ensemble nous devons honorer Wadiya, honorer les voeux de Mumia et sa détermination à gagner sa liberté. Je tenais à vous remercier personnellement de votre soutien à Love Not Phear (NDLR : nom de la coordination américaine des soutiens à Mumia), pour libérer mon grand-père et qu’il rentre chez lui. Pour nous, c’est une prise d’otage, plus qu’un emprisonnement ! Notre ferme détermination est qu’il soit libéré, bien que nous sachions que sur la route de la liberté l’extrémité de l’arc en ciel s’est ternie sans la lumière de Wadiya ".

Envoyez un message de compassion et de condoléances à Mumia à l’adresse postale ci-après… Soyez bref et ne faites aucune allusion à sa situation judiciaire et au combat pour sa libération afin que ce courrier lui soit remis. Utilisez une enveloppe blanche sans aucune inscription autre que son adresse et n’oubliez surtout pas de mentionner la vôtre au dos.

Mumia ABU-JAMAL / AM 8335 / Smart Communications PADOC / SCI Mahanoy / PO Box 33028St Petersburg, FL 33733 / USA

Participez au rassemblement du mercredi 4 janvier 2023 à Paris pour la libération de Mumia… Ce premier rassemblement place de la Concorde (18 heures) sera l’occasion de rendre hommage à son épouse Wadiya décédée et de poursuivre le combat pour que cette année nouvelle soit celle de sa libération. Plus nous serons nombreux et plus forte portera notre voix auprès des autorités politiques et judiciaires de Pennsylvanie : FREE MUMIA NOW !
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