20 janvier 2023. Les titres des articles sont en tête de l'envoi.



The press project

vendredi 20 janvier 2023 Publié : 18:23:57

Procès Golden Dawn: Ils ont ordonné l’interpellation violente du partenaire de Pavlos Fyssa

La Cour d’appel pénale, composée de 5 membres, a demandé l’arrestation violente du partenaire de Pavlos Fyssa, afin de témoigner le 3 février.

Dimitris Kapantais / SOOC

Le tribunal a accepté la demande de la défense des Chrysaugits, en ordonnant l’interpellation forcée du partenaire de l’assassiné Pavlos Fyssas. Marina Daliani, l’avocate de la famille Fyssa, a demandé au tribunal avant de se prononcer sur une arrestation violente de considérer que toutes les autres voies ont été épuisées. Le témoin n’a pour l’instant témoigné que devant l’enquêteur et ne s’est pas présenté après avoir été convoqué par le tribunal à la demande des avocats de Roupakias, l’assassin condamné du musicien antifasciste

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Constant Kaimakis

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MONTPELLIER Conférence débat "Grèce, économie et société"

Le CMSPG, Collectif Montpelliérain de Solidarité avec le Peuple Grec et les Amis du Monde Diplomatique, organisent le vendredi 27 janvier à 19h, salle Guillaume de Nogaret, espace Pitot, une conférence débat avec Gabriel Colletis , professeur de sciences économiques à l’Université Toulouse 1 Capitole.

La conférence et le débat permettront d’aborder :

  • une rétrospective depuis l’entrée dans l’Union européenne en 1981 et son entrée dans la zone euro vingt ans plus tard

  • la Grèce pouvait-elle sortir de la zone euro en 2015 lors de l’arrivée au pouvoir de Tsipras et Syriza ?

  • comment expliquer la politique de Syriza ?

  • quelle est la situation de l’économie et de la société grecques aujourd’hui ? (après l’élection de Mitsotakis et Nouvelle Démocratie)

  • Dépenses d’armement et budget de la Grèce

  • Quels changements dans la société grecque après les crises ?

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source : www.keeptalkinggreece.com/2023/01/17/greece-radical-reforms-justice-system-president/

La Présidente Sakellaropoulou appelle à des réformes radicales du système judiciaire grec

17 janvier 2023

La Présidente de la République hellénique, Katerina Sakellaropoulou, a appelé à des réformes radicales du système judiciaire du pays qui souffre depuis des années, notamment de longs retards dans l’exécution de la justice.

« Pour trouver des solutions (aux problèmes de la justice), il faut des réformes radicales et non de petits changements et ajustements. Mais les réformes ont besoin de consentement, de courage et de concessions mutuelles », a déclaré Mme Sakellaropoulou lors d’une réunion tenue au Palais présidentiel avec des représentants du secteur de la justice.

Elle a fait référence aux problèmes auxquels le système judiciaire grec a été confronté au fil du temps et a noté que, tant en raison de sa capacité antérieure, en tant que juge pendant 40 ans, que de sa capacité actuelle, elle a le devoir de soulever la question de la nécessité d’un dialogue sur les questions de justice.

Car, comme elle l’a fait remarquer, « les questions concernant la Justice ne nécessitent pas toutes l’intervention du législateur, mais beaucoup peuvent être traitées dans le cadre du cadre législatif actuel », a-t-elle dit, soulignant que « tous les organes de la Justice doivent être disposés à réfléchir et à coopérer. »

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source : www.infomigrants.net/fr/post/46195/a-lesbos-la-course-des-migrants-vers-le-camp-de-mavrovouni-havre-de-securite-a-labri-des-pushbacks

À Lesbos, la course des migrants vers le camp de Mavrovouni, havre de sécurité à l’abri des pushbacks

Par Charlotte Oberti Publié le : 18/01/2023 Dernière modification : 20/01/2023

L’île de Lesbos, en Grèce, n’est plus surpeuplée de migrants. Décongestionnée, la zone est aussi moins sujette aux arrivées, stoppées par une politique stricte de contrôle des frontières. Mais pour ceux qui s’y frayent tout de même un chemin, au prix de traversées souvent dramatiques, il s’agit de trouver rapidement l’aide d’ONG en se cachant des autorités, pour gagner le camp de Mavrovouni. Reportage.

Charlotte Oberti, envoyée spéciale à Lesbos.

Roqaya Sido se tient, l’air agacé, à l’extérieur du container Isobox dans lequel elle vit et jette régulièrement des coups d’œil inquiets à l’intérieur. Dans ce petit antre, un bénévole de l’ONG Euro Relief, assis au sol, parlemente avec un groupe de femmes qui traduisent ensuite ses propos à Roqaya. En cette journée de grand soleil de janvier, l’homme est venu annoncer à la Somalienne de 20 ans qu’elle doit déménager dans un autre bungalow du camp de migrants de Mavrovouni, sur l’île grecque de Lesbos. Il faut faire de la place pour de nouveaux arrivants, dit-il, le nombre de cinq personnes par container ne pouvant pas être dépassé. « Eh bien, on sera six dans ce container. Je préfère ça plutôt que de changer », peste en arabe Roqaya, silhouette élancée et pagne à pois noué autour de la taille.

Son logement actuel, situé dans la « zone bleue » réservée aux femmes et aux familles, est près de l’entrée du camp, il est également à deux pas d’une baraque où est servi du thé à volonté. Mais la localisation n’est pas forcément en cause dans le refus de Roqaya. « Elle croit que c’est sa maison, alors que ça appartient à l’État », commente un membre de l’ONG « European Asylum Agency » qui est témoin de la scène (et qui ne donne pas son nom en raison des règles d’anonymat édictées par son employeur).

Ces quatre murs en préfabriqué sont devenus bien plus qu’un refuge temporaire pour Roqaya, arrivée le 6 octobre en Grèce à l’issue d’une traversée de la mer Egée catastrophique durant laquelle 10 personnes sont mortes. Malgré le côté sommaire de la structure, elle s’y est installée comme on se love dans un nid douillet. Elle a suspendu des bouts de tissu aux fenêtres en guise de rideaux, a recouvert le sol de tapis, et a aménagé un espace en hauteur à l’extérieur, à côté de la porte, sur lequel ceux qui entrent rangent leurs chaussures pour ne pas salir l’intérieur. Beaucoup des 1 800 résidents de ce camp (les lieux disposent d’une capacité d’accueil de 2 500 personnes) ont le même besoin d’avoir un « chez eux ». Même si, en moyenne, ils ne restent ici qu’entre un et six mois, le temps d’obtenir une réponse à leur demande d’asile, Mavrovouni reste leur première maison européenne.

Vitrine

Vitrine de la situation migratoire à Lesbos, ce camp temporaire, qui doit être remplacé par un nouveau complexe en cours de construction, donne une nouvelle image de l’île, habituée à alimenter les gros titres des journaux sur son traitement des migrants. « On est très loin de Moria », commente un autre employé d’European Asylum Agency, lui aussi sous couvert d’anonymat, en référence au campement sordide connu pour son extrême surpopulation, qui a été réduit en cendres en septembre 2021, et dont les vestiges se trouvent pourtant à quelques petits kilomètres.

Ces dernières années, les autorités grecques ont misé sur la décongestion de l’île, à grands renforts de politiques accélérant les procédures de demande d’asile, qui pouvaient auparavant prendre des années. La restriction géographique des migrants est plus rapidement levée, permettant des transferts sur le continent. En parallèle, un renforcement des contrôles aux frontières, et notamment en mer, a été mis en place.

Conséquence de cette dernière mesure : en 2022, seuls 2 740 migrants sont arrivés à Lesbos, selon des chiffres du Haut-Commissariat de l’ONU pour les réfugiés (HCR), contre 27 000 en 2019*, -* des statistiques très en deçà du record de 506 000 enregistré en 2015. « C’est rien du tout », commente Theodoros Alexellis, responsable des relations extérieures pour le bureau du HCR à Lesbos. « La situation est de plus en plus stable. »

À Mavrovouni, les preuves de cette « stabilité » sont nombreuses. Les tentes qui envahissaient autrefois Moria ont été bannies : ici, les migrants dorment dans des maisonnettes pensées par Ikea et montables en une journée ou dans des bungalows comme celui de Roqaya, de grands caniveaux en ciment permettent l’évacuation des eaux, et au sommet d’une colline qui jouxte le camp labyrinthique trône un terrain de basket, pour les plus jeunes. Un lieu organisé où « on ne déplore ni débordements ni affrontements », précise encore le second employé d’European Asylum Agency, en déambulant entre les zones nommées « aux couleurs de l’arc-en-ciel ».

Mais se mettre en sécurité à Mavrovouni représente pour les migrants un parcours du combattant, qui se transforme en partie de cache-cache avec les forces de l’ordre une fois le sol grec foulé.

"On nous a dit qu’il fallait se diviser dès notre arrivée à Lesbos"

Les accusations de refoulements illégaux pratiqués par les garde-frontières grecs, même sur la terre ferme, sont monnaie courante dans le pays. Si bien que, même une fois arrivés à Lesbos, les migrants ne sont pas assurés de pouvoir y demander l’asile. « Entre janvier 2020 et juin 2022, le HCR a recueilli des preuves sérieuses de la part de différentes sources (locaux, migrants, organisations) concernant 690 cas de refoulements illégaux aux frontières terrestres et maritimes en Grèce », soit près de quatre par semaine en moyenne, déclare encore Theodoros Alexellis. Pour les six premiers mois de l’année 2022, le nombre total de refoulements rapportés s’élèvent à 152, dont 103 sur la terre ferme. Theodoros Alexellis précise que certains de ces « incidents » ont été rapportés aux autorités grecques - qui nient fréquemment tout renvoi illégal - demandant à ce que « des enquêtes formelles » soient ouvertes. « Nous avons hâte de connaître les résultats de ces enquêtes. »

Sur le terrain, les migrants, terrifiés à l’idée d’être expulsés, se sont adaptés à cette situation. Ils s’y sont préparés dès la rive turque. « Dans la maison du passeur en Turquie, on nous a dit qu’il fallait se diviser dès qu’on toucherait terre, sinon les autorités allaient nous prendre », explique Yusra Ali, une Soudanaise de 22 ans, logée elle aussi à Mavrovouni. L’idée : se cacher, parfois encore trempés de la traversée, dans les fourrés près des plages, puis appeler des humanitaires au secours. Plus rarement, certains entreprennent de gagner à pied Mavrovouni, dans les environs de Mytilène, au sud-est de l’île.

Le jour de leur arrivée, le 21 octobre, les 45 passagers du bateau de Yusra se sont partagés, comme prévu, en petits groupes, mais ils ont rapidement été repérés. Yusra dit avoir été pourchassée par la police mais être parvenue à s’échapper. Une femme a eu les pieds et poings liés par les forces de l’ordre, assure-t-elle, avant de réussir elle aussi à prendre la fuite. Mais un autre groupe, de 12 personnes, a disparu. S’est-il évanoui dans la nature ? Yusra n’en a revu aucun des membres dans le camp de Mavrovouni. Elle est certaine que ces personnes ont été renvoyées vers la Turquie « à bord d’un bateau gonflable » sans moteur, comme elle le voit régulièrement sur les vidéos postées par l’ONG Aegean Boat Report sur sa page Facebook.

« Ces dernières années, beaucoup d’organisations locales ont vu des gens arriver à Lesbos puis disparaître. Les choses n’étaient pas claires. Puis on a vu dans les médias qu’il y avait des accusations de pushbacks », commente Teo di Piazza, coordinateur de Médecins dans frontières (MSF) à Lesbos, assis au premier étage d’une clinique qui fait face au camp de Mavrovouni.

"Nous sommes Médecins sans frontières, vous êtes en sécurité"

En réaction, depuis le mois de juin 2022, MSF mène des opérations d’urgence baptisées EMA (Emergency Medical Aid). « Quand des migrants arrivent sur l’île, ils contactent en général le HCR, le Legal Center Lesbos (une organisation juridique à Mytilène, ndlr) ou Alarm Phone (plateforme d’urgence téléphonique en mer, ndlr). Ces derniers nous préviennent et on intervient, en prenant soin de faire savoir aux autorités qu’on est en route », histoire de se mettre en règle et d’éviter d’être considérés comme des facilitateurs d’entrées illégales.

Les équipes de MSF cherchent alors les passagers de l’embarcation qui vient d’accoster, souvent déjà cachés. Mohamed Kader, compagnon de Yusra également de nationalité soudanaise, se souvient avoir eu « peur » quand il a vu s’avancer vers lui une équipe de l’organisation, alors qu’il cherchait à s’enfuir. « Ce n’est pas facile de gagner leur confiance », admet Teo di Piazza, au regard doux. « On arrive avec un drapeau et on crie : ‹ Nous sommes Médecins sans frontières, vous êtes en sécurité ›. Une fois que nous sommes sur place, c’est terminé, ils n’ont plus à se cacher. À partir du moment où nous sommes témoins (des arrivées), c’est impossible de renvoyer ces personnes », estime Teo di Piazza, assurant que les équipes de MSF, sur-sollicitées et « épuisées », font ainsi office de garde-fou envers les autorités.

L’ONG est l’une des rares organisations actives en dehors du camp. « Depuis 2016, il y a clairement beaucoup moins d’organisations (humanitaires) présentes sur l’île, constate Theodoros Alexellis du HCR. Dans certains cas, ces ONG sont allées ailleurs », où la situation était plus urgente, « comme en Ukraine par exemple ». « Dans d’autres cas, les financements qui leur étaient accordés par les institutions européennes ont été réduits, observe-t-il. Mais elles auraient toujours un rôle essentiel à jouer ici. »

Depuis le mois de juin, 2 200 migrants ont été aidés par les opérations ‹ EMA › de MSF. Ces nouveaux arrivants ont ensuite été remis aux forces de l’ordre (aucune allégation de refoulement après une intervention de MSF n’est connue à ce jour) qui les ont conduits à Mavrovouni, là où commence leur procédure administrative et où prend fin leur fuite, résume Teo di Piazza. « Ce camp, pour eux, c’est le paradis. »

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source : www.investigaction.net/fr/que-signifie-etre-du-bon-cote-de-lhistoire/

Que signifie être du bon côté de l’histoire?

Pousser une puissance nucléaire dans ses retranchements, c’est agir de manière irresponsable. Le président américain John F. Kennedy le savait.

Dans sa déclaration gouvernementale du 27 février 2022 devant le Bundestag allemand, le chancelier fédéral Olaf Scholz a déclaré: «A Kiev, Kharkiv, Odessa et Marioupol, les gens ne défendent pas seulement leur patrie. Ils se battent pour la liberté et leur démocratie, pour des valeurs que nous partageons avec eux. En tant que démocrates, en tant qu’Européens, nous sommes à leurs côtés, du bon côté de l’histoire.»

Celui qui se tient du côté des Ukrainiens est donc du bon côté de l’histoire. Mais qui représente l’Ukraine, et que veulent les Ukrainiens? Il est certain que la grande majorité d’entre eux veulent que les tueries et la destruction de leur patrie cessent immédiatement par un cessez-le-feu et des négociations de paix.

Lorsque les journalistes et les politiques prétendent le contraire et parlent par exemple du fait que les Ukrainiens sont prêts à sacrifier leur vie pour la liberté et la démocratie, ce n’est rien d’autre que de la grossière propagande de guerre de ceux qui ne risquent pas leur vie et qui, depuis leur bureau, envoient les autres sur les champs de bataille.

Inutile de dire que les soldats russes ne souhaitent eux aussi rien d’autre qu’un cessez-le-feu immédiat et des négociations de paix. Pourquoi les bellicistes du monde entier ont-ils toujours autant de mal à s’imaginer ce que ressentent les familles dont les pères et les fils doivent mourir sur les champs de bataille?

Les Ukrainiens veulent des négociations de paix

En tout cas, on n’est pas du bon côté de l’histoire quand on soutient la politique de Zelensky et de son entourage. Ils veulent que les soldats ukrainiens se battent jusqu’à ce que tous les territoires ukrainiens occupés par les Russes soient libérés, y compris la Crimée. Quiconque sait compter politiquement jusqu’à trois sait que ce sont des objectifs totalement inaccessibles.

D’ailleurs, Zelensky a perdu depuis longtemps sa crédibilité aux yeux de beaucoup parce qu’il ne cesse de réclamer la troisième guerre mondiale. Tantôt il a demandé une zone d’exclusion aérienne, tantôt il veut des frappes préventives contre Moscou. Tantôt il réclame des armes nucléaires pour l’Ukraine, puis il affirme contrairement à la vérité que le missile de défense ukrainien qui a tué deux Polonais a été tiré par la Russie, puis il exige que l’OTAN protège du sabotage la centrale nucléaire de Zaporizhia occupée par les Russes. Même le Frankfurter Allgemeine Zeitung en a eu assez: «Zelensky veut entraîner l’OTAN dans la guerre», écrit-il.

En réclamant sans cesse une extension de la guerre, une reconquête du Donbass et de la Crimée, Zelensky ne prouve qu’une chose: il ne représente plus la population ukrainienne depuis longtemps. Après neuf mois de guerre, elle veut un cessez-le-feu et une solution de paix, en dépit de toutes les affirmations de la presse de propagande. Il est d’autant plus irresponsable que les politiciens européens, les bellicistes allemands en tête, confortent l’Ukraine dans son objectif de vaincre la Russie.

On dit souvent que l’Ukraine doit gagner. Le fait que l’on ne peut pas vaincre une puissance nucléaire devrait être connu même de ceux qui, comme les dirigeants du gouvernement allemand, ne se sont guère occupés de politique étrangère au cours de leur vie. Ce que le légendaire président américain John F. Kennedy a dit autrefois reste valable: il ne faut jamais mettre une puissance nucléaire dans une situation dont elle ne puisse sortir sans perdre la face. Celui qui veut pousser une puissance nucléaire dans ses retranchements, c’est-à-dire celui qui prend le risque d’une guerre nucléaire, n’est certainement pas du bon côté de l’histoire.

Seuls ceux qui ne doivent pas mettre leur vie en danger battent le tambour pour la guerre. Dans sa célèbre chanson intitulée «Le déserteur», le chansonnier français Boris Vian a écrit: «S’il faut donner son sang, allez donner le vôtre, vous êtes bon apôtre, Monsieur le Président.» Leobald Loewe a traduit cela en allemand: «Ihr schwört im Parlament, man müsse Blut vergiessen, so lasset Eures fliessen, verehrter Präsident.»

On peut être sûr que de nombreux Ukrainiens et Russes éprouvent des sentiments similaires lorsqu’ils pensent à leur président et aux propagandistes de la guerre. C’est la rengaine séculaire. Le poète romain Horace écrivait déjà: «Dulce et decorum est pro patria mori» – il est doux et honorable de mourir pour la patrie.

Avec cette morale mensongère de ceux qui envoient les autres à la guerre, des innocents sont morts sur les champs de bataille pendant des millénaires. Il est temps de faire une trêve et de négocier la paix, car chaque jour des Ukrainiens et des Russes sont victimes de cet «amour de la patrie». C’est au plus tard à ce moment-là qu’il faut répondre à la question de savoir à quels principes moraux on peut se référer si l’on veut être du bon côté de l’histoire.

Pour répondre à cette question, je me suis toujours référé au grand humaniste Albert Schweitzer, qui préconisait de faire du respect de la vie le fondement de l’action humaine. «Le respect de la vie, auquel nous, les hommes, devons parvenir, comprend en lui-même tout ce qui peut entrer en ligne de compte comme amour, dévouement, compassion, joie commune, effort commun.» L’amour pour son prochain et la compassion pour lui sont les conditions d’un monde pacifique.

Les Verts soudain favorables aux livraisons d’armes

Mais c’est aussi à la vie que se réfèrent les politiques qui, comme Annalena Baerbock en Allemagne, font la promotion de livraisons d’armes toujours plus importantes en Ukraine. «Nos armes sauvent des vies.» C’est une évolution aventureuse! Le parti des Verts, issu du mouvement pacifiste, fait désormais la promotion du slogan du lobby américain des armes «Guns Save Lives» pour une politique étrangère qui a pour conséquence que la guerre en Ukraine se prolonge toujours plus et que plusieurs milliers de personnes perdent encore la vie et que l’Ukraine soit toujours plus détruite.

Le principal problème qui explique pourquoi l’Occident ne peut être du bon côté de l’histoire est qu’il rend hommage à une double morale, et cela à une échelle sans précédent. Le président ukrainien Zelensky, par exemple, a qualifié il y a quelques jours de «crime contre l’humanité» les attaques russes contre les infrastructures de son pays, qui ont entraîné de vastes coupures de courant, et a appelé l’ONU à réagir fermement. Il a exigé du Conseil de sécurité de l’ONU que la Russie soit clairement désignée comme un Etat terroriste. Le président français Emmanuel Macron a également qualifié les attaques russes contre l’approvisionnement en eau et en électricité de l’Ukraine de crimes de guerre qui doivent avoir des conséquences. «Toute frappe contre des infrastructures civiles constitue un crime de guerre et ne doit pas rester impunie.» Et le Parlement européen a classé la Russie parmi les Etats terroristes.

Ceux qui n’ont pas encore entièrement abandonné leur mémoire au vestiaire se souviennent des bombardements de la Serbie par l’OTAN. On pouvait lire à ce sujet en 1999 dans le Tagesspiegel: « Les attaques de l’OTAN paralysent l’approvisionnement en électricité et en eau de la Serbie. Après la paralysie nationale de l’approvisionnement en électricité et en eau en Serbie, l’OTAN a menacé le régime de Belgrade de nouvelles attaques contre des installations énergétiques centrales. Le porte-parole de l’OTAN, Jamie Shea, a déclaré lundi à Bruxelles que «l’OTAN a démontré sa capacité à pouvoir couper le système d’approvisionnement serbe quand elle le souhaite.»

A l’époque, le Parlement européen ne classait pas les pays de l’OTAN dans la catégorie des Etats terroristes, et personne ne demandait de punir les criminels de guerre des Etats-Unis, de l’Allemagne, de la France et des autres pays de l’OTAN qui en étaient responsables.

L’apogée de ce deux poids, deux mesures a eu lieu le 30 novembre. La Commission européenne avait présenté des plans pour la création d’un tribunal spécial, soutenu par les Nations Unies, qui enquêterait et poursuivrait les crimes de guerre potentiels commis par la Russie en Ukraine.

« L’invasion de l’Ukraine par la Russie a entraîné la mort, la désolation et des souffrances indicibles», a déclaré la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, dans un communiqué. «La Russie doit payer pour ses crimes horribles, y compris pour ses crimes d’agression contre un Etat souverain.» La Commission européenne et sa présidente allemande ne peuvent apparemment pas s’imaginer que des soldats ukrainiens commettent eux aussi des crimes de guerre.

L’élite occidentale sur le banc des accusés

Il suffit de remplacer le mot «Russie» par «Etats-Unis» et l’Ukraine par l’Afghanistan, l’Irak, la Syrie, la Libye, la Yougoslavie et ainsi de suite pour se rendre compte immédiatement de l’incroyable impudence et de l’hypocrisie avec lesquelles la présidente de l’UE célèbre sa double morale.

Pour faire bonne mesure, le Bundestag allemand a décidé il y a quelques jours de durcir le paragraphe 130 du code pénal contre l’incitation à la haine. Désormais, celui qui «approuve, nie ou minimise grossièrement les crimes de guerre» doit également pouvoir être poursuivi.

Les exemples susmentionnés sont constitutifs de la négation ou de la minimisation grossière des crimes de guerre occidentaux. Avec cette nouvelle loi, le Bundestag allemand met l’élite politique occidentale au banc des accusés. Si elle était vraiment appliquée, elle ne serait pas du bon côté de l’histoire. Mais elle serait assise sur le bon banc.

Source: weltwoche.ch/story/was-heisst-es-auf-der-richtigen-seite-der-geschichte-zu-stehen, 8 décembre 2022

traduction : www.schweizer-standpunkt.ch/news-detailansicht-fr-international/que-signifie-etre-du-bon-cote-de-l-histoire.html

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source : peoplesdispatch.org/2023/01/15/chilean-congress-approves-bill-to-launch-new-constituent-process/

Le Congrès chilien approuve le projet de loi pour lancer un nouveau processus constituant

Par People’s Dispatch. 15 janvier 2023

La Chambre des députés chilienne, le mercredi 11 janvier, avec 109 voix pour, 37 contre et deux abstentions, a approuvé un projet de loi qui lance un nouveau processus constituant pour remplacer la constitution du pays datant de la dictature.

Le projet de loi avait déjà été approuvé par le Sénat. Le 3 janvier, la chambre haute du Congrès l’avait adopté avec 42 voix pour, sept contre et une abstention. Maintenant, il doit être promulgué par le président Gabriel Boric pour prendre effet. Après sa publication au Journal officiel, le processus de rédaction d’une nouvelle constitution, l’une des revendications fondamentales du soulèvement social d’octobre 2019 contre les inégalités, commencera.

Le projet de loi prévoit la création d’une Commission d’experts de 24 membres, d’un Conseil constitutionnel de 55 membres et d’un Comité technique d’admissibilité pour reformuler la nouvelle Magna Carta du Chili.

Dans un premier temps, la Chambre des députés et le Sénat éliront chacun douze membres de la Commission d’experts. Les experts rédigeront un avant-projet de la future constitution. Ils commenceront à travailler le 6 mars et auront trois mois pour mener à bien leur tâche.

Le 7 mai, les citoyens voteront pour élire les membres du Conseil constitutionnel selon un critère de parité entre les sexes. Les élections seront obligatoires. Les sièges réservés aux peuples indigènes seront ajoutés au conseil en fonction du pourcentage du vote national total.

Les membres du Conseil constitutionnel seront chargés de rédiger une nouvelle constitution sur la base du projet proposé par la Commission d’experts. Ils entreront en fonction 30 jours après leur élection et auront cinq mois pour remplir leur mission. Les éventuelles contradictions seront traitées par une commission mixte d’experts et de conseillers.

Le comité technique d’admissibilité, composé de 14 professionnels, commencera également à fonctionner le 6 mars. Elle aura pour rôle de veiller au respect des 12 bases institutionnelles conclues dans le cadre de l’« Accord pour le Chili », signé par la majorité des partis politiques ayant une représentation parlementaire.

Le projet final de nouvelle constitution sera soumis à un référendum populaire obligatoire pour ratification le 17 décembre, lorsque tous les citoyens âgés de 18 ans et plus voteront pour se déclarer « en faveur » ou « contre », au lieu de « approuver » et « rejeter ».

Le président de la Chambre des députés, Vlado Mirosevic, du Parti libéral du Chili, a célébré l’approbation du projet de loi. « Nous avons approuvé le parcours de la Nouvelle Constitution pour laisser derrière nous la Constitution écrite pendant la dictature, et nous redécouvrir comme une société pacifique. Le Chili a besoin de certitudes pour pouvoir continuer à avancer dans la reprise économique et les questions de sécurité », a tweeté Mirosevic.

La constitution actuelle du Chili a été rédigée et imposée en 1980 sous la dictature militaire du général Augusto Pinochet (1973-1990), soutenue par les États-Unis. Les organisations de la société civile et les secteurs progressistes affirment qu’elle a consacré un modèle économique néolibéral, qui favorise les intérêts privés et empêche tout changement social substantiel du système.

En septembre 2022, les Chiliens ont rejeté à 62% une proposition de constitution, qui était considérée comme l’une des constitutions les plus progressistes au monde et qui s’attaquait aux inégalités sociales criantes du pays. Elle établissait de nombreux changements progressistes remarquables en termes de justice sociale, d’égalité des sexes, de droits des peuples indigènes, de protection de l’environnement, de démocratie participative, entre autres.

Les mouvements sociaux, les syndicats et les partis politiques progressistes ont condamné les secteurs conservateurs pour avoir délibérément attaqué le projet par des informations erronées et des mensonges dans les médias de masse et les médias sociaux afin d’influencer le résultat contre le projet.

Après le rejet du projet lors du plébiscite de sortie, le président Boric s’est engagé à continuer à travailler avec le Congrès et la société civile pour mettre en place un « nouveau processus constituant ».

Plusieurs leaders sociaux et politiciens de tout l’éventail politique ont soutenu son appel et ont accepté de convoquer une nouvelle convention constitutionnelle, notant que les citoyens ont rejeté une proposition de constitution, mais que le désir d’avoir une nouvelle constitution, exprimé lors du plébiscite d’entrée en octobre 2022, reste valable.

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source : geopoliticaleconomy.substack.com/p/peru-resources-mining-us-coup?utm_source=substack&utm_medium=email

Les ressources naturelles du Pérou : L’ambassadrice américaine liée à la CIA rencontre les ministres des mines et de l’énergie pour parler « investissements ».

Ben Norton 19 janvier 2023

L’ambassadrice des États-Unis au Pérou, Lisa Kenna, est une ex-agent de la CIA qui a soutenu un coup d’État parlementaire en décembre 2022 qui a renversé le président de gauche démocratiquement élu de cette nation sud-américaine, Pedro Castillo.

Castillo a ensuite été condamné à 18 mois d’emprisonnement sans procédure régulière, ce qui a déclenché des manifestations massives dans tout le Pérou. Le gouvernement non élu a répondu par une violence extrême, tuant environ 50 manifestants en un peu plus d’un mois.

Un jour avant le coup d’État du 7 décembre, l’ancien agent de la CIA devenu ambassadeur des États-Unis a rencontré le ministre de la défense du Pérou, qui a ensuite demandé aux puissants militaires du pays de se retourner contre le président Castillo.

vidéo : youtu.be/WNR_CI2U_

Depuis lors, Mme Kenna n’a pas chômé, rencontrant régulièrement des hauts responsables du gouvernement issu du coup d’État, notamment la présidente non élue Dina Boluarte et ses ministres.


Le Pérou est un pays riche en ressources naturelles, notamment en minéraux. Les colonialistes espagnols ont exploité les importantes réserves d’argent et d’or de cette nation d’Amérique du Sud, et aujourd’hui, les sociétés transnationales y voient un centre de ressources très rentable.

L’économie péruvienne, qui est l’un des principaux producteurs de cuivre, de plomb, de zinc, d’étain, d’argent et d’or, repose en grande partie sur le secteur minier, qui représente plus de la moitié des exportations nationales totales et plus de 10 % du PIB.

Le Pérou est le deuxième plus grand producteur de cuivre de la planète (après son voisin le Chili), ce qui signifie qu’il deviendra de plus en plus important dans la transition mondiale vers les technologies d’énergie renouvelable.

Le géant américain de la banque d’investissement Goldman Sachs a déclaré en 2022 que « le cuivre est le nouveau pétrole », en écrivant : « Le rôle essentiel que le cuivre jouera dans la réalisation des objectifs climatiques de Paris ne peut être surestimé… En tant que matériau conducteur le plus rentable, le cuivre se trouve au cœur de la capture, du stockage et du transport de ces nouvelles sources d’énergie ».

Si les ressources naturelles ne sont pas la seule raison de ces coups d’État en Amérique latine, elles en sont un facteur important.

À la suite du violent putsch survenu en 2019 en Bolivie, pays voisin du Pérou riche en minéraux, un critique a écrit au milliardaire Elon Musk sur Twitter : « Vous savez ce qui n’était pas dans l’intérêt des gens ? Le gouvernement américain organisant un coup d’État contre Evo Morales en Bolivie pour que vous puissiez obtenir le lithium là-bas ».

Musk a répondu : « Nous faisons un coup d’État à qui nous voulons ! Faites avec ».

Le président péruvien Castillo : " Nous voulons que nos ressources naturelles bénéficient directement au peuple ".

Lorsqu’il s’est présenté aux élections en 2021, le candidat présidentiel de gauche Pedro Castillo avait fait de la nécessité de réaffirmer le contrôle populaire sur les ressources naturelles du Pérou l’un des thèmes centraux de sa campagne.

Condamnant les entreprises étrangères pour le « pillage » du pays, il appelait à renégocier les contrats afin que 70 % des recettes de l’exploitation minière reviennent à l’État, pour financer les programmes sociaux.

Quelques semaines avant les élections présidentielles, Castillo a déclaré : « Soyons clairs : ces décennies de trahison, de corruption et de cynisme sont les symptômes de ce système néolibéral dédié exclusivement à l’exploitation de notre peuple et de nos ressources naturelles au profit de quelques crapules ».

Lors de son entrée en fonction, Castillo a annoncé une « deuxième réforme agraire » et a déclaré : « Nous sauvons les ressources du pays pour tous les Péruviens ». Il a expliqué son objectif : « Nous voulons que nos ressources naturelles bénéficient directement au peuple ».

Le gouvernement de Castillo a fait des plans avec le président de gauche Gustavo Petro dans la Colombie voisine pour développer l’infrastructure gazière au Pérou et étendre l’utilisation interne.

Cette initiative s’inscrivait dans le cadre du modèle économique progressiste de Castillo, l’industrialisation par substitution des importations, qui visait à développer l’industrie locale et à stimuler la consommation intérieure, afin que le Pérou ne dépende pas exclusivement des exportations à faible valeur ajoutée.

Cependant, immédiatement après avoir évincé Castillo, le régime du coup d’État péruvien est revenu au modèle économique néolibéral du Consensus de Washington, en donnant la priorité aux investissements des entreprises étrangères sur le développement interne.

Le 18 janvier, L’ambassadrice américaine Kenna a rencontré le ministre péruvien de l’énergie et des mines, Óscar Vera Gargurevich, le vice-ministre des hydrocarbures, Enrique Bisetti Solari, et le vice-ministre des mines, Jaime Chávez Riva.

Le ministère péruvien de l’énergie et des mines s’est vanté qu’ils aient discuté des opportunités d’« investissement » et des projets de « développement » et d’« expansion » des industries extractives.

Il a ajouté que « le ministre Vera a remercié le gouvernement nord-américain pour son soutien aux questions minières et énergétiques et a réitéré la volonté du gouvernement national, dont la priorité est l’expansion du gaz naturel, la sécurité énergétique et le développement pétrochimique du sud du pays ».

L’exploitation minière domine l’économie péruvienne

Le gouvernement péruvien lui-même a déclaré publiquement que son économie repose largement sur l’exploitation minière et l’exportation de minéraux tels que le cuivre, le zinc, l’or, l’argent, le plomb, le fer et le molybdène.

En 2022, les principales exportations du Pérou étaient le cuivre, l’or et le gaz naturel liquéfié (GNL).

Le secteur minier a représenté 58,7 % de toutes les exportations du Pérou, dont 57,1 % de métaux et 1,6 % de non-métaux, selon les statistiques publiques les plus récentes, de janvier à octobre 2022.

Le cuivre, l’or, le zinc et le fer représentaient 88,4% de la valeur totale des exportations de minéraux du Pérou, et 51,9% de la valeur de toutes les exportations du pays.

Exportations de minéraux du Pérou en 2022

En 2022, le plus grand investisseur dans le secteur minier péruvien était la société Anglo American, basée au Royaume-Uni.

Le deuxième investisseur était Compañía Minera Antamina S.A., une entreprise locale détenue en majorité par des géants miniers australiens et suisses. Le troisième était la société américano-mexicaine Southern Copper Corporation.

Les communautés locales de ce pays d’Amérique du Sud, en particulier celles d’origine indigène, protestent depuis longtemps contre les sociétés minières qui dévastent leur environnement.

Ces communautés rurales constituaient la base du soutien au président Castillo. Depuis le coup d’État, elles ont organisé des manifestations massives, exigeant qu’il soit libéré, que de nouvelles élections soient organisées et que le gouvernement convoque une assemblée constituante pour rédiger une nouvelle constitution, afin de remplacer celle qui a été héritée de l’ancienne dictature d’extrême droite d’Alberto Fujimori, soutenue par les États-Unis.

L’Europe devient le premier importateur de GNL péruvien, suite au boycott de l’énergie russe

Après les minéraux, l’autre grand produit d’exportation du Pérou est le gaz naturel, et plus précisément le gaz naturel liquéfié (GNL).

Le secteur gazier péruvien a connu un énorme boom en 2022, les exportations de GNL ayant augmenté de 85 % au cours des huit premiers mois de l’année, par rapport à la même période en 2021.

L’une des principales raisons de cette envolée est la forte demande de gaz de l’Europe.

Avant 2022, la plupart du GNL péruvien était destiné à l’Asie (principalement le Japon, la Corée du Sud et la Chine). Mais lorsque les tensions entre l’OTAN et la Russie se sont aggravées fin 2021 et début 2022, et que l’UE a décidé de boycotter l’énergie russe, la situation a radicalement changé.

La grande majorité des exportations de GNL du Pérou sont allées en Europe en 2022, principalement en Grande-Bretagne et en Espagne.

Au cours de mois comme avril, mai et août, toutes les exportations de GNL du Pérou sont allées en Europe, selon les données publiées par l’entreprise publique Perúpetro.

Les exportations de GNL du Pérou sont supervisées par un consortium de sociétés étrangères, dont le britannique Shell, l’américain Hunt Oil Company, le japonais Marubeni Corporation et le sud-coréen SK Group.

Bien que le Pérou n’exporte qu’une quantité relativement faible de GNL par rapport aux États-Unis - qui se sont rapidement imposés comme le premier exportateur mondial de GNL en 2022 - la nation sud-américaine est devenue un partenaire énergétique important pour l’Europe.

Dans sa tentative de réduire ses échanges avec la Russie, l’Espagne a augmenté ses importations de GNL en provenance des Amériques - notamment des États-Unis, du Pérou et de Trinité-et-Tobago - de 77,4 % en 2022. (L’Espagne a spécifiquement augmenté ses importations de GNL américain de 93,4 % en 2022).

Ironiquement, en s’engageant à boycotter le pétrole russe, l’Espagne a également fini par augmenter ses importations de GNL russe, plus cher, de 37 % en 2022.

Dans le même temps, de début 2021 à mi-2022, le prix du gaz naturel a grimpé en flèche de 700 %.

Les sociétés transnationales engrangent des bénéfices dans l’industrie minière péruvienne

Les sociétés étrangères ont fait fortune dans le secteur minier péruvien.

Dans des documents promotionnels encourageant les investissements étrangers, le gouvernement péruvien se vante que les trois plus grandes sociétés minières de la planète sont actives dans le pays : BHP Group, d’Australie, Rio Tinto, de Grande-Bretagne et d’Australie, et Glencore, de Suisse.

Le ministère de l’énergie et des mines a écrit avec fierté en 2018 : « Les entreprises les plus importantes du monde dans le secteur minier réalisent des investissements dans notre pays. En raison de nos réserves minérales, le Pérou est un marché qui est toujours pris en compte par ces entreprises lorsqu’elles décident de leurs budgets d’investissement dans l’exploration et l’exploitation ».

De nombreuses sociétés minières locales au Pérou appartiennent à des géants étrangers.

Le deuxième plus grand investisseur dans le secteur minier au Pérou, la Compañía Minera Antamina (Compagnie minière Antamina en anglais), était détenue à 33,75 % par BHP, à 33,75 % par Glencore, à 22,5 % par le canadien Teck Resources et à 10 % par le japonais Mitsubishi, en 2018.

La Compañía Minera Antamina opère dans la région d’Áncash, dans l’ouest du Pérou, et était responsable d’environ un cinquième de la production nationale de cuivre et de 15 % de la production nationale d’argent en 2018.

Le Pérou était la source de 20 % de la production mondiale de cuivre de BHP en 2017, ainsi que de 50 % de sa production mondiale d’argent et de 100 % de sa production mondiale de zinc.

La société anglo-australienne Rio Tinto supervise le projet minier La Granja, dans le nord-ouest de la région de Cajamarca. Le Pérou a été la source de 15 % de la production mondiale de cuivre de Rio Tinto en 2017.

Parmi les autres grandes sociétés transnationales actives dans le secteur minier péruvien figurent la société américaine Freeport-McMoRan et la société mexicaine Southern Copper Corporation, toutes deux basées à Phoenix, en Arizona, ainsi que la société canadienne Barrick Gold.

Mais il ne s’agit là que de mentionner les exploitations minières existantes. Les entreprises étrangères sont également fortement investies dans l’exploration de nouveaux projets.

Selon un rapport du ministère de l’énergie et des mines datant de 2022, les principaux pays étrangers dont les entreprises investissent dans l’exploration minière au Pérou sont le Canada, le Brésil, la Suisse, la Grande-Bretagne, les États-Unis, le Japon et l’Australie.

Les entreprises situées au Pérou sont responsables de 37,8 % des investissements dans l’exploration, mais ce chiffre peut être trompeur car beaucoup de ces entreprises appartiennent à des sociétés transnationales beaucoup plus importantes.

En 2022, 43,4 % des investissements dans l’exploration ont été consacrés à la recherche d’or, 36,1 % à celle de cuivre, 11,2 % à celle de zinc, 8,3 % à celle d’argent et 1 % à celle d’étain.

Des projets d’exploration minière ont lieu dans tout l’ouest du Pérou.

Beaucoup de ces régions, qui sont sous-développées et souffrent de taux élevés de pauvreté, ont connu de grandes manifestations contre le régime du coup d’État soutenu par les États-Unis et en faveur de Castillo.

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Entretien du président de la Transition, Capitaine Ibrahim TRAORE, avec les étudiants des universités du Burkina Faso

source : www.youtube.com/watch?v=ot8B_VqV7Ys

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source : www.theguardian.com/us-news/2023/jan/18/leonard-peltier-clemency-fbi-agent-coleen-rowley

L’opposition du FBI à la libération de Leonard Peltier motivée par la vendetta

Par Nina Lakhani, The Guardian.

18 janvier 2023

Exclusif : Coleen Rowley, agent du FBI à la retraite, appelle à la clémence pour le militant autochtone emprisonné depuis près de 50 ans.

L’opposition répétée du FBI à la libération de Leonard Peltier est motivée par la vengeance et des loyautés mal placées, selon un ancien agent principal proche de l’affaire, qui est le premier membre de l’agence à demander la clémence pour le militant des droits des autochtones, détenu dans des prisons américaines de haute sécurité depuis près de cinq décennies.

Coleen Rowley, agent spécial du FBI à la retraite, qui a été pendant 14 ans conseillère juridique à la division de Minneapolis, où elle a travaillé avec des procureurs et des agents directement impliqués dans l’affaire Peltier, a écrit à Joe Biden pour plaider en faveur de la libération de Peltier.

La vengeance semble être devenue la raison principale, sinon unique, de la poursuite de ce qui, vu de l’extérieur, semble être devenu une vendetta de la « famille du FBI » motivée par l’émotion", a déclaré Rowley dans la lettre envoyée au président américain en décembre et partagée en exclusivité avec le Guardian.

Rowley a ajouté : Ce qui m’a conduit à me joindre à l’appel à la clémence est basé sur la peine de prison excessivement longue de Peltier et sur le besoin toujours plus impérieux d’une simple clémence en raison de son âge avancé et de la détérioration de sa santé.

« Trop, c’est trop. Leonard Peltier devrait maintenant être autorisé à rentrer chez lui ».

Peltier, membre inscrit de la tribu des Chippewas de Turtle Mountain et d’ascendance Lakota et Dakota, a été reconnu coupable du meurtre de deux agents du FBI lors d’une fusillade dans la réserve de Pine Ridge, dans le Dakota du Sud, en juin 1975. Peltier était un leader de l’American Indian Movement (AIM), un mouvement autochtone de défense des droits civiques fondé à Minneapolis, qui a été infiltré et réprimé par le FBI.

Rowley évoque le contexte historique dans lequel s’est déroulée la fusillade : « … le traitement oppressif horriblement injuste et de longue date des Indiens aux États-Unis [qui] a joué un rôle clé en plaçant les agents et Peltier au mauvais endroit au mauvais moment ».

Le procès pour meurtre de 1977 - et les audiences de libération conditionnelle qui ont suivi - a été entaché d’irrégularités et de violations des droits de la défense, y compris des preuves que le FBI avait contraint des témoins, retenu et falsifié des preuves.

Peltier, aujourd’hui âgé de 78 ans, a été détenu dans des prisons de haute sécurité pendant 46 des 47 dernières années. Il a toujours nié avoir tiré sur les agents. L’année dernière, des experts des Nations unies ont demandé la libération immédiate de M. Peltier après avoir conclu que son emprisonnement prolongé constituait une détention arbitraire.

Dans une interview exclusive accordée au Guardian au sujet de son intervention, Mme Rowley, qui a pris sa retraite en 2004, a déclaré que, pendant des années, les nouveaux agents ont été « endoctrinés » avec la version des faits du FBI.

"Les faits sont obscurs, et je ne vais pas dire que l’un ou l’autre récit est correct. Je n’étais pas là. Mais je sais que si vous vous souciez vraiment de la justice, alors la vraie question maintenant est la clémence, la vérité et la réconciliation. Le fait que cela dure depuis presque 50 ans montre vraiment le niveau de vindicte de l’organisation à l’égard de Leonard Peltier.

« L’essentiel, c’est qu’il y a toutes sortes de problèmes dans les services de renseignement qui, dans l’ensemble, ne sont jamais corrigés pour les mêmes raisons : le conformisme du groupe, la fierté et le refus d’admettre les erreurs, de sorte que les problèmes systémiques sont dissimulés et jamais corrigés », a déclaré Rowley…

Nick Estes, professeur adjoint d’études amérindiennes à l’Université du Minnesota, a déclaré que le soutien de Rowley à la clémence de Peltier était « historique ».

« Elle tente de dissiper un mythe profondément ancré dans la culture du FBI… transmis par l’endoctrinement de jeunes recrues sur la culpabilité incontestable de Peltier et la prétendue irréprochabilité du FBI pendant le règne de la terreur dans la réserve indienne de Pine Ridge », a déclaré Estes, un bénévole du Comité international de défense de Leonard Peltier.

Rowley a écrit à Biden en réponse à une lettre du directeur actuel de l’agence de renseignement s’opposant avec véhémence à la libération de Peltier au nom de « toute la famille du FBI » - qui a été récemment publiée en ligne par la Society of Former Special Agents of the FBI.

Christopher Wray a décrit Peltier comme un « tueur sans remords qui a brutalement assassiné deux des nôtres - les agents spéciaux Jack R Coler et Ronald A Williams ». La commutation de la peine de Peltier serait « bouleversante pour les proches des victimes et un affront à l’État de droit », selon la lettre de Wray au procureur du département de la justice chargé des grâces, datée du 20 mars 2002.

Mais le temps passé en prison pour la plupart des condamnations pour meurtre varie entre 11 et 18 ans, tandis que Mark Putnam, le premier agent du FBI condamné pour homicide - pour avoir étranglé son informatrice - a été libéré après avoir purgé seulement 10 ans d’une peine de 16 ans. Peltier a été condamné à deux peines consécutives de prison à vie, et un agent de probation qui avait recommandé sa libération après avoir reconnu qu’il n’y avait pas assez de preuves pour soutenir la condamnation, a été rétrogradé.

« Le caractère disparate de la détention de Peltier pendant près d’un demi-siècle derrière les barreaux est frappant », a déclaré Rowley, qui, dans les années 1990, a contribué à la rédaction d’un éditorial du chef de la division de Minneapolis s’opposant à la libération de Peltier. « Les faits sont tout, pas la loyauté envers la famille du FBI, pas eux contre nous, pas les bons contre les méchants ».

Les partisans de Peltier espèrent que l’intervention de Rowley comptera.

« Rowley parle avec autorité et dit que rien ne justifie qu’il soit en prison, seulement la vindicte, donc l’ignorer revient à fermer les yeux sur ce qui se passe », a déclaré Kevin Sharp, l’avocat de Peltier qui a soumis la plus récente demande de clémence il y a 18 mois. « Rowley connaît l’affaire. Elle connaît le FBI et a supervisé certaines des personnes directement impliquées. Elle connaît le pays indien et comprend donc le contexte, ce qui est vraiment important. »

Peltier est actuellement détenu dans une prison de haute sécurité à Coleman, en Floride, où sa santé s’est considérablement détériorée depuis qu’il a contracté le Covid-19, selon Sharp, qui l’a visité en décembre. Les multiples recommandations de l’établissement visant à abaisser la classification de Peltier, afin qu’il puisse être transféré dans une prison moins restrictive, plus proche de sa famille, ont été rejetées.

« C’est un petit vieux avec un déambulateur. Ce n’est pas seulement le FBI qui est vindicatif », a ajouté Sharp, un ancien juge fédéral nommé par Obama qui a quitté la magistrature pour protester contre les peines minimales obligatoires. Il s’est occupé du cas de Peltier en 2018 après avoir réussi à obtenir la grâce de Donald Trump pour un jeune Noir qu’il avait été contraint d’emprisonner.

Selon Sharp, la clémence de Peltier était encore sur la table jusqu’au dernier jour du mandat de Trump, mais elle n’a pas figuré sur la liste finale des grâces présidentielles, qui était principalement composée d’anciens associés et de criminels en col blanc.

Il a ajouté : « Il ne s’agit pas d’une fusillade de 10 minutes. Il s’agit de centaines d’années de ce qui s’est passé avant et de décennies de ce qui s’est passé après. C’est pourquoi Leonard Peltier a été condamné, et c’est pourquoi il est toujours en prison. »

Le FBI s’est opposé avec succès à chaque demande de grâce en publiant des articles d’opinion, des lettres et des marches sur Washington.

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Sanofi : grève en fin d’année, licenciements en janvier

Après un conflit long et inédit portant sur les salaires en novembre et décembre dernier, la direction du groupe pharmaceutique engage des procédures de licenciement contre des syndicalistes. Ainsi, un salarié du site de Montpellier s’est vu signifier son licenciement, explique la CGT Sanofi qui dénonce « une basse vengeance », alors que deux de ses élus ont été informés mardi 17 janvier qu’une procédure de licenciement était engagée à leur encontre. Le 24 janvier, un CSE extraordinaire statuera sur leur sort. En dernier lieu, l’inspection du travail devra se prononcer sur la légalité des licenciements.

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source : lareleveetlapeste.fr/reforme-des-retraites-112-million-de-francais-ne-veulent-pas-crever-au-travail/

Réforme des retraites : 1,12 million de français ne veulent pas « crever au travail »

« Cette réforme est inacceptable et va à l’encontre des intérêts de la population », a réaffirmé l’intersyndicale devant la presse.

20 janvier 2023 - La Relève et La Peste

C’est une mobilisation historique, et elle ne fait que commencer. 1,12 millions de citoyens ont manifesté ce jeudi 19 janvier contre la réforme des retraites du gouvernement qui veut reporter l’âge de départ à la retraite à 64 ans. Pour les français mobilisés, il est hors de question de « crever au travail ». Une prochaine mobilisation nationale est prévue le mardi 31 janvier.

Ils étaient 1,12 millions selon le ministère de l’intérieur, et plus de « deux millions » selon la CGT à braver les intempéries et le froid dans toute la France pour protester contre le projet de réforme des retraites, neuf jours après sa présentation.

En cause : l’âge de départ reporté de 62 ans à 64 ans dans le meilleur des cas, voire 67 ans pour les personnes ayant mis plus de temps à cotiser 43 annuités, notamment les jeunes qui entrent de plus en plus tard sur le marché du travail, et les femmes qui ont des carrières plus hachées que les hommes.

Ainsi que le pointe une analyse Oxfam, « la principale injustice de cette réforme, c’est qu’elle va s’abattre le plus durement sur les personnes les plus pauvres et aux métiers les plus précaires ».

» A l’âge actuel de la retraite, ¼ des hommes les plus pauvres sont déjà morts, contre 6% des plus riches. Avec un âge légal de départ à 64 ans, 1/3 des plus pauvres seront déjà morts. 1/3 des plus pauvres, qui ont souvent les métiers les plus difficiles et les plus pénibles, et qui vivent quotidiennement les difficultés et contraintes de la pauvreté, auront cotisé toute leur vie pour payer la retraite des générations précédentes, alors qu’eux même n’en profiteront jamais. Entre les hommes les plus pauvres et les plus riches, l’écart d’espérance de vie est de 13 ans » rappelle l’ONG (source : INSEE).

L’enjeu est tel que les huit centrales syndicales se sont réunies pour la première fois depuis plus de douze ans derrière une seule et même banderole lors de la manifestation parisienne.

« Cette réforme est inacceptable et va à l’encontre des intérêts de la population », a réaffirmé l’intersyndicale devant la presse.

Cette journée a été également marquée par une grève massive de nombreux corps de métiers : 65 % des professeurs de collèges et lycées grévistes, 28% dans la fonction publique, 46,3 % à la SNCF dont 77,4 % des conducteurs de trains de voyageurs, entre 70 et 100 % de grévistes du côté des raffineries, et plus de 50% chez les énergéticiens, etc.

Dans un beau moment d’unité, ils étaient donc de toute origine professionnelle et de tout âge à battre le pavé ce jeudi. Entre ceux déjà usés par une vie de labeur, et ceux inquiets face à l’augmentation du coût de la vie et l’accaparement des richesses par un petit nombre de personnes, les jeunes étaient aussi massivement présents.

« Avec l’accélération de la réforme Touraine, pour avoir accès à la retraite à taux plein dès 64 ans, il faut trouver un emploi dès 21 ans et travailler toute sa vie sans période d’inactivité. Or actuellement, le taux de chômage chez les jeunes est de 18%, soit 10 points au-dessus du reste de la population et l’âge du premier emploi stable est fixé à 27 ans. L’augmentation de la durée du travail va renforcer les difficultés d’insertion professionnelle, contraindre les jeunes à enchaîner les contrats précaires, et dans les faits leur garantir une retraite à taux plein à 67 ans » expliquent ainsi les organisations de jeunesse

Si le gouvernement a reconnu une mobilisation plus importante que ce qu’il escomptait, le ministre du travail Olivier Dussopt, visé par une enquête du parquet national financier (PNF) pour « corruption » et « prise illégale d’intérêts » en attente de la suite, a précisé qu’ils allaient « continuer à convaincre ». Emmanuel Macron, de son côté, oppose toujours sa légitimité électorale à celle de la rue pour imposer cette réforme à marche forcée.

A l’inverse, les français veulent retrouvent l’acquis social de mai 1981, lorsque François Mitterrand avait abaissé l’âge de départ à la retraite de 65 à 60 ans. Plus en vigueur depuis 2010 et la réforme des retraites menée par Nicolas Sarkozy, François Fillon et Eric Woerth, qui avait reculé l’âge légal à 62 ans, ce seuil des 60 ans est désormais « perçu comme un idéal » par la population française explique Frédéric Dabi, directeur général opinion de l’Ifop, pour Politis.

Et la mobilisation massive de jeudi a rappelé à la mémoire des français d’anciennes victoires, comme l’abandon du projet de réforme de la Sécurité sociale d’Alain Juppé après trois semaines de mobilisation et de blocages en 1995.

Prêts à en découdre avec le gouvernement, les syndicats ont prévu la prochaine mobilisation dans onze jours : un choix stratégique pour laisser le temps aux grévistes de renflouer leurs caisses, tout en remotivant les troupes. La CFDT compte profiter de cette période pour engager des discussions au sein des entreprises sur le projet de réforme.

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Se loger n’est pas un crime ! C’est un droit !

Communiqué du Collectif des associations unies (CAU)

Le 31 janvier, la proposition de loi « Kasbarian-Bergé » de la majorité visant à criminaliser les victimes de la crise du logement sera examinée en séance au Sénat. Durci le 2 décembre lors de son adoption à l’Assemblée nationale en première lecture, le texte prévoit une accélération considérable de l’expulsion des locataires en impayés de loyers, empêchant tout travail sérieux d’accompagnement et retirant à la justice son pouvoir d’appréciation. Surtout, il prévoit d’envoyer en prison celles et ceux qui n’auraient pas trouvé de solution de relogement, tout en renforçant les peines encourues par les personnes qui se mettraient à l’abri par nécessité dans des locaux parfaitement vacants.

Cette proposition de loi condamne ainsi à 3 ans de prison et à 45 000 € d’amende :

  • les personnes sans bail : hébergées, victimes de marchands de sommeil, conjoint.e.s, bail verbal… ;

  • les personnes sans-abri, qui occupent un bâtiment vide, des logements vacants, des friches industrielles ou des bureaux vides pour se protéger de la violence de la rue, alors que jamais notre pays n’a compté autant de logements et de locaux vacants ;

  • les accédant-e-s à la propriété surendetté e s, qui perdent leur titre de propriété, ainsi que les petits commerçant-e-s et artisan-e-s dont le bail est résilié ;

  • et même les grévistes occupant leur lieu de travail, ou établissant un piquet de grève…

Sous couvert de protection des petits propriétaires face au squat de leur domicile, pourtant déjà puni par la loi d’un an de prison, de 30 000 € d’amende et d’une expulsion sans jugement en 48h, la proposition de loi s’attaque en réalité potentiellement à toutes les personnes en situation de pauvreté ou de mal-logement, ou confrontées à un accident de la vie.

Elle condamne ainsi à 6 mois de prison et 7 500 € d’amende les locataires du parc privé qui ne quittent pas d’eux-mêmes leur logement après un commandement de quitter les lieux prononcé par la Justice.

En plus d’être incohérente avec les intentions affichées par le gouvernement en matière de prévention des expulsions, de Logement d’abord et de lutte contre les marchands de sommeil, l’adoption de cette loi socialement brutale est la promesse d’un accroissement considérable du nombre de personnes sans domicile.

Elle intervient de plus dans un contexte d’inflation du coût de la vie, des loyers et de l’énergie, qui contraint déjà les plus fragiles d’entre nous à devoir choisir entre manger, se chauffer, se soigner, ou payer son loyer.

Rappelons que la France compte plus de 300 000 personnes sans domicile dont 50 000 enfants ; 2,3 millions de ménages en attente d’un logement social ; 130 000 jugements d’expulsion par an ; 15 millions de personnes fragilisées par la crise du logement dont 4 millions de personnes mal logées.

Face au risque d’un recul sans précédent du droit au logement, les associations, mouvements sociaux et syndicats se mobilisent pour demander aux sénateur-ices de mettre un coup d’arrêt à cette proposition de loi.

Un rassemblement se tiendra le 25 janvier à 11h devant le Sénat, ainsi qu’une manifestation à Paris le 28 janvier, à 14h à Bastille.

Témoignage de Giovanni : Je suis à l’hôtel mais à la rue parfois aussi. On oublie que le squat c’est le dernier recours avant la rue. Beaucoup ont pu tenir le coup parce qu’ils avaient un squat donc ils ont pu garder leur travail, leur famille. En France, c’est qu’une fois tous les 5 jours qu’on peut être logé par le 115. Toutes les personnes qui passent par la rue mettent énormément de temps à s’en remettre voir ne s’en remettent jamais. Quand on a pas d’assistant-e social-e, comment savoir à quels droits on peut avoir accès et les démarches administratives à faire ? Il faut 3 mois pour pouvoir faire une demande de logement social. Le seul moyen de s’en sortir ou d’encaisser le coup, c’est le squat. Beaucoup de personnes qui travaillent sont à la rue et vivent dans des squats. Il y a énormément de personnes invisibles à la rue qui sont dans des squats…

Les 39 associations du collectif des Associations Unies (CAU)

Paris, le 17 janvier 2023

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