24 novembre 2022. Les titres des articles sont en tête de l'envoi

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La Grèce présente son premier budget sans la tutelle des créanciers depuis 12 ans -Grèce : colère sociale sur fond de tempête politique par A. Sartzekis -En Crète, un possible odéon antique découvert à Lissos

Ambassadeur français : L’« ordre fondé sur des règles » des États-Unis signifie la domination occidentale et la violation du droit international.

La Suède étend la loi sur l’espionnage et met en danger la liberté de la presse

Lettre ouverte à Bill Gates sur l’alimentation, l’agriculture et l’Afrique

Le Mali interdit les activités des ONG financées par la France et Communiqué #042 du Gouvernement de la Transition du Mali suite à l’annonce par la France de la suspension de son “aide au développement”

L’Algérie porte secours à Cuba en grande difficulté

PODCAST - La première Gilet jaune du dernier rond-point

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source :www.lalibre.be/economie/conjoncture/2022/11/21/cest-un-budget-historique-la-grece-presente-son-premier-budget-sans-la-tutelle-des-creanciers-depuis-12-ans-BNMSG4IWK5BWTANTHEUIS5KDNQ/

« C’est un budget historique » : La Grèce présente son premier budget sans la tutelle des créanciers depuis 12 ans

La Grèce, qui est sortie des plans d’aide financière en 2018, restait toujours sous une surveillance renforcée de ses créanciers. Pour la première fois depuis 12 ans, elle présente son budget en toute autonomie.

Publié le 21-11-2022 à 15h39

Le gouvernement grec a présenté lundi au Parlement un projet de budget « historique » pour 2023 puisqu’il sera le premier sans la tutelle des créanciers du pays depuis 12 ans, s’est félicité le ministre des Finances.

La Grèce, qui est sortie des plans d’aide financière en 2018, restait toujours sous une surveillance renforcée de ses créanciers, l’Union européenne (UE) et le Fonds monétaire international (FMI), qui suivaient de près la mise en place des réformes promises et les finances du pays.

Cette surveillance a pris officiellement fin en août.

Un budget historique

« C’est un budget historique », qui « marque le retour du pays à la normalité européenne », a déclaré le ministre des Finances Christos Staïkouras dimanche à l’agence de presse grecque, Ana.

Ce projet de budget est toutefois marqué par les fortes turbulences qui secouent l’économie mondiale, en raison notamment de la guerre en Ukraine et de la flambée des prix de l’énergie. La croissance grecque doit ainsi atteindre 1,8% du PIB l’an prochain, une révision à la baisse par rapport à l’avant-projet du budget publié début octobre qui misait sur 2,1%.

« Il est clair que les risques concernant les prévisions macroéconomiques à la fois au niveau national et mondial pour 2023, sont élevés et sont principalement liés aux défis géopolitiques », a indiqué Christos Staïkouras au Parlement, mettant en avant « l’évolution de la guerre en Ukraine », « les conditions d’approvisionnement en gaz de l’Europe » ou encore « la politique monétaire européenne ».

Les prévisions pour 2023

Le gouvernement table néanmoins sur un ralentissement de l’inflation à 5% en 2023 contre environ 10% prévu par la Commission européenne pour 2022.

Le chômage, l’un des plus élevés de la zone euro, devrait atteindre 12,6% l’an prochain, en très légère baisse par rapport à 2022 (12,7%). Le déficit public devrait s’élever à 1,6% du PIB en 2022 alors qu’en 2023, le pays prévoit un excédent de 0,7%.

Quant à la dette publique, le fardeau du pays après les prêts internationaux successifs de la dernière décennie, elle devrait reculer considérablement passant de 194,5% du PIB l’année dernière à 168,9% en 2022, et 159,3% en 2023.

En revanche, le projet de budget révise à la hausse le PIB pour 2022, à +5,6% (contre 5,3% initialement) tiré par l’industrie du tourisme après la stagnation des deux dernières années due à la pandémie du coronavi

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source : tpt4.org/2022/11/16/grece-colere-sociale-sur-fond-de-tempete-politique/

Grèce : colère sociale sur fond de tempête politique

par A. Sartzekis

[The same in english]

Après 10 ans de mémorandums, la crise économique actuelle est encore plus dure en Grèce, d’autant que la seule préoccupation du gouvernement ultralibéral de Mitsotakis est de brader le public au privé.

Grèce : colère sociale sur fond de possible tempête politique

La politique de Mitsotakis, c’est aussi l’argent facile sans emplois durables (tourisme estival), ce sont également des décisions énergétiques sans plan d’ensemble : implantations autoritaires de champs d’éoliennes pour le seul profit de patrons copains et comme seul effet de massives mobilisations locales, comme en Eubée la semaine dernière.

Au total, la situation est tragique pour une grande partie de la population : une inflation record (12 % en septembre), des hausses vertigineuses des prix de l’énergie et des produits de base, et cela sans aucune perspective de vraie relance. Sur les 23 régions de l’Union européenne où le chômage des jeunes dépasse 30 %, six sont grecques, et trois millions d’habitantEs (sur 10,7) sont en même temps en danger de pauvreté et d’exclusion sociale1. Face à cela, la mise en scène du « panier bon marché de la ménagère » par le ministre d’extrême droite Georgiadis est jugée aussi ridicule que vaine.

Déferlante de la colère sociale

Comme le montrent diverses mobilisations, la colère enfle face à un gouvernement au seul service des riches et qui s’enfonce dans une logique faite de violente répression mais aussi de flicage paranoïaque : les écoutes téléphoniques du cercle de Mitsotakis visent non seulement la gauche militante et les politiciens réformistes ou centristes, mais aussi le cœur de la droite, d’où une charge violente la semaine dernière d’un des piliers du régime, le glauque armateur propriétaire de deux des principaux journaux-propagande lèche-bottes du Premier ministre !

Une crise de la droite peut-être non durable mais qui affaiblit le gouvernement face à la pression sociale de la rue. En effet, GSEE (confédération unique du privé) et ADEDY (fédération unique du public) ont été obligées d’appeler à la grève générale le 9 novembre, pour exiger une hausse réelle des salaires, le rétablissement des conventions collectives, l’abolition de la loi anti-syndicat. La grève a été massive, et les manifestations très importantes dans tout le pays : à Athènes, la police a compté 20 000 manifestantEs, nos camarades de NAR jusqu’à 30 000 ; on a pu compter plus de 15 000 avec PAME (courant syndical du PC KKE, au cortège massif mais assez terne), 10 000 fort dynamiques avec les syndicats de base soutenus par la gauche radicale et révolutionnaire, 3 000 à 5 000 avec GSEE aux côtés duquel Syriza faisait un retour fourni dans la rue. Mais comme toujours, trois cortèges s’évitant, et donc une absence de dynamique unitaire qui risque d’offrir comme seule perspective d’alternative à la droite un futur gouvernement Syriza-Pasok pour « mieux gérer » la crise du capitalisme. Construire dans les luttes le front unique pour rendre crédible la seule vraie alternative, la rupture avec la meurtrière loi du marché, ça urge !

A. Sartzekis

Athènes, le 13 novembre 2022

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source : www.lefigaro.fr/culture/patrimoine/en-crete-un-possible-odeon-antique-decouvert-a-lissos-20221119

En Crète, un possible odéon antique découvert à Lissos

Par Simon Cherner

Publié hier à 10:00, Mis à jour hier à 11:18

Le bâtiment public a été exhumé à Lissos, dans le district de La Canée, le long de la côte méridionale de la Grèce. Greek Ministry of Culture and Sports

ARCHÉOLOGIE - Le petit port grec niché entre les montagnes crétoises et la Méditerranée a bénéficié de nouvelles fouilles. La région entend développer l’attractivité de ce recoin isolé de l’île.

Il ne reste de l’édifice qu’une portion de gradins rongés par le temps, cernée de coulisses effondrées. À Lissos, ancien port antique situé au sud-ouest de la Crète, des archéologues ont mis au jour un nouveau bâtiment public, a annoncé le ministère grec de la Culture. Si le monument n’impressionne pas autant que le théâtre d’Ephèse ou que les grands forums de Rome, les chercheurs qui l’ont exhumé sont néanmoins aux anges : il s’agit de la première découverte réalisée sur cet ancien port de l’Antiquité depuis une soixantaine d’années.

«C’est avec grand plaisir que nous avons été informés des résultats des fouilles de l’ancienne Lissos» , s’est réjoui le gouverneur de Crète, Stavros Arnaoutakis, dans les colonnes du quotidien grec Efimerida Ton Syntakton . En collaboration avec l’éphorie crétoise de La Canée, l’équivalent grec d’un service régional de l’archéologie en France, la collectivité s’est chargée de relancer les fouilles du site avec l’espoir de mettre en valeur la cité.

Pour l’heure, les archéologues hésitent encore sur l’identification précise du monument exhumé. Sa modeste forme semi-circulaire garnie d’au moins 14 gradins pourrait tout aussi bien appartenir à un odéon - petit édifice dédié aux spectacles musicaux - qu’à un bouleutérion - bâtiment à fonction politique où se réunissaient les citoyens de la cité. Les communiqués ne tranchent donc pas et évoquent simplement la découverte d’un «bâtiment public».

Daté du Ier siècle de notre ère, l’édifice a été partiellement dévasté par d’énormes blocs de roches, entraînés du flanc des montagnes environnantes lors d’un séisme monstre bien connu des archéologues et qui, vers la fin du IVe siècle, aurait causé de nombreuses destructions dans l’ouest de l’île. Prochain objectif des archéologues : sonder l’avant de l’édifice, afin de déterminer s’il était clos ou non par un mur. Un détail architectural qui devrait permettre d’éclaircir la nature de ce monument et, dans un second temps, de préparer sa restauration puis sa mise en valeur éventuelle.

Un site difficile d’accès

Sur le papier, en effet, Lissos a tout pour ravir les touristes : une baie paradisiaque donnant sur l’azur de la Méditerranée et le grand calme de la campagne crétoise, certes, mais également un bouquet de vestiges archéologiques. Dans les années 1950, des chercheurs ont laborieusement excavé une nécropole gallo-romaine, un théâtre ainsi que les vestiges d’un Asclépéion, c’est-à-dire un sanctuaire dédié au dieu thérapeute Asclépios. Fondé sous le règne de l’empereur romain Tibère, entre 14 et 37, le temple était doté de belles mosaïques. Deux églises byzantines occupent aussi le paysage désolé de l’ancien port.

Abandonné aux alentours du VIIe siècle, Lissos avait survécu au tremblement de terre fatidique qui a eu raison de ses monuments. La cité était, depuis le IIIe siècle av. J.-C., l’un des quelques ports de sa voisine Elyros, bien que le niveau de la mer soit aujourd’hui redescendu de plusieurs mètres. Mmonumentalisée à l’époque romaine, Lissos a livré de nombreux vestiges statuaires. Les traces d’un aqueduc et de bains attestent également du confort dont purent jouirent, un temps, les habitants de ce petit port.

Pourquoi, dans ce cas, avoir tant tardé avant de revenir fouiller sur place ? En raison de l’isolement du site, accessible seulement depuis la mer ou via le sentier de randonnée européen A4 qui file par monts et par vaux le long de la côte méridionale de la Crète. Pour rendre le site plus attractif, la région a revu la signalisation et le parcours du sentier menant à Lissos. Les archéologues se chargent du reste.

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source : multipolarista.com/2022/11/21/gerard-araud-france-us-rules-based-order/

Ambassadeur français : L’« ordre fondé sur des règles » des États-Unis signifie la domination occidentale et la violation du droit international.

Par Ben Norton, Multipolarista.

22 novembre 2022

L’ex-ambassadeur français aux États-Unis, Gérard Araud, a critiqué Washington pour avoir fréquemment violé le droit international et a déclaré que son soi-disant « ordre fondé sur des règles » est un « ordre occidental » injuste basé sur « l’hégémonie. »

Il a condamné la nouvelle guerre froide contre la Chine, appelant plutôt à des compromis mutuels.

L’ancien ambassadeur de France aux États-Unis, Gérard Araud, a publiquement critiqué Washington, affirmant qu’elle violait fréquemment le droit international et que son soi-disant « ordre fondé sur des règles » était en fait un « ordre occidental » injuste.

Le haut diplomate français a averti que les États-Unis sont engagés dans une « guerre économique » contre la Chine et que l’Europe est préoccupée par la « politique d’endiguement » de Washington, car de nombreux pays européens ne veulent pas être contraints de « choisir un camp » dans une nouvelle guerre froide.

vidéo : youtu.be/XrGjuGpj5bI

M. Araud a condamné les diplomates américains qui insistent sur le fait que Washington doit toujours être le « leader » du monde, et a souligné que l’Occident devrait travailler avec les autres pays du Sud, « sur un pied d’égalité », afin de « trouver un compromis avec nos propres intérêts ».

Il a mis en garde contre les demandes « maximalistes », « qui consistent simplement à essayer de maintenir l’hégémonie occidentale. »

Gérard Araud a tenu ces propos lors d’un débat intitulé « L’Amérique est-elle prête pour un monde multipolaire ? », organisé le 14 novembre par le Quincy Institute for Responsible Statecraft, un groupe de réflexion situé à Washington, DC, qui plaide pour une politique étrangère plus modérée et moins belliqueuse.

Les références de Gérard Araud pourraient difficilement être plus élitistes. Haut diplomate français à la retraite, il a été ambassadeur du pays aux États-Unis de 2014 à 2019. De 2009 à 2014, il a été le représentant de Paris auprès des Nations unies.

Avant cela, Araud a été ambassadeur de France en Israël, et il a précédemment travaillé avec l’OTAN.

Il a également été nommé « senior distinguished fellow » à l’Atlantic Council, le think tank notoirement belliqueux de l’OTAN à Washington.

Ce passé de sang bleu rend les commentaires francs d’Araud encore plus importants, car ils reflètent les sentiments d’une partie de la classe dirigeante française et de la classe politique européenne, qui est mal à l’aise avec la domination unipolaire de Washington et souhaite que le pouvoir soit plus décentralisé dans le monde.

L’« ordre fondé sur des règles » n’est en fait qu’un « ordre occidental ».

Dans une partie de la discussion, Gérard Araud a expliqué que le soi-disant « ordre fondé sur des règles » n’est en fait qu’un « ordre occidental » et que les États-Unis et l’Europe dominent injustement des organisations internationales comme les Nations unies, la Banque mondiale et le Fonds monétaire international (FMI)

Pour être franc, j’ai toujours été extrêmement sceptique quant à cette idée d’un « ordre fondé sur des règles ». Personnellement, par exemple, écoutez, j’étais le représentant permanent auprès des Nations Unies. Nous aimons les Nations unies, mais les Américains pas trop, vous savez.Et en fait, quand vous regardez la hiérarchie des Nations unies, tout le monde là-bas est à nous. Le Secrétaire général [António Guterres] est portugais. Il était sud-coréen [Ban Ki-moon]. Mais quand vous regardez tous les sous-secrétaires généraux, ils sont tous vraiment américains, français, britanniques, etc. C’est donc le premier élément : cet ordre est notre ordre. Et le deuxième élément, c’est qu’en fait, cet ordre reflète l’équilibre des forces en 1945. Vous savez, vous regardez les membres permanents du Conseil de sécurité.Vraiment les gens oublient que, si la Chine et la Russie sont obligées de s’opposer [avec] leur veto, c’est parce que franchement le Conseil de sécurité est la plupart du temps, 95% du temps, a une majorité orientée vers l’Occident.Donc cet ordre franchement - et vous pouvez aussi être sarcastique, parce que, quand les Américains veulent essentiellement faire ce qu’ils veulent, y compris quand c’est contre le droit international, comme ils le définissent, ils le font.Et c’est la vision que le reste du monde a de cet ordre. Vous savez, quand j’étais aux Nations unies, c’est un endroit fascinant, parce que vous avez des ambassadeurs de tous les pays, et vous pouvez avoir des conversations avec eux, et la vision qu’ils projettent du monde, leur vision du monde, n’est certainement pas un « ordre fondé sur des règles » ; c’est un ordre occidental. Et ils nous accusent de faire deux poids, deux mesures, d’hypocrisie, etc. Je ne suis donc pas sûr que cette question des « règles » soit vraiment la question cruciale. Je pense que la première évaluation que nous devrions faire serait peut-être, comme on dit en français, de nous mettre à la place de l’autre partie, d’essayer de comprendre comment elle voit le monde.

Selon M. Araud, si la communauté internationale veut sérieusement créer un « ordre fondé sur des règles », elle doit « intégrer toutes les principales parties prenantes dans la gestion du monde, c’est-à-dire faire participer les Chinois, les Indiens et d’autres pays, et essayer de construire avec eux, sur un pied d’égalité, le monde de demain ».

« C’est le seul moyen », a-t-il ajouté. « Nous devrions vraiment demander aux Indiens, demander aux Chinois, aux Brésiliens, et aux autres pays, vraiment de travailler avec nous sur une base égale. Et c’est quelque chose - ce ne sont pas seulement les Américains, aussi les Occidentaux, vous savez, qui essaient vraiment de sortir de notre position morale, et de comprendre qu’ils ont leurs propres intérêts, que sur certaines questions nous devrions travailler ensemble, sur d’autres nous ne devrions pas travailler ensemble. »

« N’essayons pas de reconstruire la forteresse Ouest », a-t-il imploré. « Cela ne devrait pas être l’avenir de notre politique étrangère ».

Un diplomate français critique notre nouvelle guerre froide contre la Chine

Gérard Araud a révélé qu’en Europe, il y a une « inquiétude » que les États-Unis aient une « politique d’endiguement » contre la Chine.

« Je pense que les relations internationales seront largement dominées par la rivalité entre la Chine et les Etats-Unis. Et la politique étrangère, je pense que dans les années à venir, consistera à trouver le modus vivendi (…) entre les deux puissances », a-t-il déclaré.

Il a averti que Washington est engagé dans une « guerre économique » contre Pékin, que les États-Unis tentent "essentiellement de couper toute relation avec la Chine dans le domaine des puces avancées, ce qui envoie un message du type : « Nous allons essayer de vous empêcher de devenir une économie avancée. C’est vraiment, c’est une guerre économique ».

« Vraiment du côté américain, c’est le développement de la guerre économique contre la Chine. C’est vraiment couper, rendre impossible la coopération dans un domaine très important, critique, pour l’avenir de l’économie chinoise », a-t-il ajouté.

M. Araud a souligné que la Chine n’est pas seulement « émergente » ; elle est en fait « ré-émergente » et occupe une position géopolitique de premier plan, comme elle l’a fait pendant des centaines d’années, avant la montée du colonialisme européen.

Il a souligné que de nombreux pays d’Asie ne veulent pas être obligés de choisir un camp dans cette nouvelle guerre froide et craignent de devenir une zone de conflits par procuration comme l’Europe l’a été pendant la toute première guerre froide :

L’Asie ne veut pas être l’Europe de la guerre froide. Ils ne veulent pas d’un rideau de bambou. Ils ne veulent pas choisir leur camp. L’Australie a choisi son camp, mais c’est un cas particulier. L’Indonésie, la Thaïlande, les Philippines ne veulent pas choisir leur camp, et nous ne devrions pas exiger qu’ils choisissent leur camp. Nous devons donc avoir une politique flexible de dialogue avec les Chinois, parce que parler est aussi une façon de les rassurer, d’essayer de comprendre leurs intérêts, et aussi de définir nos intérêts sans être maximalistes, en essayant simplement de maintenir l’hégémonie occidentale.

M. Araud a contesté l’idée que les États-Unis doivent être le « leader » unipolaire du monde, en déclarant :

Les Américains sont entrés dans le monde, en un sens, en étant déjà le grand garçon du quartier. En 1945, ils représentaient 40 % du PIB mondial, ce qui peut aussi expliquer ce qu’est la diplomatie américaine. Le mot des diplomates américains, le mot de la diplomatie américaine, c’est « leadership ». Vraiment, c’est toujours frappant pour les étrangers, dès qu’il y a un débat sur la politique étrangère américaine, immédiatement les gens disent : « Il faut rétablir notre leadership ». Le leadership. Et les autres pays peuvent dire : "Pourquoi le leadership ?

L’Occident doit « essayer de voir le monde depuis Pékin ».

Gérard Araud a également critiqué les médias occidentaux pour leur couverture caricaturalement négative de la Chine. Le haut diplomate français a appelé les responsables à « essayer de voir le monde depuis Pékin » :

Quand on regarde les journaux européens ou occidentaux, on a l’impression que la Chine est une sorte de monstre sombre qui va de l’avant, qui ne commet jamais d’erreur, qui n’est jamais vraiment confronté à un problème, et qui va vers la domination du monde - vous savez, les Chinois travaillent 20 heures par jour, ils ne veulent pas de vacances, ils s’en fichent, ils veulent dominer le monde. Peut-être que si nous essayons de voir le monde depuis Pékin, nous considérerons certainement que toutes les frontières de la Chine sont plus ou moins instables, ou menacées, ou confrontées à des pays inamicaux, et c’est du point de vue des Chinois.Peut-être veulent-ils améliorer leur situation. Cela ne veut pas dire que nous devons l’accepter, mais peut-être voir, se rappeler, que toute mesure défensive d’un côté est toujours considérée comme offensive par l’autre côté.Donc comprenons que la Chine a ses propres intérêts. Vous savez, même les dictatures ont des intérêts légitimes. Nous devons donc tenir compte de ces intérêts et essayer de trouver un compromis avec nos propres intérêts.

M. Araud a poursuivi en soulignant que le gouvernement américain menace constamment la Chine sur le plan militaire, envoyant des navires de guerre à travers la planète jusqu’à ses côtes, mais qu’il ne tolérerait pas une seconde que Pékin lui rende la pareille :

Lorsque j’étais à Washington, juste après le discours [anti-chinois belliciste] du vice-président Pence à l’Hudson [Institute] en octobre 2018, j’ai rencontré beaucoup de spécialistes de la Chine à Washington, DC, mais lorsque j’essayais de leur dire, vous savez, vos navires [américains] patrouillent à 200 miles des côtes chinoises, à 5000 miles des côtes américaines, quelle serait votre réaction si des navires chinois patrouillaient à 200 miles de vos côtes… Et évidemment, mes interlocuteurs ne comprenaient pas ce que je voulais dire. Et c’est là la question, vous savez, il faut vraiment essayer de comprendre quels sont les intérêts raisonnables de l’autre partie.

M. Araud a souligné que la Chine « n’est pas une menace militaire » pour l’Occident.

Diplomate français : Les sanctions occidentales contre la Russie nous poussent à « nous faire du mal ».

Avec cette nouvelle guerre froide entre les Etats-Unis et la Chine, a expliqué Gérard Araud, « dans ce contexte, la Russie est un peu comme l’Autriche-Hongrie avec l’Allemagne avant la Première Guerre mondiale, est un peu condamnée à être le ‹ brillant second › de la Chine. »

Si M. Araud a sévèrement dénoncé l’invasion de l’Ukraine par la Russie en février 2022, il a également critiqué les sanctions occidentales à l’encontre de Moscou, qui, a-t-il averti, « du côté européen, nous inflige une certaine douleur. »

Il a prévenu que l’Europe se trouve dans une « impasse » avec la Russie, « parce que tant que la guerre en Ukraine se poursuivra, et je parie malheureusement qu’elle pourrait se poursuivre longtemps, il sera impossible pour les Européens, et les Américains dans un sens, mais aussi pour les Européens de mettre fin aux sanctions contre la Russie, ce qui signifie que notre relation avec la Russie pourrait être gelée pour un avenir indéfini. »

"Et je pense qu’il est très difficile d’avoir une activité diplomatique [avec la Russie] dans cette situation ", a-t-il ajouté.

Vous pouvez regarder l’intégralité du débat organisé par l’Institut Quincy : youtu.be/PBPrr0rpQoY

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source : thedissenter.org/sweden-expands-espionage-law/

La Suède étend la loi sur l’espionnage et met en danger la liberté de la presse
Par Kevin Gosztola, The Dissenter.

20 novembre 2022

Le Parlement suédois a adopté un élargissement important de la loi sur l’espionnage qui permettra à la police du pays d’enquêter sur les journalistes, les éditeurs et les dénonciateurs s’ils révèlent des informations secrètes qui « peuvent nuire aux relations de la Suède avec un autre État ou une organisation internationale ».

Les journalistes, les éditeurs ou les dénonciateurs reconnus coupables d’avoir révélé de telles informations « préjudiciables » pourraient être condamnés à des peines allant jusqu’à quatre ans de prison en vertu de la nouvelle loi.

L’élargissement de la loi vise à permettre au gouvernement suédois de contrôler encore davantage ce que le public apprend sur la coopération du pays avec l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN), l’Union européenne et les Nations unies.

Plus précisément, la mesure peut aider les autorités à faire en sorte que les informations sur la guerre en Ukraine restent secrètes et ne contribuent pas à la lassitude qui s’est répandue dans le public. La mesure peut également rassurer l’armée et les agences de sécurité américaines sur le fait que l’on peut faire confiance à la Suède en tant qu’allié pour mettre un frein aux fuites si des informations issues de leur partenariat étroit sont exposées à un examen minutieux.

Deux votes étaient nécessaires au Parlement pour adopter la mesure, qui a été largement condamnée par les organisations de médias et les groupes de défense de la liberté de la presse en Suède. Le premier vote a eu lieu le 16 avril 2022, puis, après une élection parlementaire, un second vote a eu lieu le 16 novembre.

Alors que le Parti de gauche et le Parti des Verts ont recommandé que le second vote soit reporté à l’année prochaine, les Démocrates suédois de droite, le Parti du centre, le Parti modéré et le Parti libéral ont tous estimé que le projet de loi accordant à l’Agence suédoise de sécurité plus de pouvoirs d’enquête était nécessaire.

Comme l’a décrit l’Association des journalistes en Suède, à partir du 1er janvier, « toute personne qui promeut, laisse ou divulgue des informations couvertes par la disposition sur l’espionnage étranger peut également être condamnée pour position non autorisée avec des informations secrètes. Cela signifie que les situations dans lesquelles un journaliste peut être condamné sont élargies. »

« La disposition sur l’espionnage étranger comprend ‹ les informations secrètes qui se produisent dans le cadre d’une collaboration avec un autre État ou une organisation internationale ou dans une organisation internationale dont la Suède est membre. › Il ne s’agit donc pas de toutes les informations concernant d’autres États, mais le facteur décisif est de savoir si elles apparaissent dans le cadre d’une collaboration dans laquelle la Suède est incluse. »

Nils Funcke, un expert de la liberté de la presse en Suède, a reconnu que la mesure comporte une petite soupape de sécurité pour les organisations de médias. Si la publication est « justifiable », les médias peuvent échapper aux sanctions prévues par la loi. Mais M. Funcke a fait remarquer que ce qui est « justifiable » relève des tribunaux, qui seront sans doute plus enclins à considérer les affaires sous l’angle nationaliste des agents de sécurité qui défendent leurs poursuites.

Des fonctionnaires, des agents de sécurité ou des officiers militaires de l’extérieur de la Suède, notamment des États-Unis, pourraient très bien invoquer cette mesure et faire pression sur le gouvernement suédois pour qu’il engage des poursuites.

Prenons cet exemple datant de 2013 : Sveriges Television (la télévision publique suédoise) a publié des détails tirés de documents divulgués par le lanceur d’alerte de la National Security Agency, Edward Snowden, qui montraient que la Suède était un « partenaire clé » pour aider les États-Unis à espionner la Russie.

Les révélations sur cette relation étroite provenaient d’un document daté du 18 avril 2013, qui indiquait que "l’établissement radio de la défense nationale suédoise (FRA) avait « fourni à la NSA […] une collection unique sur des cibles russes hautement prioritaires, comme les dirigeants, la politique interne. »

En vertu de la loi élargie, la citation d’un document secret américain - comme l’a fait la télévision publique suédoise - pourrait être interprétée par les autorités comme portant atteinte aux relations de la Suède avec les États-Unis ou à la position du pays au sein de l’OTAN, notamment en ce qui concerne la capacité du gouvernement à poursuivre secrètement des objectifs considérés comme essentiels pour combattre la Russie en Ukraine.

Si l’on remonte à 2005, une telle loi aurait empêché les médias suédois de dénoncer le rôle de leur gouvernement dans les restitutions et la torture de détenus par la CIA dans le cadre de la « guerre mondiale contre le terrorisme ».

Johanne Hildebrandt, correspondante de guerre suédoise, a prévenu : « Ce changement pourrait rendre impossible le reportage de guerre sur le terrain. Si je suis les troupes suédoises et que je vois les États-Unis bombarder un village pour que des civils meurent, mon reportage pourrait être criminalisé parce qu’il nuit aux relations de la Suède avec les États-Unis. »

« C’est déjà assez difficile de faire des reportages dans des zones de guerre. La loi conduirait à une diminution de la perspicacité. Qui décide de ce qui pourrait nuire aux relations de la Suède ? Les officiers et les soldats diront non aux journalistes par peur de commettre une erreur », ajoute Hildebrandt.

Les agents de sécurité suédois se voient accorder davantage d’autorité pour lancer des raids contre des organes de presse et saisir des appareils électroniques dans le but d’identifier les sources ayant fourni des informations aux journalistes.

En 2016, le lanceur d’alerte des Nations unies, Anders Kompass, a révélé des abus sexuels sur des enfants commis par des casques bleus en République centrafricaine. Il a condamné l’ONU pour n’avoir tenu personne pour responsable et pour avoir exercé des représailles à son encontre.

« L’impunité totale dont bénéficient les personnes dont il a été établi qu’elles ont, à des degrés divers, abusé de leur autorité, ainsi que le refus de la hiérarchie d’exprimer le moindre regret pour la façon dont elle a agi à mon égard confirment tristement que l’absence de responsabilité est ancrée aux Nations unies. Il m’est donc impossible de continuer à y travailler », a déclaré M. Kompass.

Les défenseurs des droits de l’homme estiment que si Kompass, qui est originaire de Suède, s’était manifesté après l’élargissement de la loi, il aurait couru un risque juridique. Sa démission et ses commentaires ont porté un coup à l’image de l’ONU en Suède, et comme le stipule la loi, toute personne qui publie des informations susceptibles de « nuire » aux relations de la Suède avec une organisation internationale pourrait être visée.

Arne Ruth Sigyn Meder, avocat du Comité de soutien à Julian Assange en Suède, a souligné les poursuites engagées par les États-Unis contre Assange. Son journalisme a révélé des crimes de guerre en Irak et en Afghanistan, et pourtant il est visé par la loi américaine sur l’espionnage.

« Les médias étrangers et suédois, dont SVT et Dagens Nyheter, ont publié les informations de Wikileaks, mais sont ensuite restés largement silencieux sur les abus juridiques flagrants dont il a fait l’objet et qui ont été largement documentés par Nils Melzer, le rapporteur spécial des Nations unies sur la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants », selon Meder.

Publier des informations secrètes comme l’a fait WikiLeaks est le type d’activité journalistique que la Suède criminalise par cette loi.

En fait, les procureurs du ministère américain de la Justice ont utilisé la loi américaine sur l’espionnage pour criminaliser la divulgation d’informations qui pourraient causer des « dommages » aux relations du gouvernement américain avec un autre État ou une organisation internationale." Même si l’armée et le gouvernement américains n’avaient pas de preuves claires de ce préjudice, ils ont accusé Chelsea Manning, et maintenant Assange, d’infractions à la loi sur l’espionnage pour avoir divulgué les câbles de l’ambassade d’État américaine.

L’élargissement de la loi suédoise sur l’espionnage ne décourage peut-être pas entièrement les médias suédois de rendre compte des opérations militaires et de sécurité de la Suède, notamment des relations étroites qu’elle entretient avec les États-Unis. Les journalistes, les rédacteurs en chef et les producteurs de médias peuvent toujours publier des informations secrètes qui favorisent l’agenda des États-Unis, de l’OTAN, de l’UE et de l’ONU.

Cependant, ceux qui, dans la presse, agissent de manière indépendante et osent examiner les buts et objectifs partagés des partenariats de sécurité ou des alliances militaires de l’Occident seraient vulnérables à la répression - et c’est bien là l’intention.

L’expansion du pouvoir des agences de sécurité a pour but de faire en sorte que les personnes qui ne soutiennent pas aveuglément les États-Unis et l’OTAN réfléchissent à deux fois avant de dénoncer les abus, la corruption, l’imprudence ou les actes répréhensibles qui pourraient les amener à reconsidérer leur soutien.

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source ; www.commondreams.org/views/2022/11/10/open-letter-bill-gates-food-farming-and-africa

Lettre ouverte à Bill Gates sur l’alimentation, l’agriculture et l’Afrique

Nous, 50 organisations axées sur la souveraineté et la justice alimentaires dans le monde, souhaitons vous faire savoir que les solutions et les innovations pratiques des agriculteurs et des organisations africaines ne manquent pas. Nous vous invitons à prendre du recul et à apprendre de ceux qui sont sur le terrain.

Community Alliance for Global Justice/AGRA Watch, Alliance pour la souveraineté alimentaire en Afrique (AFSA)

10 novembre 2022

Cher Bill Gates :

Vous avez récemment été invité à commenter la situation mondiale de l’agriculture et de l’insécurité alimentaire, dans une tribune libre de David Wallace-Wells au New York Times et dans un article de l’Associated Press.

Ce sont les solutions high-tech que vous privilégiez, notamment le génie génétique, les nouvelles technologies de sélection et maintenant l’agriculture numérique, qui ont en fait systématiquement échoué à réduire la faim ou à accroître l’accès à la nourriture comme promis.

Dans les deux articles, vous faites un certain nombre d’affirmations qui sont inexactes et doivent être remises en question. Les deux articles admettent que le monde produit actuellement suffisamment de nourriture pour nourrir adéquatement tous les habitants de la planète, mais vous continuez à diagnostiquer de manière fondamentalement erronée le problème comme étant lié à une faible productivité ; nous n’avons pas besoin d’augmenter la production autant que d’assurer un accès plus équitable à la nourriture. En outre, il y a quatre distorsions spécifiques dans ces articles qui devraient être abordées, à savoir : 1) le besoin supposé d’un « crédit pour les engrais, des engrais bon marché » pour assurer la productivité agricole, 2) l’idée que la révolution verte du milieu du 20e siècle doit être reproduite maintenant pour lutter contre la faim, 3) l’idée que de « meilleures » semences, souvent produites par de grandes entreprises, sont nécessaires pour faire face au changement climatique, et 4) votre suggestion que si les gens ont des solutions qui « ne chantent pas Kumbaya », vous allez mettre de l’argent derrière eux.

Tout d’abord, les engrais synthétiques contribuent à 2 % des émissions globales de gaz à effet de serre et sont la principale source d’émissions d’oxyde nitreux. La production d’engrais azotés nécessite 3 à 5 % du gaz fossile mondial. Ils rendent également les agriculteurs et les pays importateurs dépendants de la volatilité des prix sur les marchés internationaux, et sont une cause majeure de la hausse des prix des denrées alimentaires dans le monde. Pourtant, vous prétendez qu’il faut encore plus d’engrais pour augmenter la productivité agricole et lutter contre la faim. Les engrais de synthèse toxiques et nuisibles ne sont pas une solution envisageable. Des entreprises, des organisations et des agriculteurs d’Afrique et d’ailleurs ont déjà mis au point des biofertilisants à base de compost, de fumier et de cendres, ainsi que des biopesticides fabriqués à partir de composés botaniques, tels que l’huile de margousier ou l’ail. Ces produits peuvent être fabriqués localement (évitant ainsi la dépendance et la volatilité des prix), et peuvent être de plus en plus étendus et commercialisés.

Deuxièmement, la révolution verte est loin d’avoir été un succès retentissant. Si elle a joué un certain rôle dans l’augmentation des rendements des cultures céréalières au Mexique, en Inde et ailleurs entre les années 1940 et 1960, elle a très peu contribué à réduire le nombre de personnes souffrant de la faim dans le monde ou à garantir un accès équitable et suffisant à la nourriture. Elle s’est également accompagnée d’une foule d’autres problèmes, qu’il s’agisse de questions écologiques comme la dégradation à long terme des sols ou de questions socio-économiques comme l’accroissement des inégalités et de l’endettement (qui a largement contribué à l’épidémie de suicides d’agriculteurs en Inde). Votre soutien inconditionnel à une « nouvelle » révolution verte témoigne d’une ignorance délibérée de l’histoire et des causes profondes de la faim (qui sont, dans l’ensemble, liées à des arrangements politiques et économiques et à ce que l’économiste Amartya Sen a appelé les droits, et non à une pénurie mondiale de nourriture).

Troisièmement, les semences résistantes au climat existent déjà, elles sont développées par les agriculteurs et échangées sur des marchés de semences informels. Le sorgho, que vous présentez dans votre interview comme une « culture orpheline », fait partie de ces cultures adaptées au climat déjà établies. Vous constatez que la plupart des investissements ont été réalisés dans le maïs et le riz, plutôt que dans des céréales nutritives et adaptées aux conditions locales comme le sorgho. Pourtant, l’AGRA (l’Alliance pour une révolution verte en Afrique), que votre fondation (la Fondation Bill et Melinda Gates) a créée et financée, fait partie des institutions qui se sont concentrées de manière disproportionnée sur le maïs et le riz. En d’autres termes, vous participez à la création du problème que vous citez. L’initiative AGRA, que votre fondation continue de financer, a également poussé à l’adoption d’une législation restrictive sur les semences qui limite et restreint l’innovation en matière de cultures aux laboratoires et aux entreprises disposant de ressources importantes. Ces initiatives n’augmentent pas l’innovation généralisée, mais contribuent plutôt à la privatisation et à la consolidation des monopoles d’entreprise sur le développement et les marchés des semences.

Enfin, votre affirmation selon laquelle les détracteurs de votre approche se contentent de « chanter Kumbaya », au lieu de développer des solutions significatives (et finançables), est extrêmement irrespectueuse et dédaigneuse. Il existe déjà de nombreux projets et propositions tangibles et en cours qui visent à stimuler la productivité et la sécurité alimentaire, qu’il s’agisse d’installations de fabrication de biofertilisants et de biopesticides, de programmes de formation des agriculteurs à l’agroécologie, de l’expérimentation de nouvelles techniques de gestion de l’eau et des sols, de systèmes d’exploitation à faible consommation d’intrants ou d’espèces végétales déprédatrices. Ce que vous faites ici, c’est de la manipulation : vous présentez des solutions pratiques, continues et dirigées par des agriculteurs comme étant en quelque sorte fantaisistes ou ridicules, tout en présentant vos propres approches préférées comme étant pragmatiques. Pourtant, ce sont vos solutions high-tech préférées, y compris le génie génétique, les nouvelles technologies de sélection et maintenant l’agriculture numérique, qui ont en fait systématiquement échoué à réduire la faim ou à accroître l’accès à la nourriture comme promis. Et dans certains cas, les « solutions » que vous présentez comme des solutions au changement climatique contribuent en fait aux processus biophysiques à l’origine du problème (par exemple, plus d’engrais à base de combustibles fossiles et plus d’infrastructures dépendantes des combustibles fossiles pour les transporter) ou exacerbent les conditions politiques qui conduisent à l’inégalité dans l’accès à la nourriture (par exemple, les politiques et les initiatives de sélection des semences qui bénéficient aux grandes entreprises et aux laboratoires, plutôt qu’aux agriculteurs eux-mêmes).

Dans les deux articles, vous simplifiez radicalement des questions complexes de manière à justifier votre propre approche et vos interventions. Dans l’article du New York Times, vous faites remarquer que l’Afrique, où les coûts de la main-d’œuvre et de la terre sont les plus bas, devrait être un exportateur net de produits agricoles. Vous expliquez que la raison pour laquelle ce n’est pas le cas est que « leur productivité est beaucoup plus faible que dans les pays riches et que vous n’avez tout simplement pas les infrastructures nécessaires ». Cependant, les coûts de la terre et de la main-d’œuvre, ainsi que les infrastructures, sont produits socialement et politiquement. L’Afrique est en fait très productive - c’est juste que les profits sont réalisés ailleurs. À travers la colonisation, le néolibéralisme, les pièges de la dette et d’autres formes de pillage légalisé, les vies, les environnements et les corps des Africains ont été dévalués et transformés en marchandises pour le bénéfice et le profit d’autres personnes. Les infrastructures ont été conçues pour acheminer ces marchandises en dehors du continent lui-même. L’Afrique n’est pas autosuffisante en céréales parce que ses secteurs agricole, minier et autres secteurs à forte intensité de ressources ont été structurés de manière à servir les marchés coloniaux, puis internationaux, plutôt que les peuples africains eux-mêmes. Bien que vous ne soyez certainement pas responsable de tout cela, vous et votre fondation exacerbez certains de ces problèmes en adoptant une approche de l’agriculture très privatisée, basée sur le profit et les entreprises.

Les solutions pratiques et les innovations des agriculteurs et des organisations africaines ne manquent pas. Nous vous invitons à prendre du recul et à apprendre de ceux qui sont sur le terrain. Dans le même temps, nous invitons les médias à faire preuve de prudence et à ne pas accorder de crédibilité aux hypothèses erronées, à l’orgueil et à l’ignorance d’un riche homme blanc, au détriment des personnes et des communautés qui vivent et s’adaptent à ces réalités en ce moment même.

De :

Alliance communautaire pour la justice globale/AGRA Watch

Alliance pour la souveraineté alimentaire en Afrique (AFSA)

Institut pour l’environnement des communautés religieuses d’Afrique australe (SAFCEI)

GRAIN

Centre africain pour la biodiversité

Alliance pour les droits alimentaires au Kenya

Growth Partners

Grassroots International

Fonds pour l’agroécologie

Alliance américaine pour la souveraineté alimentaire

National Family Farm Coalition

Défenseurs de l’agriculture familiale

Institut Oakland

A Growing Culture

ETC Group

Food in Neighborhoods Community Coalition (Coalition communautaire pour l’alimentation dans les quartiers)

Réseau de sécurité alimentaire de la communauté noire de Détroit

Sustainable Agriculture of Louisville

Haki Nawiri Afrika

Real Food Media

Agroecology Research-Action Collective

Environmental Rights Action/ Les Amis de la Terre Nigeria (ERA/FoEN)

Les Amis de la Terre Togo/ Friends of the Earth Togo

Justiça Ambiental/ JA FoE Mozambique

Les Amis de la Terre Afrique

Fondation pour la santé de la mère (HOMEF)

Comité sur les ressources environnementales vitales (COVER)

Le Réseau des jeunes pour l’environnement (TYEN)

GMO Free Nigeria

Fondation pour le plaidoyer en faveur du développement communautaire

Centre africain pour le développement rural et environnemental

Connected Advocacy

Policy Alert

Ambassadeurs du zéro déchet

Student Environmental Assembly Nigeria (SEAN)

Réseau de la communauté hôte, Nigeria (HoCON)

Green Alliance Nigeria (GAN)

Initiative Espoir pour demain (HfTI)

Initiative pour la sensibilisation aux médias et la justice (MAJI)

We The People

Centre de développement et de surveillance Rainbow

Fondation BFA pour l’alimentation et la santé

Responsabilité des entreprises et participation publique en Afrique (CAPPA)

Initiative pour la promotion de la vie des femmes et des enfants

Réseau des femmes en agriculture du Nigeria (NWIN)

Initiative pour la réduction des risques liés au genre et à l’environnement (GERI)

Initiative pour le genre et l’autonomisation des communautés

Réseau des éco-défenseurs

Défenseurs de l’environnement en milieu urbain et rural (URED)

Fondation pour le développement de Peace Point (PPDF)

Centre de soutien communautaire, Nigeria

Alliance communautaire pour la justice globale/AGRA Watch
AGRA Watch est une campagne de Community Alliance for Global Justice, basée à Seattle, qui conteste les programmes agricoles douteux de la Fondation Bill et Melinda Gates en Afrique, notamment son initiative AGRA, et promeut des alternatives dirigées par les agriculteurs.

Alliance pour la souveraineté alimentaire en Afrique (AFSA)
L’Alliance pour la Souveraineté Alimentaire en Afrique (AFSA) est une large alliance de différents acteurs de la société civile qui font partie de la lutte pour la souveraineté alimentaire et l’agroécologie en Afrique.

Nous en avons assez. Les 1% possèdent et gèrent les médias d’entreprise. Ils font tout ce qu’ils peuvent pour défendre le statu quo, écraser la dissidence et protéger les riches et les puissants. Le modèle médiatique de Common Dreams est différent. Nous couvrons les nouvelles qui comptent pour les 99%. Notre mission ? Informer. Inspirer. Déclencher le changement pour le bien commun. Comment ? Sans but lucratif. Indépendant. Soutenu par les lecteurs. Libre de lire. Libre de republier. Libre de partager. Sans publicité. Pas de paywalls. Sans vente de vos données. Des milliers de petits dons financent notre salle de presse et nous permettent de continuer à publier. Pouvez-vous contribuer ? Nous ne pouvons pas le faire sans vous. Merci.

Traduit avec www.DeepL.com/Translator (version gratuite)

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source ; actucameroun.com/2022/11/21/le-mali-interdit-les-activites-des-ong-financees-par-la-france/

Le Mali interdit les activités des ONG financées par la France

par Marturin Atcha 21 novembre

Le gouvernement malien a interdit les activités des ONG financées par la France.21

Dans un communiqué publié ce lundi, le gouvernement malien a annoncé l’interdiction des activités des ONG financées par la France. Cette décision qui prend immédiatement effet concerne non seulement les ONG françaises mais aussi toutes celles « opérant au Mali sur financement de la France », ou même simplement « avec l’appui matériel ou technique de la France ».

Pour l’heure, la liste des ONG concernées n’est pas établie. Mais de nombreuses ONG maliennes peuvent être aussi concernées. Cette décision des autorités maliennes fait suite à la décision de la France de couper l’aide au développement destinée au Mali. Paris avait évoqué notamment des liens avec le groupe de sécurité privé, Wagner. Pour Bamako, cette décision est un non-événement.


Ministère des Affaires étrangères du Mali

[
@MaliMaeci
twitter.com/MaliMaeci)

Communiqué #042 du Gouvernement de la Transition du Mali suite à l’annonce par la France de la suspension de son “aide au développement”

lien : pbs.twimg.com/media/FiHS0PhXoAE8ym2?format=jpg&name=large

lien : pbs.twimg.com/media/FiHS0PgWIA4jcQV?format=jpg&name=large

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source : french.almanar.com.lb/2492745

L’Algérie porte secours à Cuba en grande difficulté

22 novembre

par Al Manar

L’Algérie aidera Cuba à faire face à ses difficultés économiques, a annoncé Abdelmadjid Tebboune, le président algérien, qui a rencontré le 17 novembre son homologue cubain Miguel Diaz-Canel à Alger, relate l’agence de presse Ecofin.

« L’Algérie a décidé de reprendre l’approvisionnement en carburant pour permettre à Cuba de redémarrer les centrales électriques et d’arrêter les coupures de courant actuelles », a déclaré M. Tebboune lors d’un point de presse avec son homologue cubain.

Par ailleurs, l’Algérie annulera les intérêts sur la dette de Cuba, reportant son remboursement jusqu’à ce que la situation économique de l’île s’améliore, et fournira une centrale solaire pour stopper les coupures intempestives de courant auxquelles fait face le pays, a précisé le chef d’État algérien.

Alger et La Havane resserrent leurs liens

Les deux chefs d’État ont pris l’engagement « de renforcer la coopération dans les domaines de la santé, de l’énergie, des énergies renouvelables et de l’agriculture, tout en procédant à des échanges culturels, éducatifs, scientifiques et technologiques ».

M. Diaz-Canel a qualifié les relations entre Alger et La Havane d’excellentes. Les deux pays ont des points de vue similaires sur les questions internationales et régionales d’intérêt commun, a-t-il estimé.

Les relations diplomatiques entre l’Algérie et Cuba datent de l’indépendance de l’Algérie, en 1962. Cuba a été le deuxième pays étranger, après les États-Unis, où s’est rendu Ahmed Ben Bella, premier Président algérien.

Après l’Algérie, une visite en Russie

La visite du président cubain à Alger a eu lieu avant qu’il se rende en Russie, le 19 novembre.

Le 22 novembre, M.Diaz-Canel rencontrera son homologue russe, Vladimir Poutine, à Moscou.

Sa tournée le mènera ensuite en Turquie puis en Chine.

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source : www.blast-info.fr/articles/2022/podcast-la-premiere-gilet-jaune-du-dernier-rond-point-6TI1htESS7exsp11Dpvk

PODCAST - La première Gilet jaune du dernier rond-point


Du premier Acte au dernier rond-point : Blast propose un podcast sur Aurélie, Gilet Jaune depuis quatre ans. L’une des 1,7 millions de Gilets Jaunes qui ont occupé les ronds-points pour exiger la démission d’Emmanuel Macron et dénoncer l’insupportable hausse des coûts de la vie. C’est une histoire qui commence bien avant le 17 novembre 2018 que nous vous proposons en quatre épisodes. L’histoire d’une vie en luttes.

Les Irréductibles du rond-point d’Aumetz, en Moselle, quatre ans après le début du mouvement des Gilets Jaunes.
France Timmermans et Franck Dépretz et Photos aimablement transmises par les Gilets Jaunes d’Aumetz

En France, je ne sais pas combien il en reste. En Lorraine et même dans le Grand-Est, j’ai bien cherché, je n’en ai trouvé qu’une poignée : Saint-Avold, Augny, Aumetz… Les derniers ronds-points de ma région, où les Gilets Jaunes se réunissent toujours, chaque samedi, sont pratiquement tous situés en Moselle. Mais tous les Gilets Jaunes que j’ai pu rencontrer le reconnaissent volontiers : s’il est un rond-point qui n’a jamais cessé d’être occupé depuis pratiquement le premier jour, au moins une fois par semaine, même au pic des restrictions sanitaires, c’est bien celui d’Aumetz.

Dans cette ancienne commune minière devenue une cité dortoir, où 13,5 %des 15-64 ans étaient au chômage en 2019 (contre 9,9 % nationalement), le Luxembourg est encore vu comme un Eldorado. Selon le Global Finance Magazine, ce minuscule État – le plus petit derrière Malte – de l’Union européenne est paradoxalement le pays le plus riche au monde en termes de PIB par habitant. Pour bâtir sa fortune, le Grand-Duché engloutit chaque jour 211 786 travailleurs frontaliers, dont plus de la moitié sont français.

Femme de ménage, rebouteuse et Gilet Jaune

Ouvert aux quatre vents au milieu des champs, en lisière de la ville, le principal rond-point d’Aumetz est traversé quotidiennement par près de 19 000 véhicules. C’est bien sûr là-bas, au Luxembourg, que la plupart d’entre eux se rendent. Et voilà qu’un beau jour, une palette se met en travers de leur chemin.

Une palette posée par l’une des leurs, une ancienne travailleuse frontalière. Aurélie était femme de ménage dans les bureaux des grands groupes sidérurgiques avant que le sien de destin se mette à basculer. Après avoir perdu son boulot, après avoir failli perdre coup sur coup sa mère et son mari, cette Gilet Jaune de la première heure a vu poindre, un 17 novembre, sur un rond-point, une éclaircie dans son ciel de soucis.

Une palette pour « dégager Macron », infléchir des destinations, réunir des destins

Quatre ans après le début du mouvement des Gilets Jaunes, Blast vous propose un voyage sonore dans la mémoire des combats actuels et passés d’Aurélie, afin de comprendre comment cette jeune mamie de 44 ans, rebouteuse à ses heures, en est arrivée à produire ce geste fou, après une nuit passée à jouer au chat et à la souris avec la gendarmerie : poser, un samedi, à l’aube, la première palette du rond-point d’Aumetz. Une palette, pas seulement pour « dégager Macron », mais aussi pour dénoncer l’insupportable hausse des coûts de la vie et les insoutenables inégalités sociales.

Une palette, non pour bloquer la circulation, mais juste la ralentir. Et infléchir des destinations, réunir des destins. Ceux de Danielle, Christian, Nathalie, Marie-France, Clément, Magali, Sébastien, Éric, Franck, Martine, Christophe, Nathalie et tant d’autres qui sont passés, un jour, à la cabane des Gilets Jaunes prendre un café qu’ils ont fait durer une nuit. Et rejoindre une immense famille qui, d’Acte en Acte, s’est étendue dans tout le pays.

1,7 millions premières et premiers Gilets JaunesDans ce podcast en quatre épisodes, vous entendrez, avant le récit de la lutte des Gilets jaunes d’Aumetz, l’histoire d’une vie en luttes, l’histoire d’Aurélie, qui commence bien avant le 17 novembre 2018. L’histoire émouvante, dure et poilante parfois, de l’une des qui, ont posé, toutes et tous ensemble, un samedi, à l’aube, une première palette sur chaque rond-point de chaque recoin de l’Hexagone. La première pierre du mouvement social social français le plus important depuis Mai-68.

Le miracle des Gilets Jaunes.

Vous pouvez retrouver les deux épisodes du Podcast « La première Gilet jaune du dernier rond-point » de Franck Dépretz ici : www.blast-info.fr/podcasts/la-premiere-gilet-jaune-du-dernier-rond-point-q9i1Er4wSaCxTV1XfXP0KQ ainsi que dans la section « Nos podcasts » : www.blast-info.fr/podcasts

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