27 mtai 2022. Les titres des articles sont en tête de l'envoi

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Grèce: L’urgence d’une mobilisation reconductible et unitaire - Un étudiant blessé par une grenade tirée par la police anti-émeute à Thessalonique (vidéo) - La Turquie intensifie les attaques verbales contre le Premier ministre grec avec des insultes directes. - Bonnes nouvelles de Samos : Hasan et N. a été retrouvent leur liberté maintenant. - Appel urgent pour des vivres et des médicaments de la part de Syriens piégés sur un îlot d’Evros

Henry Kissinger déclare que l’Ukraine devrait céder des territoires à la Russie pour parvenir à la paix.

Le New York Times rejette l’idée d’une « victoire militaire décisive » en Ukraine

Cette ville mexicaine a chassé le gouvernement il y a dix ans. Et elle prospère.

A Grenoble, un collectif citoyen réinstalle des cabines téléphoniques, une première mondiale

CHANTIER CO’ DETERRE ET FESTIF DU 8 AU 12 JUIN au lieu-dit les terres près de l’île du Carnet !

Manifestation partout le 11 juin contre le racisme et l’extrême droite, pour l’égalité des droits de toutes et tous, pour la justice sociale et climatique ! à Paris 15 h Place Blanche

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source : tpt4.org/2022/05/13/grece-lurgence-dune-mobilisation-reconductible-et-unitaire/

source : tpt4.org/?p=7523

Grèce: L’urgence d’une mobilisation reconductible et unitaire

13 mai 2022

par A. Sartzekis

[Αναδημοσίευση από το γαλλικό Hebdo L’Anticapitaliste – 615 (12/05/2022) ]

Même si cette année les manifestations du 1er Mai ont vu défiler pas mal de monde, le cadre général reste le même, celui de la division. Il y a pourtant urgence à une mobilisation massive et unitaire contre le gouvernement.

À Athènes, trois rassemblements différents ont eu lieu : celui du KKE (PC grec) et de sa fraction syndicale PAME (quelques milliers, et le secrétaire du KKE rappelant que seul le KKE défend les travailleurEs), celui de GSEE-ADEDY (confédération unique du privé et Fédération nationale du public, avec peu de monde), et celui des syndicats de base et de la gauche anticapitaliste, (plusieurs milliers également, avec des slogans pour « la paix » et contre l’Otan)… Aucune perspective unitaire à l’ordre du jour malheureusement, alors que la colère populaire, perceptible même dans les sondages qui affolent la droite, gronde contre la politique de Mitsotakis et de ses ministres d’extrême droite, dont celui de la Santé (fils d’un idéologue nazi en Grèce) qui vient de présenter un plan de privatisation de l’hôpital, qui se traduirait bien sûr par la suppression des soins gratuits…

Ultra-libéralisme, entre Pinochet et Orban

La volonté de tout privatiser est désormais claire aux yeux d’une grande partie de la population, avec comme exemple le coût de l’électricité : prétextant les effets de la guerre en Ukraine, le gouvernement a laissé filer les coûts pour les usagerEs, avec des factures astronomiques, se traduisant par 5 000 coupures par semaine pour les familles. Or, c’est depuis la fin de l’été que sont dénoncées ces hausses importantes, et ce qui est en cause, c’est le sale jeu des cartels contrôlant le gaz naturel, ainsi que les rémunérations des dirigeants (360 000 euros annuels + actions pour le directeur de DEI, la principale société).

Après avoir dénoncé la gauche et face aux procès collectifs engagés, Mitsotakis a dû prendre en urgence des mesures (en plus de l’augmentation bien insuffisante du SMIC) pour tenter de calmer la colère, dont des remboursements très partiels depuis décembre… Autres aspects de la ligne économique ultralibérale : cadeaux aux sociétés privées pour installer des centaines de méga-éoliennes sur les îles malgré l’opposition de la population (et quelques victoires, comme à Andros), projet de privatiser la distribution de l’eau, sans oublier le népotisme de plus en plus visible (placements des enfants de la droite et des copains-coquins…). Et bien sûr, cette politique s’accompagne d’une répression incessante (mobilisations étudiantes à Salonique contre l’installation d’une police universitaire), pressions sur la justice (malgré les mobilisations massives pour un procès équitable, les policiers impliqués dans l’assassinat d’un militant LGBTI ont été relaxés). Et de manière générale, les attaques contre les droits sont de plus en plus fortes : attaques diverses contre les réfugiéEs, avec repoussement illégal de ceux-ci arrivant en Grèce, avec entre autres une situation terrible sur un ilot du fleuve Evros entre Grèce et Turquie, obstacles à la scolarisation… Ne voulant laisser s’exprimer que la presse paillasson soutenant ridiculement le pouvoir, Mitsotakis se déchaine contre la presse libre, à tel point que pour la liberté de la presse, la Grèce vient d’être classée dernière des pays de l’UE par Reporters sans frontières, en recul de 38 places…

Combativité et appel à l’unité

Un signe d’espoir pour des mobilisations unitaires a été émis le 1er Mai : lors d’une grande manifestation de soutien aux travailleurEs du port du Pirée contre leur employeur chinois Cosco, un ouvrier victime d’un des nombreux accidents du travail sur les quais a lancé un appel depuis sa chambre d’hôpital (« Camarades, soyons unis contre les accidents du travail ») et insisté : « Sans toi, la machine ne tourne pas », repris en slogan sur le port accompagné de « Ouvrier, tu n’as pas besoin de patron ! » Une combativité et un appel à l’unité qui ne demandent qu’à être développés… en passant par-dessus les bureaucraties diverses et les réflexes sectaires.

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source : www.keeptalkinggreece.com/2022/05/26/student-injured-flash-grenade-riot-police-greece0thessaloniki/

Un étudiant blessé par une grenade tirée par la police anti-émeute à Thessalonique (vidéo)

26 mai 2022

Un étudiant de l’université Aristote de Thessalonique est allongé sur le sol alors que du sang coule sous sa tête. Le jeune homme a été touché par une grenade tirée directement sur lui par un policier anti-émeute jeudi après-midi. Le jeune homme blessé est entouré de ses camarades de classe qui attendent l’ambulance.

La grenade flash a été tirée à une distance de 1 à 2 mètres, comme l’ont enregistré les vidéos.

L’attaque de la police anti-émeute lourdement armée et utilisant des munitions explosives contre des étudiants non armés a suscité les vives critiques des partis d’opposition tels que le parti de gauche SYRIZA et le parti socialiste PASOK. Les utilisateurs des médias sociaux à se demander si le gouvernement conservateur veut la mort de certains étudiants.

L’étudiant blessé, âgé de 20 ans, a été transporté d’urgence dans un hôpital voisin de la ville du nord de la Grèce. Il a subi des examens, notamment une vérification de l’audition et une tomographie, ainsi que d’autres tests. Il est sorti de l’hôpital en début de soirée, avec une ordonnance d’antibiotiques à portée de main.

Selon un avocat local, cependant, l’étudiant a été blessé au visage par un coup de pied et il a temporairement perdu l’ouïe en raison d’un éclair tombé près de son oreille droite et d’un problème à la mâchoire.

Dans un communiqué, la police grecque a rejeté la responsabilité des violences sur les étudiants, déclarant qu’« un civil et un policier ont été blessés après que 120 étudiants ont attaqué la police anti-émeute ».

vidéo : youtu.be/DtqgsIX-4y8

Traduit avec www.DeepL.com/Translator (version gratuite)

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source : www.keeptalkinggreece.com/2022/05/24/turkey-escalates-attacks-insults-greece-pm-bahceli/

La Turquie intensifie les attaques verbales contre le Premier ministre grec avec des insultes directes.

24 mai 2022

La Turquie a intensifié les attaques verbales contre le Premier ministre grec mardi et le partenaire gouvernemental d’Erdogan, le nationaliste Devlet Bahceli est allé jusqu’à insulter directement Kyriakos Mitsotakis.

S’adressant à son groupe parlementaire, le leader du Mouvement nationaliste, Bahceli, a utilisé des mots très durs et a qualifié le PM grec de « pion de l’Occident » et de « lâche ».

« Le fait que ce premier ministre, qui s’est timidement réfugié sous les ailes des États-Unis et parle ici et là, aspire à devenir le pion de l’Occident, est une rupture historique, une faiblesse déshonorante. Mitsotakis, qui a mis à l’ordre du jour la carte de la Patrie bleue [plan d’expansion turc] lors de sa rencontre avec le président américain et s’est plaint de la Turquie, est aussi insidieux et lâche que ses grands-parents. La nation turque résistera jusqu’au bout à la politique de harcèlement et aux provocations de la Grèce et se dressera contre les agresseurs en Méditerranée et en mer Égée, quelles que soient les circonstances. »

Dans son discours délirant, M. Bahceli aurait également déclaré : « La visite du Premier ministre grec aux États-Unis, les scènes douteuses et sans principes de cette visite, ont une fois de plus révélé les préjugés croissants contre la Turquie et les Chypriotes turcs. Les États-Unis et la Grèce se sont rencontrés sur la même ligne […] ils ont trouvé un terrain d’entente contre la Turquie. »

Il a également attaqué Mitsotakis pour sa référence à la question chypriote lors de son discours au Congrès américain et a affirmé que le PM grec « a ignoré les faits et a essayé de cacher la barbarie. Tout d’abord, que chacun sache que Chypre est turque et restera turque. Peu importe l’opposition du Premier ministre Mitsotakis, il n’y a pas d’autre issue à Chypre que la solution à deux États, qui sera fondée sur la souveraineté et l’égalité. La volonté de la Turquie et des Chypriotes turcs va dans ce sens. Soit ils l’accepteront de plein gré, soit cet objectif deviendra une réalité. »

Le partenaire gouvernemental d’Erdogan a déclaré : « Quand Mitsotakis se souviendra-t-il des massacres, des attaques sanglantes, des atrocités et des tortures contre les Chypriotes turcs ? Quand va-t-il avouer et exprimer son attitude honnête ? Le destin de Chypre n’est pas la domination grecque, mais la domination turque. »

Bahceli, qui est également le chef de l’organisation fasciste des Loups gris, s’est emporté contre le Premier ministre grec moins de 24 heures après qu’Erdogan a annoncé qu’il ne parlerait plus jamais avec Mitsotakis.

Peu après l’annonce d’Erdogan, des avions de chasse turcs ont violé l’espace aérien grec et la FIR d’Athènes lundi soir, et sont entrés à 8,5 miles nautiques au nord de l’île de Lesvos. Ils ont été interceptés par des avions de chasse grecs.

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source : www.facebook.com/MareLiberumOfficial

Bonnes nouvelles de Samos : Hasan a été condamné à un an et 5 mois de prison avec sursis. N. a été déclaré innocent. Nous sommes plus qu’heureux que les deux retrouvent leur liberté maintenant.
Cependant, n’oublions pas que les deux n’auraient pas dû être accusés en premier lieu. Cette affaire crée un précédent pour d’autres cas dans la lutte contre la criminalisation des personnes en déplacement.
D’innombrables personnes subissent ou ont subi de tels procès parce qu’elles sont systématiquement criminalisées par la forteresse Europe.

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source : www.efsyn.gr/ellada/dikaiomata/345609_epeigoysa-ekklisi-gia-trofima-kai-farmaka-apo-toys-egklobismenoys-syroys

26.05.2022, 23:56

Appel urgent pour des vivres et des médicaments de la part de Syriens piégés sur un îlot d’Evros

Dimitris Angelidis

Les 94 Syriens pris au piège sur un îlot d’Evros à Didymoteicho, près du village de Pythio, appellent à l’aide d’urgence depuis dimanche, car ils manquent de nourriture, d’eau, de médicaments et de lait pour bébés.

vidéo ; www.youtube.com/watch?v=qPq13eJT-aQ

Deux mères et un réfugié handicapé à la jambe mutilée décrivent en vidéo la situation désespérée dans laquelle ils se trouvent, tandis que dans un message commun les réfugiés demandent de l’aide aux autorités et à la population.

"Nous sommes un groupe de Syriens sur une île isolée entre la Grèce et la Turquie et nous demandons de l’aide. Nos 26 enfants et plus de 60 femmes et handicapés sont en danger parce que nous n’avons pas d’eau potable, pas de nourriture, pas de lait pour les bébés, et de nombreux enfants sont blessés et ont besoin de soins médicaux immédiats. « Nous demandons aux autorités grecques et au peuple de nous envoyer de la nourriture, de l’eau et des fournitures médicales, ainsi que de nous aider à nous déplacer et à être sous la protection de la Grèce », disent-ils via Ef.Syn.

"Sur les trente enfants que nous avons, seuls dix vont bien. D’ici demain, ils mourront sans eau ni nourriture. Personne ne nous écoute, ni le commandement, ni les Nations Unies, ni personne. Nous demandons de l’aide. Nous sommes piégés ici sans eau ni nourriture…Nous mangeons la terre et les feuilles des arbres. « S’il vous plaît, aidez-nous dès que possible car les enfants vont mourir. »

Le parquet d’Orestiada a ordonné depuis mercredi aux autorités de procéder à une opération urgente de recherche et de sauvetage, ainsi que la Cour européenne des droits de l’homme, qui a accepté en quelques heures la demande de mesures conservatoires déposée par les réfugiés par l’intermédiaire du Conseil grec pour la Réfugiés et Humanrights360.

vidéo : www.youtube.com/watch?v=b-0xaqO2Svk&t=1s

« Les trafiquants nous ont amenés ici et nous ont laissés. J’ai une jambe amputée, elle a aussi une inflammation et ça progresse, j’ai besoin d’aide immédiatement, s’il vous plaît ».

Cependant, EL.AS (la police hellénique) fait preuve d’une indifférence exorbitante aux injonctions des autorités judiciaires, les sources policières fournissant des informations contradictoires qui sont une sorte de moquerie raillerie. Dans « Ef.Syn. » Des sources policières ont affirmé jeudi soir qu’il n’y avait pas eu de mobilisation, confirmant que EL.AS. n’exécute pas les ordres du parquet d’Orestiada et de la Cour de justice des Communautés européennes, alors qu’aux deux organisations, ils prétendent ne pas pouvoir localiser les réfugiés, bien qu’ils aient leur emplacement géographique précis depuis mardi.

vidéo : www.youtube.com/watch?v=sEtqxqS4ZBY

"Nous sommes syriens, les trafiquants nous ont amenés du côté grec, nous sommes sur une île, avec nous des petits enfants, des femmes, des malades et des handicapés. Nous n’avons ni eau, ni nourriture, ni couches. Il y a aussi de nombreux blessés. Nous demandons votre soutien, nous demandons, s’il vous plaît, de nous sauver. Regardez la fille dont l’oeil est enflé… regardee les enfants ils sont tous malades. Regardez, il pleut sur nous et en dessous de nous, il y a de la boue. « S’il vous plaît, aidez-nous, nous sommes ici depuis une dizaine de jours. »

Alors que la police fait semblant de ne rien savoir, une vidéo prise par les réfugiés de l’îlot jeudi matin montre des véhicules de l’armée et des soldats en uniforme sur la rive grecque opposée d’Evros leur demandant en anglais combien ils sont et d’où ils viennent. Une autre vidéo de l’îlot mercredi après-midi montre des hommes en noir sur la côte grecque sommant les réfugiés de retourner en Turquie.

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source : news.antiwar.com/2022/05/24/henry-kissinger-says-ukraine-should-cede-territory-to-russia-to-achieve-peace/

Henry Kissinger déclare que l’Ukraine devrait céder des territoires à la Russie pour parvenir à la paix

L’ancien secrétaire d’État a déclaré que les négociations devraient commencer dans les deux prochains mois.

par Dave DeCamp

24 mai 2022

L’ancien secrétaire d’État Henry Kissinger a déclaré lundi que l’Ukraine devrait céder à la Russie le territoire que Moscou et les séparatistes de Donbas contrôlaient avant d’envahir pour mettre fin à la guerre et a appelé à des négociations.

« Les négociations doivent commencer dans les deux prochains mois avant de créer des bouleversements et des tensions qui ne seront pas faciles à surmonter. Idéalement, la ligne de démarcation devrait être un retour au statu quo ante », a déclaré Kissinger au Forum économique mondial de Davos, en Suisse.

« Poursuivre la guerre au-delà de ce point ne concernerait pas la liberté de l’Ukraine, mais une nouvelle guerre contre la Russie elle-même », a-t-il ajouté.

La Russie contrôle la péninsule de Crimée depuis 2014, mais l’Ukraine revendique toujours le territoire, et les responsables ukrainiens ont déclaré qu’ils ne renonceraient pas à la Crimée pour mettre fin à la guerre. Avant l’invasion, les séparatistes contrôlaient une bonne partie de la région orientale de Donbas et cherchaient à obtenir l’autonomie par la mise en œuvre des accords de Minsk, que la France et l’Allemagne ont négociés.

Selon les accords de Minsk, le Donbas serait autonome tout en continuant à faire partie de l’Ukraine. Mais Kiev a refusé d’appliquer les accords depuis leur finalisation en 2015. Maintenant, alors que la guerre s’éternise, la Russie gagne lentement plus de territoire dans le Donbas et ailleurs dans l’est de l’Ukraine.

Kissinger a déclaré que l’Ukraine devrait être une zone tampon neutre entre la Russie et l’Europe. « L’Ukraine aurait dû être un pont entre l’Europe et la Russie, mais maintenant, alors que les relations sont remodelées, nous pourrions entrer dans un espace où la ligne de démarcation est redessinée et où la Russie est entièrement isolée », a-t-il déclaré.

Si de nombreux observateurs ont été surpris par le point de vue de Kissinger en raison de son rôle tristement célèbre dans la direction du bombardement secret du Cambodge par les États-Unis en tant que conseiller à la sécurité nationale du président Nixon, Kissinger promeut cette vision de l’Ukraine depuis des années. En 2014, peu après le coup d’État soutenu par les États-Unis à Kiev, il a écrit : « Bien trop souvent, la question ukrainienne est posée comme une épreuve de force : l’Ukraine rejoindra-t-elle l’Est ou l’Ouest. Mais si l’Ukraine doit survivre et prospérer, elle ne doit pas être l’avant-poste d’un camp contre l’autre - elle doit fonctionner comme un pont entre eux. »

Les commentaires de Kissinger à Davos ont provoqué la colère de certains responsables ukrainiens. S’adressant à ce qu’il a appelé des discussions en marge du Forum économique mondial, le conseiller présidentiel ukrainien Mykhailo Podolyak a déclaré que l’Ukraine « n’échange pas sa souveraineté pour que quelqu’un remplisse son portefeuille ». Le chemin le plus court pour mettre fin à la guerre - armes, argent, embargo".

Un point de vue similaire à celui de Kissinger a également été exprimé par le comité éditorial du New York Times dans un article publié le 19 mai. Le conseil a écrit : « Une victoire militaire décisive de l’Ukraine sur la Russie, dans laquelle l’Ukraine récupère tout le territoire que la Russie a saisi depuis 2014, n’est pas un objectif réaliste. (…) La Russie reste trop forte. »

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source : popularresistance.org/new-york-times-repudiates-drive-for-decisive-military-victory-in-ukraine/

Le New York Times rejette l’idée d’une « victoire militaire décisive » en Ukraine

Par John V. Walsh, Résistance populaire.

24 mai 2022

Appelle à des négociations de paix.

L’Ukraine doit négocier sur la base d’une « évaluation réaliste » et des « limites » de l’engagement des États-Unis et de l’OTAN, selon le NYT.

Il y a une semaine, nous avons pris note d’un article du New York Times du 11 mai, qui montrait que tout n’allait pas pour le mieux pour les États-Unis en Ukraine, et d’un article d’opinion complémentaire qui laissait entendre qu’un changement de direction était peut-être nécessaire.

Aujourd’hui, le 19 mai, « THE EDITORIAL BOARD », le Magistère complet du Times, est passé des allusions à un appel au clairon pour un changement de direction dans un éditorial intitulé de manière peu informative « The War Is Getting Complicated, and America Isn’t Ready ». Du haut de la page des opinions, le comité de rédaction a déclaré que la « victoire totale » sur la Russie n’est pas possible et que l’Ukraine devra négocier une paix qui reflète une « évaluation réaliste » et les « limites » de l’engagement des États-Unis. Le Times est l’un des principaux façonneurs de l’opinion publique pour l’Élite et ses prises de position ne sont donc pas à prendre à la légère.
Les Ukrainiens devront s’adapter aux « limites » américaines et faire des sacrifices pour le nouveau réalisme des États-Unis.

Le dictum éditorial du Times de mai contient les passages clés suivants :

" En mars, ce comité a fait valoir que le message des États-Unis et de leurs alliés aux Ukrainiens et aux Russes devait être le suivant : Peu importe le temps que cela prendra, l’Ukraine sera libre. …"

« Cet objectif ne peut pas changer, mais en fin de compte, il n’est toujours pas dans l’intérêt de l’Amérique de plonger dans une guerre totale avec la Russie, même si une paix négociée peut obliger l’Ukraine à prendre des décisions difficiles (souligné par jw). »

Pour qu’il n’y ait aucune ambiguïté, l’éditorial déclare que :

« Une victoire militaire décisive de l’Ukraine sur la Russie, dans laquelle l’Ukraine récupère tous les territoires que la Russie a saisis depuis 2014, n’est pas un objectif réaliste. … La Russie reste trop forte… »

Pour s’assurer que le président Biden et les Ukrainiens comprennent ce qu’ils doivent faire, le BUREAU ÉDITORIAL poursuit :

« … M. Biden devrait également faire comprendre au président Volodymyr Zelensky et à son peuple qu’il y a une limite à ce que les États-Unis et l’OTAN sont prêts à faire pour affronter la Russie, et des limites aux armes, à l’argent et au soutien politique qu’ils peuvent rassembler. Il est impératif que les décisions du gouvernement ukrainien soient fondées sur une évaluation réaliste de ses moyens et de la quantité de destruction que l’Ukraine peut encore supporter (souligné par jw). »

En lisant ces mots, Volodymyr Zelensky doit certainement commencer à transpirer. La voix de ses maîtres lui dit que l’Ukraine et lui-même devront faire des sacrifices pour que les États-Unis puissent sauver la face. Alors qu’il envisage ses options, ses pensées doivent sûrement remonter à février 2014 et au coup d’État de Maidan soutenu par les États-Unis qui a abouti à la sortie précipitée du président Ianoukovitch de son bureau, de son pays et presque de cette terre.
L’Ukraine est une guerre par procuration qui n’est que trop dangereuse

Aux yeux des éditorialistes du Times, la guerre est devenue une guerre par procuration des États-Unis contre la Russie en utilisant les Ukrainiens comme chair à canon - et elle échappe à tout contrôle :

« Le moment actuel est désordonné dans ce conflit, ce qui peut expliquer la réticence du président Biden et de son cabinet à poser des poteaux d’objectif clairs. »

« Les États-Unis et l’OTAN sont déjà profondément impliqués, militairement et économiquement. Des attentes irréalistes pourraient les entraîner encore plus profondément dans une guerre coûteuse et prolongée. »

« Les récentes déclarations belliqueuses de Washington - l’affirmation du président Biden selon laquelle M. Poutine ‹ ne peut pas rester au pouvoir ›, le commentaire du secrétaire à la Défense Lloyd Austin selon lequel la Russie doit être ‹ affaiblie › et la promesse de la présidente de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, selon laquelle les États-Unis soutiendraient l’Ukraine ‹ jusqu’à ce que la victoire soit remportée › - peuvent être des proclamations de soutien enthousiastes, mais ne rapprochent pas les négociations. »

Alors que le Times rejette ces déclarations comme des « proclamations enthousiastes », il n’est que trop clair que pour les néocons en charge de la politique étrangère américaine, l’objectif a toujours été une guerre par procuration pour abattre la Russie. Ce n’est pas devenu une guerre par procuration ; cela a toujours été une guerre par procuration. Les néoconservateurs fonctionnent selon la doctrine Wolfowitz, énoncée en 1992, peu après la fin de la guerre froide 1.0, par le néoconservateur Paul Wolfowitz, alors sous-secrétaire à la défense :

« Nous nous efforçons d’empêcher toute puissance hostile de dominer une région dont les ressources seraient, sous un contrôle consolidé, suffisantes pour générer une puissance globale. »

« Nous devons maintenir le mécanisme permettant de dissuader les concurrents potentiels de ne serait-ce qu’aspirer à une plus grande puissance régionale ou mondiale. »

Il est clair que si la Russie est « trop forte » pour être vaincue en Ukraine, elle est trop forte pour être abattue en tant que superpuissance.
Le Times a changé d’avis entre mars et mai. Qu’est-ce qui a changé ?

Après 7 ans de massacre dans le Donbas et 3 mois de guerre dans le sud de l’Ukraine, le comité de rédaction du Times a-t-il soudainement eu un élan de compassion pour toutes les victimes de la guerre et de la destruction de l’Ukraine et a-t-il changé d’avis ? Compte tenu du bilan du Times au fil des décennies, il semblerait que d’autres facteurs soient à l’œuvre.

Tout d’abord, la Russie a géré la situation de manière inattendue par rapport aux prédictions alarmistes de l’Occident.

Le soutien du président Poutine dépasse les 80 %.

165 des 195 nations, dont l’Inde et la Chine, qui représentent 35 % de la population mondiale, ont refusé de se joindre aux sanctions contre la Russie, laissant les États-Unis, et non la Russie, relativement isolés dans le monde.

Le rouble, dont M. Biden avait dit qu’il serait « en ruines », a non seulement retrouvé ses niveaux d’avant février, mais il est évalué à son plus haut niveau depuis deux ans, à 59 roubles pour un dollar, contre 150 en mars.

La Russie s’attend à une récolte exceptionnelle et le monde est avide de son blé, de ses engrais, de son pétrole et de son gaz, qui fournissent tous des revenus substantiels.

L’UE a largement succombé à la demande de la Russie, qui souhaite être payée en roubles pour le gaz. La secrétaire au Trésor, Mme Yellin, avertit les Européens suicidaires qu’un embargo sur le pétrole russe nuira davantage aux économies occidentales.

Les forces russes progressent lentement mais sûrement dans le sud et l’est de l’Ukraine après leur victoire à Marioupol, la plus grande bataille de la guerre jusqu’à présent, et une défaite démoralisante pour l’Ukraine.

Aux États-Unis, l’inflation, qui était déjà élevée avant la crise ukrainienne, a été poussée encore plus haut et a atteint plus de 8 %, la Fed s’efforçant maintenant de la contrôler en augmentant les taux d’intérêt. En partie à cause de cela, le marché boursier s’est rapproché du territoire baissier. Au fur et à mesure que la guerre progresse, beaucoup se sont joints à Ben Bernanke, ancien président de la Fed, pour prédire une période de chômage élevé, d’inflation élevée et de faible croissance - la redoutable stagflation.

Au niveau national, il y a des signes de détérioration du soutien à la guerre. Il est frappant de constater que 57 républicains de la Chambre des représentants et 11 républicains du Sénat ont voté contre le dernier paquet d’armement destiné à l’Ukraine, assorti d’une quantité considérable de viande de porc et de primes cachées pour les profiteurs de guerre. (Il est frappant de constater qu’aucun démocrate, pas un seul, pas même le plus « progressiste », n’a voté contre l’idée de jeter de l’huile sur le feu de la guerre qui fait rage en Ukraine. Mais c’est une autre histoire).

Et si l’opinion publique américaine reste favorable à l’implication des États-Unis en Ukraine, il y a des signes de dérapage. Par exemple, Pew rapporte que ceux qui pensent que les États-Unis n’en font pas assez ont diminué entre mars et mai. Alors que la stagflation s’installe avec l’augmentation des prix de l’essence et des denrées alimentaires et que des voix comme celles de Tucker Carlson et Rand Paul soulignent le lien entre l’inflation et la guerre, il est certain que le mécontentement va s’accroître.

Enfin, alors que la guerre devient moins populaire et qu’elle fait des ravages, un désastre électoral se profile en 2022 et 2024 pour Joe Biden et le parti démocrate, dont le Times se fait le porte-parole.
L’éditorial du NYT s’alarme de l’objectif insensé des néoconservateurs.

Il y a une note de panique dans cet appel à trouver une solution négociée maintenant. Les États-Unis et la Russie sont les principales puissances nucléaires du monde et disposent de milliers de missiles nucléaires en état d’alerte. Dans les moments de haute tension, les possibilités d’un Armageddon nucléaire accidentel ne sont que trop réelles.

La capacité du président Biden à garder le contrôle des événements est remise en question. Beaucoup de personnes de son âge peuvent gérer une telle situation, mais beaucoup ne le peuvent pas et il semble faire partie de cette dernière catégorie.

L’alarme est justifiée et la panique est compréhensible.

Les néoconservateurs contrôlent désormais la politique étrangère de l’administration Biden, du parti démocrate et de la majeure partie du parti républicain. Mais les néoconservateurs aux commandes vont-ils abandonner et s’engager dans une direction raisonnable et pacifique comme l’exige l’éditorial du Times ? C’est un fantasme de premier ordre. Comme l’a fait remarquer un commentateur, les faucons comme Nuland, Blinken et Sullivan n’ont pas de marche arrière ; ils font toujours coup double. Ils ne servent pas les intérêts de l’humanité ni ceux du peuple

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source : nevermore.media/2022/03/09/this-mexican-town-kicked-out-the-government-10-years-ago-and-is-thriving/

Cette ville mexicaine a chassé le gouvernement il y a dix ans

Par Nevermore.
9 mars 2022 - -

Et elle prospère.

Récemment, deux membres de l’équipe Nevermore se sont rendus dans la ville autonome de Cheran, dans le Michoacan, un État qui a longtemps été un point chaud de la sanglante guerre de la drogue au Mexique. Après avoir été terrorisés pendant des années par les narcotrafiquants qui opéraient de concert avec le gouvernement de l’État, les habitants de Cheran se sont révoltés en 2011, réussissant à expulser à la fois le gouvernement et le crime organisé de leur municipalité.

Après avoir pris le contrôle de leur communauté, les habitants de Cheran ont décidé d’interdire les partis politiques, d’abolir la police et d’établir une forme unique de démocratie participative basée sur leurs traditions indigènes Purepecha.

En tant qu’anarchistes, c’était vraiment magnifique de se trouver dans un endroit où les gens ont pris le contrôle de leur communauté aux dépens de l’État, et nous avons été ravis de voir que la communauté, selon toutes les apparences, se porte très bien.

Cheran est maintenant autonome depuis plus de 10 ans, et malgré la narco-violence endémique dans une grande partie du Michoacan, la ville autonome semble être une sorte d’oasis au milieu de la guerre de la drogue en cours au Mexique. Selon un article paru en 2017 dans le Los Angeles Times, ZÉRO meurtres ou enlèvements ont été signalés à Cheran au cours des six années qui ont suivi le soulèvement.

En 2018, le Guardian a rapporté que pas un seul enlèvement ou tentative d’extorsion n’avait été signalé à Cheran depuis le soulèvement de 2011.

Étant donné que Cheran est situé dans le Michoacan, un État dans lequel la narco-violence est endémique, le succès de l’auto-gouvernance de Cheran est tout simplement remarquable.

La ville de Cheran K’eri est située à 100 kilomètres de Morelia, la capitale de l’État de Michoacan. Elle abrite plus de 20 000 personnes, dont la plupart sont des Purepecha, une nation indigène célèbre pour avoir résisté à toutes les tentatives de l’empire aztèque de les soumettre.

Sur sa place centrale, où presque toutes les villes du Mexique arborent le drapeau mexicain, se dresse le drapeau du peuple Purepecha, sur lequel on peut lire : Juchari Uinapekua, que l’on peut traduire par « Notre force ».

Le territoire de Cheran couvre une superficie de plus de 20 000 hectares, et l’économie de la région a longtemps été basée sur la récolte commerciale de résine de pin, ainsi que sur l’agriculture, le bois et l’élevage de bétail.

Cependant, à partir de 2008, la communauté a commencé à souffrir de l’exploitation forestière illégale, pratiquée par des hommes d’affaires qui sont également impliqués dans le commerce de la drogue et l’industrie de l’avocat.

Ces bûcherons ont commencé à abattre les forêts de la communauté à un rythme effréné. Entre 2008 et 2011, plus de 8 000 hectares ont été dévastés. Pour aggraver les choses, ces éléments criminels qui profitaient de la destruction des forêts le faisaient dans l’intention de convertir les terres déboisées en plantations d’avocats.

En d’autres termes, ils prévoyaient de s’emparer de la région et de l’utiliser comme base d’opérations pour les années à venir.

Les femmes étaient les chefs de file du soulèvement

Mme Josefina Estrada Velázquez, qui travaillait uniquement comme femme au foyer avant le soulèvement du 15 avril 2011 et faisait partie du premier Consejo Mayor, explique qu’elles avaient remarqué depuis lors que le Parti révolutionnaire institutionnel (PRI) encourageait les politiques d’exploitation forestière et qu’il était donc nécessaire d’expulser les partis politiques qui ne cherchaient qu’à défendre leurs intérêts.

Elle explique que le PRI avait des accords politiques avec les « Malos », comme la communauté appelle les bûcherons et les narcos qui terrorisaient la communauté, car ils bénéficiaient de la protection du gouvernement.

« Le PRI leur avait promis une forêt pour qu’ils (le PRI) puissent entrer au gouvernement. Par peur des Malos et de leurs menaces, plus personne n’allait dans la forêt car ils ne revenaient pas. »

La situation de terreur n’a pas cessé et les bûcherons non plus. Mais la situation a changé lorsque les « Malos » ont commencé à exiger de plus en plus de la communauté.

« Au début, c’était la forêt, puis le bétail, puis les femmes. Puis la ‹ Plaza › (frais d’extorsion). Avant, ils entraient dans la ville armés. Nous ne pouvions rien faire ». a expliqué Josefina.

Mais tout a changé lorsqu’ils ont commencé à exploiter la source d’eau qui alimentait la communauté. Josefina a dit que cela a déclenché une réaction en chaîne, et les habitants de Cherán à défendre la ville, puisque l’héritage de leurs ancêtres Purepecha avait été de prendre soin de la forêt, car sans elle l’eau qui atteint la communauté s’épuiserait.

Le matin du 15 avril 2011, les cloches ont commencé à sonner à 7 heures du matin pour rallier la population. Il est important de souligner que cette réaction soudaine n’était pas organisée, même si la résistance de la communauté durait depuis plusieurs années, et que ce sont les femmes et les jeunes qui l’ont lancée. La plupart des hommes travaillaient dans les champs, et certains avaient émigré aux États-Unis pour trouver des emplois afin d’aider leurs familles restées au pays.

Selon Mme Josefina, « Lorsque nous avons sonné les cloches, des femmes et des jeunes ont commencé à arriver. Je ne sais pas d’où venaient tant de personnes à ce moment-là. Nous avons attaqué par surprise, le jour où nous avons affronté ces gens. À ce moment-là, je n’avais pas peur et j’étais déterminée, quoi qu’il arrive. »

Armés uniquement de pierres, de bâtons, de pétards artisanaux et de cocktails Molotov, les jeunes hommes et femmes ont réussi à arrêter cinq des trafiquants de bois. Puis, après quelques heures, des personnes armées sont entrées dans la ville avec l’intention de secourir les détenus.

« Ils sont arrivés en tirant des balles. Le président municipal lui-même est allé avec eux, avec les Malos, et Dieu merci, les jeunes sont sortis pour nous défendre avec des pierres, des bâtons et des bouteilles d’essence. C’est alors que nous avons parlé à Zamora pour parler à l’armée et ils nous ont dit non, qu’il fallait un document signé par le président municipal pour qu’ils puissent entrer. Ensuite, nous avons parlé au gouvernement de Morelia et ils nous ont dit la même chose. »

Le moment le plus critique de la confrontation a eu lieu lors de la tentative de sauvetage des détenus, lorsque la communauté n’a eu d’autre choix que d’utiliser des « cuetones », qui sont des feux d’artifice normalement utilisés lors des fêtes patronales de la ville. Avec des pierres, des bâtons et des cuetones, ils ont réussi à résister, et bien qu’il y ait eu des morts dans les deux camps, les habitants de Cheran l’ont emporté.

Que s’est-il passé ensuite ?

Après le soulèvement et l’expulsion des Malos, la ville a réussi à s’organiser en utilisant une forme de prise de décision politique transmise par les ancêtres Purepecha. La forme de gouvernance qui en résulte, que l’on pourrait décrire comme une démocratie horizontale hautement participative, est unique au Mexique.

Pendant des centaines d’années, Cheran a été composé de quatre quartiers distincts, et il a été décidé qu’ils formeraient un conseil qui prendrait des décisions pour leur quartier particulier.

Pedro Chavez Sanchez, qui a été à la tête du Consejo Mayor entre 2015 et 2018, a expliqué qu’après le soulèvement, il n’y a pas eu de tentative significative de la part du gouvernement de l’État ou du gouvernement fédéral de travailler avec les habitants de Cheran pour résoudre les problèmes qui avaient conduit au soulèvement. C’est pourquoi ils ont décidé de créer leur propre forme de gouvernance, plutôt que d’essayer de réformer le système qui les avait laissé tomber. C’est ainsi que Cheran est devenue une ville autonome.

« Nous n’avions pas d’autre choix que de revenir à nos racines, de nous guider à travers notre vision du monde, de redessiner un mode de vie que nous avions déjà et qui devait être renforcé. Nous avons donc dit : ‹ Plus de partis politiques, plus de police et plus de mairie conventionnelle ›. »

L’autogestion à Cheran

Les quatre quartiers sont organisés par des groupes de voisins appelés « fogatas », un dans chaque rue. De là, les voisins envoient des représentants à quatre conseils communaux, un pour chaque quartier. Les postes sont tournés afin que toute la population participe. Il est très fréquent que des femmes au foyer occupent des postes importants au sein du Consejo Mayor.

Les Fogatas, pendant le soulèvement, sont nées du besoin de sécurité. Des groupes de voisins se sont organisés pour surveiller leur quartier, dans le but d’assurer la sécurité de tous pendant le conflit. Par la suite, elles sont devenues des unités d’organisation politique dans une forme de démocratie directe. Les Fogatas envoient des représentants à quatre Conseils communaux, qui à leur tour envoient chacun 3 représentants au Consejo Mayor, qui a pris la place de l’ancien gouvernement municipal. Les campagnes et le prosélytisme politique dans le style partisan de l’État mexicain ont également été interdits.

La force de police qui existait avant le soulèvement a été dissoute et remplacée par une « Ronda Comunitaria », composée d’environ 40 membres de la communauté. Compte tenu de la situation politique du Michoacan, où la narco-violence est endémique dans une grande partie de l’État, il était important que la communauté soit en mesure d’assurer la sécurité de ses habitants.

C’est pourquoi les membres de la Ronda Comunitaria maintiennent une vigilance constante, en assurant une garde armée 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7 aux 3 points d’accès à la ville. Bien que les membres de la Ronda Comunitaria ne soient pas des bénévoles, on nous a dit qu’ils étaient modestement payés et qu’ils étaient motivés par leur engagement à protéger la communauté.

Cherán a donc commencé à chercher à faire reconnaître juridiquement son droit à l’autonomie, en avançant un argument fondé sur l’article 2 de la constitution mexicaine, qui protège le droit des communautés indigènes à se gouverner elles-mêmes. En 20XX, la Cour suprême du Mexique a statué en faveur de la communauté, ce qui signifie que l’autorité du Consejo Mayor sur le territoire de Cheran K’eri, y compris celle de l’autodéfense, est considérée comme légale et légitime par l’État mexicain.

Pedro Chavéz explique : « Nous avons le droit constitutionnel d’autodétermination pour décider comment nous organiser politiquement, culturellement, éducativement et surtout pour la défense de notre territoire. Nous ne sommes pas en dehors de la loi ou du cadre constitutionnel. »

En 2012, l’expulsion des partis politiques de Cherán a conduit ceux-ci à ne pas participer aux élections fédérales de cette année-là. Selon les personnes avec lesquelles nous avons parlé, une énorme division a été causée par la concurrence entre les six partis politiques qui existaient à Cheran, qui poursuivaient les intérêts de leurs partis plutôt que de servir la communauté. Tout le monde s’accorde à dire que la communauté se porte beaucoup mieux sans partis politiques et que de nombreux conflits ont été évités depuis leur interdiction.

Derrière la déforestation et la vente illégale de cette ressource naturelle se cache l’industrie de l’avocat, qui rapporte des millions de dollars. Les profits de cette industrie sont une raison suffisante pour les bûcherons de dévaster des milliers d’hectares et de les remplacer par des plantations d’avocats.

« Implicitement, notre mouvement est contre le système, parce qu’en fin de compte, nous nous opposons à la voie sur laquelle le néolibéralisme nous entraîne (…) Il est facile de comprendre la logique qu’ont les Malos pour s’approprier nos territoires. Ils coupent et brûlent tout pour que les gens disent qu’il n’y a pas de raison de ne pas changer l’usage légal de la terre, et de cette façon ils s’approprient nos terres, pour que nous devenions leurs esclaves ou simplement de la main d’œuvre bon marché pour eux ».

Défendre la Terre Mère

Selon Pedro Chavez, le peuple de Cheran est guidé par trois grands principes : La justice, la sécurité et la défense de leur territoire ancestral. En tant que peuple indigène Purepecha, ils considèrent la défense de la Terre Mère comme une responsabilité sacrée, et l’importance de prendre soin de la terre a été une partie importante de ce qui les a motivés à se révolter à la fois contre le gouvernement fédéral et les narcos.

Cherán dispose de gardes forestiers municipaux et d’un projet de reboisement. En tant que communauté, ils ont décidé de préserver leurs forêts et de n’utiliser la résine qui en provient que pour la commercialiser et obtenir un revenu qui fournit un emploi à certains habitants et maintient un reboisement constant des forêts.

Cette décision n’a pas été prise à la légère, car l’industrie de l’avocat est très rentable. Cependant, ces profits ont un coût, à savoir la violence et la terreur exercées par le crime organisé, ainsi que par les multinationales et les politiciens et bureaucrates corrompus.

M. David, membre du Conseil des biens communaux, nous a emmenés pour une journée de garde dans la forêt jusqu’aux limites de Cherán avec Zacapu dans « La Nevería ». Ici, nous avons pu voir la frontière entre le territoire de Cheran et celui de leurs voisins. Sur cette photo, vous pouvez voir la différence entre les forêts de Cheran et les terres déboisées qui ont été préparées pour les plantations d’avocats.

M. Chavez a clairement exprimé sa position à l’égard du commerce des avocats, en disant : « Ici, nous l’appelons « l’or vert », mais ce qu’il apporte, c’est la violence aux communautés. De plus, il détruit l’écosystème ». En effet, le plant d’avocat absorbe beaucoup d’eau et n’est pas bien vu par les membres de la communauté de Cherán.

David nous a dit que le territoire de Cheran comprend environ 16 000 hectares de forêt naturelle. Sur ce total, près de la moitié a été coupée dans les années qui ont précédé le soulèvement de 2012. M. David nous a dit que 80 % de ces 8 000 hectares ont été reboisés depuis que la communauté a pris le contrôle.

« Nous reprenons et sauvons ce que nos ancêtres nous ont appris : prendre soin de nos ressources naturelles. Ne pas permettre à d’autres personnes extérieures à notre territoire, notamment les multinationales qui ne font que piller… La seule chose que nous faisons, c’est de le mettre en pratique, nous n’avons pas de beaux discours. Nous sommes les gardiens de la nature de Cherán ».

En d’autres termes, la communauté a pris la décision consciente de faire passer la santé de l’écosystème avant les profits potentiellement massifs de l’industrie de l’avocat. C’est une partie de ce que nous avons trouvé si inspirant à Cheran - voici une communauté qui a choisi de donner la priorité à la santé de la terre et de la communauté sur l’argent.

Cela dit, les habitants de Cheran vivent de la forêt. La principale industrie de Cheran est la résine de pin, qui a un large éventail d’utilisations commerciales et qui est utilisée dans la production de peinture, de cosmétiques, de mastics et de divers produits chimiques. Bien que de nombreuses personnes soient employées dans cette industrie, les revenus ne sont pas comparables aux profits possibles avec les avocats. Cependant, la communauté préfère un revenu plus modeste à la violence qu’attire le commerce des avocats.

M. David espère que l’exemple de Cheran servira d’inspiration à d’autres communautés : « Prenons soin de ce que nous avons, notamment des territoires des peuples originels… Je crois que nous sommes l’avenir du monde car nous sommes très liés à la terre. »

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source : lareleveetlapeste.fr/a-grenoble-un-collectif-citoyen-reinstalle-des-cabines-telephoniques-une-premiere-mondiale/

A Grenoble, un collectif citoyen réinstalle des cabines téléphoniques, une première mondiale

« Actuellement, les smartphones sont fliqués et contrôlés. C’est une question de liberté, même dans les services publics »

19 mai 2022 - Maïté Debove
Le collectif Observatoire international pour la réinstallation des cabines téléphoniques (Oirct) milite depuis un an pour obtenir la remise en place de 22 cabines dans l’ensemble de la ville de Grenoble. Si la mairie n’a pas encore autorisé le projet, les membres du collectif ont décidé de franchir une nouvelle étape et d’installer d’eux-mêmes des cabines. L’une d’entre elles a été inaugurée au sein du parc Marliave, ce 25 mars 2022.

Existantes pendant une vingtaine d’années en France, entre leur apogée avec l’installation de 300 000 cabines en 1997 et la suppression des 5450 cabines encore en service en 2017, les cabines téléphoniques reviennent finalement à travers ces installations sauvages.

Les conditions qui ont mené à son déclin sont attribuées à la croissance de la téléphonie mobile. Mais l’explication serait-elle plus nuancée ? Le journal indépendant Le Postillon s’est penché sur la question. Dans un article publié début 2021, il détaille :

« Que serait devenu le monde si les cabines avaient été moins chères ? Par exemple, si on avait pu prendre un abonnement pour des appels illimités au même prix qu’un forfait de portable ? Si on avait pu récupérer sa pièce au lieu de la perdre dès qu’on tombait sur un répondeur ? Leur disparition est-elle la conséquence ou la cause de l’invasion des portables ? À quel point la négligence avec laquelle elles ont été entretenues a accéléré leur chute ? »

L’article a reçu de bons retours qui ont motivé le média à créer l’Oirct au printemps de la même année, afin de mobiliser une lutte concrète pour la réinstallation de 22 cabines téléphoniques dans Grenoble. Une première cabine téléphonique éphémère et mobile invitait les passants à téléphoner le 22 octobre 2021, avant l’inauguration d’une cabine qui se veut pérenne et qui est gratuite, le 25 mars 2022. “Une première mondiale”, selon le collectif.

Vincent, membre de l’Oirct, développe pour La Relève et La Peste que le but est avant tout de mettre en avant un objet collectif et mutualisé, sur lequel on ne peut pas faire de statistiques, contrairement aux portables, qui sont personnels :

« Actuellement, les smartphones sont fliqués et contrôlés. C’est une question de liberté, même dans les services publics »

Alice Lecomte estime pour le quotidien régional Ouest-France : « Nous voulons lutter contre la numérisation de nos vies, de notre société. Aujourd’hui, nous revendiquons le droit de vivre sans smartphone, sans être constamment tracés. »

Elle explique également : « Nous ne sommes pas nostalgiques. Mais le numérique laisse beaucoup de monde de côté, comme les personnes âgées ou celles vivant à la campagne. Il leur est plus compliqué d’avoir accès aux services publics ou à des aides pour réaliser leurs démarches. »

La lutte fait son chemin. La cabine reçoit du succès et des dizaines d’appels sont passés tous les jours, avec un record de 70 appels, selon Alice Lecomte. L’Oirct continue de proposer des idées : l’installation de leur cabine mobile au sein de festivals, la disposition d’un téléphone fixe gratuitement ou contre un prix modique au sein de bars, ainsi que continuer la réinstallation de cabines pérennes.

L’Oirct a proposé son projet de 22 cabines dans le cadre du budget participatif de la Ville de Grenoble, et les habitants l’ont retenu le 26 mars, lors du forum des idées du budget. Une deuxième étape de vote et de sélection par la municipalité aura lieu à l’automne.

Vincent nous explique que si cette inscription dans le budget est institutionnelle, le mouvement de l’Oirct est avant tout sauvage, afin de ne pas avoir à dépendre de longues procédures administratives pour être porteur de changement. Pour l’heure, la cabine du parc Marliave est toujours en place. Une nouvelle cabine sera installée le 4 juin.

Le Postillon revendique : « Demander le retour des cabines téléphoniques, c’est exiger le droit de pouvoir vivre sans téléphone portable. Il y a tant de combats à mener, mais voilà, on en a choisi un qui fait converger les luttes contre l’individualisme, l’extraction des métaux rares, la fonte de la banquise, l’abrutissement par les écrans, la publicité ciblée, la traçabilité de tous vos faits et gestes. »

Crédit photo couv : GUILLAUME SOUVANT / AFP

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source : stopcarnet.fr/

📣Autour du Carnet, la lutte continue ! ✊🐺

🛠CHANTIER CO’ DETERRE ET FESTIF DU 8 AU 12 JUIN 🥁
au lieu-dit les terres près de l’île du Carnet !

🛑 Le Grand Port Maritime Nantes Saint-Nazaire est déterminé à relancer le projet industriel du Carnet, ça tombe bien on est également déter à relancer à la lutte ✊😛
Et pour cela on aura besoin de vous… et surtout la nature libre et sauvage de l’estuaire de la Loire aura besoin de vous !

🛑 Une maison pour la défense de l’Estuaire et du Carnet est en cours de construction aux terres, alors du 8 au 12 Juin viens poser ta tente ou ton camion 🚐⛺, ramène tes outils ou non, et tout simplement viens pour quelques heures ou pour toute la durée de l’évènement pour aider sur le chantier mais aussi le week-end participer à d’autres animations (discussions et autres surprises) 😊

🛑 Les infos pratiques et les précisions sur le programme à venir bientôt sur le site web horsdlaloire.noblogs.org 😉
Et déjà des infos plus précises sur le pourquoi de cet évènement et pourquoi il est nécessaire de relancer la lutte au Carnet sur le flyer à partager autour de vous 😊

Nous sommes la loire qui se défend !
Nous sommes toutes et tous des enfants du Carnet !

N.B : si tu veux venir en semaine participer au chantier collectif de construction de la maison du Carnet, c’est top si tu envoie un petit mail auparavant à :
horsdlaloire@riseup.net

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On n’attend pas !! Manifestation partout le 11 juin contre le racisme et l’extrême droite, pour l’égalité des droits de toutes et tous, pour la justice sociale et climatique !

à Paris 15 h Place Blanche

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