30 mars 2022. Les titres des articles sont en tête de l'envoi

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Il y a 80 ans : L’Armée populaire de libération de la Grèce émerge. - La Grèce réitère sa politique de la porte ouverte pour les Ukrainiens - Six ans d’échec. Il est temps de laisser tomber l’accord (UE-Turquie) - Affaire Vincenzo Vecchi, par Eric Vuillard : « L’avocat général, Athanasios Rantos, peut-il être impartial ? »

Chili. Le Gouvernement Boric commence par retirer 139 plaintes contre des prisonniers de la révolte sous le coup de la loi sur la Sécurité de l’Etat

La Turquie n’imposera pas de sanctions anti-russes malgré l’offre de réintégrer le programme F-35

L’armée américaine renforce son soutien à l’Arabie saoudite qui bombarde le Yémen

La tournée européenne désastreuse de Biden

La guerre en Ukraine met fin à la mondialisation, estime le patron de BlackRock

La surveillance et la répression des militant.e.s écologistes se systématisent au Carnet et aux bassines !

L’Etat français lance la procédure de dissolution du Groupe Antifasciste Lyon et Environs.

Hommage à Federico Martín Aramburú

JOURNÉE INTERNATIONALE DE SOUTIEN À LIBRE FLOT LE 4 AVRIL – à Paris 18 h Ménilmontant

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source : www.defenddemocracy.press/80-years-ago-the-greek-peoples-liberation-army-emerges/

Il y a 80 ans : L’Armée populaire de libération de la Grèce émerge.
25/03/2022

Fédération Internationale des Résistants (FIR)

La résistance armée s’est développée dans tous les territoires occupés par le fascisme allemand et ses alliés, entravant les objectifs stratégiques des occupants en exigeant le déploiement de plusieurs divisions pour le combat et donc l’absence des lignes de front.

L’une des plus grandes structures militaires, avec plus de 100 000 combattants à la fin, fut l’Armée populaire de libération grecque (Ellinikos Laikos Apelevtherotikos Stratos, ELAS). Elle a été fondée le 16 février 1942 par le Front de libération nationale grec (Ethnikó Apelevtherotikó Métopo, EAM). L’abréviation ELAS signifie phonétiquement « Hellas » en grec moderne, le nom propre de la Grèce. La tâche principale de l’ELAS était de lutter contre les forces d’occupation allemandes et italiennes. Après la libération, l’ELAS devait garantir l’indépendance nationale et assurer l’établissement de conditions démocratiques et d’élections libres.

Avant même février 1942, Aris Velouchiotis avait rassemblé des unités armées dans l’arrière-pays au nom du KKE. Après la formation de l’ELAS, Velouchiotis a formé les premières unités de partisans en mai, qui ont participé à la spectaculaire opération de sabotage du 25 novembre 1942, l’explosion du pont ferroviaire de Gorgopotamos. Conjointement avec l’EAM, l’ELAS s’est développée pour devenir la plus forte et la seule force militaire suprarégionale dans la lutte de résistance grecque. Elle est rejointe par des groupes de partisans locaux en 1943. Velouchiotis restait le « Kapetanios » (chef des partisans), qui en cette qualité était une figure légendaire de la lutte de libération de l’ELAS. À la mi-1943, l’ELAS comptait environ 50 000 hommes et femmes sous les armes. Presque autant encore faisaient partie de la réserve (non armée) de l’ELAS. Bien que le quartier général britannique ait en fait soutenu les forces monarchistes, il a conclu un accord de bande nationale avec l’ELAS en juillet 1943 en la reconnaissant comme une « armée alliée ». Les Britanniques, qui fournissaient également des armes et du matériel, étaient principalement intéressés par des attaques sur les voies d’approvisionnement des troupes italiennes et allemandes.

Dans le même temps, l’ELAS a combattu pour les « zones libérées » dans diverses régions de Grèce jusqu’au début de 1944. C’est là que, le 10 mars 1944, l’EAM a proclamé le « gouvernement de montagne » de « l’Hellas libre » - le « Comité politique de libération nationale ».

Dans les rangs des partisans grecs se trouvaient également des antifascistes étrangers. Des prisonniers politiques des centres de détention allemands, utilisés comme « Strafdivision 999 », entre autres Wolfgang Abendroth, Ludwig Gehm et Falk Harnack, membre de la « Rose blanche », combattent dans les rangs de l’ELAS à partir de l’hiver 1943. Même des soldats italiens ont fait défection - avec leurs armes - pour rejoindre l’ELAS lorsque l’Italie a rompu l’alliance de l’Axe en 1943.

Après la victoire militaire sur les forces d’occupation allemandes, les unités de l’ELAS ont toutefois constaté que le haut commandement britannique se préoccupait avant tout de désarmer les partisans grecs et de restaurer la monarchie grecque. Lorsque, au cours d’une manifestation de l’EAM contre le gouvernement grec rétabli, le 3 décembre 1944, sur la place Syntagma d’Athènes, les forces de police grecques ont ouvert le feu sur les manifestants non armés sous les yeux des observateurs britanniques, une confrontation militaire avec les troupes britanniques a commencé, qui s’est terminée par le traité de Varkiza et a signifié la démobilisation des forces de l’ELAS. Comme les forces royalistes - soutenues par l’armée britannique - ont continué à persécuter les partisans de l’ELAS avec une grande violence, on parle à juste titre de guerre civile grecque, qui a duré de 1946 à 1949. De nombreux commandants démobilisés de l’ELAS ont dû quitter le pays avec leurs familles pour échapper aux persécutions qui commençaient. Ils ont trouvé refuge en Bulgarie, en Hongrie, en Roumanie et en Pologne.

Ce n’est qu’en 1982 - malgré les protestations massives de la droite - qu’une loi a été adoptée en Grèce, reconnaissant la lutte de l’EAM/ELAS comme faisant partie de la Résistance nationale. La FIR et ses fédérations membres ont apprécié ces réalisations héroïques de la résistance grecque pour la défaite de la barbarie fasciste dès leur fondation et ne les oublieront jamais.

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Les deux visages de la "philoxenie"

source : www.infomigrants.net/en/post/39424/greece-reiterates-open-door-policy-for-ukrainians

La Grèce réitère sa politique de la porte ouverte pour les Ukrainiens

Par ANSA Publié le : 2022/03/24

La Grèce est déterminée à accueillir les réfugiés ukrainiens, selon le ministre grec des migrations Notis Mitarakis. Depuis le début de l’invasion russe, 13 000 personnes se seraient rendues en Grèce depuis l’Ukraine.

Le ministre grec des migrations et de l’asile, Notis Mitarakis, a réaffirmé que son pays était prêt à accueillir davantage de réfugiés ukrainiens qui fuient leur pays en raison de l’invasion russe en cours, dans un discours prononcé devant le Parlement mardi 22 mars. « Nous sommes prêts pour les dispositions d’hospitalité. Et nous sommes prêts à enregistrer les gens et à leur fournir une protection temporaire », a annoncé M. Mitaraki.

« Le système d’accueil national dispose de la disponibilité immédiate de 15 000 lits », a précisé M. Mitarakis.

13 000 réfugiés d’Ukraine sont arrivés jusqu’à présent

Miratakis a poursuivi en indiquant que la Grèce a déjà accueilli un total de 13 000 réfugiés ukrainiens.

« Nous avons créé un centre d’accueil à Promachonas, le principal point d’entrée ; nous avons créé une voie d’entrée spéciale et nous avons rapidement rénové un vieux bâtiment afin d’avoir une zone d’accueil appropriée, avec la présence d’un soutien médical plus important, plus des boissons chaudes, de la nourriture et un accueil chaleureux », a déclaré Mitarakis.

La Grèce dispose de plusieurs structures d’accueil prêtes à accueillir les Ukrainiens, a indiqué le ministre. L’une d’elles, située à Sintiki, est une nouvelle installation qui est utilisée pendant les premiers jours pour ceux qui arrivent de Promachonas, qui se trouve à seulement cinq kilomètres de la frontière.

En outre, M. Mitarakis a déclaré que le gouvernement avait mis en place les installations d’Elefsina et de Serres pour accueillir les Ukrainiens, avec 15 000 lits disponibles dans un premier temps, qui pourraient être progressivement portés, si nécessaire, à 30 000.

Il a expliqué que le ministère allait créer une plateforme électronique de pré-enregistrement qui sera opérationnelle à partir du 28 mars pour permettre à tous les bénéficiaires potentiels de transférer leurs données de base et de recevoir un rendez-vous personnalisé dans les bureaux du service d’asile.

Il a ajouté que le processus de délivrance d’une carte d’identité de protection temporaire débutera « le 4 avril dans les bureaux régionaux d’asile de Thessalonique, d’Attique, de Patras et de Crète. »

Accusations de refoulement contre la Grèce

Bien que le gouvernement grec actuel ait lancé des politiques d’accueil des réfugiés d’Ukraine, il n’en va pas de même pour les réfugiés d’autres régions du monde et les migrants.

Les groupes de défense des migrants et des réfugiés ont critiqué à plusieurs reprises les conditions sordides des installations d’accueil grecques et la police grecque a été accusée de procéder à des refoulements illégaux en mer Égée, renvoyant les migrants et les réfugiés vers la Turquie sur des bateaux impropres à la mer sans leur permettre de demander l’asile.

Les responsables grecs ont nié ces allégations, mais le gouvernement conservateur a ouvertement parlé de ses objectifs de réduction des arrivées de migrants et de réfugiés en situation irrégulière.

Lors de son discours devant le Parlement mardi, M. Mitarakis a loué les efforts déployés pour empêcher le passage des frontières, affirmant que « alors que l’Europe connaît une augmentation de 57 % des flux de personnes entrant sur son territoire, la Grèce a repris le contrôle et n’est pas la principale porte d’entrée. » Il a déclaré que la Grèce avait réduit les arrivées de 72 422 en 2019 à 8 745 en 2021, « les flux les plus bas de la décennie. »

Mitarakis a affirmé que son gouvernement avait obtenu « le rétablissement du contrôle de l’immigration (…) par la confrontation drastique de l’immigration illégale. …Maintenant, nous investissons dans l’immigration légale, en réformant et en numérisant tout, et en simplifiant les procédures. »

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source : Six years of failure. Time to ditch the Deal – Aegean Boat Report

Six ans d’échec. Il est temps de laisser tomber l’accord

L’accord UE-Turquie a été signé il y a six ans aujourd’hui (il est entré en vigueur deux jours plus tard, le 20 mars 2016).

Comme nous l’avons conseillé à l’époque, ainsi que beaucoup d’autres, l’accord était une mauvaise idée, écrite dans un moment de panique par le personnel de l’UE qui avait vu, dans leur désespoir d’empêcher les réfugiés d’entrer dans leur pays, les États membres de l’UE envoyer des officiers armés et construire des murs le long de leurs frontières avec d’autres États membres de l’UE : en bref, l’UE a vraiment cessé d’exister pendant plusieurs mois en 2015-16.

L’accord enfreint le droit international : il exige que la Turquie empêche les gens de partir, ce qui est un droit humain fondamental, et que toute personne qui quitte la Turquie soit immédiatement renvoyée, ce qui enfreint non seulement le droit international sur le refoulement, mais aussi sur le fait que toute personne qui arrive dans un pays et demande à demander l’asile doit être autorisée à le faire, et que chaque demande doit être examinée sur la base de ses mérites individuels - il est illégal de refuser automatiquement l’asile à quelqu’un en raison du pays d’où il vient ou a voyagé.

Et bien sûr, cela n’avait aucune chance de fonctionner. Tout d’abord parce qu’il était évident que l’UE ne tiendrait pas les promesses qu’elle avait faites au gouvernement turc (accélérer le processus d’adhésion de la Turquie à l’UE et permettre à tous les Turcs de voyager sans visa dans l’UE - il y a de bonnes raisons pour lesquelles ces promesses n’ont pas été tenues, mais l’UE les a faites - et qu’elle donnerait à la Turquie 6 milliards d’euros d’ici le 31 décembre 2018. En fait, en mars 2021, elle ne lui avait versé que 4,7 milliards d’euros), d’autre part parce qu’il est - comme cela a été prouvé - littéralement impossible d’empêcher les gens de quitter un pays pour un autre (depuis la signature de la déclaration, au moins 213 558 personnes sont arrivées en Grèce. Ce chiffre est probablement beaucoup plus élevé, car il n’inclut pas les personnes repoussées illégalement à la frontière d’Evros, et parce que le gouvernement grec lui-même a publié des chiffres montrant qu’au moins 25 000 personnes de plus sont arrivées que ce qui figure dans ses propres documents rendus publics).

Ces promesses non tenues ont, comme on pouvait s’y attendre, conduit le gouvernement turc à refuser d’accepter les « rapatriés » syriens.

Enfin, cette mesure n’a jamais été susceptible de fonctionner car elle montre clairement à quel point l’UE a peur des demandeurs d’asile, une peur que le gouvernement turc pourrait facilement utiliser pour faire pression sur l’UE. Non seulement elle enfreint le droit international, et non seulement l’UE n’a pas tenu toutes les promesses qu’elle a faites en son sein, mais elle a aussi considérablement affaibli l’UE et le système juridique international dans lequel l’UE existe et qu’elle prétend défendre.

Comme nous l’avons noté (la liste des « pays tiers sûrs » du jeudi 10 mars 2022 a presque doublé le nombre de rejets de demandes d’asile), la nouvelle loi grecque, adoptée le 8 juin 2021, désigne la Turquie comme « pays tiers sûr » pour les réfugiés de Syrie, d’Afghanistan, du Bangladesh, de Somalie et du Pakistan, outre le fait qu’elle est utilisée illégalement pour refuser l’asile, et qu’elle est ridicule parce que la Turquie ne remplit même pas ses propres critères en tant qu’« État sûr » et que ce concept n’existe pas en droit international et ne devrait pas être utilisé pour prendre une décision en matière d’asile, a entraîné un quasi-doublement du taux de rejet des demandes d’asile en Grèce.

La Grèce et la Turquie en tant qu’« État sûr » : un concept creux, illégal et dangereux.

Les (I)ONG International Rescue Committee, Danish Refugee Council, Refugees International, Save the Children, le Conseil grec pour les réfugiés, HumanRights360, Terre des hommes et le Forum grec des réfugiés ont noté que 60 % de toutes les demandes d’asile présentées en Grèce l’année dernière provenaient de ressortissants de ces cinq États, et que le nombre de refus d’asile pour cause d’« inadmissibilité » est passé de 2 839 en 2020 à 6 424 en 2021.

Leur recherche note également qu’en 2020, avant l’entrée en vigueur de la nouvelle loi illégale du gouvernement grec, 92 % des demandeurs d’asile syriens, 94 % des Somaliens et 66 % des Afghans étaient reconnus comme réfugiés.

Nous le disons presque chaque année à cette époque. Mais il est plus que temps pour l’UE et la Grèce d’abandonner son « accord » illégal, immoral et raté avec la Turquie, et pour le gouvernement grec de mettre fin à son utilisation illégale du terme « État tiers sûr ».

Traduit avec www.DeepL.com/Translator (version gratuite)

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source : www.nouvelobs.com/idees/20220327.OBS56250/affaire-vincenzo-vecchi-par-eric-vuillard-l-avocat-general-athanasios-rantos-peut-il-etre-impartial.html

Affaire Vincenzo Vecchi, par Eric Vuillard : « L’avocat général, Athanasios Rantos, peut-il être impartial ? »

TRIBUNE

Eric Vuillard

Ecrivain, prix Goncourt 2017

TRIBUNE. Après presque trois ans de procédure et deux décisions favorables à Vincenzo Vecchi, c’est désormais l’avocat général de la Cour de Justice de l’Union Européenne qui doit se prononcer sur ce militant anticapitaliste dont l’Italie réclame l’extradition.

Publié le 27 mars 2022 à 12h00

Temps de lecture 6 min

Dans toute affaire de justice, les juges doivent être impartiaux. Cela va de soi. L’impartialité suppose une absence de préjugé envers les parties et leurs intérêts respectifs. C’est un principe fondamental, son respect doit être scrupuleux. Dans l’affaire Vincenzo Vecchi, l’avocat général auprès de la Cour de Justice de l’Union Européenne doit le 31 mars rendre un avis essentiel. Le droit n’est pas une science. Ce sont des personnes qui jugent, formulent des avis, déposent des pourvois, prononcent des réquisitoires.

Or, l’affaire Vincenzo Vecchi comporte une importante composante politique. En effet, l’incrimination, pour laquelle Vincenzo Vecchi est réclamé par l’Italie, concerne sa participation aux manifestations contre le G8 à Gênes, en 2001. Il s’agit de manifestations altermondialistes, le contexte est donc entièrement politique. Vincenzo Vecchi a écopé de 12 ans de prison en vertu d’une loi italienne datant de la période fasciste, et permettant de condamner à de très lourdes peines, sans la preuve d’actes délictueux, une personne simplement présente dans une manifestation où les tribunaux considèrent que l’ordre public a été sérieusement troublé. Cette loi mussolinienne est destinée à réprimer toute manifestation.

Depuis onze ans, Vincenzo Vecchi vit en France. Mais en août 2019, il est arrêté. Deux mandats d’arrêt européens ont été émis contre lui. Le premier porte sur sa participation aux manifestations contre le G8 à Gênes en 2001, le deuxième porte sur sa participation à une manifestation contre l’extrême droite à Milan en 2006. Il en appelle à la justice contre les deux mandats. Il restera en prison trois mois. En novembre 2019, la Cour d’appel de Rennes rend une décision favorable et il est enfin libéré : le mandat d’arrêt portant sur la manifestation de Milan visait une peine que Vincenzo Vecchi avait déjà exécutée en Italie. La justice italienne mentait donc à la justice française, réclamant un homme sur la base d’une peine déjà purgée.

Concernant le second mandat d’arrêt, la Cour d’appel de Rennes exigera trois mois plus tard la remise en liberté immédiate de Vincenzo Vecchi, mais le procureur se pourvoira en cassation. Après cassation de l’arrêt de la Cour d’appel de Rennes, l’affaire fut rejugée devant la Cour d’appel d’Angers, qui donna de nouveau raison à Vincenzo Vecchi, mais le procureur s’est encore pourvu en cassation. Enfin, la Cour de cassation demande aujourd’hui, avant de rendre son arrêt, un avis à la Cour de Justice de l’Union Européenne. Avant que cet avis ne soit rendu, l’avocat général de cette cour doit donner le sien. Voilà où nous en sommes, après presque trois ans de procédure, deux décisions favorables, un véritable acharnement judiciaire.

L’avocat général qui va rendre son avis n’est pas réductible à sa fonction, c’est une personne ; voyons donc ce qu’il en est de son impartialité. Athanasios Rantos occupe ses fonctions depuis deux ans. Il est issu d’une famille de hauts magistrats. Il a été juge à la Haute juridiction administrative hellénique, le Conseil d’État, pendant quarante-deux ans, successivement auditeur, maître des requêtes, conseiller, vice-président, puis président. Il a également enseigné pendant vingt ans à l’école de la magistrature. Sa carrière est exemplaire. Il fut nommé en 2020 au poste de président du Conseil d’État juste quelques mois avant de prendre sa retraite. Mais durant ce court mandat, il a eu à traiter d’une affaire importante dans laquelle il semble avoir pris position en faveur d’un choix discutable du gouvernement Mitsotákis. Il faut se souvenir que Kyriákos Mitsotákis, en tant que premier ministre, a choisi de prêter serment sur la Bible plutôt que sur la Constitution. Comme la campagne qu’il a menée sur les thèmes nationalistes, et la nomination à son gouvernement de personnalités issues de la mouvance néo-fasciste, cela le signale très à droite dans l’échiquier politique. Or, le juge Rantos est également réputé croyant et, d’après la presse grecque, passablement xénophobe.

Durant le très court passage du juge Rantos à la tête du Conseil d’État, le premier ministre grec, Mitsotákis, a dissous le conseil de la Commission de la concurrence, une autorité indépendante, et ce, bien avant l’expiration de son mandat, ce qui a été généralement interprété comme une mesure destinée à remplacer sa présidente. Dans le nouveau conseil de la Commission de la concurrence, on trouve alors la fille d’Athanasios Rantos, tandis que le Conseil d’État, dont le président était Rantos lui-même, rejetait le recours du précédent conseil contre sa dissolution. Bien sûr, Rantos s’est pour la forme abstenu, puisque l’affaire impliquait sa fille, mais son passage de quelques mois seulement au poste de président du Conseil d’État reste marqué par ce pénible incident. C’est après cela qu’il fut nommé à la Cour de Justice de l’Union Européenne, cet incident n’ayant pas nui à sa brillante carrière.

Dès lors, peut-on croire que le juge Rantos, orthodoxe convaincu, d’opinion libérale, nommé par un gouvernement très à droite, sera « impartial » pour juger un manifestant ayant participé aux mouvements contre le G8 de Gênes ? Et lorsque répondant à un entretien pour une journaliste, qui est en réalité une collègue, puisqu’elle est juriste, elle aussi, à la Cour de Justice, il affirme avoir « appris à procéder comme un magistrat impartial pour fournir des solutions convenables dans les affaires… », on peut légitimement se demander ce qu’il appelle des solutions convenables.

Est-ce que la dissolution du conseil de la Commission de la concurrence était une solution convenable ? Est-ce que pour un haut magistrat participer à un forum ultra-libéral est convenable ? Est-ce qu’un orthodoxe et libéral convaincu, partisan de l’ordre, pourra impartialement juger un manifestant anti-libéral, accusé d’avoir causé du désordre ? Athanasios Rantos et Vincenzo Vecchi sont en réalité des individus que tout oppose.

Un feuilleton judiciaire : « L’affaire Vincenzo Vecchi », par Eric Vuillard

Épisode 1
18 octobre 2019 : Justice pour le militant anticapitaliste Vincenzo Vecchi

Épisode 2
15 novembre 2019 : La justice française remet en liberté Vincenzo Vecchi

Épisode 3
22 janvier 2020 : A l’Assemblée nationale, « l’affaire Vincenzo Vecchi est emblématique d’une réduction des libertés publiques »

Épisode 4
28 septembre 2020 : Une condamnation sans preuve

Épisode 5
10 décembre 2020 : La justice pénale à l’épreuve de l’affaire Vincenzo Vecchi

Épisode 6
23 janvier 2021 : Vincenzo Vecchi ne peut pas être livré sur la base d’une loi datant de Mussolini

Épisode 7
17 janvier 2022 : L’esprit des lois

Lorsqu’on lui demande si les avocats généraux ont un véritable pouvoir d’influence sur la façon dont un arrêt de la Cour de justice est rendu, Rantos répond que c’est la question qu’il se pose le plus souvent. Rantos invoque alors les statistiques, qui démontreraient que, dans plus de quatre-vingts pour cent des cas, la Cour suivrait les conclusions de l’avocat général. C’est curieux de s’enticher avant tout d’efficacité, pour une tâche qui concerne d’abord la justice ! Il faudrait réécrire « les Plaideurs » ou « les Guêpes », il faudrait un théâtre satirique faisant pièce aux injustices de notre temps.

Mais souhaitons qu’entre les icônes religieuses, que l’on aperçoit sur une photographie de son bureau, et les minéraux qu’il collectionne, le juge Rantos tombe de sa chaise, comme saint Paul naguère de cheval, et, soudain illuminé par la justice, souhaitons qu’il oublie les pourcentages, le néo-libéralisme, l’efficacité, et souhaitons qu’il considère qu’une incrimination contraire aux droits fondamentaux, et issue du droit mussolinien, ne peut pas servir de point d’appui à un mandat d’arrêt européen ; enfin, souhaitons que le juge Rantos oublie ses préventions personnelles à l’encontre des manifestations opposées aux G8, et rende un avis juste.

Né en 1968 à Lyon, écrivain et cinéaste, Eric Vuillard est notamment l’auteur de « la Bataille d’Occident » (2012), « Tristesse de la terre » (2014), « L’Ordre du jour » (prix Goncourt 2017), « La Guerre des pauvres » (2019) et tout récemment d’« Une sortie honorable » (2022). Tous ses derniers livres sont publiés aux éditions Actes Sud.

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source : www.pressenza.com/fr/2022/03/chili-le-gouvernement-boric-commence-par-retirer-139-plaintes-contre-des-prisonniers-de-la-revolte-sous-le-coup-de-la-loi-sur-la-securite-de-letat/

Chili. Le Gouvernement Boric commence par retirer 139 plaintes contre des prisonniers de la révolte sous le coup de la loi sur la Sécurité de l’Etat

26.03.22 - Santiago du Chili - Redacción Chile

Cet article est aussi disponible en: Espagnol, Italien

(Crédit image: Claudia Aranda)

Les nouveaux ministres de l’Intérieur, Izkia Siches, et de la Justice, Marcela Ríos ont pris leur fonction le 11.03.2022 et ont confirmé la décision de retirer les actions en justice contre les personnes détenues sous le coup de la loi sur la Sécurité de l’État.

Quelques heures après son entrée en fonction, le nouveau gouvernement du Président Gabriel Boric a annoncé « le retrait immédiat de 139 plaintes déposées en vertu de la loi sur la sécurité de l’État ».

Dans un texte signé par les nouveaux ministres de l’Intérieur et de la Justice, il est indiqué qu’ «après un travail en collaboration, les ministres nouvellement nommés Izkia Siches et Marcela Ríos ont annoncé l’une des premières mesures du Gouvernement présentées dans un contexte d’agitation sociale, à savoir le retrait immédiat des 139 plaintes de la Loi de Sécurité de l’État (LSE). Cette mesure était une promesse du programme de la constitution du Gouvernement du Président Gabriel Boric et elle vise à garantir que la LSE ne soit pas utilisée pour des persécutions injustes et disproportionnées ». «La nouvelle loi sera accompagnée par la mise en place d’un comité de réparation pour les victimes de violations des droits de l’homme, elle sera menée par la sous-secrétaire entrante Haydee Oberreuter », indique le communiqué.

«D’autre part, le ministère de l’économie soutiendra les très petites, petites et moyennes entreprises des secteurs touchés par les manifestations sociales, qui ont subi de graves dommages dans leur travail. Dans le cadre du programme de redressement inclusif, des ressources seront allouées pour remettre debout les quartiers et les espaces touchés et les rendre ainsi de nouveau disponibles pour l’entrepreneuriat », ajoutent les futurs secrétaires d’État.

« Pour le Gouvernement du Président nouvellement élu Gabriel Boric, la volonté politique de rétablir la confiance et d’avancer vers la paix sociale est importante », concluent-ils.

La nouvelle était très attendue par ceux qui ont subi une détention injuste lors des agitations sociales, fortement réprimées par le gouvernement sortant de Sebastián Piñera et qui, à ce jour, n’ont pas bénéficié des procédures judiciaires correspondantes. M. Boric a également demandé au Sénat de retirer les actions en justice relatives à la loi sur la sécurité intérieure de l’État, que le Congrès n’a pas traitées.

« Nous espérons ainsi panser les blessures causées par la répression de cette agitation sociale », a déclaré le nouveau ministre, Giorgio Jackson, à propos de cette question.

Cette mesure est également un geste clair en faveur de ceux qui ont ouvert la voie à la remise en cause du modèle social et ont finalement favorisé l’émergence de la nouvelle génération qui gouverne aujourd’hui le Chili.

Traduction de l’espagnol, Frédérique Drouet

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i nfobrics.org/post/35424/

La Turquie n’imposera pas de sanctions anti-russes malgré l’offre de réintégrer le programme F-35

Par Paul Antonopoulos

Tuesday, March 29, 2022

Ankara poursuit ses efforts de médiation entre Moscou et Kiev tout en maintenant une position neutre, mais les États-Unis et l’OTAN tentent de faire pression sur la Turquie pour qu’elle impose des sanctions à la Russie. Afin d’inciter la Turquie à imposer des sanctions, les États-Unis suggèrent que le système de défense antimissile S-400 de fabrication russe soit remis à l’armée ukrainienne en échange d’un retour au programme d’avions de combat F-35.

Commentant la proposition de Washington, le président turc Recep Tayyip Erdoğan a déclaré :

« Notre position n’a pas changé. Ce n’est pas à discuter. Ce problème est clos pour nous. C’est notre équipement à des fins défensives.

Les sanctions contre la Russie ont déjà affecté l’économie mondiale, les prix des denrées alimentaires et de l’énergie en Occident atteignant des sommets sans précédent. Compte tenu de la réalité de la situation économique difficile de la Turquie, le pays ne souffrira que davantage si des sanctions sont imposées. Erdoğan ne peut politiquement se permettre un déclin économique plus important, même à la tentation d’un retour au programme F-35, car sa popularité est en chute libre. Plus important encore, le désir de la Turquie pour ces avions a de toute façon diminué, d’autant plus que les experts continuent de critiquer négativement l’avion de chasse américain de cinquième génération.

L’efficacité des sanctions est déjà très discutable et Erdoğan ne prendra pas un énorme risque pour peu de récompense. Pour l’instant, la Turquie gagne beaucoup plus en maintenant le plus grand équilibre entre l’Ukraine et la Russie parmi tous les membres de l’OTAN. Erdoğan comprend que le maintien d’un équilibre face à un conflit très grave dans la région apportera à Ankara des avantages significatifs. De cette façon, la Turquie continue de poursuivre cette stratégie et a pour l’instant reçu beaucoup moins de condamnations pour ne pas imposer de sanctions ou fermer son espace aérien à la Russie qu’un pays traditionnellement non aligné comme l’Inde.

La politique de neutralité sans vergogne d’Ankara a également encouragé d’autres pays comme la Hongrie à ne pas simplement imposer des sanctions au nom d’intérêts étrangers contraires aux intérêts nationaux et ethniques.

Le 25 mars, le ministre hongrois des Affaires étrangères, Peter Szijjártó , a déclaré que son pays ne soutenait aucune sanction sur les livraisons d’énergie russe, car cela mettrait en danger la sécurité énergétique de la Hongrie. Cela a suscité la colère du président ukrainien Volodymyr Zelensky , qui a imploré le Premier ministre hongrois Viktor Orbán « de décider avec qui vous êtes » et a tenté de lui faire honte pour son désintérêt à permettre à la Hongrie d’être un conduit d’armes pour l’Ukraine.

Bien que de nombreux membres de l’UE aient célébré l’humiliation d’Orbán par Zelensky, il est rappelé que le 26 janvier, moins d’un mois avant le début de la guerre en Ukraine, Szijjártó a averti que les politiques racistes de Kiev envers les minorités, y compris contre la minorité hongroise de Transcarpatie, qui compte plus de 140 000 personnes, « vont limitent considérablement la capacité du gouvernement hongrois à fournir tout type de soutien à l’Ukraine, même dans ce conflit.

En 2017, le parlement ukrainien a adopté la loi « Garantissant le fonctionnement de la langue ukrainienne en tant que langue d’État », qui, selon Budapest, viole les droits de la minorité ethnique transcarpathique à étudier en hongrois. Il s’agit d’une discrimination similaire à laquelle sont confrontées les minorités polonaise, grecque et roumaine en Ukraine, mais ignorée par Varsovie et Athènes, et moins par Bucarest.

Avec la Turquie et la Hongrie, rappelant que cette dernière est membre observateur de l’Union turque, ne rejoignant pas l’ensemble du régime de sanctions contre la Russie, cela pourrait conduire à une grave rupture au sein de l’OTAN. Pour cette raison, les États-Unis tentent de rétablir leurs relations avec la Turquie sur le S-400 en offrant une porte de sortie. Cependant, la proposition est irréaliste si l’on considère que le pays a acheté le S-400 à la Russie et s’attend à une compensation appropriée, pas seulement à une réintégration dans le programme F-35. Il est rappelé que la Turquie a également payé les avions F-35, qui n’ont pas encore été livrés au pays en raison de son achat du S-400.

Comme la proposition place la Turquie dans un désavantage évident car elle ne veut pas remettre le S-400 à l’Ukraine sans compensation, elle sera probablement rejetée. L’autre problème est que si le S-400 est livré à l’Ukraine, Moscou pourrait à son tour riposter en inscrivant la Turquie comme un «pays hostile» – et comment cela pourrait avoir un impact sur les nombreux points de coopération entre les deux pays, tels que la construction de la centrale nucléaire d’Akkuyu, est inconnue.

En outre, la Turquie voit de profonds clivages systémiques entre l’axe euro-atlantique et l’Eurasie. De cette manière, Ankara tire parti de son adhésion à l’OTAN et de sa candidature à l’UE pour pivoter vers l’Ouest, tout en profitant de sa géographie eurasienne pour s’engager également avec l’Est, en particulier dans l’esprit d’un ordre turc. De cette façon, Ankara a pour politique d’attendre de voir quelles grandes puissances gagneront et perdront à long terme, tout comme lors de la Seconde Guerre mondiale et d’autres moments clés de l’histoire moderne, ayant tiré la leçon de l’effondrement de l’Empire ottoman. après la Première Guerre mondiale pour avoir soutenu le mauvais axe.

À en juger par l’évaluation de la Turquie, il semble qu’elle pense que l’Eurasie sera le vainqueur ultime de cette lutte idéologique contre l’Ukraine, et pour cette raison, elle n’acceptera pas la proposition américaine de S-400 ni n’imposera les sanctions ultra-agressives exigées par l’Occident.

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source : english.almayadeen.net/articles/analysis/us-military-boosts-support-for-saudi-arabia-as-it-bombs-yeme

L’armée américaine renforce son soutien à l’Arabie saoudite qui bombarde le Yémen

Par Ben Norton, Al Mayadeen English.

March 27, 2022

Joe Biden rompt sa promesse de mettre fin à la guerre.

Joe Biden a affirmé qu’il mettrait fin à la guerre au Yémen. Au lieu de cela, l’armée américaine accroît son soutien à l’Arabie saoudite, à l’occasion du septième anniversaire d’une campagne de bombardements brutale qui a fait au moins 377 000 morts au Yémen.

Le gouvernement américain a augmenté son soutien militaire à l’Arabie saoudite alors que la guerre de la monarchie du Golfe contre le Yémen marque son septième anniversaire.

Il s’agit d’une violation manifeste de la promesse du président Joe Biden de mettre fin à la guerre saoudienne soutenue par les États-Unis - une promesse qu’il a réitérée lors de la campagne électorale en 2019 et 2020, puis à nouveau après son entrée en fonction en janvier 2021.

Avec les armes et l’aide militaire américaines, l’Arabie saoudite bombarde sans relâche le Yémen, le pays le plus pauvre d’Asie occidentale, depuis le 26 mars 2015.

Plus d’un tiers des frappes aériennes de l’Arabie saoudite ont touché des zones civiles.

Les Nations unies ont estimé qu’au moins 377 000 Yéménites sont morts à cause de cette guerre, dans une estimation prudente à la fin de 2021.

Environ 70 % de ces décès yéménites estimés (264 000) étaient des enfants de moins de 5 ans, selon le Programme des Nations unies pour le développement.

Mais ces pertes humaines à glacer le sang n’ont pas empêché les États-Unis d’aider la monarchie saoudienne à tuer davantage de Yéménites.

L’agence de presse internationale Reuters a publié le 22 mars un rapport intitulé « Riyad reçoit une aide militaire américaine alors que Washington cherche à améliorer ses relations ».

Le fil de presse a révélé que « les États-Unis ont intensifié leur soutien militaire à l’Arabie saoudite au cours des derniers mois à la suite de frappes de missiles sur le royaume par le groupe yéménite Houthi, ont déclaré des diplomates occidentaux, une indication que Washington tente de rétablir ses liens tendus avec ses alliés traditionnels du Golfe. »

Reuters a noté que pendant la majeure partie de cette guerre de sept ans, l’armée américaine a fourni à l’Arabie saoudite « des renseignements, une formation et un soutien technique sur les systèmes d’armes à la coalition, ainsi que le ravitaillement des avions de guerre effectuant des frappes aériennes ».

Ce soutien s’est poursuivi sous Biden, malgré ses promesses contraires.

Lors d’un débat des primaires démocrates en novembre 2019, Biden a déclaré qu’en tant que président, « je ferais en sorte qu’il soit très clair que nous n’allions pas en fait leur vendre plus d’armes », s’engageant à « mettre fin à la vente de matériel aux Saoudiens où ils vont et assassinent des enfants. »

« Nous allions en fait leur faire payer le prix et faire d’eux les parias qu’ils sont », a-t-il déclaré à propos de la monarchie saoudienne.

En tant que président nouvellement inauguré, Biden a prononcé un discours le 4 février 2021, annonçant que Washington « mettait fin à tout soutien américain aux opérations offensives dans la guerre au Yémen, y compris les ventes d’armes concernées. »

De nombreux médias internationaux ont déformé les propos de Biden, publiant des titres trompeurs tels que « Biden annonce la fin du soutien américain à la guerre saoudienne au Yémen » ou « Biden met fin au soutien à la guerre saoudienne au Yémen dans un changement de politique étrangère. »

Mais l’affirmation de Washington selon laquelle elle ne soutiendrait que les opérations dites « défensives » saoudiennes concernant le Yémen était un tour de passe-passe politique trompeur, car la guerre est par nature offensive.

Le mouvement de résistance indigène du Yémen, Ansar Allah, a en effet répondu à l’agression saoudienne en lançant des contre-attaques sur son voisin du nord, mais c’est la monarchie du Golfe qui a lancé la guerre.

Malgré cela, M. Biden est revenu depuis sur sa promesse mièvre d’arrêter d’aider les opérations offensives saoudiennes au Yémen. Et son administration a vendu à l’Arabie saoudite de grandes quantités d’armes.

Reuters a reconnu dans son rapport du 22 mars que « Face aux nouvelles réalités géopolitiques, Washington a approuvé la vente de missiles et d’un système de défense antibalistique à l’Arabie saoudite, dont 280 missiles air-air d’une valeur pouvant atteindre 650 millions de dollars. »

L’agence de presse ajoute que les États-Unis ont également « envoyé des missiles Patriot et d’autres équipements au cours des trois derniers mois au royaume. »

Pendant ce temps, les armes américaines continuent d’être utilisées pour tuer des civils au Yémen.

Le 21 janvier, l’Arabie saoudite a lancé trois frappes aériennes sur un centre de détention dans le gouvernorat de Saada, dans le nord-ouest du Yémen. Au moins 91 personnes ont été tuées et 236 autres ont été blessées lors de cette attaque, menée à l’aide de bombes à guidage laser fabriquées par le principal contractant du Pentagone, Raytheon.

L’organisation humanitaire Save the Children a constaté que janvier 2022 était le mois le plus meurtrier au Yémen depuis 2018.

Après sept ans de guerre, un civil yéménite est toujours tué ou blessé chaque heure en moyenne.

L’une des principales raisons pour lesquelles Washington a intensifié son soutien à Riyad au milieu de ce bain de sang est la simple géopolitique.

L’Arabie saoudite a progressivement évolué vers une politique étrangère plus indépendante, améliorant ses relations avec la Russie et la Chine. Cela a conduit Washington à tenter désespérément de discipliner les monarchies du Golfe, afin de les ramener fermement dans le camp occidental.

Après que Moscou a envahi l’Ukraine, alliée de l’Occident, le 24 février, les États-Unis et l’Union européenne se sont engagés à boycotter le pétrole russe. Washington et Bruxelles ont fait pression sur l’Arabie saoudite, en particulier, pour qu’elle augmente sa production afin de compenser la perte de brut russe.

Riyad a d’autres priorités. Elle envisage même de vendre son pétrole à Pékin dans la monnaie chinoise, le yuan.

Cela remettrait en cause le pouvoir du pétrodollar et perturberait un arrangement historique que Washington a conclu avec Riyad.

Le président Franklin D. Roosevelt a passé sa dernière Saint-Valentin, en 1945, sur un navire de guerre au large des côtes égyptiennes. Il y a rencontré le roi Ibn Saoud et a conclu un pacte fatidique : les États-Unis protégeraient la jeune monarchie saoudienne ; en contrepartie, le royaume maintiendrait la stabilité du marché mondial du pétrole.

Pendant des décennies, en tant que l’un des principaux producteurs de pétrole au monde, l’Arabie saoudite a renforcé le pétrodollar en vendant son brut en dollars.

Mais cet ordre est en train de changer, à mesure que l’hégémonie unipolaire des États-Unis décline rapidement. Et Washington cherche désespérément à le rétablir.

Ainsi, tout comme ils se battent jusqu’au dernier ukrainien pour mener une guerre par procuration contre la Russie, les États-Unis sont plus que disposés à aider l’Arabie saoudite à bombarder le Yémen jusqu’à l’oubli si cela signifie que l’empire américain peut rester au sommet.

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source : www.ronpaulinstitute.org/archives/featured-articles/2022/march/28/biden-s-disastrous-european-tour/

La tournée européenne désastreuse de Biden

Par Ron Paul|
28 mars 2022

En prévision du voyage du président Biden en Europe la semaine dernière, le conseiller américain à la sécurité nationale, Jake Sullivan, a déclaré que " le président se rend en Europe pour s’assurer que nous restons unis. "

Cela ne s’est pas passé comme prévu. Ce voyage présidentiel à l’étranger a peut-être été le plus désastreux - et le plus dangereux - de tous les temps.

Les États-Unis et leurs alliés de l’OTAN n’ont cessé de proclamer que la « protection de la démocratie en Ukraine » n’a jamais eu pour but de menacer la Russie. Refuser l’adhésion à l’OTAN et envoyer des milliards de dollars d’équipements militaires à l’Ukraine, en commençant sous Trump, ce n’était pas menacer la Russie. Les camps d’entraînement de la CIA dans l’est de l’Ukraine, où les paramilitaires ont été formés aux systèmes d’armes américains, n’avaient pas pour but de menacer la Russie.

Mais à chaque arrêt, le président Biden a semblé saper le récit que sa propre administration avait soigneusement élaboré. Tout d’abord, en avertissant que la Russie pourrait utiliser des armes chimiques en Ukraine, Biden a promis que cela « déclencherait une réponse en nature », ce qui signifie que les États-Unis utiliseraient également des armes chimiques. Ce serait un grave crime de guerre.

Le conseiller à la sécurité nationale Sullivan a dû être amené à expliquer que les États-Unis n’avaient « aucune intention » d’utiliser des armes chimiques.

Plus tard, s’adressant à la 82e division aéroportée en Pologne, le président Biden leur a dit que les troupes américaines seraient bientôt en Ukraine. Il leur a dit : "Vous allez voir des femmes, des jeunes gens debout, au milieu d’un char d’assaut, disant simplement : « Je ne partirai pas. Je reste sur place ».

Un porte-parole de la Maison Blanche a dû préciser que « le président a été clair, nous n’envoyons pas de troupes américaines en Ukraine et il n’y a aucun changement dans cette position. »

Clair ? Eh bien, pas vraiment. Il venait de dire le contraire à nos propres troupes !

Puis, à la fin du dernier discours de Biden en Pologne, le président a, par inadvertance, dit la vérité : l’engagement américain en Ukraine a pour but de « changer le régime » de la Russie. Parlant du président russe Poutine, il a déclaré au public, près de la frontière de l’Ukraine, « pour l’amour de Dieu, cet homme ne peut pas rester au pouvoir. »

L’équipe de contrôle des catastrophes du président s’est immédiatement mobilisée en la personne du secrétaire d’État Antony Blinken, qui a offert cette interprétation peinée de la déclaration claire de Biden : « Je pense que le président, la Maison Blanche, a fait valoir hier soir que, tout simplement, le président Poutine ne peut pas être habilité à faire la guerre ou à s’engager dans une agression contre l’Ukraine ou qui que ce soit d’autre. »

Non, ce n’est pas ce qu’il a dit. Le président a un rôle constitutionnel de premier plan dans l’élaboration de la politique étrangère américaine, et il a déclaré dans un discours public que le « changement de régime » en Russie est la politique américaine. Toute tentative d’explication de la part de ses collaborateurs a l’air terrible : soit le président n’a aucune idée de ce qu’il dit et nous ne devons pas prendre au sérieux ce qui est essentiellement une déclaration de guerre à la Russie, soit le président a profité de la frontière avec l’Ukraine pour déclarer essentiellement la guerre à la Russie.

Les présidents Reagan, Ford et Bush Jr. étaient tous connus pour leurs gaffes. Certaines étaient drôles, d’autres sérieuses. Mais aucun d’entre eux n’a déclaré la guerre à un adversaire doté de l’arme nucléaire dans l’arrière-cour de cet adversaire et n’a dû, par la suite, envoyer du personnel pour expliquer que le président ne pensait pas ce qu’il venait de dire.

Il est intéressant de noter que Biden a gardé ses déclarations les plus belliqueuses et les plus grandiloquentes pour ce discours final en Pologne, auquel aucun des partenaires de l’OTAN les plus prudents comme l’Allemagne et la France n’était présent. Autant dire que l’« unité » était le but premier de ce voyage.

Il y a un vrai problème dans l’administration Biden et plus tôt nous y ferons face, mieux ce sera.

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source : www.letemps.ch/economie/guerre-ukraine-met-fin-mondialisation-estime-patron-blackrock

La guerre en Ukraine met fin à la mondialisation, estime le patron de BlackRock

Reflexion

Dans un monde qui exclut la Russie sur le plan financier, le coût élevé de l’énergie pénalisera les ménages à court terme, compliquera la tâche des banques centrales mais poussera au développement des énergies renouvelables, affirme Larry Fink dans sa lettre aux actionnaires

Sébastien Ruche

Publié jeudi 24 mars 2022 à 08:20
Modifié jeudi 24 mars 2022 à 10:22

L’invasion de l’Ukraine a poussé des pays à s’unir pour couper leurs liens financiers et économiques avec la Russie. Cette guerre économique contre la Russie met, de facto, fin au processus de mondialisation observée depuis une trentaine d’années, estime Larry Fink, le patron de BlackRock, le plus grand gérant d’actifs au monde, dans sa traditionnelle lettre aux actionnaires, diffusée ce jeudi. Le financier américain s’attend aussi à ce que cette guerre accélère la transition écologique, mais pas dans l’immédiat.

C’est au début des années 1990, à la fin de la guerre froide, que la Russie a été intégrée au système financier international, rappelle Larry Fink, qui a fondé BlackRock en 1988, justement pour répondre aux besoins d’investissement qu’allait créer la mondialisation. Cette période d’intégration économique a pris fin lorsque des gouvernements du monde entier ont décidé d’imposer des sanctions envers Moscou. Le secteur privé a aussi participé au mouvement, allant parfois au-delà des décisions des Etats, relève encore le financier américain de 69 ans.

Accentuer des réflexions issues de la pandémie

Selon lui, le monde d’après poussera les acteurs économiques à réexaminer leurs chaînes d’approvisionnement, ce qu’ils avaient déjà commencé à faire à cause du covid. Des pays comme le Mexique, le Brésil ou les Etats-Unis pourraient bénéficier du rapprochement qui va s’accélérer entre les lieux où la production s’effectue et les lieux où elle se consomme, selon Larry Fink.

Egalement initiée par la pandémie, l’inflation sera une autre caractéristique de ce monde nouveau. Energie et produits alimentaires vont continuer à pénaliser les ménages les plus modestes, puisque les salaires n’ont pas suivi l’augmentation des prix. Les banques centrales devront choisir entre tolérer une inflation plus vive et soutenir l’activité économique ou freiner la hausse des prix avec le risque de ralentir la croissance économique.

Bon pour les monnaies numériques

La guerre en Ukraine pourrait aussi pousser les gouvernements à accélérer leurs projets de monnaie numérique. Pour atténuer leur dépendance envers les principales devises de la planète et pour gagner en efficacité dans les opérations internationales, avance encore Larry Fink.

Lire aussi: La durabilité n’est pas «woke», affirme Larry Fink, le patron de BlackRock

Enfin, les pays ne possédant pas leur propre source d’énergie vont devoir financer et développer leurs propres capacités, ce qui signifiera pour beaucoup d’entre eux investir dans le solaire et l’éolien. Avec des prix élevés de l’énergie, les renouvelables seront plus compétitifs sur le plan économique. Deux raisons qui devraient accélérer la transition écologique, selon Larry Fink, même si à court terme la consommation d’énergies fossiles devrait progresser.

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source : stopcarnet.fr/2022/03/25/cest-le-printemps-des-cameras-cachees-et-des-helicopteres-de-la-gendarmerie-poussent-dans-la-terre-comme-dans-le-ciel/

25 mars

C’est le printemps, des caméras cachées et des hélicoptères de la gendarmerie poussent dans la terre comme dans le ciel !

La surveillance et la répression des militant.e.s écologistes se systématisent au Carnet et aux bassines !

DES SURVOLS D’HÉLICOPTÈRES DE LA GENDARMERIE TOUJOURS PLUS FRÉQUENTS ENVERS DES MILITANT.E.S DE STOP CARNET ET SOUPÇONS DE TRAÇAGES

Ces dernières semaines, des membres du collectif Stop Carnet subissent régulièrement des vols d’hélicoptères de la gendarmerie au-dessus de leur ferme. Nos copains militants et paysans ont compté une dizaine de passages d’hélicoptères en à peine un mois…

Mercredi 23 Avril, un hélicoptère s’est même permis de braquer en voyant qu’un des membres du collectif leur faisait coucou et afin de bien montrer qu’il le surveillait en montrant leurs visages.

Peu de temps auparavant, ils ont survolé à très basse altitude un des habitats de la ferme, si près de l’habitation que cela en a fait trembler les murs !

Depuis leurs engagements contre le projet de Surf Park de Saint Père en Retz puis contre le projet industriel du Carnet, ils ont compté approximativement près d’une centaine de passages d’hélicoptères sur leur ferme en 3 ans, pratique de surveillance et d’intimidation bien française !

Mais la surveillance et l’intimidation ne s’arrêtent pas aux fermes des copaines !

En effet, une ferme voisine d’1km qui n’a pourtant pas d’engagement actif dans la lutte du Carnet est également régulièrement survolée par la gendarmerie du fait qu’elle est en lien étroit avec les 2 fermes des membres du collectif Stop Carnet !

Sait-on jamais, cela pourrait être un groupuscule de dangereux paysans qu’il faudrait dissoudre !

Il y a 2 semaines de cela, les copaines ont aidé une autre ferme à 5km de leur domicile pour semer des oignons, ferme qui n’avait jamais été survolée jusqu’ici par la gendarmerie.

Or, étrange coïncidence, juste après leur départ, la ferme en question est survolée par un hélicoptère de la gendarmerie pendant plusieurs minutes…

Signe qu’un dispositif de traçage soit par téléphone ou sur un véhicule d’un des membres du collectif a été activé par les gendarmes !

Imaginons leur inquiétude, le groupuscule ultra-gauchiste semeur de méchants oignons s’étend !

Ces passages d’hélicoptères fréquents ces derniers temps sont peut-être dûs à l’enquête en cours visant des gendarmes locaux suite à l’arrestation violente qu’a subi un membre du collectif en juin dernier (même membre du collectif relaxé pour le procès absurde le concernant suite à cette arrestation…).

Comme si l’intrusion répétée de civils vigilantistes sur leurs fermes, de passages de véhicules de gendarmerie, de procès politiques* à répétition, de stigmatisation dans la presse locale, de diffamations, de menaces de morts, de garde à vues pour un rien et autres formes de répression plus ou moins insidieuses ne suffisait pas, ce passage répété d’hélicoptères créé un sentiment d’angoisse permanente pour les copaines !

L’ÉTAT PLUS DÉTERMINÉ À RÉPRIMER LES MILITANT.E.S ECOLOGISTES QU’À TRAQUER LES FASCISTES

Aujourd’hui, lutter contre des projets destructeurs et pour notre avenir commun est considéré comme une forme de terrorisme par les autorités et cela justifie des dépenses publiques dantesques (une heure d’hélicoptère coûterait autour de 1500€), tandis que le fascisme montant en force n’est en rien inquiété, voire même soutenu par les autorités !

Il y a 1 an et demi, des caméras hyper sophistiquées cachées dans des faux troncs d’arbres et des fausses pierres étaient trouvées sur le site du Carnet. Les images, sur lesquelles on peut voir la gendarmerie protéger l’épandage de boues de station d’épuration destinées à nous intimider, étaient relayées en direct au poste de gendarmerie.

Il y a quelques jours, un dispositif de surveillance via une caméra cachée a été découvert par des membres du mouvement Bassines Non Merci, en lutte contre des bassins de stockage d’eau destinés à l’agriculture intensive dans les Deux-Sèvres. La caméra, installée au domicile du père du porte-parole du mouvement, était destinée à surveiller les militant.e.s dans l’organisation de la nouvelle mobilisation contre les bassines qui a eu lieu ce week-end.

Contrairement à ce qui a été annoncé dans beaucoup de médias, la cellule Demeter, chargée de surveiller les militant.e.s qui luttent notamment contre l’agro-industrie, n’est pas dissoute. Les ministres de l’agriculture et de l’intérieur ont interjeté appel de la décision du tribunal administratif qui demandent à la cellule de mettre fin à “l’objectif de prévention et de suivi des actions de nature idéologique”. Les ministres ne se sont d’ailleurs pas privés de rappeler l’efficacité de Demeter, confirmant leur volonté de continuer la surveillance et la répression des militant.e.s qui luttent contre les projets destructeurs et l’agriculture intensive.

L’Etat semble plus enclin à surveiller et réprimer les militant.e.s écologistes et à dissoudre les organisations de gauche qui luttent contre les injustices qu’à dissoudre les organisations fascistes.

L’Etat veut la peau des militant.e.s écologistes mais nous continuerons à nous battre avec détermination, amour du monde vivant et solidarité !

Votre soutien est d’autant plus nécessaire en cette époque dangereuse et nauséabonde.

Et surtout votre engagement collectif dans chaque territoire est plus que jamais vital !

Ne les laissons pas briser nos luttes, ne les laissons pas écraser notre avenir, ne lâchons rien !

Soutien aux copaines en lutte contre les méga-bassines et soutien à toustes les militant.e.s qui subissent la répression !

  • Pour plus d’infos sur ce qu’on vécu les copaines des 2 fermes depuis plus de 3 ans mais également d’autres membres du collectif Stop Carnet et des copaines de l’ex-zad du Carnet :

Paysans bio et militant, un quotidien sous tension en Loire-Atlantique

  • Un énième procès politique concernant 3 membres du collectif Stop Carnet et un soutien à la lutte est prévue le 17 Mai 2022 au tribunal correctionnel de Saint Nazaire pour “organisation d’une manifestation non-déclarée à Frossay (au Carnet) le 30 Août 2020.

Nous vous tiendrons au courant d’ici peu sur les réseaux et sur le blog du collectif d’un appel à rassemblement de soutien et pour plus de détails sur le dossier d’accusation.

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source : groupeantifascistelyonenvirons.wordpress.com/2022/03/18/procedure-de-dissolution-du-groupe-antifasciste-lyon-et-environs/

L’Etat français lance la procédure de dissolution du Groupe Antifasciste Lyon et Environs.

samedi 19 mars 2022

Des documents de déclenchement de la procédure de dissolution ont été notifiés à des individus considérés par la préfecture comme appartenant à La GALE. Solidarité avec le Groupe Antifasciste Lyon et Environ, le communiqué de la GALE :

« Depuis décembre 2021, la préfecture fait peser sur notre groupe la menace d’une possible dissolution.

Ses fondements ? Le relais via les réseaux du groupe d’une vidéo du Lyon Antifa Fest montrant notamment des slogans anti-police lors d’un concert, puis quelques mois plus tard celui de l’appel du mouvement « Les Soulèvements de la terre » à assiéger Bayer-Monsanto le 5 mars à Lyon.

Darmanin a indiqué vouloir dissoudre le groupe, après avoir fait un signalement au ministère de la justice, et demandé aux services du ministère de l’intérieur d’entamer des investigations sur la GALE et le Lyon Antifa Fest.

Ce jeudi 17 Mars des documents de déclenchement de la procédure de dissolution ont été notifiés à des individus considérés par la préfecture comme appartenant à notre groupe.

Depuis mercredi 16 mars, c’est un véritable dispositif de harcèlement qui s’est mis en place : des militant.e.s ont été suivi.e.s dans la rue jusqu’à leur domicile et leur travail, iels sont harcelé.e.s au téléphone par la police lyonnaise, venue sonner et tambouriner aux portes très tôt le matin et à plusieurs reprises dans la journée.1

Nous ne sommes bien sûr pas surpris.e.s par cet acharnement, dans un contexte où le gouvernement ne se cache pas d’être en campagne de criminalisation des organisations que les médias qualifient « d’ultra gauche ». D’autres groupes politiques tels que le média Nantes Révoltée et plus récemment les associations Comité Action Palestine et le Collectif Palestine Vaincra sont également visés, voire même déjà dissous. N’oublions pas non plus la dissolution visant les associations musulmanes comme le CCIF.

C’est pour cette raison que nous avons toujours refusé d’alimenter les outils répressifs de l’état même s’il est utile de rappeler que la procédure de dissolution a historiquement été établi contre les ligues fascistes des années 30.

Cette dissolution ne nous fait pas peur. L’excitation de Darmanin à dissoudre tous les groupes dits d’ »ultra-gauche » est un coup électoral pour attirer les électeurs de droite. C’est aussi un moyen de réprimer un mouvement d’ampleur qui se prépare face à un potentiel second quinquennat du gouvernement macron qui s’apprête à poursuivre sa politique antisociale et raciste.

Cette procédure témoigne d’une double-méprise des gouvernants.

La première c’est de penser qu’en dissolvant des groupes on arrête des mouvements de contestation, qu’on arrête la pensée émancipatrice de se diffuser et la critique de se poursuivre. Au contraire, nous espérons que ces démarches politiciennes auront l’effet inverse. De fait, le procès des 7 antifascistes a eu pour seul effet de resserrer des liens déjà existants et de créer un mouvement de soutien d’ampleur. Cette répression est pour nous l’occasion de construire à nouveau un rapport de force et ce avec tout notre camp politique.

La seconde méprise c’est de penser que nos organisations reprennent les mêmes structures hiérarchiques que celles des institutions : que nous avons des bureaucrates, des chef.fe.s, des représentant.e.s et qu’en les déboutant et en les faisant taire ils annihileront les luttes. On a beau leur expliquer, ils ne comprennent pas ou peut-être pensent-ils qu’il est préférable de nous pousser dans la clandestinité ?

Par cette dissolution c’est l’autonomie lyonnaise qui est visée. Or c’est beaucoup donner à la GALE que de penser qu’elle représente tout un mouvement qui par essence est hétérogène, disparate et massif. Encore une fois, les fantasmes du gouvernement alimentent une répression sans précédent : la dissolution d’un groupe antifasciste.

Ceci est un appel à un soutien d’ampleur de la part de tous nos allié.e.s et des forces progressistes dans leur ensemble. Depuis quelques mois, notre camp social vit un basculement répressif, faire bloc est notre seule issue.

On ne dissout pas la révolte qui gronde. À jamais antifasciste.

La GALE »

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source : blogs.mediapart.fr/laurent-thines/blog/270322/hommage-federico-martin-aramburu?utm_source=20220328&utm_medium=email&utm_campaign=QUOTIDIENNE&utm_content=&utm_term=&xtor=EREC-83-[QUOTIDIENNE]-20220328&M_BT=229804372828

Billet de blog 27 mars 2022

Laurent Thines

Hommage à Federico Martín Aramburú

Pour Federico:

" Imaginez que vous venez de passer une belle soirée en ville, et que vous voulez prolonger la nuit en faisant tinter en terrasse quelques verres d’amitié en vous laissant caresser par l’air de printemps encore tiède qui s’enivre dans les rues étoilées…

Imaginez alors, que dans la douceur de l’instant, dans le vertige sucré des vapeurs d’alcool, dans l’euphorie des fous-rires et la lumière des regards heureux, quelque chose de froid, vil et noir vienne soudain mordre la nuque de votre humanité.

Imaginez, qu’assis à la table d’à côté, le membre d’une meute de loups malfaisants déverse sa bile haineuse et xénophobe sur le crâne nu d’un étranger, d’un mal coloré, d’un réfugié, d’un sans-papier, d’un sans-droit-de-cité, faisant la quête de quelques piècettes ou d’une maigre cigarette, pour manger, pour se réchauffer, ou se prouver simplement qu’il fait encore partie de l’humanité…

Imaginez deux petites secondes la scène - Que feriez-vous face à la noirceur ultime ? Comme Federico, opposeriez-vous à la haine votre dignité ? Comme Federico, demanderiez-vous à l’odieux raciste de se taire à jamais ? Comme Federico, prendriez-vous la défense de ce pauvre damné ? Vous dresseriez-vous contre les moqueries xénophobes et les horribles quolibets ?

Ou bien, laisseriez-vous plutôt cette humiliation impunie devenir la votre ? Regarderiez-vous la scène sans réagir pour vous condamner à l’aigreur déglutie de votre lâcheté ? Rumineriez-vous dans votre arrière-gorge la régurgitation de vos culpabilités ?

Federico Martin, lui, n’a fait qu’écouter sa juste indignation.

Federico Martin, lui, a placé le courage de son corps en barrage à l’inhumanité.

Federico Martin, lui, s’est défendu des poings contre le visage de l’humiliation.

Federico Martin, lui, a frappé de toute sa tête pour l’honneur des damnés.

Alors, Federico Martin Aramburu n’est pas mort pour rien, un peu plus tard, quand ces loups couards l’ont coursé sur l’avenue Saint-Germain.

Alors, Federico Martin Aramburu n’est pas mort pour rien, quand le fascisme aryen a croqué sa vie de cinq balles dans le dos.

Alors, Federico Martin Aramburu, notre frère, n’est pas mort pour rien, en arborant le courage qui se dresse face à la haine et se dressera toujours pour sauver notre humanité.

Et personne n’en parle, je veux dire, de la dignité de cet homme, et du fait que l’#ExtremeDroiteTue encore dans notre pays."

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JOURNÉE INTERNATIONALE DE SOUTIEN À LIBRE FLOT LE 4 AVRIL - A DIFFUSER LARGEMENT

Petite avancée dans le combat que mène Libre Flot pour sa libération : après un mois de grève de la faim, son régime d’isolement a enfin été levé par l’administration pénitentiaire. Cela ne mettra pas fin à sa grève puisque son unique revendication est bel et bien la fin de son incarcération. Son état de santé devient critique : il a perdu 16 kilos et est désormais sous perfusion. Bien que sa capacité d’analyse soit toujours vive, son expression est, elle, considérablement ralentie.
Le 4 avril, ses soutiens se rassembleront dans plusieurs pays, à la suite de l’appel international ci-dessous. A Paris, nous nous rejoindrons à 18h à Ménilmontant. A Toulouse, le rassemblement aura lieu à 18h devant le Palais de Justice. Nous y viendrons nombreuses et nombreux pour exiger la libération de Flot et la fin de son calvaire.
Pour Libre Flot,
Contre toutes les taules !

Communiqué des soutiens internationaux de Libre Flot :

Le 8 décembre 2020 un groupe de 7 personnes a été arrêté en France pour participation à une association de malfaiteurs en vue de commettre des actes terroristes. La majorité de ces personnes a été relâchée sans plus de charge qu’une instruction en cours pour “association de malfaiteurs”, une charge utilisée pour aggraver les sanctions et outre passer les droits humains.
L’un d’eux, Libre Flot, a été incarcéré de manière préventive, et placé en isolement depuis son arrestation le 8 décembre 2021. Il est à ce jour la dernière personne à être encore incarcérée.
À travers cette affaire l’Etat français essaye de faire passer l’engagement de Flot dans la lutte libertaire contre l’état islamique pour un engagement comparable à celui des personnes qui rejoignent Daesh en Syrie.

Le 27 février dernier, face au rejet de sa demande de mise en liberté, Libre Flot a commencé une grève de la faim pour protester contre sa détention provisoire dans l’attente d’un procès qui n’arrive pas ; pour dénoncer cette association reprochée qui n’est autre que pure fabulation puisqu’elle est supposée exister entre des personnes qui ne se connaissent même pas ; ainsi que pour dénoncer la répression de l’Etat français envers les personnes qui ont combattu l’état islamique, traitées comme si elles avaient combattu aux côtés de Daesch !

Le 24 mars dernier, Libre Flot a été hospitalisé, après avoir perdu beaucoup de poids, et voyant son état de santé se dégrader.
Le 4 avril 2022, ça fera bien plus d’un mois qu’il aura entamé cette grève de la faim.
Le 4 avril 2022, c’est aussi son anniversaire. C’est pourquoi nous avons choisi cette date pour appeler à une journée d’actions de solidarité !
On appelle tou.te camarade et même toute personne ayant un sens de la justice, à se mobiliser le 4 avril 2022 en se rassemblant devant les ambassades françaises, consulats ou institutions, ou en trouvant n’importe quel moyen de faire entendre notre objection à cette injustice flagrante et inhumaine.
soutienauxinculpeesdu8decembre.noblogs.org laisseznousdanser@riseup.org

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