7 août 2022. Les titres des articles sont en tête de l'envoi

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Scandale des écoutes téléphoniques : Le chef des services de renseignement grecs et le secrétaire du Premier ministre démissionnent. - À Eubée, même éteint le feu reste omniprésent - La « Semaine antifasciste d’Athènes » se tiendra du 12 au 18 septembre prochain. - APPEL A SOUTIEN POUR LA PARUTION DU NOUVEL OUVRAGE de Nicolas Richen - Raffle de grande échelle contre les réfugiés effectuée par l’armée dans les villages d’Evros -

Une nouvelle caravane de migrants se dirige vers les États-Unis

Colombie. Liberté pour les jeunes de la première ligne emprisonnés et tous les prisonniers politiques

Se faire du blé en Ukraine - Le blé ukrainien est-il américain ?

Un gros morceau dans la crise entre les États-Unis et la Chine

24 heures pour Assange. QUAND : Le 15 octobre, 24 heures sur 24. OÙ : Planète Terre.

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source : www.keeptalkinggreece.com/2022/08/05/wiretapping-scandal-greece-intelligence-service-chief-pms-secretary-step-down/

Scandale des écoutes téléphoniques : Le chef des services de renseignement grecs et le secrétaire du Premier ministre démissionnent.

August 5, 2022

Le chef du Service national de renseignement de la Grèce (EYP) et le secrétaire général du bureau du Premier ministre ont démissionné vendredi à la suite d’informations persistantes dans les médias concernant la mise sur écoute du téléphone d’un journaliste ainsi que du chef du parti d’opposition PASOK-KINAL.

La première démission a été présentée par le secrétaire général du PM, Grigoris Dimitriadis, qui se trouve être également un neveu de Kyriakos Mitsotakis.

Peu de temps après, le chef du PEJ, Panagiotis Kontoleon, a également envoyé sa démission en invoquant des « oublis ».

Le Premier ministre Mitsotakis a accepté les deux démissions.

« La démission de M. Dimitriadis a été faite en consultation avec le Premier ministre et vise à déconnecter l’affaire de surveillance du bureau du PM », ont déclaré des sources gouvernementales aux médias.

"Le gouvernement et M. Dimitriadis n’ont rien à voir avec l’affaire Androulakis. Un « climat politique toxique » s’est développé autour de la personne de M. Dimitriadis, qui a été ciblé par « des cercles spécifiques, extrêmement dysfonctionnels à la fois pour le gouvernement et pour M. Dimitriadis lui-même », ont déclaré les sources « dans un effort pour justifier la décision du Premier ministre », a noté le journal efsyn.gr.

De son côté, le chef du PEJ, M. Kontoleon, a cité dans sa lettre de démission « des oublis dans le processus de connexions légales (surveillance) ».

Commentant la démission de Kontoleon, les mêmes sources gouvernementales ont déclaré que « certaines actions erronées ne réduisent pas les services nationaux importants que le PEJ a offerts ces dernières années. » Les sources ont parlé de « surveillance légale avec une autorisation du procureur, dont le bureau du PM n’a pas été informé. » Elles ajoutent que « la personne concernée sera informée en conséquence de tous les détails et de la manière dont la décision a été prise par le PEJ. »
On se souvient que le journaliste de CnnGreece Thanassis Koukakis a été surveillé par le logiciel espion Predator pendant plusieurs mois en 2021 « à la suite d’une demande d’un pays étranger pour des raisons de sécurité nationale », comme l’ont déclaré des sources du PEJ aux médias la semaine dernière.
Le leader du PASOK-KINAL Dimitris Androulakis a révélé en juillet qu’il y avait eu une tentative de mise sur écoute de son téléphone portable en septembre 2021, alors qu’il était député européen et que la course à la direction du parti était sur le point de commencer.
Le gouvernement et les autorités en charge ont tenté de minimiser la question des écoutes, promettant vaguement d’enquêter. Cependant, quelques médias indépendants, comme le journal efsyn et les sites d’investigation reportersunited.gr et insidestory.gr, ont continué à creuser l’affaire.

Jeudi, le quotidien efsyn a publié en première page un rapport sur les transactions commerciales du secrétaire général du Premier ministre avec un homme d’affaires participant à une société vendant le logiciel espion Predator en Grèce, pendant la période critique où il y a eu des tentatives de piratage du téléphone portable du leader du PASOK-KINAL.

Peu de temps après sa démission, vendredi, M. Dimitriadis a intenté une action en justice d’un montant de 150 000 euros contre deux rédacteurs en chef de Reportersunited, leur demandant de retirer la publication, a indiqué un membre de l’équipe de rédaction sur les médias sociaux.

Le journaliste Kasdaglis a qualifié cette action en justice de SLAPP (Strategic lawsuit against public participation).

Il a également rappelé que Thanasis Koukakis lui-même, le journaliste qui a été victime des écoutes du PEJ et de Predator, avait parlé il y a quelques jours dans une interview avec « Sto Kokkino » des relations étroites des personnes de la société Predator avec l’environnement du Premier ministre.

Dans un article paru dans un autre journal, l’homme en charge des données personnelles au sein de la Nouvelle Démocratie au pouvoir, Vangelis Papakonstantinou, a plus ou moins rendu les victimes de la surveillance responsables de leur statut, écrivant qu’elles auraient dû « se protéger » et ne pas activer les liens qui installent le malware sur leurs téléphones portables.

Cependant, les choses ne sont pas aussi simples que la ND au pouvoir veut les présenter.

Dans une interview accordée à insidestory.gr jeudi, l’eurodéputée néerlandaise Sophie in 't Veld, membre de la commission PEGA du Parlement européen sur les logiciels espions et les écoutes téléphoniques, a déclaré que « Europol et le parquet européen doivent s’occuper du Predator en Grèce ».

L’opposition demande des élections anticipées

La réaction des partis d’opposition SYRIZA (gauche et opposition principale), PASOK-KINAL (socialiste) et KKE (communiste) a été rapide.

Les partis ont plus ou moins déclaré que les démissions ne dégagent pas le gouvernement de ses responsabilités dans le scandale de la surveillance.

Le leader de SYRIZA, Alexis Tsipras, a souligné que « le PM Mitsotakis doit des explications pour son Watergate » et a décrit la démission de Dimitriadis comme un « aveu de culpabilité ».

Sur les médias sociaux, les Grecs demandent des élections anticipées.

Sur son principal article d’opinion, le journal avgi, affilié à SYRIZA, note : « Dans tous les cas, les #élections sont désormais à sens unique, afin de ramener la normalité dans le pays, au moins au niveau des institutions et de la démocratie. »

Remplacements

Kontoleon, qui a été nommé à ce poste en août 2019, est remplacé par le secrétaire général du ministère des Affaires étrangères, Themistoklis Demiris. Dimitiradis est remplacé par Giannis Bratakos, président de la Chambre de commerce et d’industrie d’Athènes et directeur de Nouvelle démocratie.

Pendant ce temps, les démissions font le tour des agences de presse internationales.

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source : www.lalibre.be/planete/environnement/2022/08/06/a-eubee-meme-eteint-le-feu-reste-omnipresent-PP7QMKDKVVDLTI774GQ3KLKD64/

À Eubée, même éteint le feu reste omniprésent

Il y a un an, 110 000 ha de forêts et garrigues partaient en fumée en Grèce, dont 56 000 ha à Eubée, la deuxième plus grande île de Grèce. ■ Depuis lors, très peu a été reconstruit. Les habitants naviguent entre désespoir et optimisme

Reportage Angélique Kourounis Correspondante à Athènes

Samedi 6 et Dimanche 7 Août 2022

Les oiseaux et les cigales sont de retour sur l’île d’Eubée. À perte de vue, tel un kaléidoscope, les couleurs se mêlent : le noir des terres brûlées, le vert de l’herbe qui repousse, si vif qu’il en devient indécent, mais aussi le blanc, l’ocre, des arbres à demi consumés qui se tordent comme torturés… Plus on s’enfonce dans le nord de l’île, dévasté par les incendies l’année dernière, plus le noir des arbres car- bonisés prend le dessus. Sur des kilomètres, il se confond au loin avec le bleu de la mer. Au détour d’un virage, çà et là, des troncs sciés, une maison incendiée, une chapelle dévastée. Au grand dam des habitants, un an après la catastrophe, pratiquement aucune maison ou commerce n’a été reconstruite, pas un seul arbre replanté par les autorités malgré toutes les promesses du gouvernement. À soixante kilomètres du centre- ville, au village de Gouvès encaissé dans la montagne, la population locale essaie de s’organiser mais c’est difficile. L’année dernière, la taverne centrale du village était le point de ralliement des secours. Aujourd’hui, elle est devenue un mur des lamentations de la région. Dimitri, 80 ans, a du mal à reprendre le dessus. “Je n’ai même pas envie d’aller voir mes oliveraies. El les sont là, près des forêts qui ont brûlé. Il y en avait beaucoup. Je n’y arrive pas. Je vais jusqu’au pont là-bas et puis je fais demi-tour. Je n’ai pas le moral, je suis comme sonné, perdu”, confie-t-il.

Plus d’huile à donner à la famille

À côté de lui, Giannis, 85 ans, en a presque les larmes aux yeux. Il n’est pas producteur. Il ne sera donc pas indemnisé. Pourtant il a perdu ses dizaines d’oliviers partis en fumée. Le rapport des Grecs aux oliviers et à l’huile d’olive est viscéral, congénital même. Beaucoup produisent leur huile même s’ils ne sont pas professionnels et la tradition veut que le patriarche la distribue à ses enfants et petits-enfants chaque automne pour qu’ils n’en manquent pas l’hiver. Giannis ne pourra plus le faire et c’est ça qui lui fait le plus de mal. À 30 kilomètres de là, au bout d’une route en serpentin, se trouve le village de Kokines Milies très durement touché par les flammes. La forêt autour n’est qu’un linceul de terre noircie à perte de vue. Les arbres calcinés se dressent un peu partout tels de vieux gardiens d’un paradis perdu. Giorgos, 80 ans passés, est assis devant le parapet qui surplombe la vallée. Les souvenirs du passé le hantent. “Je suis effondré, triste de ce que je vis. C’est la deuxième fois. En 1977, la forêt a déjà brûlé une fois. J’ai pu la voir repousser. Cette fois, je ne la verrai plus. Je suis trop vieux. Si tu te rappelles comment c’était avant, c’est dur. Émotionnellement, tu n’es plus le même.”

Ne pas baisser les bras

La question de l’âge revient dans toutes les discussions. Les plus vieux pleurent leur vie d’avant, les plus jeu nes partent sur le continent se trouver un avenir. Entre les deux, il y a ceux qui veulent tenir, tel Sila, la cinquantaine, charpentier au village de Tsapournia. Sa maison et son atelier ont brûlé. Il ne peut plus travailler le bois dans la forêt, mais il refuse de baisser les bras pour autant. “Une partie de la catastrophe que nous avons subie est matérielle : il n’y a plus de forêts, pratiquement plus de touristes, on a perdu notre travail.

C’est un grand traumatisme, mais le plus grand traumatisme a touché notre âme. Nous avons perdu la confiance en la vie, la confiance en nous, en notre ca pacité de croire que l’on peut faire quelque chose pour ce paradis perdu. Maintenant nous vivons un enfer. Souvent, je suis découragé comme les autres car, je le sais, personne ne viendra nous aider à tout reconstruire. Mais si tu te laisses ti- rer vers le bas, tu es foutu. Si tu crois que tu peux reconstruire ta maison, tu la reconstruiras. Si tu penses que tu n’y arriveras pas, tu ne la reconstruiras pas. C’est contre notre moral que l’on doit se battre.

” Mais comment garder le moral ?

L’île d’Eubée vivait de l’exploitation de la résine et du miel de pin, du bois de la forêt, des oliviers, de l’élevage et du tourisme. Après le passage du feu, il n’y a plus de pâturages pour les bêtes, plus de forêts à exploiter, plus de pins pour les abeilles et pratiquement plus de visiteurs. Pour donner un coup de pouce, le gouvernement a distribué à la population grecque – jeunes, retraités et personnes à bas revenus – des bons de vacances valables uniquement sur l’île. Un non-sens pour Vaguelis Georgatsis du village de Skepasti, président des collecteurs de résine : “Ça ne rime à rien. Incendies ou pas, il y a encore de belles choses ici chez nous. Nous avons de magnifiques plages, la cuisine est bonne et pas chère, on est hospitaliers. Dire aux gens d’aller dans un endroit ravagé par les flammes, juste parce que le gouvernement t’offre un bonus de 150 euros, ça ne tient pas la route. J’irai quelque part ou c’est beau pendant mes vacances. Telle qu’ils ont présenté la chose : ‘Je te donne 150 euros pour aller dans les régions brûlées’, c’est comme si on m’offrait 150 euros pour aller en enfer. C’est une punition ! Personne ne va venir !”

Prêts à marcher sur Athènes

À Skepasti les traces de l’incendie sont encore visibles tout autour du village et Vaguelis est très en colère : “Ils parlent de catastrophe climatique, mais le feu de l’année dernière n’a rien à voir avec le climat. C’est l’incapacité du gouvernement à prévoir ce qui était prévisible, d’embaucher des pompiers et des gardes forestiers qui en est la cause. On demandait 17 millions d’euros pour faire face aux incendies et on a eu 1,5 million pour tout le pays. Lorsque les pompiers ont manifesté pour exiger des embauches, on leur a envoyé les forces antiémeutes et les canons à eau.” Sa colère s’est aujourd’hui transformée en rage. “On attend le nouveau programme pour réhabiliter la forêt. S’il ne démarre pas rapidement, nous sommes prêts à marcher sur Athènes et à nous planter devant les ministères jusqu’à ce que notre problème soit résolu. Nous n’allons pas faire marche arrière, car ce n’est pas nous qui avons choisi de quitter notre île.”

Un développement durable de l’île à inventer

Kaliopi, guide au musée ethnographique de Gouves est d’accord, mais pour elle, il faut aller plus loin : “À mon avis, c’est une occasion unique, vu que tout est détruit, et qu’il faut recommencer à zéro, de profiter de toute la technologie moderne, de toutes les études qui ont été faites en vue d’un développement durable pour la gestion de nos richesses naturelles. C’est une occasion unique sur le plan mondial de faire un modèle pionnier, ici à Eubée, d’une communauté au fonctionnement durable.” Elle en est fermement convaincue, et elle fait tout pour convaincre les habitants de l’île.

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La « Semaine antifasciste d’Athènes » se tiendra du 12 au 18 septembre prochain. Elle se clôturera par une grande manifestation à la mémoire de Pavlos Fyssas assassiné par un cadre d’Aube Dorée le 18 septembre 2013.

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message de Nicolas Richen

APPEL A SOUTIEN POUR LA PARUTION DE MON NOUVEL OUVRAGE

Des nuits et des étoiles, feu & vagabondage dans la ville est prêt pour l’impression ! Ce recueil de poèmes (version bilingue français-grec moderne) verra le jour grâce à votre soutien. L’objectif est de collecter 1500 euros d’ici début septembre pour couvrir les frais d’impression et de traduction. La sortie du livre est prévue d’ici septembre-octobre 2022.

Pour participer, c’est ici : https://gofund.me/708f9ac4

Le prix d’un exemplaire papier sera de 12 euros - contributrices et contributeurs, contactez-moi (nicolas.richen@hotmail.com) en me spécifiant le nombre d’ouvrages que vous désirez pré-commander. Merci à toutes et tous !

SYNOPSIS

Les 19 poèmes de ce recueil ont germé dans les rues d’Athènes, à Istanbul, de Marseille à Paris. Ils sont nés d’observations du quotidien, d’expériences sociales et politiques vécues. Des nuits et des étoiles tente de partager et de tisser certains fragments d’émotions, d’aspirations communes. De faire communiquer et vibrer les coeurs à travers ce désir pour ce que l’écrivain Alain Damasio appelle « la volte », un mouvement volutionnaire. L’émancipation du « Nous » et du « Je » n’est pas un réaménagement des consignes marketing. Imprégnée de la « digne rage » que cultivent les Zapatistes, cette publication autogérée est un cri de liberté qui résonne et plane jusqu’au dessus des métropoles. Refusant l’esthétisme comme une fin en soi, cette poésie de l’ici-bas donne à voir les souffrances de ces vies empêchées. Une poésie invitant à trouver des mots pour dire, créer et ressentir davantage. À ouvrir des brèches, du fond des campagnes au coeur des villes.

Edition bilingue, traduction (grec moderne) et postface : Andreas Papanikolaou

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source : www.efsyn.gr/ellada/dikaiomata/354729_ratsistiki-epiheirisi-skoypa-kata-prosfygon-apo-ton-strato-se-horia-toy

06.08.2022, 15:33

Raffle de grande échelle contre les réfugiés effectuée par l’armée dans les villages d’Evros

efsyn.gr

L’armée mène une véritable chasse à l’homme contre de réfugiés et de migrants dans les villages d’Evros depuis vendredi matin, selon un rapport du site local evrosnews.gr, qui parle d’une vaste opération de ratissage avec la participation de la 1ère armée et presque toutes les unités du 4ieme Corps de l’armée non seulement à la frontière, mais dans les villages d’Orestiada, Didymoteicho et Soufli, ainsi que dans les zones d’Alexandroupoli.

Le site Internet, connu pour sa rhétorique d’extrême droite et ses publications anti-réfugiés d’ n racisme extrême, fait référence à un ordre de GEETHA (État -Major de la défense nationale) et du général Konstantinos Floros en collaboration avec le commandant de la 1ère armée, le général Angelos Houdeloudis, afin de « limiter au minimum la présence d’e clandestins », qui, selon la publication, « affluent en hordes », provoquant « la peur et la terreur ».

La publication du site evrosnews.gr

L’information soulève de sérieuses questions sur le rôle, l’action et la compétence de l’armée, car elle semble opérer bien en deçà de la frontière et mener des opérations racistes dans les zones résidentielles, qui relèvent de la compétence de la police. Cette dernière est tenue de s’abstenir de tout profilage racial et decméthodes qui violent les droits de l’homme et de garantir l’accès aux procédures établies d’accueil et d’asile des réfugiés.

« Essentiellement, toute la zone pourrait être considérée comme étant sous la loi martiale et a été placée sous un état d’urgence où une énorme opération de police est en cours par l’armée », note le Réseau Spartacus de soldats libres. Il ajoute : « Nous condamnons ces viles répressions militaires et racistes, qui font partie de la politique anti-réfugiés du gouvernement visant à protéger la forteresse Europe et à imposer l’État moderne de défense/sécurité. Nous exigeons le traitement humanitaire des réfugiés et la reconnaissance de tous leurs droits."

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source : www.leftvoice.org/new-migrant-caravan-heads-to-the-u-s-open-the-borders/

Une nouvelle caravane de migrants se dirige vers les États-Unis

Par La Izquierda Diario Mexico, Left Voice.

28 juillet 2022

Des migrants d’Amérique centrale sont partis en caravane du Chiapas, au Mexique, en direction des États-Unis.

Nous devons lutter pour les pleins droits et la liberté de mouvement des migrants.

Lundi, environ 3 700 migrants d’Amérique centrale ont quitté l’État frontalier du Chiapas pour les États-Unis. Selon les rapports de la Commission nationale des droits de l’homme (CNDH), la caravane est composée de personnes originaires de pays tels que le Venezuela, Haïti, la République dominicaine, le Paraguay, l’Équateur, Cuba, le Panama et également d’Asie.

Les membres de cette nouvelle caravane ont indiqué que cette mobilisation intervient après deux semaines d’attente infructueuse d’une réponse des autorités de l’Institut national des migrations (INM) pour la délivrance de permis temporaires permettant de circuler sur le territoire et d’atténuer ainsi une partie de la violence institutionnelle qui frappe les migrants en transit.

De leur côté, les militants dénoncent la vente de cartes de migration à près de 2 000 dollars, ainsi que les opérations de guet-apens auxquelles participent non seulement le NMI, la police, la garde nationale et les forces armées mexicaines, mais aussi des agents fédéraux des États-Unis et d’Amérique centrale et du Sud. Cette opération a permis jusqu’à présent de détenir au moins 900 migrants par jour en transit vers les États-Unis. Le département de la sécurité intérieure, quant à lui, a enregistré au moins 20 000 « actions perturbatrices », telles que des arrestations, résultant de ces opérations.

Le CNDH a lancé une pétition auprès des agences gouvernementales mexicaines pour qu’elles assurent la « protection » de cette nouvelle caravane, comme le NMI, la Garde nationale et d’autres. Pour sa part, le MNI soutient que les permis nécessaires doivent être traités dans la ville frontalière de Tapachula, au Chiapas.

Bien que la migration ait été inscrite à l’ordre du jour des discussions internationales, comme lors de la rencontre entre le président Andrés Manuel López Obrador (AMLO) et Joe Biden le 12 juillet, l’exode se poursuit car la pauvreté, la précarité et la violence se sont aggravées, notamment en raison de la pandémie de coronavirus.

La fin de la politique de « rester au Mexique », annoncée par le président américain après la découverte de 53 migrants morts dans un camion au Texas, n’a pas changé grand-chose à la situation de violence à laquelle des milliers de migrants sont confrontés chaque jour. Bien qu’ils doivent désormais attendre en dehors des États-Unis que leurs demandes d’asile soient traitées, le flux de migrants continue d’être traité comme un problème de sécurité des deux côtés de la frontière. Les conditions dans lesquelles des milliers de personnes traversent le pays continuent d’exposer leur vie à la violence, aux conditions climatiques extrêmes et aux violations de leurs droits par les autorités et les institutions.

Seule la mobilisation indépendante de la classe ouvrière et des secteurs populaires peut forger les liens d’unité et de solidarité de classe pour lutter pour les pleins droits et la liberté de mouvement des migrants.

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https://rebelion.org/libertad-para-los-jovenes-encarcelados-de-la-primera-linea-y-para-todos-los-presos-politicos/

Colombie.

Liberté pour les jeunes de la première ligne emprisonnés et tous les prisonniers politiques
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Par Horacio Duque | 23/06/2022 | Colombie
Source : Rebelión

Dans son discours d’hier soir, après que le triomphe présidentiel du Pacte historique ait été connu dans la tête de son candidat Gustavo Petro, il a exigé au Procureur Barbosa (de l’Uribisme le plus récalcitrant et rétrograde) la libération immédiate de nos jeunes enchaînés en représailles de leur courageuse lutte contre l’arbitraire et la violence de la police (Esmad) et des forces néo-paramilitaires qui se sont acharnées sur des centaines de milliers de personnes qui ont participé aux grandes mobilisations du 28 avril 2021. Petro a ajouté : combien de personnes sont mortes, combien de personnes sont actuellement en prison, combien de jeunes sont enchaînés, menottés et traités comme des bandits, simplement parce qu’ils avaient de l’espoir et de l’amour.

La demande du nouveau président du peuple colombien est une demande qui vient des profondeurs de l’âme de la nation. Tandis que les responsables de dizaines d’assassinats et de massacres de leaders sociaux, paysans et indigènes se pavanent dans les ministères (Molano), dans la CTI du Parquet, dans les casernes et les commandements de police en toute impunité (résultat de la complicité du Parquet de Barbosa), les sbires du parquet de Barbosa se sont lancés comme des chiens de chasse dans la capture, à la veille des élections, de plus de 80 dirigeants de la première ligne des collectifs populaires qui ont participé aux manifestations de 2021, qui ont maintenu vivantes les bannières et la mobilisation du soulèvement populaire. À Bucaramanga, Buga, Pasto, Cali et Cúcuta, les agents du régime de la terreur ont fait des descentes dans des résidences et des appartements, en y installant des armes et des explosifs pour faciliter la fausse accusation de crimes inexistants. Il s’agit d’un véritable acte de provocation contre la jeunesse et le Pacte historique, en pleine campagne électorale, pour favoriser le candidat de l’ultra-droite colombienne, Rodolfo Hernández.

Parmi les personnes arrêtées figurent Jonathan Stiven Cortés Aldana, Andrés Felipe Rodríguez Chaves, Karina Yurley Cepeda Andrade, Maura Valentina Díaz Flórez, Andrés Duque, Bremmen Hinestroza, Remigio Daza Lasso, Rafael Eduardo Buitrón Sierra et Julián Andrés Moreno Otero, poursuivis pour les délits d’association de malfaiteurs, de vol simple, de terrorisme, de menaces, de dommages corporels, de torture, de dommages à des biens appartenant à autrui, d’enlèvement simple et de perturbation des transports publics, délits structurés par les magiciens criminels de la Dijín et de la CTI.

La personne en charge de tout ce dispositif politique, électoral et judiciaire était le chef de la police nationale, le général Jorge Luis Vargas, une figure bien connue de la société civile.
Álvaro Uribe, qui a suivi les traces d’autres généraux obscurs tels que Santoyo (extradé aux États-Unis) et Gallego (allié des paramilitaires de Don Berna à Medellín).

Pour légitimer leur capture, tous les leaders ont été stigmatisés par l’appareil de propagande néo-nazi de la police, qui utilise souvent des pseudonymes pour dégrader les jeunes.

Tous ces dirigeants sont toujours emprisonnés dans les cellules de la Dijín et de la Fiscalía dans des conditions aberrantes et avec de graves risques pour leur vie.

Exiger leur libération immédiate est une demande urgente du puissant mouvement social qui a élu Gustavo Petro à la présidence du peuple colombien hier.

Bien entendu, cette demande inclut la demande de liberté pour des centaines de prisonniers politiques emprisonnés à La Picota, La Modelo, El Buen Pastor et d’autres pénitenciers qui ont été privés de leur liberté à cause de la police et du bureau du procureur général, en particulier dans les zones agraires caractérisées par leur courageuse résistance. L’association pour la liberté des prisonniers politiques dirigée par Liliani Obando est l’organisation de défense des droits de l’homme qui a été le fer de lance de cette action visant à obtenir la pleine liberté de tous les prisonniers politiques et que nous accompagnons en permanence. C’est une association qui a fait de la libération de Simón Trinidad l’une de ses principales revendications.

Mais toute cette situation difficile doit être comprise dans le cadre du régime policier et militaire qui règne sur le gouvernement d’Ivan Duque, champion du massacre des paysans et de l’extermination des leaders sociaux, environnementaux et des droits de l’homme. C’est la racine de tous ces problèmes qui violent les droits de l’homme. C’est pourquoi il est nécessaire de purger l’appareil militaire et de dissoudre les sinistres appareils tels que le Dijín, l’Esmad et les bureaux de renseignements de l’armée qui opèrent en collaboration avec les groupes néo-paramilitaires en pleine activité dans tout le pays.

Rebelión a publié cet article avec l’autorisation de l’auteur sous une licence Creative Commons, en respectant sa liberté de le publier dans d’autres sources.

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source : www.librairie-tropiques.fr/2022/08/se-faire-du-ble-en-ukraine.html?utm_source=_ob_email&utm_medium=_ob_notification&utm_campaign=_ob_pushmail

Se faire du blé en Ukraine

Le blé ukrainien est-il américain ?

Depuis l’entrée en vigueur de la loi sur la vente des terres agricoles il y a exactement un an, trois grandes corporations transnationales états-uniennes ont acquis pratiquement un tiers des terres cultivables ukrainiennes. Selon la « Australian national review » les états-uniens posséderaient désormais 17 millions des 62 millions d’hectares de l’Ukraine (superficie totale du pays) ; 28% de l’Ukraine serait donc américaine !

Les acheteurs, les propriétaires sont des firmes US bien connues puisqu’il s’agit de Cargill, Dupont et Monsanto. Ce qui cependant est moins bien connu c’est que derrière ces enseignes célèbres ayant pignon sur rue apparaissent des fonds d’investissements – structures financières quelque peu obscures, caractéristiques de l’agiotage « new age »-. Celles-ci, passablement obscures mais puissantissimes, disposent de capitaux qui font tourner la tête se chiffrant en trillions (c’est-à-dire en milliers de milliards) de dollars. Au nombre de celles qui opèrent en Ukraine on compte en particulier Vanguard, Blackstone et Blackrock dont les capitaux sont respectivement dix, six et 0.9 trillions de dollars.

Pour donner la mesure de l’état des choses, la revue australienne mentionne l’exemple de l’Italie où les terres cultivables représentent 16.7 millions d’hectares. Ainsi, le pouvoir des marionnettes kiéviennes a fait en sorte que trois compagnies étatsuniennes possèdent désormais en Ukraine plus de terres cultivables que l’Italie, membre du G7.

Du coup, lorsqu’on évoque le blé ukrainien et son exportation, la question se pose de quoi parle-t-on exactement ? Pourquoi omet-on systématiquement de mentionner les fonds d’investissements américains pourtant très importantes parties prenantes dans l’affaire et, pourquoi pas, principales bénéficiaires ?

Mais, outre ce questionnement à première vue platement économique, la question se pose de savoir comment et pourquoi l’Ukraine en est arrivé là ?

Lorsque le pays faisait partie de l’Union soviétique, la terre appartenait à l’état par l’intermédiaire des kolkhozes. Après la disparition de l’Union soviétique, les paysans, employés des kolkhozes, ont reçu en fermage les terres étatiques qu’ils cultivaient jusqu’alors. Par la suite, le statut de ces terres a été transformé pour devenir, au terme de longues procédures administratives, pleine propriété de ceux qui les cultivaient naguère, les anciens kolkhoziens. S’en est suivie alors une courte période pendant laquelle ont été autorisées des transactions, c’est-à-dire la vente et l’achat des terres. Mais, pour finir, dès 2001, un moratoire a été décrété mettant un terme à toute transaction. Cet état des choses a perduré peu ou prou durant les vingt années suivantes, jusqu’en 2021.

Du coup, comme ils ne pouvaient ni vendre ni acheter la terre, de nombreux anciens kolkhoziens, devenus propriétaires à la suite de la disparition de l’Union soviétique, se sont retrouvés devant le choix soit de continuer à travailler la terre, comme auparavant, soit, ce qui était nouveau pour eux, de la donner en location au prix de 150 dollar l’hectare l’an a des « opérateurs », surgit d’on ne sait où dans la foulée de la dislocation de l’Union soviétique. Ainsi, à l’ombre du moratoire des « opérateurs » sont devenus d’authentiques latifundiaires, pis des entreprises monopolistiques agricoles. De la sorte, si la terre continuait à appartenir, du moins formellement, aux anciens kolkhoziens, dans les faits elle était entre les mains « d’opérateurs » privés, rouages important, si ce n’est essentiel compte tenu de l’importance démographique de la paysannerie ukrainienne – représentant environ 30% de la population du pays -, du système oligarchique à la tête de l’Ukraine.

Cependant, la question de la propriété des terres agricoles en Ukraine demeurait en suspens, problème politique important, central, particulièrement sensible en pays slave qu’est l’Ukraine. La qualité de tchernoziom ukrainien, parmi les meilleures terres arables du monde, ajoutait encore à cet enjeu traditionnel d’autant plus que la production agricole ukrainienne participait de plus en plus aux échanges internationaux. Du coup, le débat s’enrichissait pour savoir s’il fallait, outre l’abolition du moratoire sur les transactions des terres agricoles, ouvrir aux ressortissants étrangers la possibilité d’acheter des terres en Ukraine. Un peu à la fois, progressivement l’idée s’imposait avec l’ouverture de plus en plus effective du pays.

Volodimir Zelensky, averti de la question, proposait de soumettre la question au pays par voie référendaire. Lors de manifestations paysannes il proclamait haut et fort que « la terre appartenait aux Ukrainiens » tout en stigmatisant « les Chinois et les Arabes » qui s’apprêtaient, selon lui, « à emporter notre terre par wagons ».

Le débat faisait rage et Zelensky, en habile bateleur, savait jouer du sentiment populaire pour lui conférer une orientation nationaliste, chauvine, voire xénophobe.

En dépit de l’opposition très majoritaire à l’abolition du moratoire sur la vente des terres agricoles on mettait en avant avec insistance la « justification ». Il fallait le faire, disait-on, car il s’est passé beaucoup de temps depuis l’adoption de cette mesure sans que le parlement ukrainien, la vrhovna Rada, ait mis en place un mécanisme suffisamment transparent pour organiser la vente et l’achat des terres comme le prévoyait la loi de 2001.

A cet égard, il importe de mentionner qu’au même moment des sondages d’opinion indiquaient que 81% des personnes interrogées se prononçaient contre la vente de la terre aux étrangers et que seuls 13% soutenaient la démarche préconisée par le Gouvernement. Par ailleurs, deux tiers des sondés estimaient qu’une décision aussi importante devait faire l’objet d’une consultation par référendum alors que plus de la moitié (58%) estimaient que la terre agricole devait demeurer propriété de l’état à l’exemple du Canada et de l’Israël (références importantes pour l’opinion publique ukrainienne).

Finalement, c’est le compte-rendu du mois d’avril 2021 du Fond Monétaire International, le plus important créditeur de l’Ukraine, qui emportait la décision en mettant l’abolition du moratoire comme condition sine qua non à l’attribution d’un nouveau paquet de crédits à l’Ukraine. Et le gouvernement ukrainien de s’exécuter contre l’avis très largement majoritaire de son opinion public. Dès lors les « opérateurs » avaient les mains libres pour transmettre les terres qu’ils avaient en gestion aux « investisseurs étrangers », ultima ratio du système économique ukrainien. Au préalable, ils devaient les acquérir, comme la loi désormais les autorisait de le faire, auprès des « petits porteurs » ex-kolkhoziens. L’opération, classique dans son genre, rondement menée, comme en témoigne le délai entre l’adoption de la loi par la vrhovna Rada et sa mise en application – à savoir l’acquisition par les compagnies américaine -, a évidemment rapporté gros à quelques malfrats proches du pouvoir kiévien.

Alors, après l’implantation d’une trentaine de laboratoires biologiques américains sur l’ensemble de son territoire, l’Ukraine ajoutait, par la vente massive de ses terres agricoles aux corporations transnationales sous tutelle des fonds d’investissement américain, une dimension supplémentaire à son alignement atlantique. Si les laboratoires biologiques n’ont pas encore livré leurs secrets, en revanche en ce qui concerne les terres agricoles les choses semblent plus simples à élucider en répondant à la question : le blé exporté d’Ukraine est-il américain ?

P.S. Gageons que les inspecteurs qui vont examiner le navire libérien transportant la première cargaison de blé ukrainien au large du port d’Istanbul ce jour (3 août dans la matinée à partir de 10 heures GMT) auront la possibilité de répondre à la question. Ayant entre les mains les bordereaux et la documentation réglementaire, ils connaîtront ipso facto le propriétaire des céréales ukrainiennes.

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source : consortiumnews.com/2022/08/05/big-chip-in-us-china-crisis/

Un gros morceau dans la crise entre les États-Unis et la Chine

Par Maria Ryan, University of Nottingham

5 août 2022

Pour les États-Unis, il est impensable que le géant des semi-conducteurs TSMC puisse un jour se trouver en territoire contrôlé par Pékin, écrit Maria Ryan.

Un aspect du voyage de la présidente de la Chambre des représentants Nancy Pelosi à Taïwan qui a été largement négligé est sa rencontre avec Mark Lui, président de la Taiwan Semiconductor Manufacturing Corporation (TSMC). Le voyage de Mme Pelosi a coïncidé avec les efforts déployés par les États-Unis pour convaincre TSMC - le plus grand fabricant de puces au monde, dont les États-Unis sont fortement dépendants - d’établir une base de fabrication aux États-Unis et de cesser de fabriquer des puces de pointe pour les entreprises chinoises.

Le soutien des États-Unis à Taïwan a toujours été fondé sur l’opposition de Washington au régime communiste de Pékin et sur la résistance de Taïwan à l’absorption par la Chine. Mais ces dernières années, l’autonomie de Taïwan est devenue un intérêt géopolitique vital pour les États-Unis, en raison de la domination de l’île sur le marché de la fabrication des semi-conducteurs.

Les semi-conducteurs - également connus sous le nom de puces informatiques ou simplement de puces - font partie intégrante de tous les appareils en réseau qui font désormais partie intégrante de nos vies. Ils ont également des applications militaires avancées.

La transformation de l’internet 5G ultra-rapide ouvre la voie à un monde d’appareils connectés de toutes sortes (l’« internet des objets ») et à une nouvelle génération d’armes en réseau. Dans cette optique, les responsables américains ont commencé à se rendre compte, pendant l’administration Trump, que les entreprises américaines de conception de semi-conducteurs, telles qu’Intel, dépendaient fortement des chaînes d’approvisionnement basées en Asie pour fabriquer leurs produits.

En particulier, la position de Taïwan dans le monde de la fabrication de semi-conducteurs est un peu comme le statut de l’Arabie saoudite dans l’OPEP. TSMC détient une part de marché de 53 % du marché mondial des fonderies (usines sous contrat pour fabriquer des puces conçues dans d’autres pays). D’autres fabricants basés à Taïwan revendiquent 10 % supplémentaires du marché.

En conséquence, le rapport d’examen de la chaîne d’approvisionnement de 100 jours de l’administration Biden indique que « les États-Unis sont fortement dépendants d’une seule entreprise - TSMC - pour la production de leurs puces de pointe. » Le fait que seuls TSMC et Samsung (Corée du Sud) puissent fabriquer les semi-conducteurs les plus avancés (d’une taille de cinq nanomètres) « met en péril la capacité à répondre aux besoins actuels et futurs des [États-Unis] en matière de sécurité nationale et d’infrastructures critiques. »

Cela signifie que l’objectif à long terme de la Chine de réunifier avec Taïwan est désormais plus menaçant pour les intérêts américains. Dans le communiqué de Shanghai de 1971 et dans la loi sur les relations avec Taïwan de 1979, les États-Unis ont reconnu que les habitants de la Chine continentale et de Taïwan croyaient en l’existence d’« une seule Chine » et qu’ils en faisaient tous deux partie. Mais pour les États-Unis, il est impensable que TSMC puisse un jour se trouver sur un territoire contrôlé par Pékin.
Guerre technologique

C’est pour cette raison que les États-Unis tentent d’attirer TSMC sur leur territoire afin d’augmenter la capacité de production nationale de puces. En 2021, avec le soutien de l’administration Biden, la société a acheté un site en Arizona pour y construire une fonderie américaine. Celle-ci devrait être achevée en 2024.

Le Congrès américain vient d’adopter la loi sur les puces et la science, qui prévoit 52 milliards de dollars de subventions pour soutenir la fabrication de semi-conducteurs aux États-Unis. Mais les entreprises ne recevront les fonds de la loi sur les puces que si elles acceptent de ne pas fabriquer de semi-conducteurs avancés pour des entreprises chinoises.

Cela signifie que TSMC et d’autres entreprises pourraient bien devoir choisir entre faire des affaires en Chine et aux États-Unis, car le coût de fabrication aux États-Unis est jugé trop élevé sans subventions gouvernementales.

Tout cela fait partie d’une « guerre technologique » plus large entre les États-Unis et la Chine, dans laquelle les États-Unis visent à limiter le développement technologique de la Chine et à l’empêcher d’exercer un rôle de leader technologique mondial.

En 2020, l’administration Trump a imposé des sanctions écrasantes au géant technologique chinois Huawei, qui visaient à couper l’entreprise de TSMC, dont elle dépendait pour la production de semi-conducteurs haut de gamme nécessaires à son activité d’infrastructure 5G.

Huawei était le premier fournisseur mondial d’équipements de réseau 5G, mais les États-Unis craignaient que ses origines chinoises ne constituent un risque pour la sécurité (bien que cette affirmation ait été remise en question). Les sanctions sont toujours en place car les républicains et les démocrates veulent empêcher d’autres pays d’utiliser les équipements 5G de Huawei.

Le gouvernement britannique avait initialement décidé d’utiliser les équipements Huawei dans certaines parties du réseau 5G du Royaume-Uni. Les sanctions de l’administration Trump ont forcé Londres à revenir sur cette décision.

Un objectif clé des États-Unis semble être de mettre fin à leur dépendance à l’égard des chaînes d’approvisionnement en Chine ou à Taïwan pour les « technologies émergentes et fondamentales », ce qui inclut les semi-conducteurs avancés nécessaires aux systèmes 5G, mais pourrait inclure d’autres technologies avancées à l’avenir.

Le voyage de Mme Pelosi à Taïwan ne concernait pas seulement la place essentielle de Taïwan dans la « guerre technologique ». La domination de sa plus importante entreprise a conféré à l’île une importance géopolitique nouvelle et cruciale qui risque d’exacerber les tensions existantes entre les États-Unis et la Chine sur le statut de l’île. Elle a également intensifié les efforts des États-Unis pour « délocaliser » leur chaîne d’approvisionnement en semi-conducteurs.

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source : caitlinjohnstone.substack.com/p/new-media-are-as-intertwined-with

Les nouveaux médias sont aussi liés au pouvoir impérial que les anciens médias

Caitlin Johnstone

5 août 2022

Alan MacLeod a publié un nouvel article sur Mintpress News montrant comment la plupart des organisations soi-disant indépendantes de « vérification des faits » avec lesquelles Facebook s’est associé pour contrôler les informations sur la guerre en Ukraine que les gens sont autorisés à voir sur la plateforme sont, en fait, financées par le gouvernement des États-Unis.

/www.mintpressnews.com/facebook-fact-checking-organizations-ukraine-funded-washington/281618/
La plupart des organisations de " vérification des faits " utilisées par Facebook en Ukraine sont financées par Washington Par Alan MacLeod, Mintpress News. 3 août 2022/

« La plupart des organisations de vérification des faits avec lesquelles Facebook s’est associé pour contrôler et réglementer les informations sur l’Ukraine sont directement financées par le gouvernement américain, soit par l’intermédiaire de l’ambassade des États-Unis, soit par le truchement du célèbre National Endowment for Democracy (NED) », écrit MacLeod.

La NED est en effet tristement célèbre car, comme l’explique MacLeod, elle a été créée pour réaliser ouvertement un grand nombre des opérations que la CIA avait l’habitude d’effectuer secrètement, comme faire circuler de la propagande dans les nations ciblées par l’empire, financer des soulèvements étrangers et faciliter le coup d’État de 2014 en Ukraine qui a déclenché les événements qui ont finalement conduit à l’invasion du pays par la Russie en février dernier.

Macleod montre comment l’argent du gouvernement américain est acheminé vers les « organisations de vérification des faits » de Facebook par le biais de la NED et d’autres canaux, le résultat étant une opération de gestion narrative financée par le gouvernement américain sur une plateforme de médias sociaux qui compte près de trois milliards d’utilisateurs actifs.

La plupart des organisations de vérification des faits utilisées par Facebook pour contrôler le contenu sur l’Ukraine sont directement financées par le gouvernement américain, soit par l’ambassade américaine, soit par le groupe de façade de la CIA, la NED.

Ma nouvelle enquête en exclusivité sur @MintPressNews:https://t.co/FH4R0HKs1s

- Alan MacLeod (@AlanRMacLeod) 3 août 2022

Cet article n’est que le dernier volet d’une série de pièces que MacLeod a publiées avec Mintpress au cours des derniers mois, documentant les nombreuses ficelles que l’on peut voir entre les principales plateformes de la Silicon Valley et l’empire centralisé des États-Unis, qui deviennent plus claires et plus nombreuses chaque année.

Le mois dernier, MacLeod a publié un rapport sur les nombreux vétérans de la CIA et d’autres branches du cartel du renseignement américain qui sont embauchés à des postes de haut niveau au sein de Meta, la société mère de Facebook, et qui aident à déterminer quels types d’informations obtiennent une visibilité sur les plateformes de médias sociaux de l’entreprise. Le « senior product policy manager for misinformation » de Meta a été embauché tout droit sorti de la Central Intelligence Agency en 2019 et aide maintenant Facebook, Instagram et Whatsapp à trier les informations de la désinformation.

Le mois dernier, MacLeod a également publié un article sur les nombreux vétérans de la CIA qui ont été embauchés pour aider Google à décider quelles informations sont vues dans ses recherches et sur les plateformes appartenant à Google comme YouTube. Google est sans conteste l’entreprise la plus influente de la planète en matière d’accès du public à l’information.

En juin, MacLeod a rédigé un article intitulé « The Federal Bureau of Tweets : Twitter recrute un nombre alarmant d’agents du FBI », rapportant que « le géant des médias sociaux a, ces dernières années, recruté des dizaines de personnes issues de l’État de la sécurité nationale pour travailler dans les domaines de la sécurité, de la confiance, de la sûreté et du contenu. »

Moteur de recherche de la sécurité nationale : Pourquoi Google a-t-il embauché autant d’ex-agents de la CIA pour diriger ses opérations internes et externes les plus importantes.

Ma nouvelle enquête pour @MintPressNews : https://t.co/Bayhjqc1R0

  • Alan MacLeod (@AlanRMacLeod) 26 juillet 2022

L’important travail de MacLeod s’appuie sur celui d’autres reporters comme Yasha Levine, dont le livre Surveillance Valley : The Secret Military History of the Internet décrit la manière dont l’accès sans précédent de l’humanité à l’information a été entrelacé avec le pouvoir impérial américain dès sa création.

La Silicon Valley est une composante au moins aussi fondamentale du contrôle narratif impérial américain que les médias traditionnels et Hollywood, et elle le devient encore plus. Ensemble, ils constituent l’appareil de contrôle narratif de l’empire, qui est tout aussi essentiel au fonctionnement de l’empire que sa puissance militaire ou économique.

L’expansion de la conscience humaine sur les questions de justice politique et sociale a entraîné une intolérance publique croissante à l’égard de la tyrannie et de l’oppression, ce qui a rendu nécessaire pour l’empire actuel du monde de nous dominer en nous donnant l’illusion de la liberté. On nous dit que nous vivons dans une démocratie où le peuple contrôle son propre destin, mais en réalité nous sommes inondés de propagande dès notre naissance, conçue pour manipuler psychologiquement notre façon de penser, d’agir et de voter. Comme l’a dit Noam Chomsky, « la propagande est à une démocratie ce que la matraque est à un État totalitaire ».

La Silicon Valley est remplie de barbouzes et de menteurs pour la même raison que les grands médias soutiennent toutes les guerres et normalisent continuellement les injustices bizarres de notre société : celui qui contrôle le récit contrôle le monde. La perception est la réalité, et si vous pouvez contrôler la façon dont les gens perçoivent la réalité, alors, en ce qui concerne leur comportement, vous contrôlez la réalité elle-même.

Nous resterons piégés par les abus de la machine d’oppression du statu quo jusqu’à ce que nous nous éveillions à ce fait.

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source : www.pressenza.com/fr/2022/08/24-heures-pour-assange/

24 heures pour Assange

05.08.22 - Pressenza IPA

Cet article est aussi disponible en: Anglais, Italien, Portugais, Grec

Pressenza promeut, avec de nombreuses entités, un marathon mondial de 24 heures pour la liberté de Julian Assange.

Julian Assange est l’homme, le journaliste, qui a osé exposer les crimes de guerre des États-Unis en Afghanistan et en Irak et les criminels responsables.

Depuis lors, Julian Assange n’a cessé d’être persécuté, emprisonné, réduit au silence : il ne peut plus nous tenir informés. Pendant ce temps, les criminels qu’il a exposés ne sont toujours pas inculpés ou acquittés.

Julian Assange risque maintenant l’extradition vers les États-Unis et jusqu’à 175 ans de prison là-bas – une condamnation à mort.

Julian Assange a, avec ses deux jeunes enfants, une merveilleuse partenaire, Stella : une avocate qui continue à se battre pour lui et avec lui, pour faire avancer leur cause.

Julian Assange est un symbole pour chaque journaliste qui risque d’être réduit au silence pour s’être exprimé librement.

Julian Assange représente un monde nouveau et meilleur où l’injustice ne trouve aucune place et où les droits de l’homme sont protégés.

De plus en plus d’événements sont organisés dans le monde entier pour réclamer la liberté de Julian, afin d’empêcher sa dangereuse extradition vers les États-Unis.

Rejoignez le marathon que nous organisons ce 15 octobre afin de mieux faire connaître le cas de Julian au monde entier : un événement en streaming non stop de 24 heures au cours duquel des journalistes et des présentateurs de journaux télévisés, ainsi que des célébrités, des activistes, des personnes du monde artistique et de la société civile de toute la planète, se relaieront pour s’exprimer en faveur de la liberté de Julian Assange.

QUAND : Le 15 octobre, 24 heures sur 24.

: Planète Terre.

Dites-nous que vous êtes partants en écrivant à : 24hAssange@proton.me

Site Web, dans quelques jours : www.24hassange.org

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