7 mai 2022. Les titres sont en tête de l'envoi.

Pour retrouver les envois oxi antérieurs : discuter.rezo.net/c/oxi/42

Pour lire l’intégralité des articles , vous pouvez cliquer sur télécharger/voir plus ou " …"

_______________________________________________________________________________________________________________________________________________________________

Justice4Zak : Deux hommes condamnés à 10 ans chacun pour le meurtre de Zak Kostopoulos - Solidarité Grèce 67 : des nouvelles de Grèce et du dispensaire social d’Helliniko - « Le quartier » film turc de Selma et Inan Altin, deux membres de Grup Yorum, en avant première le 16 mai au Grand Rex (Paris) puis en salle - Un chauffeur de taxi raciste tire sur un migrant pakistanais dans le centre-ville d’Athènes -

Il ne suffit pas de changer le Directeur, c’est Frontex qu’il faut supprimer !

Des personnalités grecques protestent contre l’attitude des médias et des politiciens sur la Russie et l’Ukraine

Une Déclaration du Mouvement de libération des Noirs sur l’Ukraine

Nontobeko Hlela - Pourquoi le non-alignement est un impératif urgent pour le Sud mondial

Le Conseil d’État sauve la reconnaissance faciale du fichier TAJ

APPEL A SOUTIEN DU COLLECTIF STOP CARNET
QUATRE DEFENSEURS DU CARNET AU TRIBUNAL CORRECTIONNEL! Rendez vous à SAINT NAZAIRE le 17 MAI à 13h30.

Dimanche 22 mai à la Cantine des Pyrénées 77 rue de la mare 20ème M° Pyrénées Rencontre/repas de soutien aux asilé(e)s italien(ne)s menacé(e)s d’extradition 11h/12h30 : infos/débat - 12h30/14h30 : repas - 14h30 : infos/débat

______________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________

source : #Justice4Zak: Two men sentenced to 10 years each for the killing of Zak Kostopoulos
Justice4Zak : Deux hommes condamnés à 10 ans chacun pour le meurtre de Zak Kostopoulos

May 3, 2022
Le propriétaire d’une bijouterie et d’un bureau immobilier ont été reconnus coupables d’avoir causé des lésions corporelles mortelles dans le meurtre du militant des droits des homosexuels Zak Kostopoulos, 33 ans, dans le centre-ville d’Athènes le 21 septembre 2018.

Les deux hommes ont été condamnés à 10 ans de prison chacun, sans possibilité de libération conditionnelle.

L’agent immobilier de 59 ans a été conduit en prison, alors que le procureur avait proposé que le propriétaire de la bijouterie de 77 ans passe sa peine à la maison en raison de son âge.

Le procureur a également proposé qu’aucune atténuation ne soit accordée aux deux condamnés. Lors de son discours, il a déclaré que le bijoutier et le courtier n’ont pas montré de remords dans leurs témoignages, mais qu’au contraire, ils semblaient ne pas avoir réalisé la valeur criminelle de leur acte.

Par ailleurs, la cour d’appel à jury mixte d’Athènes a estimé que les quatre policiers inculpés pour leur implication dans l’affaire ont été déclarés innocents par une décision partagée.

Une vidéo réalisée à partir d’un téléphone portable et de caméras de sécurité le 18 septembre montre les deux condamnés en train de battre Zak Kostopoulos, qui a brisé la vitrine de la bijouterie pour échapper à l’agression et est tombé sur le trottoir où il a été frappé à plusieurs reprises.

Plusieurs policiers se sont précipités sur les lieux et les images montrent quatre d’entre eux en train de frapper Zak Kostopoulos, gravement blessé et très probablement mourant.

Zak est probablement mort dans l’ambulance sur le chemin de l’hôpital.

Les premiers reportages sur l’incident ont affirmé que Zak Kostopoulos était un toxicomane qui était entré dans la bijouterie pour voler, mais la vérité a vite été révélée : la victime était le célèbre militant LGBT.

L’agitation a régné dans la salle d’audience ainsi qu’à l’extérieur du bâtiment où les gens s’étaient rassemblés après que la décision ait été rendue publique.

Beaucoup ont décrié le verdict, notamment la famille de Kostopoulos et Magda Fyssa, la mère du rappeur assassiné Pavlos Fyssas.

Lorsque la foule a crié « Meurtriers ! » et d’autres slogans, le président du tribunal aurait vidé la salle, menaçant de faire arrêter quiconque ne s’exécuterait pas pour trouble à l’ordre public.

Le père de Kostopoulos a commenté le verdict : « Cet état de droit est une blague ».

La grand-mère des victimes a déclaré « Ayez pitié ! Nous nous attendions à quelque chose de mieux ».

La famille et les supporters espéraient que les deux hommes soient reconnus coupables d’homicide.

______________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________

Solidarité Grèce 67 : des nouvelles de Grèce et du dispensaire social d’Helliniko

Retour de Grèce j’ai du mal à en parler sans tristesse et colère tant l’attitude de l’Europe est contradictoire vis à vis des « réfugiés », le débat sur Lesbos est de savoir si les bateaux financés par l’Europe ont « repoussé » les réfugiés à l’eau ou seulement « assisté » à la noyade. L’accueil des « réfugiés » ukrainiens en France, (pas à Calais), vu sur France 2, est tout autre et leur caniche ne semble pas avoir été trop traumatisé.

Alors j’ai du mal à comprendre ce grand appel d’air de soutien envers les réfugiés blancs quelquefois au détriment des autres, y compris en Grèce, y compris à Helliniko.

A part cela une rapide visite à Athènes montre que tout ira bien pour les touristes que la Grèce s’apprête à recevoir.

Le dispensaire social d’Helliniko a déménagé.

Il est accueilli maintenant par la municipalité de Glyfada dans plusieurs pièces d’un grand immeuble moderne. La place est plus restreinte que dans les anciens bâtiments de l’ex aéroport.

Même si l’environnement peut faire illusion en voyant passer à quelques dizaines de mètres sur la route vers Vouliagméni de somptueuses voitures de sport, la situation en fait s’aggrave encore…Des médecins sont en grève de la faim pour protester contre le renvoi de 7 .000 d’entre eux qui refusent d’être vaccinés, alors qu’il manque de soignants.

Après onze ans d’existence le rôle du dispensaire est toujours aussi nécessaire .

Le travail des bénévoles est titanesque, chaque boite de médicaments reçue est ouverte et vérifiée et quand elles viennent de l’étranger la composition est inscrite pour simplifier et sécuriser l’usage pour les médecins grecs,reste après à répondre aux demandes et préparer.

Nous sommes chaleureusement accueillis par Nelly et Irina.

Nous sommes invités par un groupe de volontaires à déjeuner dans une vieille taverne en fond de cour, comme il ne doit plus en exister qu’au musée, c’est merveilleux de souvenirs, d’amitié et de liens avec de « jeunes » bénévoles et « d’anciens », bénévoles depuis la fondation.

Cette vieille taverne qui survit sans doute grâce aux visites de ceux qui y sont liés, semble en écho représenter les difficultés que vit Helliniko , deux points de vue s’affrontent depuis quelques AG, je traduirai prochainement les articles qui s’expriment maintenant, que nous puissions mieux comprendre ce qui se passe, car cela semble être un problème de fond.

Quoi qu’il en soit, Helliniko répond à un besoin et notre soutien, comme tout soutien, est précieux.

« Aussi longtemps que continueront l’austérité et l’oppression, nous continuerons à résister »

devise d’Helliniko

Maintenant que le barrage confinement est levé , au moins jusqu’au élections je pense, on peut se retrouver dans un endroit public pour notre réunion , stammtish et le plaisir de se voir. Le Mercredi est le jour qui convient le mieux et plus tard à 17 h 30. On peut donc se retrouver ce mercredi 18 à 17h30 au « Coin des Kneckes » qui fait le coin entre la « rue de la Course » et la « Petite rue de la Course » en direct de la place de la gare.

Cordialement

Marc

_____________________________________________________________________________________________________________________________________________________________

Le Quartier : des conditions de tournage exceptionnelles

Paris, le lundi 2 mai - Pour la première fois, un film turc sera diffusé en avant-première mondiale au Grand Rex le 16 mai prochain. Le film, Le Quartier, qui sortira dans les salles le 20 mai prochain, est à destination de tous les publics. Ce long métrage relate la situation actuelle de certains quartiers d’Istanbul, convoités par les grandes institutions foncières, de par la valeur grandissante de l’immobilier.

www.legrandrex.com/cinema/3799

Le Quartier, tiré de faits réels, relate l’histoire d’un district stambouliote convoité par une grande société de construction et des institutions financières internationales. En s’appuyant sur des partenariats douteux, ils tentent de faire main basse sur cette perle du Bosphore. Du jour au lendemain, la vie de quartier change : entre morts, intrigues financières, gangs de la drogue et mafia foncière, les jeunes du quartier s’engagent dans une lutte déterminée en mettant tout en œuvre pour mobiliser leur commune.

Produit et réalisé par Selma et Inan Altin, deux membres de Grup Yorum, groupe de musique populaire fondé en 1985 en Turquie afin de dénoncer le coup d’État militaire de 1980, le groupe a été formé pour être la voix de la terre et des peuples d’Anatolie. En peu de temps, Yorum est devenu un nom emblématique pour la lutte des droits et des libertés.

Après avoir rassemblé et conquis des millions de personnes en Turquie et en Europe à travers leur musique, leur objectif est d’aller encore plus loin avec un projet cinématographique.

Néanmoins, perçus comme une menace par le gouvernement actuel de par leur musique et projet de long métrage, un mandat d’arrêt a été lancé contre tous les membres de Yorum dont Selma et Inan Altin. Trois membres de Grup Yorum ont été arrêtés durant cette opération.

La répression les a contraints à s’installer en France et à changer de méthode de travail pour continuer le tournage du film. Ne pouvant plus diriger le long métrage à partir du set de tournage, Inan Altin poursuit son travail de réalisateur à distance.

En s’appuyant sur la légitimité du projet et la base de fans de Grup Yorum, la plupart des ressources du film ont été obtenues gratuitement. Plus de 400 personnes se sont mobilisées pour porter ce projet cinématographique jusqu’au bout (conditions de tournage exceptionnelles - animations - soutien bénévoles…).

Synopsis

« Le Quartier » se déroule aujourd’hui dans un faubourg d’Istanbul qui se précarise à mesure que la valeur de l’immobilier augmente. Un quartier fleuri, couvert d’arbres et de jardins, dont un côté donne sur le détroit du Bosphore et l’autre, sur des gratte-ciels aux reflets éclatants.

Une grande société de construction et des institutions financières internationales, attirées par la spéculation immobilière, se liguent pour faire main basse sur cette perle du Bosphore en s’appuyant sur des partenaires douteux. Les jeunes du quartier, conscients des dangers à venir, s’engagent dans une lutte déterminée en mettant tout en œuvre pour mobiliser leur quartier.

Un amour d’enfance émerge au milieu de tant de péripéties : celui de Rüstem et d’Aslı. Aslı est absorbée par les préparatifs du mariage mais leur vie va prendre un tournant différent de celui dont ils ont rêvé. C’est une histoire de créativité. Celle des enfants du peuple qui ne font pas que parler, mais qui continuent à chercher des moyens extraordinaires pour résoudre les problèmes. « Le Quartier » , c’est l’histoire d’un amour et d’un combat éparpillés au milieu des morts, des intrigues financières, des gangs de la drogue et de la mafia foncière.

LE QUARTIER, LE FILM
8 bis rue Abel, 75012, Paris

_____________________________________________________________________________________________________________________________________

source : www.keeptalkinggreece.com/2022/05/04/taxi-driver-pakistani-migrant-shoot-athens/

Un chauffeur de taxi raciste tire sur un migrant pakistanais dans le centre-ville d’Athènes

4 mai 2022

Un chauffeur de taxi a sorti une arme et a tiré sur un migrant pakistanais à la tête dans le centre d’Athènes le 2 mai. La balle a touché l’homme à quelques centimètres de son œil. Il a été transporté avec l’ambulance à l’hôpital où les médecins ont retiré la balle et fait des points de suture.
Selon une dénonciation faite par le Mouvement contre le racisme et le fascisme KEERFA, l’incident a eu lieu à 9h15 lundi matin, alors que la victime et quelques autres migrants pakistanais revenaient de la célébration de l’Eid ul-Fitr à la fin du mois sacré du Ramadan.
Les hommes portaient des vêtements traditionnels de leur pays, des salvars et de longues chemises blanches, et étaient donc faciles à identifier.
Ali Riyaz, 26 ans, se rendait à pied à son domicile dans le quartier de Patisia, à Athènes, avec quatre amis.
La victime se souvient qu’à partir d’un taxi qui passait en trombe, le chauffeur a ouvert la fenêtre, sorti un pistolet et, en criant « F*** les musulmans ! », a tiré 3 à 4 fois.
La victime a juste réussi à crier « qu’est-ce que tu fais ? » et l’instant d’après, elle a ressenti une brûlure à la tête et des vertiges.
Ses amis ont également trouvé une balle sur le trottoir et l’ont remise à la police.
KEERFA parle d’une « attaque clairement motivée par le racisme » et blâme le gouvernement conservateur de Nouvelle Démocratie pour ses campagnes racistes islamophobes avec des opérations de police contre les migrants, des persécutions et des refoulements aux frontières et des évacuations de camps comme à Eleonas."
Selon le Mouvement antiraciste, « alors que nous nous rapprochons du 15 juin, jour de l’audience en appel des escadrons condamnés de l’Aube dorée, les fascistes font une présence retentissante avec des attaques racistes meurtrières dans les quartiers d’Athènes. »
Citant des sources policières, le radiodiffuseur public ERT a indiqué que les balles provenaient d’un pistolet à air comprimé. La police a lancé une enquête pour retrouver le chauffeur de taxi.
La victime et ses amis ont déclaré qu’il conduisait une Mercedes.

Traduit avec www.DeepL.com/Translator (version gratuite)

_____________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________

Il ne suffit pas de changer le Directeur, c’est Frontex qu’il faut supprimer !

L’UE et ses États membres doivent sanctionner les pratiques illégales de Frontex et mettre fin à l’impunité !

FR: migreurop.org/article3102.html

Le 29 avril 2022, Le Directeur exécutif de l’agence de garde-côtes et garde-frontières européens Frontex, Fabrice Leggeri (en poste depuis 2015) a remis sa démission.

Depuis octobre 2020[1][1], Frontex fait face à de nombreuses accusations de complaisance ou de complicité dans des opérations de refoulements en mer Egée et en Europe de l’Est, mais aussi de graves dysfonctionnements et de mauvaise gouvernance. Au point que de nombreuses enquêtes ont été menées par les institutions européennes (Parlement européen, médiatrice européenne, Cour des comptes de l’UE, Office européen anti-fraude OLAF), et que la décharge budgétaire de Frontex pour l’année 2020 a été bloquée par le Parlement européen, le 4 mai 2022, signe évident de défiance[1][2]. Les conclusions du rapport de l’OLAF[1][3], et les dernières révélations de refoulements maquillés en « préventions au départ » en mer Egée dans les rapports de Frontex[1][4], ont sans doute accéléré la chute de son Directeur, qui paraissait jusqu’ici intouchable.

Mais Leggeri n’a pas été licencié, il a démissionné. Non pas car il assume sa responsabilité dans les violations avérées des droits commises ou couvertes par Frontex aux frontières[1][5], mais car le rôle de l’agence prend selon lui une orientation qu’il désapprouve. Son mandat et la vision politique des institutions auraient ainsi « silencieusement mais effectivement été modifiés » durant les deux dernières années, et il existerait selon lui une contradiction manifeste entre le mandat de contrôle et de protection des frontières européennes qui lui a été confié en 2015, et le respect des droits des personnes tentant d’atteindre ces frontières, les deux n’étant pas compatibles. Il démissionne donc car « il ne peut rester pour mettre en œuvre ce qui n’est pas le mandat de l’Agence »[1][6]. Dans son communiqué du 29 avril, le Conseil d’administration de Frontex a, lui, balayé tout dilemme en affirmant au contraire « qu’un contrôle efficace des frontières et la protection des droits fondamentaux sont pleinement compatibles »… Ce que la société civile réfute, documents à l’appui, depuis plus de dix ans[1][7].

Et de fait, Leggeri évincé, rien ne change. Ni l’incompatibilité effective du mandat et des activités de Frontex avec le respect des droits fondamentaux, ni l’impunité structurelle dont elle jouit. Car il ne s’agit pas de la responsabilité d’un (seul) homme, mais bien de celle d’un système à l’échelle européenne qui a permis depuis des décennies la multiplication en toute impunité des violations des droits des personnes exilées aux frontières maritimes et terrestres de l’Europe.

Car le mandat de Frontex et ses activités, tout comme la politique sécuritaire et mortifère de lutte contre l’immigration de l’Union, demeurent. Frontex continuera de « sécuriser » les frontières européennes, avec violence et au mépris des droits et de la vie des personnes[1][8], en procédant à des vols collectifs d’expulsion[1][9], en entravant le droit d’asile, en prévenant les pseudo garde-côtes libyens (qu’elle forme par ailleurs) de venir intercepter les bateaux d’exilé.e.s avant qu’ils ne franchissement les eaux territoriales européennes[1][10], et continuera d’ériger les personnes désireuses de rejoindre le territoire européens en « menaces » dont il faudrait se protéger. En somme, Frontex continuera d’entraver les mobilités - en violation du droit international[1][11] -, et à contraindre les personnes à emprunter des voies de passages risquées et mortelles, car tel est bien son mandat, et ce quel que soit le nom de son Directeur.

Et tandis que la société civile n’a eu de cesse depuis une décennie de documenter et dénoncer ces dérives, Frontex n’a jamais été sanctionnée pour ses agissements attentatoires aux droits. En 2014, Migreurop évoquait déjà des refoulements entre la Grèce et la Turquie, dans le cadre de l’opération Poséidon de Frontex, ayant été rapportés à la chargée des droits fondamentaux de l’agence, sans qu’il n’y soit donné suite[1][12]. En décembre 2020, son Directeur avait déjà admis devant le Parlement européen que l’agence procédait à des « opérations de prévention au départ », assimilables à des refoulements[1][13]. Malgré cela, aucune décision officielle n’a jamais été prise pour faire cesser les opérations de l’agence dans cette zone, aucun de ses agents n’a été mis en cause, et il n’a pas été mis un terme aux responsabilités de son Directeur, qui n’a jamais été sanctionné, et qui est démissionnaire.

Lorsque les accusations ne peuvent plus être dissimulées et que les pratiques illégales de l’agence Frontex ne peuvent plus être ignorées ni remises en cause, l’unique conséquence semblerait donc être la démission (et non le licenciement) d’un Directeur, qui ne fera par ailleurs l’objet d’aucune sanction disciplinaire ou judiciaire. Face à l’accumulation de preuves, lorsque les institutions de contrôle démocratique ne peuvent plus se taire, elles ne sont donc capables que de produire des changements cosmétiques.

Frontex s’est vue renforcée à chaque révision de mandat (2011, 2016, 2019) malgré les « rapports d’incidents » internes, les rapports d’ONG et les enquêtes médiatiques, et est de plus en plus rétive à rendre des comptes, tant aux institutions qu’aux citoyen.ne.s[1][14]. Quel que soit son Directeur, l’agence a, en de trop nombreuses occasions, prouvé qu’elle pouvait en toute impunité s’affranchir du droit européen pour satisfaire une politique sécuritaire de lutte contre l’immigration, qui a démontré ne pouvoir être respectueuse des droits.

En acceptant le départ volontaire de Leggeri, les institutions européennes lui font indirectement porter la responsabilité des dérives de l’agence, une façon également de faire silence sur celles-ci et de ne pas remettre en cause les fondements mêmes de Frontex, tout en prétendant reprendre les choses en main et « assainir » une entité « abîmée ». Mais les bases sur lesquelles s’appuie Frontex n’ont pas changé d’un iota, et Frontex est irrécupérable.

Remplacer le Directeur ne modifiera pas le mandat ni les activités de Frontex. Il ne s’agit plus désormais d’apporter des changements cosmétiques, mais de supprimer enfin l’agence Frontex pour faire cesser les violations des droits aux frontières, perpétrées impunément au nom de leur protection.

1] Voir annexe

[2] « Décharge budgétaire de Frontex bloquée : un pas symbolique de plus vers le respect des droits humains », CNCD 11.11.11, 4 mai 2022 : www.cncd.be/Decharge-budgetaire-de-Frontex?fbclid=IwAR0eFueLel0I5RLc66X535scuZAz2Ep_xI5SxoIt9C4fc2VHXpvOSoDfRBY

[3] OLAF Report on Frontex, question parlementaire à la Commission européenne, 2 mars 2022 www.europarl.europa.eu/doceo/document/E-9-2022-000861_EN.html

[4] « Frontex et les renvois illégaux de migrants : le directeur exécutif de l’agence européenne, le Français Fabrice Leggeri, a présenté sa démission », Le Monde, 29 avril 2022

[5] Extrait lettre démission Leggeri : « Les enquêtes et les investigations ont conclu en 2021 qu’il n’y avait aucune preuve de [l’implication de Frontex dans des refoulements]. J’ai été personnellement confronté à ces accusations et j’ai pu les réfuter toutes. Je note que le conseil d’administration a décidé qu’il n’y a pas lieu d’engager une procédure disciplinaire à mon encontre »

[6] ibid

[7] « Frontex, 15 ans d’impunité : l’agence hors-la-loi doit disparaître ! », Migreurop, 8 décembre 2020

[8] « FRONTEX : quelles garanties pour les droits de l’homme ? », Migreurop, 2011

[9]« Deportation Union: Rights, accountability and the EU’s push to increase forced removals », Statewatch, 19 août 2020: www.statewatch.org/deportation-union-rights-accountability-and-the-eu-s-push-to-increase-forced-removals/

[10] « L’ONG allemande Sea-Watch porte plainte contre Frontex », Infomigrants, 29 avril : ww.infomigrants.net/fr/post/40143/long-allemande-seawatch-porte-plainte-contre-frontex

[11] Article 13-2 Déclaration Universelle des droits de l’Homme : « Toute personne a le droit de quitter tout pays, y compris le sien, et de revenir dans son pays » ; article 12-2 Pacte international relatif aux droits civils et politiques : « Toute personne est libre de quitter n’importe quel pays, y compris le sien ».

[12] « Frontex, le bras armé des politique migratoires européennes », Note #3 Migreurop, 2e ed. mars 2014 : migreurop.org/IMG/pdf/note_de_migreurop_version_franapaise_frontex_2015_bat-2.pdf

[13] « Refoulement de migrants en mer Egée : le directeur de Frontex se défend devant le Parlement européen », RTBF, 1er décembre 2020 : www.rtbf.be/article/refoulement-de-migrants-en-mer-egee-le-directeur-de-frontex-se-defend-devant-le-parlement-europeen-10643905?id=10643905

[14] Luisa et Arne contre Frontex : act.wemove.eu/campaigns/luisa-arne-contre-frontex

___________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________

source : www.defenddemocracy.press/greek-personalities-protest-media-and-politicians-attitude-on-russia-and-ukraine/

Des personnalités grecques protestent contre l’attitude des médias et des politiciens sur la Russie et l’Ukraine

07/05/2022

Un certain nombre de personnalités grecques connues, dont d’anciens ministres, d’anciens recteurs de célèbres universités grecques, des syndicalistes, des militants sociaux et écologistes, ont signé une lettre ouverte dans laquelle ils protestent contre la manière dont les médias et le système politique grecs gèrent la crise ukrainienne et où ils déclarent, entre autres, ce qui suit :

"Le peuple grec, ainsi que toutes les nations occidentales, ont été soumis à une vague massive de propagande et de mesures sans précédent contre la Russie. Bien que, au cours des huit années précédentes, la situation dans la zone de guerre actuelle ait clairement laissé présager ce qui allait arriver et bien que nous ayons été témoins à plusieurs reprises de l’agression des alliés à Chypre, en Serbie, en Irak, en Libye, en Syrie et ailleurs, c’est la première fois que la condamnation de l’agresseur frise le racisme officiel. L’intimidation idéologique de l’establishment des médias de masse rappelle l’ère McCarthy. Quiconque tente ne serait-ce que de comprendre ce qui se passe est stigmatisé comme un « poutiniste ». Dans le même temps, une campagne de diabolisation étonnante et plutôt barbare contre les dirigeants russes a lieu, recourant à l’utilisation de termes psychiatriques.

C’est le moment suicidaire de l’Europe, notamment dans le domaine de l’énergie. L’Europe, dirigée par les États-Unis, s’est complètement abandonnée aux desseins de l’OTAN, tout en rapprochant de plus en plus la probabilité d’une catastrophe nucléaire…

"… Le système de pouvoir actuel en Grèce, cependant, est allé bien au-delà de la condamnation de l’agression russe et de l’offre d’une assistance humanitaire au peuple ukrainien… en approuvant des mesures anti-russes extrêmes, y compris la fourniture d’armes et de systèmes d’armes à l’Ukraine, la censure des médias russes et des voix désapprouvées par le gouvernement, voire l’interdiction de tout événement culturel impliquant des Russes, et le refus de renouveler les visas des citoyens russes.

Il semble que certains aient décidé de détruire les relations séculaires gréco-russes, d’abandonner les Grecs de la mer Noire à leur sort et même de mettre en péril la sécurité de la Grèce, notamment dans le domaine de l’énergie…

Notre solidarité envers les civils et les réfugiés ne fait aucun doute, d’autant plus dans ce cas d’hostilités entre nations fraternelles. Mais la question politique est une autre affaire.

Ceux d’entre nous qui comprennent notre intérêt national en termes grecs plutôt qu’européens ou atlantiques, qui ont appris ce que signifie la guerre dans Thucydide et non dans les médias et qui savent qui sont les véritables ennemis de la Grèce, estiment que le gouvernement et l’ensemble du système politique auxquels nous sommes confrontés nous offensent et nous insultent profondément, nous exposent à de graves menaces et ne nous représentent certainement pas".

Pour le texte complet et les signataires (en grec), voir ici : www.konstantakopoulos.gr/19955/%ce%b4%ce%b9%ce%b1%ce%bc%ce%b1%cf%81%cf%84%cf%85%cf%81%ce%af%ce%b1-%ce%b3%ce%b9%ce%b1-%cf%84%ce%b7-%cf%83%cf%84%ce%ac%cf%83%ce%b7-%cf%84%ce%bf%cf%85-%cf%80%ce%bf%ce%bb%ce%b9%cf%84%ce%b9%ce%ba%ce%bf

____________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________

source : A Statement on Ukraine from the Black Liberation Movement | Black Agenda Report

Une Déclaration du Mouvement de libération des Noirs sur l’Ukraine

Par les organisations du Black Liberation Movement, Black Agenda Report.

5 mai 2022

Les organisations du mouvement de libération noire ont publié une déclaration commune s’opposant aux actions des États-Unis et de l’OTAN en Ukraine.

Démantelez l’OTAN maintenant ! Annulez les 16 milliards de dollars alloués par les États-Unis à la guerre en Ukraine ! L’impérialisme américain est le principal danger pour la paix, la souveraineté et la justice pour les peuples du monde entier !

La crise et la guerre en cours en Ukraine menacent d’entraîner le monde dans une confrontation nucléaire désastreuse. La désinformation, les mensonges et la propagande des États-Unis et d’autres médias occidentaux visent à confondre des millions de personnes aux États-Unis et dans le monde entier pour qu’elles considèrent la Russie comme l’agresseur, tout en cachant le rôle des États-Unis dans l’évolution de ce conflit. Un exemple majeur de cette manipulation est que les médias occidentaux n’ont pas été honnêtes sur le rôle massif que les États-Unis ont joué dans la facilitation d’un coup d’État en Ukraine en 2014 qui a renversé le président démocratiquement élu du pays, et ont acheminé le soutien aux forces néo-nazies qui étaient favorables aux intérêts des États-Unis et de l’UE, les aidant à prendre le pouvoir en Ukraine.

Nous, les organisations et individus soussignés du Mouvement de libération des Noirs et des diverses organisations et mouvements de masse luttant pour la justice aux États-Unis, appelons toutes les communautés pacifiques, noires, brunes et indigènes à condamner et à s’opposer à l’implication des États-Unis en Ukraine et dans toute l’Europe par le biais de ses diverses entreprises et intérêts politiques et de son bras militaire, l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN).

Nous, les Noirs vivant aux États-Unis, sommes un peuple d’origine africaine opprimé à l’intérieur des États-Unis. Nous avons été privés du droit au logement, à la nourriture, aux médicaments, à l’air pur, à un environnement sain, à l’éducation et à des salaires décents. Chaque mois, nos grands-mères doivent prendre des décisions difficiles entre allumer la lumière et se payer de l’insuline. En tant que 13% de la population américaine, nous sommes confrontés à des niveaux disproportionnés de répression policière violente et nous représentons 40% des prisonniers américains. Les entreprises et les élites de la classe dirigeante des États-Unis qui élaborent les politiques d’expansion de l’OTAN sur les 12 500 miles de frontières de la Russie, de l’Asie centrale à l’Europe de l’Est, y compris l’Ukraine, sont les mêmes élites dirigeantes qui maintiennent les politiques oppressives aux États-Unis qui laissent nos communautés dans le péril économique et politique raciste que nous subissons ici depuis des centaines d’années.

Nous condamnons également l’hypocrisie flagrante du gouvernement américain en tant que puissance prédatrice capitaliste, impérialiste et patriarcale qui a envahi et miné de nombreux pays pour des changements de régime et d’autres projets, afin de contrôler la politique, la richesse et les ressources naturelles de ces nations. Les États-Unis sont la puissance impérialiste la plus forte et la plus grande du monde et ont envahi à plusieurs reprises d’autres nations comme la Grenade (1983), l’Afghanistan (2001), l’Irak (2003), la Libye (2011) et au moins 21 autres depuis 1945. Le bras militaire américain sur le continent africain est connu sous le nom d’AFRICOM, une force qui engendre la violence et l’instabilité pour maintenir les intérêts des entreprises américaines en Afrique.

Dans ces guerres impérialistes, ce sont les familles noires, brunes, indigènes, ouvrières et pauvres qui subissent les pertes de la dislocation, la mort d’êtres chers et d’autres formes d’agonie. Les Noirs de ce pays ont combattu dans toutes les guerres américaines, tandis que nos familles et nos communautés continuent de subir les ravages de la haine, de la discrimination, de la pauvreté, de la maladie et de la mort. Dans le conflit ukrainien, le racisme montre son visage hideux en refusant les droits d’immigration aux Africains et aux autres personnes non blanches qui cherchent à échapper à la dégradation et à la violence de ce conflit, comme tous les autres habitants de l’Ukraine.

Nous nous joignons aux Noirs et aux Bruns d’autres pays d’Afrique, d’Asie, des Caraïbes et d’Amérique latine qui défendent le droit de toutes les nations à la souveraineté et à la sécurité, y compris la Russie, qui a historiquement été envahie par les forces de l’impérialisme et du fascisme à travers ses frontières plusieurs fois au cours du 20e siècle. Le peuple russe a perdu des millions de vies pour vaincre le fascisme pendant la Seconde Guerre mondiale, en combattant l’invasion nazie de l’URSS par Hitler en 1941. Cette histoire d’invasions de la Russie est également à l’origine des préoccupations de la Russie concernant sa sécurité et le projet d’expansion de l’Ukraine et de l’OTAN qui a provoqué cette guerre.

Nous appelons chaque communauté et organisation luttant pour la justice et la paix à adopter et à signer cette déclaration appelant au démantèlement de l’OTAN, à la fin du soutien américain à la guerre en Ukraine, et à l’annulation des milliards de dollars d’aide militaire à l’Ukraine. Ces fonds militaires envoyés à l’Ukraine devraient être réaffectés aux besoins de la population américaine en matière de soins de santé universels, de services de garde d’enfants universels, de logements abordables, d’éducation, de liquidation de toutes les dettes de prêts étudiants, de revenus minimums et d’autres besoins humains.

Signé par :

NBLM National Unity Initiative
Nouvelle Organisation du Peuple Africain
Black Workers for Justice
Mapinduzi
Alliance noire pour la paix
All African People’s Revolutionary Party (Parti révolutionnaire du peuple africain)
New African Independence Party
Lowcountry Action Committee
Esprit de Mandela
Coopération Jackson
Pan-African Community Action
Hood Communist
Réseau d’action Imam Jamil
Parabole du semeur Communauté intentionnelle

Traduit avec www.DeepL.com/Translator (version gratuite)

______________________________________________________________________________________________________________________________________________________________

source : braveneweurope.com/nontobeko-hlela-why-nonalignment-is-an-urgent-imperative-for-the-global-south

Nontobeko Hlela - Pourquoi le non-alignement est un impératif urgent pour le Sud mondial

2 mai 2022

C’est le moment de repenser notre façon de faire de la politique, de l’économie et de la politique étrangère, alors qu’il est clair que l’Occident peut décider de décimer des pays entiers…

Nontobeko Hlela a été première secrétaire (politique) au Haut Commissariat d’Afrique du Sud à Nairobi, au Kenya. Elle travaille actuellement comme chercheuse pour le bureau sud-africain de Tricontinental : Institute for Social Research, un groupe de réflexion du Sud.

Cet article a été produit par le Morning Star et le Globetrotter.

L’Afrique du Sud et d’autres pays qui se sont abstenus de voter contre la Russie à l’Assemblée générale des Nations unies en réponse à la guerre en Ukraine font l’objet d’intenses critiques internationales. En Afrique du Sud, les critiques internes ont été extraordinairement acerbes, et souvent clairement racialisées. On suppose souvent que l’abstention signifie que l’Afrique du Sud soutient l’invasion russe, ce qui est dû soit à des relations corrompues entre les élites russes et sud-africaines, soit à la nostalgie du soutien apporté par l’Union soviétique à la lutte anti-apartheid, soit aux deux.

Il est rarement admis que le non-alignement, en l’occurrence le refus de s’aligner sur les États-Unis et leurs alliés ou sur la Russie, peut être une position de principe, ainsi qu’un engagement tactique astucieux vis-à-vis des réalités géopolitiques. Comme l’ont déclaré deux figures fondatrices du Mouvement des non-alignés (MNA), le président yougoslave de l’époque, Josip Broz Tito, et le Premier ministre indien de l’époque, Jawaharlal Nehru, dans une déclaration commune signée le 22 décembre 1954, « la politique de non-alignement sur des blocs […] ne représente pas la « neutralité » ou le « neutralisme » ; elle ne représente pas non plus la passivité comme on le prétend parfois. Elle représente la politique positive, active et constructive qui a pour objectif la paix collective comme fondement de la sécurité collective ».

Le Sud global abrite plus de 80 % de la population mondiale, et pourtant ses pays sont systématiquement exclus de toute prise de décision dans les organisations internationales qui prennent des décisions au nom de la « communauté internationale. » Depuis des décennies, les pays du Sud plaident pour une réforme des Nations unies afin qu’elles s’éloignent du jeu à somme nulle de la mentalité de la guerre froide qui continue de les animer. Gabriel Valdés, alors ministre des affaires étrangères du Chili, a déclaré qu’en juin 1969, Henry Kissinger lui avait dit : « Rien d’important ne peut venir du Sud. L’histoire n’a jamais été produite dans le Sud. L’axe de l’histoire part de Moscou, va à Bonn, passe à Washington, puis va à Tokyo. Ce qui se passe dans le Sud n’a aucune importance ».

Jaja Wachuku, alors ministre nigérian des affaires étrangères, a posé une question encore urgente à la 18e session de l’ONU le 30 septembre 1963 : « Cette Organisation veut-elle… [que] [les] États africains ne soient que des membres vocaux, n’ayant aucun droit d’exprimer leur point de vue sur une question particulière dans les organes importants des Nations Unies… […] Allons-nous seulement continuer à être des spectateurs ? » Les pays du Sud sont toujours des « garçons déconsidérés » qui regardent les adultes établir les règles et décider de la voie que le monde doit suivre. Ils continuent à être sermonnés et réprimandés lorsqu’ils ne font pas ce qu’on attend d’eux.

Il est temps de revitaliser le NAM. Le NAM ne réussira que si les dirigeants des pays du Sud mettent leur ego de côté, réfléchissent de manière stratégique à l’échelle mondiale et font meilleur usage de leur capital humain considérable, de leurs ressources naturelles et de leur ingéniosité technologique. Le Sud a une Chine en pleine ascension, la deuxième plus grande économie du monde. Il a l’Inde, l’un des pays leaders en matière de soins médicaux et d’innovation technologique. L’Afrique est riche d’une population croissante et des ressources naturelles nécessaires à l’industrie florissante de l’IA et des énergies propres. Cependant, ces ressources sont toujours extraites pour le profit et accumulées dans des capitales lointaines, tandis que l’Afrique et une grande partie du Sud restent sous-développées, avec des millions de personnes toujours coincées dans le désespoir de l’appauvrissement.

Un nouveau Mouvement des pays non alignés a un réel potentiel si l’on prend le temps de mettre en place de nouvelles institutions et de créer des tampons contre la guerre économique que les États-Unis ont menée contre des pays comme Cuba et le Venezuela et qu’ils déclenchent maintenant contre la Russie. L’autonomie financière est essentielle.

Les BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud) ont une banque, et pour les 16 nations de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC), il existe la Banque de développement de l’Afrique australe ; pourtant, les réserves des pays associés à ces projets sont toujours conservées dans les capitales américaines ou européennes. Il est temps que les dirigeants du Sud se réveillent et réalisent qu’étant donné le type de guerre économique qui est actuellement menée contre un pays comme la Russie, les pays plus faibles du Sud n’ont aucune autonomie significative.

C’est le moment de repenser notre façon de mener la politique, l’économie et la politique étrangère lorsqu’il est clair que l’Occident peut décider de décimer des pays entiers. Les armes économiques construites contre la Russie pourront être utilisées contre d’autres pays qui ont la témérité de ne pas suivre la ligne de Washington.

Les BRICS ont été décevants à bien des égards, mais ils ont ouvert un espace pour les pays du Sud - avec leurs nombreuses différences de croyance, de culture, de systèmes politiques et économiques - afin de trouver un moyen de travailler ensemble. Le rejet des pressions intenses exercées sur eux pour qu’ils plient le genou au Conseil de sécurité des Nations unies est un exemple encourageant du rejet par le Sud de l’hypothèse selon laquelle ils devraient rester des « garçons (et filles) déconsidérés » permanents.

Alors que les États-Unis intensifient rapidement leur nouvelle guerre froide contre la Russie et la Chine, et attendent des autres pays qu’ils rentrent dans le rang, il est désormais urgent de rejeter cette mentalité de guerre froide qui consiste à vouloir diviser le monde selon les anciennes lignes acrimonieuses. Le Sud global doit rejeter cette vision et appeler au respect du droit international par tous les pays. Les concepts de droits de l’homme et de droit international sont ridicules lorsqu’ils ne sont évoqués que lorsque ce sont les pays que l’Occident n’aime pas ou avec lesquels il est en désaccord qui les enfreignent.

Ce n’est qu’en s’unissant et en parlant d’une seule voix que les pays du Sud peuvent espérer avoir une quelconque influence sur les affaires internationales et ne pas continuer à se contenter d’approuver les positions de l’Occident.

Le Mouvement des pays non alignés doit être confiant et audacieux et ne pas chercher à obtenir la permission de l’Occident. Les dirigeants du Mouvement des pays non alignés doivent comprendre qu’ils sont là pour servir leur peuple et protéger leurs intérêts et ne pas laisser la tentation d’être inclus dans le « club des grands » influencer leur position sur les questions. Ils doivent constamment garder à l’esprit qu’ils ont été maintenus dans le rôle de simples spectateurs pendant bien trop longtemps et que, s’ils ne prennent pas véritablement leur destin en main, ils resteront à jamais au bout de la table, leurs peuples ne mangeant que les miettes des richesses accumulées par l’économie mondiale, dont une grande partie provient de l’exploitation du Sud.

______________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________

source : www.laquadrature.net/2022/05/03/le-conseil-detat-sauve-la-reconnaissance-faciale-du-fichier-taj/

Le Conseil d’État sauve la reconnaissance faciale du fichier TAJ

Posted on3 mai 2022

Le 26 avril 2022, le Conseil d’État a rejeté nos critiques contre l’utilisation massive de la reconnaissance faciale par la police dans le TAJ (« traitement des antécédents judiciaires »). Il s’agit d’une défaite cinglante, qui affirme encore davantage le Conseil d’État dans son rôle de défenseur de la surveillance de masse, sans plus aucune considération pour le respect des droits des personnes. Nous avons l’habitude de perdre et de ne pas nous résigner : trouvons dans cette défaite les futures pistes de notre lutte.

Surveillance massive et illégale

Il y a deux ans, nous attaquions le décret de 2012 qui avait créé le fichier TAJ en fusionnant le STIC, fichier de police, et le JUDEX, fichier de gendarmerie, relatifs aux enquêtes judiciaires et administratives. Il contient des informations à la fois sur les personnes mises en cause (peu importe qu’elles aient été condamnées ou non), sur les témoins et sur les victimes impliquées dans les enquêtes. Le TAJ est aujourd’hui tentaculaire : 19 millions de fiches sont présentes dans ce méga fichier (chiffres de 2018, dont on redoute qu’ils n’aient pu qu’augmenter depuis).

Surtout, et c’était l’objet de notre recours devant le Conseil d’État, le décret TAJ autorise les policiers à utiliser des logiciels de reconnaissance faciale pour consulter sa base de données. Les policiers peuvent automatiquement comparer une image captée par une caméra de surveillance, un téléphone ou sur Internet aux 8 millions de photographies présentes sur les fiches des personnes mises en cause (chiffres de 2018). Cette comparaison a lieu dans le cadre d’enquêtes comme de simples contrôles d’identité, comme l’expliquait le ministre de l’intérieur en 2021.

Introduit dans le droit en toute discrétion il y a près de 10 ans, à une époque où les outils de reconnaissance faciale n’étaient qu’en gestation, le recours à cette technologie est aujourd’hui généralisé. La police a utilisé le TAJ pour faire de la reconnaissance faciale 375 000 fois en 2019, soit plus de 1 000 traitements par jour partout en France (on en parlait notamment dans notre article récapitulatif sur l’état de la reconnaissance faciale en France, ici). En 2020, ce chiffre montait à 1200 interrogations quotidiennes du TAJ par reconnaissance faciale.

L’utilisation massive de cette technologie est pourtant interdite en application des règles du droit des données personnelles. Seules certaines situations exceptionnelles pourraient autoriser un tel traitement et, même dans ces situations exceptionnelles, la police ne pourrait y recourir qu’en cas de « nécessité absolue » – lorsqu’il n’existe absolument aucun autre moyen de poursuivre l’enquête. Nous avons expliqué au Conseil d’État qu’aucun de ces critères n’était jamais rempli en pratique. Rien ne permet de justifier des moyens aussi intrusifs et dangereux.

La fuite en avant du Conseil d’État

Et pourtant, le Conseil d’État a rejeté nos arguments. Il n’a pas nié les innombrables abus que nous lui pointions, mais nous a invité à les soumettre au cas par cas aux autorités (juges et CNIL) chargées d’en vérifier la légalité, plutôt qu’à lui. Comme si le Conseil d’État pouvait se contenter d’examiner la légalité du TAJ de façon abstraite sans se soucier de sa mise en œuvre pratique. Pourtant, justement, en pratique, le Conseil d’État sait très bien que les abus du TAJ sont si nombreux que la CNIL n’aura jamais les moyens de les détecter et de les stopper un à un. Il lui est matériellement impossible de contrôler a posteriori 1 000 opérations policières par jour. Présenter le contrôle de la CNIL et des juges comme une garantie suffisante pour pallier ces abus est une échappatoire malhonnête pour permettre le maintien de ces pratiques. C’est le propre de la surveillance de masse que d’échapper à tout encadrement crédible, et c’est cette évidence que le Conseil d’État a niée.

Si le Conseil d’État a refusé de prendre en compte dans sa décision les abus concrets du TAJ, il a quand même cherché à justifier la « nécessité absolue » de la reconnaissance faciale. Sa démonstration est si terrible que nous la restituons telle quelle : « eu égard au nombre de personnes mises en cause enregistrées dans [le TAJ], qui s’élève à plusieurs millions, il est matériellement impossible aux agents compétents de procéder manuellement à une telle comparaison » d’images, dont l’automatisation ne peut dès lors que « s’avérer absolument nécessaire à la recherche des auteurs d’infractions et à la prévention des atteintes à l’ordre public ». Autrement dit, le recours à des logiciels d’analyse d’images automatisée serait rendu nécessaire car le TAJ, abandonné à la police depuis 10 ans et sans aucun contrôle externe, est devenu si tentaculaire et absurde qu’il ne peut plus être exploité à son plein potentiel par des humains. Une surveillance de masse (le fichage généralisé) rend nécessaire une autre surveillance de masse (la reconnaissance faciale généralisée).

Un tel raisonnement circulaire permet au Conseil d’État de se détacher de toute considération quant au respect des libertés fondamentales. À aucun moment il ne saisit l’opportunité d’évaluer sérieusement la seule utilisation connue de la reconnaissance faciale en France, pourtant dénoncé depuis plusieurs années partout en Europe pour les graves dangers qu’elle fait peser sur nos libertés. Au contraire, il sort de son rôle pour n’analyser le fichier que du point de vue de sa potentielle utilité pour la police et ne pas corriger les dégâts causés depuis 10 ans. En abandonnant son rôle de gardien des libertés, le Conseil d’État valide et inscrit dans le marbre la croyance selon laquelle il faut toujours plus en connaître sur la population, considérée comme étant suspecte par défaut.

Prochaine étape de notre lutte

Ne nous décourageons pas et, pour préparer la suite de notre lutte, cherchons les leçons à tirer de cette défaite. Premièrement, il semble risqué d’attaquer la reconnaissance faciale en tant que principe théorique sans aussi s’attaquer à ses réalisations concrètes, à défaut de quoi nos adversaires risquent d’esquiver le débat tel que se l’est ici permis le Conseil d’État.

Deuxièmement, il semble risqué d’attaquer la reconnaissance faciale sans s’attaquer en même temps à l’ensemble du système dont elle fait partie et qui la justifie : le fichage généralisé, dont la démesure a servi de prétexte au Conseil d’État, et la vidéosurveillance qui inonde nos villes et dont la démesure, tout autant scandaleuse, sert aussi de prétexte au déploiement de logiciels de détection automatisée sur les caméras déjà installées (voir notre analyse politique de la VSA).

Notre offensive va donc se poursuivre, affinée et ajustée par ces deux leçons. Cette offensive est d’autant plus urgente que l’Union européenne est en passe d’adopter un règlement sur l’IA qui viendrait légitimer les technologies de surveillances biométriques aujourd’hui interdites par le RGPD (revoir notre analyse) et que la France, actuellement présidente du Conseil de l’UE, fait tout pour défendre son industrie et son idéologie technopolicières.

Nous fêterons bientôt les 4 ans de l’entrée en application du RGPD et des règles européennes de protection des données personnelles, le 25 mai. Si ces règles ont été presque inutiles pour nous protéger de la surveillance des GAFAM, elles ont entièrement failli à nous protéger de la surveillance d’État. Peut-être devrions profiter de cet anniversaire pour essayer de renverser la situation.

____________________________________________________________________________________________________________________________________________

source : stopcarnet.fr/2022/05/03/appel-a-soutien-quatre-defenseur-ses-du-carnet-au-tribunal-correctionnel/

APPEL A SOUTIEN DU COLLECTIF STOP CARNET

QUATRE DEFENSEURS DU CARNET AU TRIBUNAL CORRECTIONNEL !

Rendez vous à SAINT NAZAIRE le 17 MAI à 13h30.

QUEL EST LEUR CRIME ?

  • Soutenir la lutte pour protéger l’île du carnet contre le projet industriel du Gand Port Maritime de Nantes St Nazaire.

QUEL EST LE CHEF D’INCULPATION ?

  • Organisation d’une manifestation non déclarée le 30 août 2020.

QUATRE GARDES A VUE DILIGENTEES PAR LE PROCUREUR.
POUR CE SEUL MOTIF, UNE SIMPLE AUDITION LIBRE EUT SUFFIT.

LA CRIMINALISATION DES MILITANT.ES ECOLOGISTES EST EN MARCHE !

Le collectif STOP CARNET appelle à une présence de soutien pacifique le 17 mai à 13h30 devant le Tribunal de St Nazaire !

A QUAND LA COMPARUTION DU GRAND PORT ?!

  • Pour ses crimes contre l’environnement.
  • Pour la mise en danger de la santé des populations avoisinantes des sites Seveso installés sur l’estuaire par le Grand Port.
  • Pour le remblaiement ILLEGAL du bras du Migron.
  • Pour avoir TOUJOURS choisi de sacrifier la Loire au nom de l’expansion industrielle : dragages, rejets hors normes d’arsenic et d’hydrocarbures en milieu marin.

LA LUTTE CONTINUE POUR UN CARNET LIBRE ET SAUVAGE !

________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________
source : Le 22 mai retrouvons nous de nouveau à la Cantine des Pyrénées - Mémoires et Présences

Le 22 mai retrouvons nous de nouveau à la Cantine des Pyrénées

mardi 3 mai 2022

La procédure avance à son rythme, celui des mécanismes judiciaires…

Les audiences se suivent et les contours politiques, juridiques et humains de la dénommée opération « ombres rouges » se précisent. Cette opération politique éminemment « macronienne », froidement programmée et purement instrumentale, visant à balayer hors de la vie non pas des ombres, des fantasmes sanglants, mais des personnes bien réelles, vivantes, dont certaines étaient déjà parmi nous quand le petit Emmanuel entrait à la maternelle, est une inadmissible forfaiture.

Dimanche 22 mai

à la Cantine des Pyrénées

77 rue de la mare 20ème M° Pyrénées

Rencontre/repas de soutien aux asilé(e)s italien(ne)s menacé(e)s d’extradition

11h/12h30 : infos/débat - 12h30/14h30 : repas - 14h30 : infos/débat

________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________