8 janvier 2023. Les titres des articles sont en tête de l'envoi.

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Grèce : « Le British Museum n’a aucun droit légal sur les sculptures du Parthénon, produit d’un vol » - Un garçon de 6 ans en état de mort cérébrale après une aventure de 300 km pour un lit en soins intensifs. - Grèce. Le procès « grotesque » des sauveteurs bénévoles débute la semaine prochaine -

Erdogan dit à Poutine qu’il est prêt à être le médiateur d’une « paix durable » en Ukraine

Ils les ont abattus comme des animaux : massacre dans la région d’Ayacucho au Pérou et les blocages de routes ont repris…

Mali : Le Colonel Assimi Goïta accorde la grâce aux 49 soldats ivoiriens

Burkina Faso : La France va retirer ses Forces spéciales basées à Ouagadougou

La lutte pour la libération du Sahara Occidental s’intensifie

Non-lieu dans l’affaire du chlordécone: « Un coup dur, un de plus, porté aux Antillais »

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source : www.keeptalkinggreece.com/2023/01/06/greece-culture-ministry-parthenon-sculptures-reaction/

Grèce : « Le British Museum n’a aucun droit légal sur les sculptures du Parthénon, produit d’un vol »

6 janvier 2023

Avec plusieurs jours de retard, le ministère grec de la Culture a officiellement réagi aux informations faisant état d’un accord secret avec le British Museum pour le prêt temporaire des marbres du Parthénon à la Grèce.

La Grèce ne reconnaît au British Museum aucun droit de propriété légal sur les sculptures du Parthénon, car elles sont le produit d’un vol, a déclaré jeudi le ministère de la culture dans un communiqué.

C’est la position permanente de la Grèce sur cette question, a-t-il ajouté.

Le ministère a réagi aux informations diffusées par les médias étrangers ces deux derniers jours, qui affirmaient que le gouvernement grec et le musée étaient sur le point de conclure un accord prévoyant le prêt des sculptures en Grèce en échange d’autres objets empruntés aux musées grecs.

Voici la déclaration complète du ministère :

"Depuis le début de son mandat, le gouvernement a agi avec sérieux, responsabilité, sensibilité et efficacité, afin de mettre en œuvre l’objectif national du retour des sculptures du Parthénon à Athènes et de leur réunification dans le musée de l’Acropole. En témoigne sans aucun doute une série d’événements survenus au cours des deux dernières années : de la décision de l’UNESCO de septembre 2021, et de la réunification définitive (sine die) du fragment de Fagan, au basculement de l’opinion publique mondiale et son soutien à la demande grecque.

« Nous répétons, une fois de plus, la position fixe de la Grèce selon laquelle elle ne reconnaît pas au British Museum le droit de jouissance, la pleine possession et la propriété des Sculptures, car elles sont le produit d’un vol. Par conséquent, l’opposition principale devrait cesser d’exprimer une frénésie d’enthousiasme. Nous nous attendrions, dans cet effort national, à ce que les calculs partisans étriqués soient mis de côté et que tout le monde s’unisse. Malheureusement, nous ne le voyons pas. Pour certains, le premier objectif est de nuire au gouvernement, même par des mensonges, sans se soucier de savoir s’ils nuisent au pays. C’est regrettable. »

Les fuites concernant l’accord secret ont suscité un tollé en Grèce, car un « prêt » signifierait que le pays reconnaîtrait la propriété du British Museum sur les sculptures volées.

Traduit avec www.DeepL.com/Translator (version gratuite)

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source : www.keeptalkinggreece.com/2023/01/07/6-year-old-boy-brain-dead-after-300km-adventure-for-icu-bed/

Un garçon de 6 ans en état de mort cérébrale après une aventure de 300 km pour un lit en soins intensifs.
January 7, 2023

Thomas, un garçon de 6 ans, a été déclaré en état de mort cérébrale après une aventure de 300 km en ambulance à travers la Grèce occidentale pour obtenir un lit de soins intensifs. C’est le deuxième cas en deux jours seulement d’un enfant qui a dû être transporté sur des centaines de kilomètres du nord de la Grèce vers le sud pour obtenir un lit de soins intensifs.

Thomas a fait un arrêt cardiaque soudain dans la maison familiale mercredi matin dans sa ville natale de Grevena, dans le nord-ouest de la Grèce.

Une ambulance a été appelée, mais il n’y avait pas de lit de soins intensifs dans l’hôpital local pour l’enfant qui luttait pour sa vie.

Il n’y avait pas non plus de lit de soins intensifs disponible dans la grande ville la plus proche, Thessalonique.

Finalement, un lit de soins intensifs a été trouvé à l’hôpital de Rio à Patras, à 303 km de là.

Sur l’autoroute ionienne, l’ambulance est tombée en panne et un autre véhicule a dû être déployé pour récupérer le garçon.

Le transport qui devait durer 3 heures a duré beaucoup plus longtemps.

Un temps crucial pour la survie de l’enfant a été perdu à cause d’un transport aventureux dans un pays où les dirigeants politiques poussent le système de santé public à l’effondrement.

À son arrivée à l’hôpital de Rio, le garçon a été intubé et les médecins ont fait tout ce qu’ils pouvaient pour le maintenir en vie, rapporte le média local tempo24.news.

Jeudi, dans un ultime effort pour sauver l’enfant, une hypothermie thérapeutique du cerveau a été pratiquée, afin de le protéger d’un œdème cérébral. Les médecins ont également effectué un contrôle génétique afin de déterminer un éventuel fond génétique à l’origine de l’arrêt cardiaque soudain.

Vendredi, les médecins ont déclaré que l’enfant était en état de mort cérébrale.

Dans un profond chagrin, ses parents ont accepté que les organes de leur enfant soient transplantés pour sauver la vie d’autres enfants.

L’Organisation nationale des transplantations a été informée et les procédures du protocole ont été lancées.

Selon les médias, comme le donneur était un jeune enfant, les organes devraient être donnés à des enfants à l’étranger.

En début de semaine, un autre enfant, âgé de 3 ans et originaire de Kozani, dans le nord de la Grèce, a dû être transporté en ambulance à Athènes, à 307 km de là, car il n’y avait pas de lit de soins intensifs dans l’hôpital local. Un jour plus tard, sa sœur de 2 ans a également été transférée d’un hôpital de Thessalonique vers un hôpital pour enfants d’Athènes. Les deux enfants souffrent de pneumonie et le garçon a été intubé. Le bébé de 45 jours de la famille qui a développé des symptômes similaires reste à l’hôpital pour enfants de Kozani.

Sur les médias sociaux, les Grecs s’en prennent au ministre de la Santé et à la politique du gouvernement, rappelant que des hélicoptères étaient venus chercher au Mont Athos un membre du clergé de haut rang l’an dernier et le ministre des Affaires étrangères la semaine dernière.

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source : www.amnesty.org/fr/latest/news/2023/01/greece-farcical-trial-of-rescue-volunteers-begins-next-week/

Janvier 5, 2023

Grèce. Le procès « grotesque » des sauveteurs bénévoles débute la semaine prochaine

À la veille du procès le 10 janvier des sauveteurs Seán Binder et Sarah Mardini, Amnesty International appelle de nouveau les autorités grecques à abandonner toutes les accusations portées contre eux. Seán, plongeur-sauveteur qualifié, et Sarah, réfugiée syrienne et militante dont l’histoire a inspiré le film Netflix Les Nageuses, comparaissent devant le tribunal avec 22 personnes de l’ONG de recherche et de sauvetage au sein de laquelle ils étaient bénévoles. Ils font l’objet d’accusations iniques et sans fondement, uniquement pour avoir aidé des personnes réfugiées et migrantes qui risquaient de se noyer en mer.

« Si je peux être traîné en justice pour n’avoir fait guère plus que distribuer des bouteilles d’eau et des sourires, alors tout le monde peut se retrouver dans la même situation. Ce procès n’est pas celui de Sarah et de moi, ni même celui de nos 22 coaccusés. Il s’agit pour les autorités grecques de broyer toute compassion et d’empêcher les gens de rechercher la sécurité. Mais j’ai confiance en la justice, elle prévaudra, et nous pourrons poursuivre le cours de nos vies », a déclaré Seán Binder.

Nils Muižnieks, directeur pour l’Europe à Amnesty International, a déclaré : « Sarah et Seán ont fait ce que chacun d’entre nous devrait faire si nous étions dans leur position. Aider des gens qui risquent de se noyer sur l’un des itinéraires maritimes les plus mortels vers l’Europe et les aider sur le littoral n’est pas un crime. Ce procès révèle que les autorités grecques sont prêtes à tout pour décourager l’aide humanitaire et dissuader les migrant·e·s et les réfugié·e·s de rechercher la sécurité sur les côtes du pays – ce que nous constatons dans un certain nombre d’États européens. Il est grotesque que ce procès ait même lieu. Toutes les charges contre les sauveteurs doivent être abandonnées sans délai. »

Après avoir été arrêtés en août 2018, Sarah et Seán ont passé plus de 100 jours en prison avant d’être libérés sous caution. Le procès qui se profile porte sur des délits, notamment espionnage et usage de faux, passibles d’une peine de prison pouvant aller jusqu’à huit ans.

En outre, Sarah et Seán font l’objet d’une enquête pour des accusations infondées de trafic d’êtres humains, fraude, appartenance à une organisation criminelle et blanchiment d’argent ; ces infractions sont passibles d’une peine maximale de 20 ans d’emprisonnement. L’enquête est ouverte depuis plus de quatre ans et depuis, leur vie est en suspens.

Complément d’information

Sarah Mardini

Sarah, originaire de Syrie, est arrivée à Lesbos en 2015 en tant que réfugiée. Lorsque le moteur du bateau sur lequel elle se trouvait est tombé en panne, Sarah et sa sœur Yusra ont sauvé 18 passagers en tirant l’embarcation, qui était en train de couler, jusqu’à un lieu sûr. Yusra a par la suite nagé dans l’Équipe olympique des réfugiés. L’histoire des deux sœurs a inspiré le film Netflix Les Nageuses.

Sarah est retournée en Grèce en 2016 et a fait du bénévolat au sein d’une organisation grecque de recherche et de sauvetage, où elle a rencontré Seán. Elle vit et étudie aujourd’hui à Berlin.

Seán Binder

Seán Binder, citoyen allemand qui a grandi en Irlande, est un plongeur-sauveteur qualifié qui a passé du temps à secourir des migrant·e·s et des réfugié·e·s dans la mer à Lesbos, en Grèce, l’un des principaux points d’entrée en Europe. Il travaille actuellement à Londres.

Ce procès, qui doit se tenir le 10 janvier devant la Cour d’appel d’Égée-Septentrionale, sur l’île de Lesbos, a déjà été ajourné en novembre 2021 pour des raisons de procédure. On s’attend à ce qu’il dure des semaines, voire des mois.

Le 9 janvier 2023, Amnesty International Grèce organise une projection publique du film Les Nageuses à 18 heures (heure locale) au cinéma Arion, Smirnis 9, Mytilène.

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source : news.antiwar.com/2023/01/05/erdogan-tells-putin-he-wants-to-mediate-a-lasting-peace-in-ukraine/

Erdogan dit à Poutine qu’il est prêt à être le médiateur d’une « paix durable » en Ukraine

Poutine dit qu’il est ouvert aux pourparlers mais que l’Ukraine doit tenir compte des " nouvelles réalités territoriales ".

par Dave DeCamp Posted on January 5, 2023

Le président turc Recep Tayyip Erdogan s’est entretenu avec le président russe Vladimir Poutine jeudi et a déclaré qu’Ankara était prêt à servir de médiateur entre Moscou et Kiev pour parvenir à une « paix durable » en Ukraine.

« Erdogan a déclaré qu’en tant que Turquie, nous sommes prêts à faciliter et à servir de médiateur pour l’établissement d’une paix durable entre la Russie et l’Ukraine », a déclaré le bureau du président turc après l’appel.

Erdogan a dit à Poutine que toute offre de pourparlers de paix devrait également inclure un « cessez-le-feu unilatéral » pour faciliter les négociations. Plus tard dans la journée, Poutine a ordonné un cessez-le-feu unilatéral pour le Noël orthodoxe de samedi, mais il n’est pas certain qu’il tienne, car il a été rejeté par Kiev.

Bien qu’Erdogan soit désireux de servir de médiateur, les chances de pourparlers de paix sont minces, car les parties belligérantes ont des exigences très différentes.

« M. Poutine a réaffirmé que la Russie était ouverte à un dialogue sérieux, à condition que les autorités de Kiev répondent aux demandes qui ont été formulées à plusieurs reprises, en tenant dûment compte des nouvelles réalités territoriales », a déclaré le Kremlin, selon l’agence de presse russe TASS.

L’Ukraine a maintenu qu’elle ne discuterait avec la Russie que si les forces russes se retiraient du territoire capturé depuis le lancement de l’invasion. Le ministre ukrainien des affaires étrangères, Dmytro Kuleba, a récemment déclaré que des pourparlers de paix ne pourraient avoir lieu qu’une fois la Russie confrontée à des tribunaux pour crimes de guerre.

Alors que l’Ukraine maintient une position intransigeante, les États-Unis continuent d’augmenter leur aide militaire à Kiev. La seule fois où des pourparlers de paix ont semblé avoir une chance, c’était bien plus tôt dans la guerre, après que des négociateurs russes et ukrainiens se soient rencontrés à Istanbul en mars dernier, mais les négociations ont été découragées par l’Occident et ont finalement échoué.

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source : peoplesdispatch.org/2023/01/04/they-shot-them-down-like-animals-massacre-in-perus-ayacucho/

Ils les ont abattus comme des animaux : massacre dans la région d’Ayacucho au Pérou

Les survivants et les membres des familles des victimes du massacre d’Ayacucho du 15 décembre dénoncent le fait que l’armée a traité les manifestants comme des cibles de guerre, rappelant les violences subies pendant le conflit armé interne.

par Zoe Alexandra 04 janvier 2023

Le 15 décembre 2022, alors que des hélicoptères volaient au-dessus de leurs têtes, des membres de l’armée nationale péruvienne ont abattu des civils à balles réelles dans les faubourgs de la ville d’Ayacucho. Cette action répondait à une grève et une mobilisation nationales pour protester contre le coup d’État qui a déposé le président Pedro Castillo le 7 décembre.

Le 15 décembre, des centaines d’étudiants universitaires, de commerçants, de vendeurs de rue, de travailleurs agricoles et de militants se sont rassemblés dans le centre d’Ayacucho pour exprimer leur mécontentement face à la destitution de Castillo et ont poursuivi leur mobilisation en direction de l’aéroport. Des actions similaires ont été observées dans plusieurs autres villes de la région andine du sud du pays.

Alors que les manifestants approchaient de l’aéroport, des membres des forces armées ont ouvert le feu et tiré des grenades lacrymogènes directement sur eux. Les tirs effectués par l’armée depuis les hélicoptères se sont avérés les plus meurtriers. Alors que des centaines de personnes désarmées couraient pour sauver leur vie, les tirs ont continué.

Dix personnes ont été tuées à la suite de ces violences infligées par l’armée, et des dizaines d’autres ont été blessées, selon les chiffres officiels fournis par le bureau du médiateur. Au moins six personnes luttent encore pour leur vie dans les hôpitaux de Lima, la capitale du Pérou, et d’Ayacucho. Les autopsies de dix des personnes décédées à Ayacucho montrent que six d’entre elles ont succombé à des blessures par balle à la poitrine. La plus jeune avait tout juste 15 ans.

Le 27 décembre, Reuters a rapporté comment l’une de ces victimes à Ayacucho, Edgar Prado, 51 ans, a été tuée alors qu’il tentait d’aider une autre personne qui avait été abattue pendant les manifestations.

La réponse extrêmement violente des forces de sécurité aux manifestations anti-coup d’État dans tout le Pérou a été largement condamnée. Une délégation de la Commission interaméricaine des droits de l’homme (CIDH) s’est rendue dans le pays du 20 au 22 décembre pour recueillir les témoignages d’organisations locales de défense des droits de l’homme et de victimes sur la répression violente subie par les manifestants et s’est également entretenue avec les familles des 28 victimes décédées. La délégation s’est rendue à Ayacucho le 22 décembre.

Plus d’une douzaine d’autres membres des familles, des habitants d’Ayacucho, des organisateurs et quelques journalistes indépendants, dont moi-même, attendaient sur le trottoir d’une des rues étroites et colorées de la ville alors que la réunion était en cours. Alors que les gens allaient et venaient, une grande partie des événements et des tragédies du 15 décembre ont été relatés.

Le massacre

« Ils ne vous montreront pas ça aux infos ici », m’a dit Carmen (le nom a été changé) en me montrant une vidéo sur son téléphone d’un jeune garçon avec du sang partout sur sa chemise, traîné en sécurité par des camarades manifestants. « C’est son neveu », a-t-elle ajouté en désignant une femme assise sur le sol.

Pedro Huamani, un homme de 70 ans membre du Front de défense du peuple d’Ayacucho (FREDEPA), accompagnait les victimes qui attendaient devant la réunion de la CIDH. « Nous avons subi une perte terrible, m’a-t-il dit, j’étais présent ce jour-là dans une marche pacifique vers l’aéroport. »

« Quand ils ont commencé à nous tirer des grenades lacrymogènes et des balles, j’ai commencé à m’étouffer, j’ai failli mourir là », a déclaré Huamani. « Je me suis échappé et je suis descendu au cimetière, mais c’était la même chose, nous essayions d’entrer et ils ont commencé à nous tirer dessus par derrière. Des hélicoptères nous survolaient et de là, ils nous ont tiré des grenades lacrymogènes, en essayant de nous tuer. »

Carmen a fait venir certains de ses amis et l’un d’entre eux, qui portait un survêtement gris, m’a dit : « Nous vivons tout près de l’aéroport et nous avons tout vu. Vous auriez dû voir comment ils les ont abattus comme des animaux. Nous avons essayé d’aider certains des blessés, mais c’était difficile. »

Le massacre d’Ayacucho, ainsi que la violente répression qui sévit dans tout le pays, n’ont fait qu’intensifier la demande de la population pour que Dina Boluarte démissionne. Boluarte a prêté serment le 7 décembre, immédiatement après le coup d’État contre Castillo. Dans des interviews et des discours publics, elle a justifié l’usage de la force par la police contre les manifestants, qualifiant leurs actions de « terrorisme » et de « vandalisme ».

Huamani, tout en tremblant et en retenant ses larmes, a déclaré : « C’est une présidente meurtrière et à Huamanga, nous ne voulons pas d’elle, et nous ne la reconnaissons pas comme présidente parce que cette femme a ordonné à la police et à l’armée de tirer sur nous, les Péruviens. Et ces balles, ces armes, sont vraiment achetées par nous, pas par l’armée, ni par les soldats, mais par le peuple. Et qu’ils nous tuent, c’est vraiment horrible »

La colère ressentie par les habitants d’Ayacucho est également liée à l’affaiblissement historique de la démocratie péruvienne et à l’exclusion économique dont souffrent les régions situées en dehors de Lima. Huamani a expliqué : « Ils ont enlevé notre président [Castillo], donc ce n’est pas une démocratie. Nous ne sommes pas une démocratie, nous sommes en [état de] guerre, et pas seulement à Ayacucho et Huamanga, mais aussi à Arequipa, Apurímac, Cusco. Dans ces régions, nous souffrons de la pauvreté, nous ne pouvons plus survivre, nous mourons de faim… et ces droites veulent faire de nous leurs esclaves, mais nous ne le permettrons pas parce que nous réagissons et résistons. »

De vieilles blessures ouvertes

Le 15 décembre n’était pas la première fois que des civils d’Ayacucho étaient massacrés par les forces armées péruviennes. De nombreuses personnes présentes le 15 décembre ont déclaré que le traitement guerrier reçu par les manifestants pacifiques rappelait l’époque du conflit armé interne qui a duré deux décennies et que les Péruviens ont subi il y a plus de 20 ans.

« Ils nous traitent encore comme si nous étions tous des terroristes », a souligné un membre de la famille d’une des victimes des manifestations.

Dans le cadre de sa campagne contre la guérilla, l’État a torturé, détenu, fait disparaître et assassiné des dizaines de milliers de paysans et d’indigènes innocents, les accusant de soutenir l’insurrection ou d’en faire partie.

La population d’Ayacucho a été l’une des plus durement touchées. Selon les rapports de la Commission vérité et réconciliation, créée pour enquêter sur les violations des droits de l’homme, sur les quelque 69 280 victimes du conflit armé interne qui a sévi au Pérou entre 1980 et 2000, 26 000 ont été tuées ou ont disparu du fait d’acteurs étatiques ou de groupes insurgés à Ayacucho. Des milliers de personnes qui ont fui leurs villes pour se réfugier dans la ville d’Ayacucho pendant le conflit continuent de rechercher leurs proches et réclament justice.

L’une d’entre elles est Paula Aguilar Yucra, que j’ai rencontrée à l’extérieur de la réunion de la CIDH. Comme plus de 60 % des habitants d’Ayacucho, le quechua est sa première langue. Cette femme de 63 ans est membre de l’Association nationale des parents de personnes enlevées, détenues et disparues du Pérou (ANFASEP), basée à Ayacucho. Elle a fui sa communauté rurale d’Usmay pour Ayacucho en 1984, après que sa mère a été tuée et que son frère a été enlevé par des soldats et n’a jamais été revu.

Près de 40 ans plus tard, elle est à nouveau en deuil. Son petit-fils, José Luis Aguilar Yucra, 20 ans, père d’un garçon de deux ans, a été tué le 15 décembre par une balle dans la tête alors qu’il tentait de rentrer chez lui après le travail.

Lors d’une veillée organisée dans l’après-midi du 22 décembre, Paula s’est tenue debout avec les autres membres de l’ANFASEP et a tenu une pancarte sur laquelle on pouvait lire : « Se battre aujourd’hui ne signifie pas mourir demain ».

  • Zoe Alexandra est journaliste et co-rédactrice de Peoples Dispatch.


source : www.telesurenglish.net/news/Peruvians-Block-Roads-in-Cusco-and-Puno-20230104-0010.html

Des Péruviens bloquent des routes à Cusco et Puno

Par Telesur English. 5 janvier 2023

Après quelques jours de trêve due aux festivités, les agriculteurs, travailleurs, commerçants, transporteurs et autres citoyens péruviens des régions de Cusco et Puno ont repris les manifestations massives pour exiger la démission de la présidente Dina Boluarte, la convocation d’élections générales anticipées et la libération de l’ancien président Pedro Castillo.

Des barrages routiers au sud et au nord du pays ont réussi à restreindre la circulation des véhicules sur les principales autoroutes péruviennes, ce qui a relativement paralysé les activités économiques normales.

L’une des principales routes d’interconnexion entre le Pérou et la Bolivie, la route reliant Puno à la ville de Desaguadero, est complètement bloquée par les organisations sociales qui se sont jointes à la grève appelée pour mercredi.

Dans la province de Lampa, un groupe de « ronderos », le syndicat auquel appartenait Castillo, a respecté la grève. Dans les villes de Puno et Juliaca, il n’y a pas de transports urbains ni d’activités commerciales.

« Les enseignants ne peuvent pas être en dehors des luttes du peuple. Nous appelons tous les secteurs à se joindre à cette grève et à agir consciemment sur ce qui se passe dans le pays », a déclaré Reynaldo Villahermosa, le secrétaire du syndicat des enseignants de Puno.

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source : oceanguinee.com/2023/01/06/mali-colonel-assimi-goita-accorde-la-grace-aux-49-soldats-ivoiriens/

Mali : Le Colonel Assimi Goïta accorde la grâce aux 49 soldats ivoiriens

par Mariame Maïga

Dernière mise à jour: 2023/01/06 at 10:07

Dans un communiqué lu ce vendredi à l’ORTM, le ministre d’État ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, porte-parole du gouvernement malien a annoncé que le président de la transition malienne, le colonel Assimi Goïta a gracié les 49 soldats ivoiriens arrêtés et jugés au Mali.

Ci-dessous, le communiqué :

Par Décret n° 2023-0002/PT-RM du06 janvier 2023, SE le Colonel Assimi GOÏTA, Président de la Transition, Chef de l’État a accordé sa grâce avec remise totale de peines aux 49 ivoiriens condamnés par la justice malienne pour les infractions suivantes : crimes d’attentat et de complot contre le Gouvernement ; atteinte à la sûreté extérieure de l’État ; détention, port et transport d’armes et de munitions de guerre ou de défense intentionnellement en relation avec une entreprise individuelle et collective ayant pour but de troubler l’ordre public par l’intimidation ou la terreur.

En cette circonstance, le Gouvernement de la Transition et le Peuple malien remercient SE le Colonel Assimi GOÏTA, pour ce geste qui démontre une fois de plus son attachement à la paix, au dialogue, au panafricanisme, à la préservation des relations fraternelles et séculaires avec les pays de la région, en particulier celles entre le Mali et la Côte d’Ivoire. En outre, cette mesure de grâce prise en toute indépendance, symbolise le souci de SE le Colonel Assimi GOÏTA, Président de la Transition, Chef de l’État à promouvoir la bonne gouvernance, dans le cadre de la Refondation du Mali, à travers le respect de l’indépendance de la Justice et la non ingérence de l’Exécutif dans les affaires judiciaires.

La mesure de grâce prise par le Président de la Transition, vient ainsi conforter la dynamique créée suite à la signature à Bamako, le 22 Décembre 2022, du Mémorandum d’entente relatif à la promotion de la paix et au renforcement des relations d’amitié, de fraternité et de bon voisinage entre la République du Mali et la République de Côte d’Ivoire.

À cet égard, le Gouvernement de la Transition renouvelle sa profonde reconnaissance au Président de la République Togolaise SEM. Faure Essozimna GNASSINGBE, pour ses efforts inlassables et son engagement constant pour le dialogue et la paix dans la région.

Dans la gestion de cette affaire, qui était bilatérale depuis sa survenue jusqu’à son dénouement, le Gouvernement de la Transition a été indigné par l’attitude partiale de certains responsables contre notre pays.

Le cas le plus récent est la position agressive du Président en exercice de la CEDEAO, SE M. UmaroSissoco Embalo, qui après avoir échoué lamentablement à porter atteinte à l’honneur du Mali devant les instances internationales, vient d’opposer un ultimatum au Gouvernement de la Transition concernant la libération des ivoiriens.

Le Gouvernement de la Transition voudrait faire remarquer à SEM. Embalo, que depuis, le 14 janvier 2022, le Mali ne figure plus sur la liste des pays intimidables et a définitivement retrouvé sa souveraineté.

En effet, à cette date mémorable, le Peuple malien s’est mobilisé massivement pour dénoncer les sanctions illégales, illégitimes et inhumaines de la CEDEAO et de l’UEMOA contre le Mali. Depuis plus de 10 ans, faisant face seul au terrorisme, sans ces organisations régionales, le Mali a survécu à ces sanctions et le sentiment patriotique du Peuple malien s’est substantiellement renforcé.

Aussi, dans l’intérêt des Peuples Ouest africains, notamment leur sécurité et leur bien-être, le Gouvernement de la Transition invite respectueusement SE M. Embalo, à donner des ultimatums aux groupes terroristes qui constituent la plus grande menace en Afrique de l’Ouest, ainsi qu’à canaliser ses efforts dans l’éradication de la pauvret édans la région. C’est en cela qu’il fera œuvre utile et rendra service aux Peuples de la CEDEAO, les seuls que nous devons tous servir.

Que Dieu bénisse le Mali et préserve les Maliens !

Bamako, le 06 janvier 2023

Le Ministre d’État, Ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation,

Porte-parole du Gouvernement,

Colonel Abdoulaye MAIGA

Chevalier de l’Ordre National

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source : lefaso.net/spip.php?article118574

Burkina Faso : La France va retirer ses Forces spéciales basées à Ouagadougou

Lefaso.net • mercredi 4 janvier 2023 à 21h00min

La dynamique d’un départ des Forces spéciales françaises basées à Kamboinsin, Ouagadougou a été annoncée en mi-novembre 2022 par le ministre français des armées, Sébastien Lecornu, suite aux manifestations contre la présence française au Burkina. L’information selon laquelle, la France « a acté le retrait de sa task force Sabre basée à Kamboinsin à Ouagadougou », révélée par le journal Africa Intelligence, n’est donc pas surprenante, au regard également de la tiédeur des relations depuis un moment entre Paris et Ouagadougou.

L’information du retrait est confirmée par des sources au sein de l’ambassade de France au Burkina, qui refusent cependant tout commentaire sur le sujet. Selon la publication, « les 400 éléments des unités spéciales quitteront le Burkina Faso au courant du mois de février ».

Le journal affirme en outre que l’Elysée a acté le départ de son ambassadeur au Burkina, Luc Hallade ; une requête des autorités de la transition à Paris de procéder à un remplacement du diplomate. « C’est une crise de confiance. Ce n’est pas la fin de la relation diplomatique, mais c’est l’interlocuteur que nous demandons simplement de changer », rapporte l’Agence d’information du Burkina (AIB), agence de l’Etat.

L’actualité du retrait de cette unité spéciale française au Burkina se lit dans le contexte global de manifestations contre la présence des forces françaises au Burkina, alors que les actes terroristes gagnent du terrain.
Ils sont nombreux, ces citoyens burkinabè, à penser que la France ne joue donc pas franc-jeu avec le Burkina dans la lutte contre le terrorisme au Sahel.
Un sentiment populaire dans le Sahel qui aura d’ailleurs raison, début novembre 2022, de la force Barkhane au Mali.

Au Burkina, et ces dernières années,les manifestations contre les forces françaises sont montées d’un cran et caractérisées par des actes de plus en plus durs, se traduisant par le saccage, début octobre 2022, des locaux de l’ambassade de France et des instituts français à Ouagadougou et à Bobo-Dioulasso.

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source : peoplesdispatch.org/2023/01/02/struggle-for-liberation-of-western-sahara-intensifies/

La lutte pour la libération du Sahara Occidental s’intensifie
Par Pavan Kulkarni, People’s Dispatch.

4 janvier 2023
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Les combats entre l’Armée de libération du peuple sahraoui et les forces d’occupation marocaines se sont intensifiés ces derniers jours.

Maroc, Sahara occidental - Les forces marocaines qui occupent illégalement la République arabe sahraouie démocratique (RASD) ont subi des bombardements répétés de l’Armée populaire de libération sahraouie (APLS). Les forces marocaines occupent actuellement plus de 80% de la RASD, également connue sous le nom de Sahara Occidental, qui reste classée par l’ONU parmi les derniers pays encore en attente de décolonisation.

Le vendredi 30 décembre, selon un communiqué du ministère de la défense de la RASD, l’APLS « a pris pour cible les tranchées des soldats d’occupation dans plusieurs zones du secteur de Mahbas ». Vendredi, pour la troisième journée consécutive, l’APLS a bombardé les positions des forces d’occupation dans cette région, au nord-ouest du territoire occupé. Des attaques ont également été signalées les 28 et 29 décembre, infligeant « de lourdes pertes en vies humaines et en matériel le long du mur de l’humiliation et de la honte. »

Ce mur, appelé le « Berm », traverse le territoire de la RASD du nord-ouest au sud-est. Il sépare les zones occupées par le Maroc sur la côte du territoire intérieur qui est sous le contrôle du Front Polisario (FP), reconnu par l’Assemblée générale des Nations unies comme le représentant international du peuple sahraoui.

Le Maroc a construit le mur de sable dans les années 1980, avec l’aide des sociétés américaines Northrop et Westinghouse. Avec ses 2 700 kilomètres de long, il fait partie des plus grandes infrastructures militaires du monde et constitue le deuxième mur le plus long de la planète. Il est renforcé par le plus long champ de mines du monde, composé de sept millions de mines terrestres.

L’APLS a engagé les troupes d’occupation sur toute la longueur du mur de sable depuis que la guerre de libération de la RASD a repris le 13 novembre 2020, après 29 ans de cessez-le-feu. Le cessez-le-feu a été rompu après que les troupes marocaines ont traversé le mur de sable pour déloger par la force des manifestants sahraouis non armés et pacifiques qui bloquaient une route marocaine illégale vers la Mauritanie à travers leur territoire. Les troupes marocaines ont traversé la zone tampon de Guergarat, sous contrôle de l’ONU, à l’extrémité sud-est de la RASD occupée.

Le cessez-le-feu avait été obtenu en août 1991 après que le Conseil de sécurité des Nations unies (CSNU) ait établi la Mission des Nations unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental (MINURSO) avec la promesse de réaliser le droit du peuple sahraoui à l’autodétermination. Cependant, soutenu par les États-Unis, le Royaume-Uni et l’Union européenne, le Maroc a réussi à saboter le référendum promis par l’ONU, et la MINURSO a été réduite à une force de maintien de la paix.

Pour les Sahraouis sous occupation, les presque trois décennies de cessez-le-feu sont souvent considérées comme des années perdues. Les forces marocaines ont poursuivi « leur sauvagerie et leur violence », tandis que les Sahraouis « ont été contraints par la communauté internationale à ne rien attendre. Il n’y avait ni guerre, ni paix, ni espoir », a déclaré à Peoples Dispatch Hamza Lakhal, un poète dissident de Laayoune, la plus grande ville du territoire occupé.

« Quand la guerre a commencé, elle a fait renaître l’espoir de la libération dans le peuple parce que nos frères de l’autre côté du mur de sable avaient à nouveau pris les armes pour nous libérer de l’occupation », a-t-il dit. C’est avec cet espoir que le peuple a pu supporter les atrocités croissantes aux mains des forces d’occupation depuis la reprise de la guerre, a expliqué Lakhal.

Cependant, les intérêts en jeu dans cette guerre dépassent largement les frontières du Maroc. La puissance occupante a reçu des gestes clés de soutien de la part des puissances occidentales depuis la reprise des combats, ce qui, selon beaucoup, l’a enhardi encore davantage.

Le 10 décembre 2020, l’administration de Donald Trump aux États-Unis a annoncé que « les États-Unis reconnaissent la souveraineté marocaine sur l’ensemble du territoire du Sahara occidental. » Arguant qu’« un État sahraoui indépendant n’est pas une option réaliste pour résoudre le conflit », les États-Unis ont déclaré que l’autonomie sous souveraineté marocaine est « la seule base pour une solution juste et durable au différend. »

L’approbation par le gouvernement américain de l’occupation marocaine du Sahara Occidental est intervenue en échange de la normalisation de ses relations diplomatiques avec Israël le même jour. Depuis que Joe Biden a pris ses fonctions en janvier 2021, l’approbation de l’occupation du Sahara Occidental par le Maroc a été réitérée.

L’ancien colonisateur du territoire, l’Espagne, qui avait remis le territoire du Sahara Occidental aux forces d’invasion marocaines en 1975, a une fois de plus en mars 2022 annulé la reconnaissance de la RASD et accepté la revendication de souveraineté du Maroc sur le territoire.

L’implication de l’UE dans l’occupation

L’Union européenne (UE) a rapidement salué la décision de l’Espagne. Des relations bilatérales fortes entre ses États membres et le Maroc « ne peuvent être que bénéfiques pour la mise en œuvre du partenariat euro-marocain », a expliqué le porte-parole du chef de la politique étrangère de l’UE, Josep Borrell, après l’annonce.

Ce partenariat, qui a été cimenté par l’établissement d’une zone de libre-échange en 1996, garantit que l’UE reste le premier partenaire commercial du Maroc, représentant 56 % des échanges de marchandises en 2019 et 51 % des importations marocaines. Le « partenariat pour une pêche durable », qui permet aux entreprises européennes de pêcher dans des eaux situées en dehors de l’UE, est une pierre angulaire de ce partenariat. Il est intéressant de noter que plus de 90% des poissons capturés par les flottes européennes dans le cadre de ce « partenariat euro-marocain » sont extraits des eaux de la RASD. Cela continue malgré le fait qu’il ait été jugé illégal à de multiples reprises depuis 2018 par la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) qui, reprenant l’avis consultatif de 1975 de la Cour internationale de justice (CIJ), a conclu que le Maroc n’avait aucune souveraineté sur le territoire de la RASD.

40 % de toutes les importations européennes de phosphate proviennent également du Maroc, et ce chiffre devrait augmenter car l’Europe cherche des alternatives aux engrais russes dans le contexte de la guerre en Ukraine. Au moins 10% des bénéfices générés par OCP SA, entreprise publique marocaine d’extraction de roches phosphatées, de fabrication d’acide phosphorique et de production d’engrais, proviennent du phosphate extrait de la mine de Bau Craa en territoire sahraoui occupé.

« On nous dit que ce soi-disant « commerce » de nos ressources entre l’UE et le Maroc profite également à notre économie locale. C’est un gros mensonge », a déclaré M. Lakhal. « Toutes ces dizaines de millions que l’UE verse en retour chaque année vont au Maroc. L’argent est utilisé pour renforcer ses forces d’occupation », a-t-il ajouté.

« Les policiers marocains sont plus nombreux que tous les civils sahraouis sous occupation. En incluant tous les soldats et les colons que le régime a fait venir du Maroc, nous sommes en surnombre à raison d’un contre trois. »

Nous résisterons à l’occupation jusqu’à la mort ; nous n’avons rien à perdre, pas même notre patrie".

Lakhal a affirmé que tous les emplois d’ingénierie ou de gestion dans ces industries extractives vont aux colons marocains, tandis que les Sahraouis n’obtiennent que des emplois impliquant un travail physique. « Même ces emplois sont retirés aux travailleurs sahraouis si l’un d’entre eux est identifié comme un militant. Ils ne peuvent pas trouver d’autres emplois une fois qu’ils sont marqués au fer rouge. Ils sont obligés de dépendre des autres pour survivre ou de mourir de faim », a-t-il affirmé.

« Les étudiants sont retirés des écoles et des collèges et n’ont pas la possibilité de terminer leurs études lorsqu’ils sont identifiés comme des militants », a ajouté Lakhal, qui a lui-même été victime puisqu’il a été suspendu de l’université en 2002 pour avoir mené une campagne réclamant une université dans le territoire occupé. « On m’a interdit de poursuivre mes études ou d’occuper un emploi. Ce n’est qu’avec l’aide de militants pro-sahraouis à l’étranger que j’ai pu survivre. »

C’est plus d’une décennie plus tard, en 2015, après que son cas ait attiré l’attention internationale suite à la publication de sa poésie, qu’il a enfin été autorisé à se rendre au Maroc pour terminer son diplôme. « Nous n’avons toujours pas d’université dans [notre pays]. Les étudiants doivent se rendre au Maroc pour obtenir leur diplôme. Toute personne considérée comme un activiste se voit refuser cette opportunité », a-t-il déclaré, expliquant comment l’éducation est utilisée comme un levier contre la cause de la libération sahraouie.

Ceux qui refusent de céder à ces systèmes de contrôle et d’intimidation et qui parviennent à organiser la résistance sont soumis à des attaques physiques, des agressions sexuelles et des tortures. Cependant, « Il n’y a aucune arme de répression dans l’arsenal du régime qui n’ait pas été déployée contre nous. Et pourtant, nous résistons ; nous résisterons à l’occupation jusqu’à la mort parce que nous n’avons rien à perdre - pas même notre patrie », insiste Lakhal.

« Il n’y a rien que le régime puisse faire à ce sujet. Je veux dire, regardez Sultana Khayya. Que peuvent-ils lui faire de plus ? », demande-t-il. Khayya tente actuellement d’obtenir un passage sûr pour retourner dans le territoire occupé afin de poursuivre sa lutte pour la libération des Sahraouis sur le terrain.

« Ce que fait la soi-disant « communauté internationale » n’a pas d’importance. Nous connaissons nos droits, et nous nous battrons pour eux en toutes circonstances, avec ou sans leur soutien », a affirmé M. Lakhal, demandant au Conseil de sécurité de l’ONU de « cesser ses faux-semblants sur les droits de l’homme et la démocratie. » Il a également appelé la « communauté internationale » à « cesser son hypocrisie ».

« Ils vont déplacer l’OTAN pour l’Ukraine parce qu’ils détestent la Russie, mais l’occupation des Sahraouis contre toutes les lois et résolutions internationales est acceptable parce que la puissance occupante ici est une amie », a-t-il fait remarquer.

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source : www.ouest-france.fr/region-guadeloupe/entretien-non-lieu-dans-l-affaire-du-chlordecone-un-coup-dur-un-de-plus-pour-les-antillais-657489fe-8ddf-11ed-9545-6a86069fe887

ENTRETIEN. Non-lieu dans l’affaire du chlordécone: « Un coup dur, un de plus, porté aux Antillais »

Harry Durimel, l’un des avocats historiques du dossier du chlordécone et maire écologiste de Pointe-à-Pitre en Guadeloupe revient sur le non-lieu rendu en début de semaine.

Ouest-France Propos recueillis par Valérie PARLAN. Modifié le 06/01/2023 à 18h15 Publié le 06/01/2023 à 18h01

Des parties civiles ont annoncé faire appel du non-lieu rendu par les juges d’instruction dans l’affaire du chlordécone, ce pesticide autorisé dans les bananeraies de Guadeloupe et Martinique jusqu’en 1993. Harry Durimel, l’un des avocats historiques du dossier et maire écologiste de Pointe-à-Pitre en Guadeloupe, se dit abasourdi mais repartira sans relâche dans une nouvelle bataille judiciaire.

Quel est votre état d’esprit au lendemain du non-lieu prononcé par les juges ?

Je suis abasourdi ! Nous l’avons appris par la presse et, à ce jour, nous n’avons toujours pas reçu le rendu. Depuis la première plainte déposée dans ce dossier en 2016, nous sommes malheureusement habitués à ces rebondissements. Mais c’est encore un coup dur, un de plus, porté à tous les Antillais qui souffrent dans leur chair des conséquences de l’utilisation du chlordécone.

Donc le combat continue ?

Bien sûr, nous allons faire appel et si la Cour d’appel ne nous donne pas raison, nous ferons un pourvoi en cassation et irons jusque devant la Cour européenne de justice s’il le faut. Bien sûr, cela veut dire que tout cela va encore prendre des mois, voire des années. Mais il faut que la justice soit rendue. D’ailleurs dans ce non-lieu, les magistrates semblent reconnaître qu’il y a une impunité dans ce dossier mais faute de preuves, aucune mise en examen ne peut être faite. Et c’est là où nous pouvons encore nous interroger sur le côté systématique de la justice qui peine à condamner les malfrats en col blanc.

« Il y a un rejet du système français »

Vous parlez d’impunité. Pourquoi ?

Ce scandale du chlordécone a pu avoir lieu parce que toute une chaîne de responsabilités a été possible, des petites mains aux plus grandes, jusqu’en haut lieu du pouvoir local et de l’État. Pour que ça fonctionne pendant tant d’années, c’est que cela a bien servi les intérêts notamment des industriels de la banane française aux Antilles. C’est la conjugaison de toutes ces fautes qui a créé le système et entretenu l’impunité d’un petit milieu qui s’est rempli les poches pendant des décennies et a bénéficié de passe-droits. Ce non-lieu, c’est éviter de faire dérailler le train du ronron libéral et productiviste.

Redoutez-vous l’accueil de cette décision de justice ?

Cela ne va pas arranger toute la défiance de la population envers les autorités publiques et politiques. L’indignation est réelle ici, nous avons tous dans notre entourage quelqu’un qui est touché par un cancer ou une pathologie liés à la pollution du chlordécone. Alors chaque décision nous renvoie à ce mépris de la France pour notre histoire. Il y a un rejet du système français, on l’a encore vu aux dernières élections avec le score du parti d’extrême droite de Marine Le Pen ou lors de la crise du Covid et de la vaccination. Tout cela participe à la dislocation du rêve français

« Une justice humaine doit être incontournable dans cette affaire »

Des témoins qui n’ont pu être auditionnés par les juges, cela vous choque ?

Quand les juges disent vouloir « s’extraire de la rumeur aux effets délétères et stériles » en n’écoutant pas des victimes, cela dénote une nouvelle fois le caractère hors-sol de l’instruction et un dédain certain face aux plaignants. Des preuves, des faits, oui mais le témoignage des témoins, c’est aussi la réalité du vécu de centaines de personnes ! Certes, la parole d’un malade reste subjective mais une justice humaine doit être incontournable dans cette affaire.

Comment regardez-vous le dossier du nucléaire en Polynésie qui, lui, avance davantage sur les indemnisations des victimes des essais et la reconnaissance du rôle de l’État ?

Forcément, nous suivons de près ce qui se passe là-bas. J’ai moi-même défendu un salarié du nucléaire guadeloupéen qui a réussi, après un long combat judiciaire, à faire reconnaître les conséquences médicales de son travail en Polynésie à cette époque. Il y aura sûrement tout un travail de cet ordre-là à mener, ici, sur le chlordécone… C’est dire si le chemin sera encore long pour toutes parties civiles engagées sur ce dossier. Et on ne lâchera rien.

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