CRA vincennes violences évasions et plaintes

25/11/2010 à 22:17 AFP

Des étrangers en rétention déposent plainte contre des policiers
Cinq plaintes pour violence ont été déposées contre des policiers par des étrangers enfermés dans le centre de rétention de Vincennes (Cra), a indiqué dans un communiqué jeudi l’Association Service Social Familial Migrants (ASSFAM).

« Ces deux dernières semaines, l’ASSFAM a été amenée à transmettre au procureur de la République cinq plaintes de retenus », a déclaré l’association autorisée à intervenir au Cra de Vincennes pour apporter une assistance juridique aux étrangers sans papiers qui y sont retenus.

Interrogé par l’AFP, un porte-parole de l’association, Christian Laruelle, a précisé que ces plaintes visaient des faits de violences imputés à des policiers. Il n’a pas donné de précisions sur la nature de ces violences ni sur l’identité des victimes.

Selon lui, ces plaintes illustrent une « dégradation du climat » dans le Cra de Vincennes d’où plusieurs sans-papiers se sont enfuis la semaine dernière après des incidents. Lundi, ils restaient introuvables.

« Ces derniers jours, la tension est montée au sein des centres de rétention jusqu’au moment où des retenus n’ayant pas pu accéder au service médical ont dégradé les sanitaires et cassé une fenêtre avant de s’échapper », a observé l’ASSFAM qui dit avoir « alerté la préfecture lors d’une réunion le 17 novembre 2010 ainsi que le Contrôleur général des lieux privatifs de liberté le 19 novembre ».

La préfecture de police de Paris (PP) a elle, dans un communiqué transmis à l’AFP, contesté cette version des faits qui n’ont selon elle « aucun rapport avec une prétendue restriction dans l’accès au service médical »

La PP a par ailleurs rappelé que « chaque allégation de violence relayée par l’ASSFAM auprès du Parquet fait l’objet d’une saisine de l’inspection générale des services » (la police des polices).

179 étrangers étaient enfermés au Cra de Vincennes au 23 novembre, a indiqué l’ASSFAM.

En juin 2008, de violents incidents avaient éclaté au Cra de Vincennes au lendemain du décès d’un Tunisien de 41 ans considéré comme suspect par les étrangers retenus. Le Cra avait été la proie des flammes. En mars 2010, dix sans-papiers ont été condamnés pour ces faits à des peines de prison ferme, allant de 8 mois à 3 ans.

AFP 24-11-2010 19:25
Evasions et tensions au centre de rétention de Vincennes

Depuis lundi, les associations de soutien aux sans-papiers se voient refuser l’accès au Centre de rétention de Vincennes. Selon elles, dont SOS Soutien ô sans-papiers, ces mesures auraient été prises après les évasions survenues le week-end dernier.

Une première évasion a eu lieu dans la nuit de vendredi à samedi vers 2h30, provoquant des incidents au sein du CRA. Cinq autres personnes se sont enfuies le lendemain vers 4h30 du matin. Trois d’entre eux ont pu être interpellés et les trois autres sont toujours en fuite. Ni l’âge ni l’identité des évadés n’ont été communiqués.

« Des dégradations ont eu lieu dans plusieurs bâtiments et il y a encore de nombreuses tensions », selon une source policière. Selon le témoignage d’un sans-papiers retenu, un des évadés, rattrapé par la police aurait subi des violences. « Il a été tapé au visage et au poignet, dans le noir bien sûr pour que rien ne soit enregistré par les caméras. Le médecin, lui, ne lui a remis que du paracétamol, précise ce témoin. Une plainte a été déposée ». La préfecture de police de Paris n’a pas confirmé cette information.

« Nous avons eu plusieurs échos de la mauvaise ambiance à l’intérieur du centre mais nous n’avons pu la constater, a indiqué SOS Soutien ô sans-papiers. Tous les jours, l’accès nous est refusé pour des raisons diverses, mais peu crédibles. Comme la venue d’un soi-disant consul lundi ». Les retenus, dont certains ont entamé une grève de la faim, ont appelé au rassemblement mercredi et chaque soir pour dénoncer « les conditions de rétention et la privation de soin ».