OEE invitation prochaine réunion lundi 18 octobre

Observatoire de l'enfermement des étrangers

INVITATION

La prochaine rencontre de l’Observatoire de l’enfermement des étrangers * se
tiendra le lundi 18 octobre à 18 heures dans les locaux d’Act Up, 45 rue
Sedaine, 75011 Paris, code entrée 42A8.

La rencontre reviendra sur l’actualité du projet de loi Besson et ses
conséquences sur l’enfermement. Le débat sera introduit par Vanina
Rochiccioli (ADDE), Patrick Henriot (Syndicat de la Magistrature) et Sophie
Dru (Cimade).

Nous espérons vivement vous voir à cette occasion, et vous remercions par
avance de bien vouloir nous confirmer votre présence à info@fasti.org .

Anna Sibley

Coordinatrice juridique

01 58 53 58 44

a.sibley@fasti.org

FASTI

58, rue des Amandiers

75020 PARIS

Standard: 01 58 53 58 53

* Pour rappel, l’OEE est une structure encore informelle, créée en 2010 à
l'initiative de treize associations françaises. Ci-après, le texte qui a été
diffusé lors de sa réunion de lancement en mai dernier, qui explique le
pourquoi et le comment de l'Observatoire.

CREATION DE L’OBSERVATOIRE DE L’ENFERMEMENT DES ETRANGERS

POURQUOI

En Europe, la directive « retour » adoptée le 16 décembre 2008 a
institutionnalisé la pratique de la détention administrative des étrangers,
avec des durées pouvant aller jusqu'à dix-huit mois. En France, la politique
du chiffre en matière d’éloignement conduit à ce que l’enfermement, sous
toutes ses formes, devienne un mode banal de « gestion des migrants ».

Cette pratique provoque notamment des actes de désespoir et des drames
humains dans les centres de rétention administrative (CRA) :
automutilations, tentatives de suicides, incendies, révoltes. Le 21 juin
2008, à la suite de la mort d'un retenu, une révolte éclate : le plus gros
CRA de France part en fumée. Réponse du gouvernement : répression et
désinformation. Le nombre de personnes privées de liberté pour des motifs
extra-judiciaires est en forte augmentation depuis 2004. Fin 2009, il y
avait 23 CRA en métropole et 4 outre-mer. Dans ces derniers, la situation
est particulièrement préoccupante tant sur le plan des conditions
matérielles de rétention que sur celui du respect des droits des étrangers.
En raison de l’application d’un droit dérogatoire et beaucoup moins
protecteur, le nombre de reconduites à la frontière est bien plus élevé dans
les départements ou collectivités d’outre-mer que dans l’hexagone. A
Mayotte, en 2008, leur nombre représentait 10% de la population et près de 3
000 mineurs ont été expulsés.

Plusieurs dizaines de locaux de rétention administrative (LRA) existent
également en France. Certains sont permanents, d’autres temporaires. Ils
peuvent être créés par simple décision préfectorale dans n’importe quel lieu
(commissariat, hôtel, etc.). Les conditions matérielles y sont souvent
mauvaises et la possibilité d'y faire valoir ses droits limitée. En outre,
l'enfermement dans ces locaux est quasi-clandestin car il est très difficile
d’obtenir des informations précises sur leur nombre, comme sur le nombre des
personnes qui y sont placées. Il n’existe à ce jour aucune liste facilement
accessible de ces lieux d’enfermement.

Par ailleurs, un grand nombre d’étrangers se trouvent en prison, condamnés
pour séjour irrégulier ou pour refus d’embarquer lors de l’exécution d’une
expulsion et ne pouvant accéder à leurs droits en détention.

Enfin, la situation est également préoccupante à l’entrée sur le territoire
français. Vingt ans après sa création, l’Association nationale d'assistance
aux frontières pour les étrangers (Anafé) constate tous les ans que des
milliers d'étrangers - parmi lesquels des demandeurs d’asile - se voient
refuser l'entrée sur le territoire et sont maintenus en zone d'attente
pendant plusieurs jours, voire plusieurs semaines, dans des conditions très
difficiles et bien souvent au mépris de leurs droits.

Si plusieurs initiatives citoyennes existent, si l’Anafé et la Cimade
notamment, à travers leurs rapports annuels, ont fourni à ce jour des
données précieuses, la question de l'enfermement des étrangers échappe
encore à une appréhension globale par l'opinion.

C’est pourquoi nos associations, souhaitant être rejointes par d’autres
organisations/groupes, décident de créer un Observatoire de l’enfermement
des étrangers pour porter le regard de la société civile sur le processus et
les lieux de l’enfermement, en vue :

- de recueillir des informations sur l’exercice effectif des droits des
étrangers privés de liberté ;

- de faire connaître la réalité et les conditions de l’enfermement des
étrangers ;

- de témoigner sur les conséquences de cet enfermement et sur des situations
conduisant aux violations des droits ;

- de jouer un rôle d’alerte et de défense des droits des étrangers ;

- de soutenir les initiatives locales pour la défense des étrangers enfermés
;

- de favoriser l’émergence d’observatoires locaux.

COMMENT

L’Observatoire fonde son action sur les dispositions de droit interne et les
instruments internationaux de protection des droits de l'Homme, en
particulier la Convention européenne de sauvegarde des droits de l’Homme et
des libertés fondamentales qui prohibent la torture et les peines et
traitements inhumains ou dégradants, et protègent le droit à la vie, la
dignité ainsi que le droit à une vie privée et familiale.

L'Observatoire mettra en relation les personnes, groupes et réseaux qui
soutiennent les étrangers enfermés. Il organisera un réseau d'informateurs
en tissant des liens avec les personnes, groupes et réseaux qui
interviennent ou accèdent aux lieux d'enfermement et celles qui subissent
directement ou indirectement la privation de liberté (les personnes détenues
et leurs proches).

L'ensemble de ces personnes sera sollicité pour alerter l'Observatoire
lorsqu’elles constateront un manquement aux droits ou des dysfonctionnements
sérieux. Le cas échéant, il procédera à des investigations complémentaires.
Il organisera régulièrement l’audition des différents acteurs intervenant
dans les lieux d’enfermement, et pourra mener des campagnes de visites.

Les alertes régulières des pouvoirs publics et de la presse seront
effectuées sous la forme de rapports, d'études, d'une revue et/ou d'un site
internet.

10/06/2010

MEMBRES FONDATEURS :

ACAT-France, Avocats pour la défense des droits des étrangers (ADDE), Anafé,
Comede, Emmaüs France, Fasti, Gisti, La Cimade, Ligue des droits de l'homme,
MRAP, Syndicat des avocats de France (SAF), Syndicat de la magistrature
(SM), le Secours Catholique

__________ Information provenant d'ESET NOD32 Antivirus, version de la base
des signatures de virus 5515 (20101008) __________

Le message a été vérifié par ESET NOD32 Antivirus.

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