pour Giannis Michaillidis - La politique migratoire a un « effet étouffant » sur les défenseurs des droits de l’homme - Pinar Selek

Occupation symbolique de la mairie de Byron pour Giannis Michailidis

The Press project

mercredi 22 juin 2022 Publié : 17:33:25

L’intervention et l’occupation symbolique de la mairie de Byron, où devait prendre la parole le ministre de la Protection du citoyen, ont été organisées par l’assemblée en solidarité avec l’anarchiste Giannis Michailidis, qui poursuit sa grève de la faim, sa demande de libération ayant été rejetée.

Konstantinos Tsakalidis / SOOC

Dans un communiqué, l’Assemblée parle d’une tentative d’extermination du gréviste de la faim et dénonce son traitement vengeur. Il appelle également les instances et syndicats de médecins à prendre position, mais aussi le maire et les employés de la commune de Vyronas à prendre position contre Takis Theodorikakos.

Occupation symbolique de l’Hôtel de Ville de Byron, où le Ministre PROPO Theodorikakos prendrait la parole, en signe de solidarité avec G. Michailidis

Lundi 20/6, le Conseil judiciaire d’Amfissa a rejeté la demande de libération du camarade gréviste de la faim Giannis Michailidis. Le Conseil judiciaire d’Amfissa et ses magistrats ont signé de leurs sales mains la tentative d’extermination de notre camarade. A côté de leur nom, le mot bourreaux portera avec lui la stigmatisation qui doit les accompagner pour le reste de leur misérable vie.

Le Conseil judiciaire d’Amfissa faisait partie d’un plan répressif plus large pour faire face à la grève de la faim de notre camarade. Silence systématique des médias du régime, lenteur bureaucratique à répondre à l’usure du gréviste, rejet de la candidature alors qu’ il est dans un état critique à l’hôpital de Lamia.

Au moment où nous parlons, après un mois de grève de la faim, Giannis a atteint 57,5 ​​kg, a perdu plus de 21 % de son poids corporel et sa vie est en danger. Il est enfermé dans une misérable cellule de l’hôpital Lamia, sans même une télé pour qu’il puisse être informé, ce dont il est privé avec l’argument ridicule des flics qu’« il y a une peur du suicide avec des câbles télé ». Les visites avec sa partenaire sont rejetées, alors qu’elle ne reçoit même pas la mise à jour officielle de son état de santé.

Nous dénonçons le traitement de représailles du gréviste de la faim et appelons les organisations de masse et les syndicats de médecins à prendre publiquement position. Les grévistes de la faim n’ont pas de tendances suicidaires, ils mettent leur vie en jeu et ils se battent pour le triomphe de la vie elle-même. Les grévistes de la faim morts ne se suicident pas, ils sont assassinés par les États capitalistes, l’impérialisme et le fascisme.

Après l’élection de la Nouvelle Démocratie, les prisons sont un terrain privilégié de pratique de la doctrine du « law and order », une doctrine punitive et autoritaire qui est vécue dans la peau des prisonniers et des détenus de la pire des manières ces dernières années. Le transfert de la responsabilité des prisons du ministère de la Justice au ministère de la Protection civile a été le premier pas dans cette direction. Les forces de police spéciales ont eu la liberté d’envahir les prisons sans être dérangées quand elles le voulaient et de la manière qu’elles voulaient, envoyant un message d’omnipotence à la police. Les détenus mis sur liste noire par la police doivent maintenant faire face à une réalité où la police est non seulement responsable de votre arrestation mais détermine désormais le lieu et les modalités de votre peine. Alors qu’il existe de nombreux cas où des allégations de violences policières à l’intérieur des prisons ont vu le jour. Cela a été suivi par l’adoption des nouveaux codes pénaux ainsi que leurs changements constants pour le pire. De nombreux détenus perdent leur droit de rester dans les prisons rurales et sont renvoyés dans des prisons fermées en raison des lois « photographiques », tandis que les prisons rurales restent à ce jour en sous-effectif, presque vides et sur le point d’être démantelées. Le cadre des autorisations est resserré de 1/5 à 3/10, rendant même le souffle de liberté des détenus encore plus suffocant et limité. Il durcit toutes les punitions, les rendant encore plus dévastatrices et insupportables. Conduire les prisons avec une précision mathématique dans l’hyperinflation. Rendre les prisonniers et leurs familles encore plus misérables. Augmentant encore plus la violence et le désespoir en eux.

Dans ce contexte, nous avons décidé de faire un déplacement symbolique à la Mairie de Byron où un événement est prévu, avec le Ministre de la Protection du Citoyen Takis Theodorikakos. Orchestrateur alors d’un État policier qui, en plus de ce qui a déjà été évoqué, gère tous les problèmes de la société en termes répressifs, dépense l’argent public en équipements et recrute des policiers pour gérer le Covid-19, contribuant ainsi à la dissolution complète et publique du système de santé, réprime et arrête les travailleurs lorsqu’ils protestent contre les conditions de travail et les licenciements vengeurs, poursuit la politique de mort des frontières terrestres et maritimes, impose la doctrine répressive au sein des universités.

Nous appelons le mouvement de solidarité à s’opposer à l’arbitraire de l’État et à la vengeance de l’État envers le gréviste de la faim, à unir sa voix et à soutenir la manifestation de solidarité du vendredi 24/6 à 18h00 aux Propylées.

Nous appelons le Maire de Byron, les employés de la Municipalité et du quartier à prendre position contre le Ministre des Assassins. Sa communication et ses festivités pré-électorales n’ont pas leur place dans nos quartiers.

ÉTAT ET CAPITAL LES SEULS TERRORISTES

CONSTRUIRE DES PROJETS DE LOI CONTRE LA TENTATIVE D’EXTERMINATION DES GRÈVISTES DE LA FAIM

LIBÉRATION IMMÉDIATE DU GRÈVISTE DE LA FAIM ANARCHISTE GIANNIS MICHAILIDIS

LA LUTTE POUR LA LIBERTÉ DE L’UN EST UNE LUTTE POUR LA LIBERTÉ DE TOUS

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source : kontrapolis.info/7408/

24 juin 2022 : Journée internationale d’action et de solidarité avec le gréviste anarchiste de la faim Giannis Michailidis

Appel à une journée internationale d’action et de solidarité avec le gréviste de la faim anarchiste Giannis Michailidis .

Posté 23 juin 2022

Tout au long de sa vie, Giannis Michailidis a fait partie intégrante des luttes contre l’État et le capital dans une perspective anarchiste. Il a participé dès son plus jeune âge à des groupes étudiants anarchistes, à des manifestations contre la guerre en Irak, à des manifestations anti-étatiques/anticapitalistes du mouvement altermondialiste de 2004-2006 et a été arrêté pendant les conflits. Il a participé aux luttes étudiantes de 2006-2007 contre les réformes réactionnaires de l’enseignement supérieur (privatisation des universités, suppression de l’asile universitaire, etc.). Il a lutté contre le pillage de la nature et a été arrêté lors d’une intervention contre la déforestation du mont Parnitha en 2007. Il a fait partie intégrante du soulèvement de décembre, lorsque des policiers ont assassiné de sang-froid l’anarchiste Alexandros Grigoropoulos, 16 ans, dans le Quartier Exarchiea.

Les lourdes poursuites contre Giannis ont commencé en 2011 lorsqu’un mandat d’arrêt a été émis contre lui pour implication dans le complot des cellules de feu (CCF). La raison en était ses relations de solidarité avec les anarchistes recherchés. Il a choisi la voie de l’illégalité et a été arrêté en 2013 à Velvento Kozani, après avoir exproprié une banque avec 3 autres anarchistes, et a été torturé par la police. Après son arrestation, il est accusé d’être le complice de l’anarchiste Theofilos Mavropoulos dans l’affrontement armé avec les flics à Pefki (un quartier de la banlieue nord d’Athènes) et est condamné à de la prison. Il est, également, accusé d’être un « terroriste individuel » avec ses camarades de l’affaire Velventos et est condamné à de la prison pour possession de munitions et faux. Dans les tribunaux qui suivent, il sera acquitté de sa participation au CCF et reconnu coupable du braquage de la banque Velventos, de l’affaire Pefki et de l’affaire de terrorisme individuel. Son attitude militante se poursuivra à l’intérieur des murs, où il participera en prison en tant que solidaire à la grève de la faim d’un anarchiste en 2014 et à la grève de la faim massive des prisonniers politiques en 2015. Il sera contraint de s’évader en 2019 de la prison rurale en raison d’une poursuite fabriquée pour participation au soulèvement contre l’enlèvement violent de Dinos Yatzoglou, alors gréviste de la faim, de la prison de Korydallos. Cette poursuite a été intentée contre tous les prisonniers politiques afin de restreindre leurs droits et de prolonger leur séjour en prison.

Il a de nouveau été arrêté à Athènes avec 2 autres camarades en 2020 et a été accusé d’un acte d’expropriation bancaire, qu’il a entrepris. Le camarade anarchiste Giannis Michailidis a purgé depuis le 29 décembre 2021, après 8,5 ans de détention, les conditions formelles de libération de toutes ses peines. Le Conseil judiciaire d’Amfissa refuse cependant de le libérer sous prétexte qu’il ne remplit pas les conditions de fond de la libération. Cette détention supplémentaire est utilisée à volonté par la mafia judiciaire pour sanctionner des choix et des attitudes de lutte. Après le premier rejet de sa demande de libération conditionnelle en février, vient la deuxième proposition de poursuite négative, maintenant en mai, les juges en charge étant incapables de chronométrer sa libération, ou plutôt déclarer que le camarade devra rester en prison pour une durée indéterminée jusqu’à ce qu’il soit décidé, en fonction de leurs appétits, qu’il n’est plus un danger. Pour cette prise d’otage indéfinie du camarade, on utilise le prétexte que le prisonnier « ne remplit pas les conditions de fond pour la libération, car il y a un risque de commettre de nouvelles infractions ». En d’autres termes, il s’agit d’une prolongation préventive de la détention d’un détenu sans limite de temps. En vertu du Code pénal applicable au cas du camarade, tous les détenus qui ont purgé les 3/5 de leur peine ont droit à une libération conditionnelle, s’il n’y a pas d’affaires pénales actives ou d’infractions disciplinaires actives au sein du pénitencier. La libération conditionnelle est une réalisation militante des prisonniers. Une acquisition , avec quelques autres, comme des congés de courte durée,

La grève de la faim de Giannis a lieu à un moment où un gouvernement de droite, conservateur et néolibéral est au pouvoir en Grèce, qui, en appliquant la doctrine de « la loi et l’ordre », attaque et abolit les acquis des années gagnées grâce à dures luttes (abolition de la journée de huit heures, abolition de l’asile universitaire et de l’entrée de la police dans les universités, nouveau durcissement du code pénal, loi restreignant les manifestations, les meurtres et les refoulements aux frontières, criminalisant la résistance collective, appauvrissant la base sociale avec le prix des produits qui augmente). Ce gouvernement a montré un intérêt particulier pour la répression contre les prisonniers politiques. Un exemple typique est l’attitude intransigeante de l’Etat face à la grève de la faim de Dimitris Koufontina concernant le congé auquel il avait droit en tant que prisonnier.

"Parce que je ne demande l’intérêt de personne en tant que victime de la répression étatique, mais en tant que sujet social et politique actif qui considère ma condition de captivité comme faisant partie de l’attaque de l’État et du capital contre ceux qui s’y opposent consciemment. Au contraire, j’appelle à une relation de solidarité révolutionnaire sur la base de projections communes et d’une lutte commune aux multiples facettes qui coordonne la rage ressentie par différentes personnes vivant des conditions différentes mais avec les mêmes causes.

Giannis Michailidis, prévenu à la prison de Malandrinos, 23/5/2022

Suivant les propos du camarade lui-même, nous ne percevons pas le cas de Giannis Michailidis comme un exemple isolé de vengeance contre un prisonnier politique. C’est un fait que partout dans le monde les prisonniers politiques sont soumis à des discriminations et à des conditions de détention particulières. Le fait qu’ils restent impénitents même à l’intérieur des prisons, poursuivant leur lutte et maintenant une position militante à l’intérieur des murs, les place dans le collimateur des États et des mécanismes répressifs contre ceux qui ont combattu et continuent de combattre. Il n’est pas rare que des prisonniers politiques, tout en remplissant les conditions de libération, continuent d’être détenus de manière préventive en vertu d’une série de lois spéciales, d’interprétations légalistes et de décisions politiques.

En Allemagne, Tomas Meyer Falk

Aux États-Unis, Mumia Abu-Jamal et des membres de la Black Liberation Army

Au Paraguay, Carmen Villalba

En France, Claudio Lavazza et Georges Ibrahim Abdallah

Au Chili, Marcelo Vellarroel

En Grèce, Dimitris Koufontinas et Savvas Xiros

En Turquie, Ali Osman Köse

Ce ne sont que quelques exemples de militants qui montrent une attitude impénitente et une loyauté envers la lutte pour la libération. Pour nous, la solidarité internationaliste est une arme importante dans le carquois des mouvements révolutionnaires. La lutte contre le capitalisme est commune et unit différentes personnes d’endroits différents avec des points de départ différents, vivant des conditions différentes mais avec les mêmes causes. C’est pourquoi la lutte pour la liberté de l’un est la lutte pour la liberté de tous.

Sur la base du cas de Giannis Michailidis et de sa grève de la faim, nous appelons à une journée internationale d’action contre le régime de détention préventive appliqué aux prisonniers politiques. Pour le cas de Giannis Michailidis, nous proposons le ciblage politique des structures de l’État grec et des entreprises grecques et/ou en mettant en lumière la lutte de ceux qui sont aux mains de la mafia d’État avec la même vengeance.

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source : srdefenders.org/greece-migration-policy-having-suffocating-effect-on-human-rights-defenders-says-un-expert-press-release/

COMMUNIQUÉ DE PRESSE - Grèce : La politique migratoire a un « effet étouffant » sur les défenseurs des droits de l’homme, selon un expert de l’ONU

Publié le 22 juin 2022

ATHENES (22 juin 2022) - Les autorités grecques doivent s’orienter vers une politique migratoire qui place les droits de l’homme et le soutien aux défenseurs des droits de l’homme au cœur de ses préoccupations, a déclaré aujourd’hui un expert des Nations unies.

« Les circonstances géopolitiques et le manque de soutien de l’UE ont conduit à poser à la Grèce des questions que beaucoup d’autres États n’ont pas eu à se poser concernant la migration », a déclaré Mary Lawlor, Rapporteuse spéciale des Nations unies sur la situation des défenseurs des droits de l’homme, dans une déclaration à l’issue d’une visite de 10 jours dans le pays.

« L’approche actuelle du gouvernement sur la question est définie par sa conception de la migration comme une question de sécurité et de prévention », a déclaré Mme Lawlor. « Ce que cela a favorisé pour les réfugiés, les demandeurs d’asile, les migrants et les défenseurs des droits de l’homme qui agissent en solidarité avec eux, c’est une atmosphère de peur - en particulier une peur de la criminalisation. »

Mme Lawlor a été nommée par le Conseil des droits de l’homme des Nations unies pour promouvoir la mise en œuvre de la Déclaration des Nations unies sur les défenseurs des droits de l’homme dans le monde entier. Elle s’est rendue en Grèce du 13 au 22 juin, à l’invitation du gouvernement, afin d’évaluer la situation des personnes qui œuvrent à la promotion et à la protection des droits de l’homme dans le pays.

La Rapporteuse spéciale a tenu des réunions avec des ministères à Athènes et s’est rendue à Lesvos, Chios, Samos et Thessalonique pour s’entretenir avec les autorités locales. Elle s’est entretenue avec des commandants de police, des procureurs, les garde-côtes helléniques et des représentants d’organisations internationales.

Elle a également visité des installations dans lesquelles sont hébergés des réfugiés et des demandeurs d’asile. Dans chaque lieu, Mme Lawlor a rencontré des défenseurs des droits de l’homme.

« Les défenseurs du pays qui œuvrent pour le respect des droits des réfugiés, des demandeurs d’asile et des migrants sont actuellement soumis à de fortes pressions. Cela inclut les migrants eux-mêmes, qui sont confrontés à des risques accrus lorsqu’ils entreprennent des activités de défense des droits de l’homme », a déclaré l’expert des Nations unies.

« Les poursuites judiciaires, où les actes de solidarité sont réinterprétés comme des activités criminelles, en particulier le crime de trafic de migrants, sont la pointe de la lance », a déclaré M. Lawlor. « L’impact négatif de ces affaires est multiplié par les campagnes de dénigrement qui perpétuent cette fausse image des défenseurs. »

Cette politique a un « effet asphyxiant » sur la société civile en Grèce, a averti le rapporteur spécial.

M. Lawlor a déclaré que le climat de peur et d’insécurité créé par cette politique était renforcé par des éléments du cadre juridique, en particulier le registre discriminatoire des ONG pour les organisations travaillant sur la migration, et les déclarations de hauts représentants du gouvernement attaquant et sapant le travail des ONG de défense des droits de l’homme.

Les personnes qui s’efforcent de documenter et de prévenir la grave pratique des refoulements sont particulièrement menacées, a déclaré l’expert. Les refoulements obligent les réfugiés et les migrants à repasser la frontière sans tenir compte de leur situation personnelle ni de la possibilité de demander l’asile.

Elle s’est également inquiétée de la situation des défenseurs des droits des LGBTI et des femmes dans le pays, ainsi que des journalistes d’investigation travaillant sur les questions de droits de l’homme - en particulier la migration et la corruption. La Rapporteuse spéciale a exhorté la Grèce à jouer le rôle de championne des droits de ces groupes et à travailler avec eux pour développer des voies vers un environnement plus positif pour leur travail.

« Les gouvernements et les sociétés qu’ils sont censés représenter ont beaucoup à gagner de la reconnaissance et de la promotion du travail des défenseurs des droits de l’homme. La Grèce ne fait pas exception », a déclaré M. Lawlor. « Je demande instamment au gouvernement d’aborder tous ceux qui travaillent à la promotion des droits de l’homme dans le pays ouvertement, et en tant qu’alliés, quelles que soient les questions concernées. »

La rapporteuse spéciale présentera un rapport complet sur sa visite au Conseil des droits de l’homme en mars 2023.



source : srdefenders.org/statement-on-preliminary-observations-and-recommendations-following-official-visit-to-greece/

Déclaration sur les observations et recommandations préliminaires à la suite de la visite officielle en Grèce [Ελληνικά / Anglais].

Publié le 22 juin 2022

Athènes, le 22 juin 2022

Mesdames et messieurs, membres de la presse,

J’ai effectué une visite officielle en Grèce du 13 au 22 juin 2022 à l’invitation du gouvernement. Il s’agit de ma première visite de pays depuis que j’ai pris mon mandat, en raison de restrictions antérieures liées à COVID-19.

Au cours de ma visite, j’ai rencontré un grand nombre de représentants du gouvernement, dont plusieurs ministères, ainsi que les garde-côtes et la police helléniques. J’ai également tenu des réunions à la Cour suprême, avec les associations du barreau grec à Athènes et sur plusieurs îles, ainsi qu’avec des procureurs locaux et des commandants de police. J’ai eu de multiples discussions avec des membres de la société civile, notamment des organisations non gouvernementales (ONG) internationales et nationales, des défenseurs des droits de l’homme, des journalistes et des avocats. J’ai également rencontré des représentants d’organisations internationales et d’agences et programmes des Nations unies. Outre mes réunions à Athènes, je me suis rendu à Lesvos, Chios, Samos et Thessalonique. J’ai visité des centres d’accueil, des RIC et des CCAC à Athènes, Lesvos et Samos.

Je tiens à remercier le gouvernement grec d’avoir accepté ma demande de visite et d’avoir apporté son soutien à l’organisation de la visite. Je tiens en particulier à remercier le Ministère des migrations et de la politique d’asile de m’avoir permis d’accéder aux installations où sont détenus les migrants, les demandeurs d’asile et les réfugiés.

Ce qui suit sont mes observations et recommandations préliminaires qui seront développées dans le rapport que je soumettrai au Conseil des droits de l’homme des Nations Unies lors de sa réunion en mars prochain.

Avant de commencer ma visite, j’étais consciente de la situation complexe et particulière dans laquelle se trouve la Grèce, en raison des réalités géopolitiques qui l’entourent, notamment autour de la migration et du soutien inégal de l’UE. Cependant, le fait de voir la réalité sur le terrain a considérablement contribué à ma compréhension des nuances de la situation. Je tiens à saluer les efforts déployés par le gouvernement pour améliorer la situation des demandeurs d’asile sur son territoire.

Pendant mon séjour dans le pays, j’ai rencontré une société civile dynamique et enthousiaste. Leur enthousiasme et leur dévouement à la protection et à la promotion des droits de l’homme m’ont laissé une impression durable. Les défenseurs des droits de l’homme, les membres des organisations de la société civile, les travailleurs humanitaires, les bénévoles de la base, les avocats, les syndicalistes et les journalistes font un travail considérable pour renforcer et promouvoir les droits des personnes les plus vulnérables et marginalisées de la société, souvent face à la résistance et à l’incompréhension des autres. Je salue chacun d’entre eux pour leur courage et leur persévérance.

En tant que tel, j’ai été découragée d’entendre un certain nombre d’interlocuteurs parler de perceptions négatives concernant le rôle et le travail de la société civile dans le pays. On m’a parlé à plusieurs reprises de la connotation négative attachée au mot « ONG » et de l’atmosphère hostile générale dans laquelle elles travaillent. Je constate que le concept de « défenseurs des droits de l’homme » n’est pas très répandu et, lorsqu’il est connu, il est souvent mal compris, tant par les autorités que par le grand public. Je tiens à souligner que, selon la Déclaration des Nations unies sur les défenseurs des droits de l’homme, toute personne agissant pacifiquement pour la promotion et la protection des droits de l’homme est un défenseur des droits de l’homme. Elles peuvent mener leurs activités dans le cadre d’une organisation enregistrée, mais ce n’est pas forcément le cas et souvent ça ne l’est pas. Les individus deviennent des défenseurs des droits de l’homme pour des actes spécifiques, qu’ils exercent leurs activités de manière formelle ou informelle.

L’arrivée d’un grand nombre de migrants, de réfugiés et de demandeurs d’asile en 2015, a mis à l’épreuve les capacités du gouvernement et de la société dans son ensemble. Depuis lors, la Grèce a fait d’importants efforts pour améliorer les conditions de détention des migrants et des demandeurs d’asile, et j’ai été impressionnée par la qualité des installations. En même temps, je suis préoccupée par le fait que ces développements ont eu lieu dans le contexte d’une politique qui privilégie la sécurité et la prévention par rapport à la solidarité. Je note également que les améliorations apportées aux installations d’accueil s’accompagnent d’une évolution progressive vers des structures plus sécurisées, ce qui, avec l’éloignement des lieux, a un impact sur les déplacements des demandeurs d’asile et de ceux qui tentent de les aider.

Ce que j’ai compris de mes rencontres, c’est que la nature de la coopération entre le gouvernement et la société civile, et la perception globale du rôle de la société civile et des défenseurs des droits de l’homme en Grèce, ont connu un changement important depuis 2019. Depuis lors, les défenseurs des droits de l’homme ont de plus en plus de mal à mener à bien leur travail, en particulier dans des domaines qui peuvent être considérés comme controversés ou compliqués ou sensibles sur le plan géopolitique. Cela est particulièrement tangible en ce qui concerne ceux qui défendent les droits des demandeurs d’asile, des migrants et des réfugiés, notamment ceux qui fournissent une assistance humanitaire, une aide juridique, participent à des opérations de recherche et de sauvetage et documentent les refoulements. Alors qu’auparavant, les défenseurs des droits de l’homme de ces régions bénéficiaient d’un environnement globalement favorable pour mener à bien leurs activités, le cadre politique actuel, qui privilégie la " sécurité " à l’assistance humanitaire, a entraîné un certain nombre de contraintes. Je note également le sentiment de peur omniprésent ressenti par une partie importante des défenseurs des droits de l’homme, qui semble être le résultat direct de la criminalisation de la migration et de leur travail légitime et pacifique pour les droits des réfugiés, des demandeurs d’asile et des migrants.

L’une des principales contraintes est un environnement législatif de plus en plus restrictif qui, entre autres exigences, oblige les ONG travaillant dans le domaine de la migration, de l’asile et de l’inclusion sociale à s’inscrire sur un registre des ONG tenu par le ministère de la migration et de l’asile. L’imposition d’une obligation d’enregistrement à un segment spécifique de la société civile, et les exigences disproportionnées au sein du processus d’enregistrement lui-même, constituent une violation des obligations de la Grèce en vertu du droit international des droits humains et sont discriminatoires. Les exigences d’enregistrement onéreuses, associées au large pouvoir discrétionnaire dont disposent les autorités compétentes pour refuser d’enregistrer les ONG candidates, ont pour effet de restreindre davantage l’espace de la société civile et d’accroître de manière significative et disproportionnée le contrôle de l’État sur le travail des ONG dans le domaine de la migration.

Les ONG d’aide aux réfugiés et aux migrants qui ne sont pas enregistrées par le ministère de la migration et de l’asile ne sont pas en mesure d’accéder aux demandeurs d’asile et aux migrants dans les installations où ils sont détenus et de fournir une assistance juridique et d’autres services aux populations qui en ont grandement besoin. La charge administrative liée à l’inscription au registre, souvent suivie de retards disproportionnés et de rejets injustifiés, fait également peser une pression financière et bureaucratique importante, en particulier sur les petites organisations. Les défenseurs individuels des droits de l’homme ne sont pas en mesure d’obtenir un enregistrement. Les avocats, dont les organisations n’ont pas été enregistrées, ne peuvent accéder aux installations qu’avec leur carte de l’Association du Barreau, et seulement après avoir soumis une demande préalable. Bien que je reconnaisse la nécessité de contrôler le flux d’accès aux installations, en particulier celles qui hébergent des enfants, j’ai le sentiment que les dispositions actuelles ont pour conséquence de priver les bénéficiaires d’une assistance importante, y compris, mais sans s’y limiter, l’aide juridique.

Je suis extrêmement préoccupée par les pertes de vies humaines et les souffrances humaines continues et évitables aux frontières internationales, tant sur terre qu’en mer, dont nous sommes témoins dans le monde entier. La situation est particulièrement désastreuse pour ceux qui sont obligés de s’engager sur des routes périlleuses pour chercher une protection internationale à l’étranger. Dans ce contexte, je suis préoccupér par la criminalisation croissante de l’aide humanitaire en Grèce. La solidarité ne devrait jamais être punie et la compassion ne devrait jamais être jugée.

Je respecte pleinement le droit du gouvernement de chercher à prévenir la traite et le trafic de personnes et de poursuivre les personnes impliquées dans ces actes. Cependant, j’ai le sentiment que les efforts visant à endiguer ces pratiques se sont faits au détriment des défenseurs des droits de l’homme, qui ont vu des poursuites et des procédures pénales engagées contre eux dans certains cas, simplement pour avoir fourni de l’eau ou de la nourriture aux personnes débarquant sur les côtes grecques, ou pour avoir mené des opérations de recherche et de sauvetage. S’il est important de prévenir et de punir la traite des personnes, ces efforts ne doivent pas être déployés d’une manière qui génère la peur chez les défenseurs des droits de l’homme et les conduit à l’autocensure et au retrait de certaines activités. Afin de ne pas être poursuivis à tort ou dépeints comme complices d’activités illégales, nombre d’entre eux ont réduit leurs opérations.

Les accusations portées dans les affaires pénales en cours contre des défenseurs des droits de l’homme sont fondées sur le Code des migrations (loi 4251/2014), qui met en œuvre le paquet du facilitateur de l’UE. Cette loi criminalise à la fois la facilitation de l’entrée et du transit irréguliers de ressortissants de pays tiers, ainsi que la facilitation du séjour conformément à la directive sur la facilitation[1]. Cependant, la loi grecque ne définit pas quels actes ou omissions constituent une facilitation à cet égard. L’article 29 du code des migrations, par exemple, prévoit simplement que « les personnes qui facilitent l’entrée ou la sortie du territoire grec de ressortissants de pays tiers sans effectuer les contrôles prévus par la loi » sont punissables. En raison de cette disposition excessivement large, un large éventail de comportements par ailleurs légitimes des défenseurs des droits de l’homme peut devenir la cible des autorités chargées de faire respecter la loi.

Coordonner l’aide humanitaire, par exemple en s’organisant pour être présent dans une zone où les navires de réfugiés arrivent afin de fournir les premiers secours, est une activité essentielle des défenseurs des droits de l’homme et extrêmement critique pour la vie de ceux qui arrivent sur la côte. Les dispositions du Code des migrations prévoient une exception à la punition (mais pas aux poursuites) pour les actions humanitaires à l’article 30 (6), qui est sans doute applicable dans les procès en cours. Cependant, le simple fait de faire l’objet de poursuites pénales et de procédures judiciaires constitue un lourd fardeau pour les défenseurs des droits de l’homme et a un effet dissuasif sur les autres.

De telles persécutions à l’encontre des défenseurs des droits de l’homme compromettent également la confiance du public dans la société civile, sabotent leurs activités de collecte de fonds et aboutissent souvent à l’autocensure ou à la cessation pure et simple de leurs activités.

Non seulement les défenseurs des droits de l’homme risquent des sanctions pénales pour leurs activités, mais ils évoluent dans un environnement de plus en plus hostile où le grand public est influencé par les discours négatifs de hauts fonctionnaires et par l’image défavorable qu’en donnent les médias grand public, qui associent souvent leurs activités à celles des trafiquants d’êtres humains et des réseaux criminels.

Je suis préoccupée par les informations faisant état de l’arrestation, de l’intimidation et des mauvais traitements infligés aux femmes défenseurs des droits humains dans les commissariats de police. Des défenseuses des droits humains ont rapporté avoir été amenées pour être interrogées à la suite de manifestations et avoir été détenues pendant plusieurs heures, sans accès à des matelas, en représailles à leurs activités pacifiques.

Les défenseurs des communautés LGBTI ont fait l’objet de menaces anonymes, d’attaques en ligne et d’agressions physiques pour leur travail, notamment de la part d’extrémistes d’extrême droite et d’autres personnes. Ils ont fait état d’un manque d’accès aux financements et au soutien du gouvernement et d’un climat général peu propice à leur travail. Certaines organisations travaillant sur les droits des LGBTI ont signalé des attaques contre leurs bureaux, y compris des incendies criminels, ainsi que des commentaires haineux sur les médias sociaux, souvent par des extrémistes d’extrême droite.

Je note le grand nombre de protestations et de manifestations qui ont lieu chaque jour, tant dans la capitale que dans d’autres régions du pays. Dans le même temps, je suis préoccupée par la législation introduite en juillet 2020 (loi 4703/2020 sur les rassemblements publics en plein air et autres dispositions), qui est problématique pour un certain nombre de raisons. Les principales dispositions de cette législation comprennent une obligation de notification, sans laquelle la manifestation peut être interdite ou démantelée. Elle introduit également des dispositions relatives à la responsabilité des organisateurs, qui peuvent être tenus responsables des dommages et blessures causés par les manifestants. Les dispositions de la loi fournissent également des motifs vagues pour justifier les interdictions ou les limitations des rassemblements. J’ai également entendu des défenseurs des droits de l’homme participant à des assemblées qui ont été confrontés à un usage excessif et inutile de la force par la police.

Je suis préoccupée par les informations selon lesquelles des défenseurs des droits humains, en particulier ceux qui soutiennent les migrants, les réfugiés et les demandeurs d’asile, sont la cible de commentaires hostiles, y compris de la part d’acteurs clés du gouvernement. Ils sont décrits comme des traîtres, des ennemis de l’État, des agents turcs, des criminels, des passeurs et des trafiquants. Ces déclarations, surtout lorsqu’elles émanent de hauts fonctionnaires, contribuent à une attitude globalement négative à l’égard du rôle et du travail des défenseurs des droits de l’homme, tant de la part de la population dans son ensemble que de la police et des autres agences concernées. Cela réduit d’autant l’espace dans lequel les défenseurs des droits humains peuvent opérer et peut avoir un impact sur leurs activités et contribuer à leur autocensure. La diffamation des défenseurs des droits de l’homme dans les médias, les campagnes de dénigrement et les menaces de mort en ligne et hors ligne font peser un lourd fardeau sur ceux que l’État devrait défendre en tant qu’alliés dans l’accomplissement de leur obligation de respecter, protéger et réaliser les droits de l’homme.

'accès de la société civile aux sites de débarquement et aux installations où sont détenus les migrants, les demandeurs d’asile et les réfugiés a été progressivement limité au cours des deux dernières années. Seules les ONG inscrites dans le registre du ministère des migrations peuvent accéder aux CIR et aux CCAC. En outre, à l’heure actuelle, la société civile et les acteurs humanitaires n’ont pratiquement aucun accès aux demandeurs d’asile sur les sites de débarquement. Certaines organisations ont été contraintes de fournir leurs services en dehors des camps, notamment la distribution de nourriture et les services médicaux. L’accès limité des avocats et des organisations fournissant une aide juridique aux demandeurs d’asile et aux migrants est particulièrement préoccupant. Si les avocats peuvent entrer dans les installations à titre individuel, mais seulement après en avoir informé les autorités compétentes un jour à l’avance, ils en sont empêchés en tant que membres de leur organisation, dans le cas où celle-ci n’a pas été admise au registre des ONG. Je salue les activités des ONG qui fournissent actuellement une aide juridique dans ces structures, ainsi que les avocats qui travaillent sans relâche au nom des bénéficiaires, mais il faudrait élargir le champ d’action et faciliter l’accès à ces structures.

Les journalistes qui s’opposent au discours du gouvernement sur la gestion des flux migratoires sont souvent soumis à des pressions et n’ont pas accès aux grands médias. Leur accès à l’information est limité, les demandes d’informations et de données des autorités, y compris des gouvernements locaux, restent souvent sans réponse. Les journalistes ont également un accès très limité, voire inexistant, aux installations où sont détenus les migrants, les réfugiés et les demandeurs d’asile, ce qui contribue au manque général de transparence concernant les politiques du gouvernement dans ce domaine. Les journalistes qui dénoncent la corruption font parfois l’objet de menaces, voire d’accusations.

Au cours de ma mission, j’ai rencontré de nombreuses personnes de bonne volonté et d’un engagement incroyable, réellement préoccupées par les droits de l’homme de tous. Toutefois, cette visite a confirmé qu’un environnement législatif et administratif restrictif, associé à des attitudes négatives envers la société civile, a également entraîné une diminution du suivi, de la transparence et du contrôle de l’action du gouvernement dans un certain nombre de domaines. Cette capacité de la société civile à documenter et, si nécessaire, à dénoncer les violations commises par le pouvoir exécutif est cruciale dans une société démocratique dynamique.

J’attends avec impatience de recevoir des informations relatives aux questions examinées au cours de ma visite, qui viendront étoffer mon rapport, mais en attendant, j’aimerais vous faire part de certaines de mes recommandations préliminaires :

. Mettre la loi actuelle sur la lutte contre le trafic de migrants (loi sur les migrations) en totale conformité avec le protocole des Nations unies contre le trafic de migrants par terre, mer et air. La législation actuellement en vigueur est excessivement large et vague, ce qui permet son utilisation abusive dans les procédures pénales et, dans certains cas, a conduit à la poursuite de défenseurs des droits de l’homme pour leur travail légitime en faveur des droits de l’homme.
Le gouvernement devrait reconnaître et saluer publiquement le travail légitime des défenseurs des droits de l’homme et les innombrables contributions qu’ils ont apportées à la promotion et à la protection des droits de l’homme. La création d’un environnement favorable, exempt d’intimidation et de lois administratives et pénales restrictives, est essentielle pour une société civile florissante.

Veiller à ce que le registre des OSC soutenant les demandeurs d’asile, les migrants et les réfugiés soit simplifié et rendu plus transparent, avec des délais précis pour toutes les étapes du processus et un cadre temporel clair sur le moment où l’on peut s’attendre à une décision d’inscription au registre. Si je conviens que l’enregistrement des ONG peut être nécessaire à des fins de contrôle de qualité et de protection, un tel système d’enregistrement ne doit pas être discriminatoire et ne s’appliquer qu’à un segment spécifique de la société civile.

Mettre en place un mécanisme indépendant de suivi et de contrôle pour superviser la gestion globale de la situation migratoire par le gouvernement. Si l’Autorité nationale pour la transparence a apporté des contributions appréciées dans la lutte contre la corruption, elle n’est pas équipée pour mener des enquêtes indépendantes sur la gestion des flux migratoires.
Veiller à ce que la Déclaration des Nations unies sur les défenseurs des droits de l’homme soit mise en œuvre et envisager de la transposer dans le droit national, afin de clarifier les idées fausses qui prévalent actuellement sur le rôle et les droits des défenseurs des droits de l’homme.

Merci.

FINS

[1] Directive 2002/90/CE

Traduit avec www.DeepL.com/Translator (version gratuite)

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Pinar Selek et la coordination de ses comités de soutien, tiennent à vous annoncer que la Cour suprême de Turquie vient de la condamner à la prison à perpétuité. Cette condamnation est bien sûr scandaleuse et avec Pinar, nous n’en resterons pas là. Ci.joint, notre communiqué de presse du 22 juin

Réfugiée en France, Pinar, sociologue et écrivaine, a expliqué dans Nice Matin qu’elle va saisir la Cour constitutionnelle et la Cour européenne des droits de l’homme. Nous l’accompagnerons sur ce chemin…

Justice pour Pinar Selek

Communiqué de presse

mercredi 22 juin 2022

Nous, collectifs de solidarité avec Pınar Selek, sommes choqués et révoltés par la décision grotesque et scandaleuse de la Cour suprême de Turquie qui vient de condamner l’écrivaine et sociologue à la prison à perpétuité

Absolument rien dans le dossier judiciaire ne tient debout, comme l’avaient démontré les quatre acquittements successifs(*).

Les conséquences pour Pınar en apparaissent d’autant plus inhumaines : la condamnation à perpétuité en elle-même d’une part, mais également les millions d’euros de dommages et intérêts qui vont désormais s’abattre et faire peser sur Pınar et sa famille une pression financière inouïe.

Nous, collectifs de solidarité avec Pınar Selek, restons pleinement mobilisés à ses côtés et allons mettre en œuvre tout ce qui est possible pour défaire cette décision inacceptable.

Dès maintenant, nous en appelons à l’État Français afin qu’il exprime son soutien ferme et entier à sa ressortissante Pınar Selek, qu’il proteste officiellement auprès des autorité turques et s’engage à protéger Pınar Selek contre toutes les conséquences potentielles de cette décision inique.

La Coordination des collectifs de solidarité avec Pınar Selek

contact : comitepinarseleklyon@free.fr

() Sociologue, écrivaine et militante de Turquie aujourd’hui exilée en France, Pınar Selek s’est engagée en* Turquie pour la justice, les droits de tou·te·s et contre la violence et le militarisme, et subit pour cela la répression de l’État turc depuis 24 ans.
En 1998, Pınar Selek est arrêtée et emprisonnée à cause de ses recherches. Elle est ensuite accusée d’avoir commis un attentat sur le marché d’Istanbul. Tous les rapports officiels d’expertise concluent à l’explosion accidentelle d’une bonbonne de gaz. Pınar Selek est acquittée à 4 reprises, mais à chaque fois l’État fait
appel.
Le seul témoin qui l’avait accusée d’avoir commis un attentat avec lui, un jeune homme kurde, s’est rétracté par la suite car ses aveux avaient été extorqués sous la torture, et il a été acquitté définitivement. Dans ce contexte, la poursuite des accusations contre Pınar Selek révèle donc son unique visée, qui est répressive

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