L’adolescent, qui affirme avoir 15 ans, «était à Amiens et ne sachant pas où dormir, s’est rendu au commissariat en se disant que les policiers pourraient lui trouver un hébergement», a expliqué à l’AFP Clémence Richard, responsable régionale de la Cimade Ile-de-France, chargée de la rétention.
«En lui prenant ses empreintes digitales, les policiers se sont rendu compte qu’il avait obtenu en mars un visa pour l’Espagne avec une identité de majeur, sauf qu’il avait en sa possession une carte d’identité malienne et un acte de naissance malien qui corroboraient la date de naissance qu’il donnait, c’est-à-dire le 5 octobre 1998», indiquant ainsi qu’il était mineur, poursuit-elle.
Les policiers «l’ont placé en garde à vue pour +faux et usage de faux+ et l’ont placé en centre de rétention alors que la loi interdit le placement en rétention des mineurs isolés et que l’article 47 du code civil prévoit que les actes d’état civil étrangers font foi jusqu’à ce que l’administration apporte le cas échéant, la preuve du contraire», souligne Mme Richard, affirmant qu’il s’agit d’une «interpellation parfaitement déloyale».
La Cimade ainsi que Médecins du monde, qui suivent le jeune homme, ont alerté le Défenseur des droits. L’institution a précisé à l’AFP avoir saisi jeudi le préfet de la Somme pour lui indiquer que le mineur, qui se trouve au CRA du Mesnil-Amelot (Seine-et-Marne), ne pouvait y demeurer.
«Jusqu’à hier (jeudi) soir, il n’y a pas eu d’intervention du Défenseur des droits», a-t-on appris auprès de la préfecture de la Somme, qui a ajouté ne pas avoir encore reçu de courrier.
«Les policiers ont procédé à deux auditions. Lors de la première, il a reconnu qu’il était né en 1980 et lors de la deuxième, il a reconnu que sa pièce d’identité malienne était un faux et qu’il avait eu recours au marché noir pour se la procurer», selon la même source.
D’après la responsable de la Cimade, le jeune homme s’exprime difficilement en français et n’a pas bénéficié d’interprète.