RAPPORT D’ÉTAPE DU DÉCONGESTIONNEMENT DE LA PRISON DE YAOUNDE

Peut –on être juste dans un monde des injustes ? En plein dans le dilemme entre les contrevenants(les acteurs qui définissent les normes d’incrimination et de sanction, des acteurs qui transgressent ces normes et des acteurs qui réagissent à ces transgressions)



Le fait que l’Etat ait pour mission d’assurer l’ordre public et la sécurité des citoyens vient de fait le déposséder du rôle de vengeur, même si c’est lui qui a le monopole de la vengeance, l’Etat sera-t-il alors violent vis-à-vis de ses propres citoyens sans avoir au préalable mieux cerner les contours entourant les mobiles d’une infractions, encore que jusqu’ici, la présomption d’innocence devrait être respectée. Comment comprendre alors que le non-respect de la réparation des bavures de l’état ne soit pas réparé.

Aux motifs de savoir ce sur quoi repose la surpopulation carcérale, l’on citera l’alourdissement des peines prononcées, l’allongement de la détention provisoire, la gestion manuelle des dossiers physiques des détenus, la soustraction des pièces des dossiers pénitenciers, la source de revenus pour certains agents du système pénitencier, les récidives, les fausses identités, la mauvaise appréciation des dossiers, les mauvaises charges des procès-verbaux d’audition des justiciables dans les unité de commandement.

Dans le but de palier à ce problème et de lutter contre l’encombrement déplorable des prisons et autres centres de détention, une équipe de 12 personnes, dirigée par 3 Magistrats et des greffiers du Tribunal de Première instance Yaoundé Centre Administratif, associée aux membres de l’association Brain Trust for Development and Culture, de ceux du CASS Nkolndongo et des sœurs de la divine volonté a menée une vaste opération de contrôle judiciaire par le biais de la réactualisation du fichier d’écrous des détenus relevant de cette juridiction.

Plus de 500 cas des 7 juridictions compétentes au sein de cette prison ont été porté à notre connaissance, mais comme nous avions uniquement le mandat pour une seule juridiction, c’est ainsi que nous avons traité en profondeur ceux de ses cas, sans négligé ceux des autres notamment ceux relevant du Tribunal d’Ekounou, ceux de la Grande Instance, et ceux du Tribunal Militaire. Dans quelques jours, après vérification et harmonisation des données, se tiendra la libération solennelle et uniquement de ceux des détenus de cette juridiction.

A la fin de cette activité, un constat se dégage à savoir, l’ELABORATION DE LA POLITIQUE PENALE ANTICRIMINELLE. C’est-à-dire la mise en place d’un référentiel des sanctions pénales stratifiées par lequel le corps social entend organiser les réponses à la question pénale, dans le but d’élaborer une stratégie à la fois juridique préventive et sociale répressive, afin de répondre pertinemment dans le respect des droits de l’homme, avec l’application des peines accessoires et mesures de sureté, des sursis dans des circonstances exceptionnelles et atténuantes prévus dans le code pénal et son code de procédure, afin de maintenir l’ordre social, d’endiguer et dempêcher la criminalité dans toute la mesure du possible de naître ou tout au moins de se développer. Car une justice pénale efficace, ne saurait être automatiquement faite essentiellement que de répressions, mais elle doit aussi se situer dans la perspective d’un rôle préventif, suffisamment structuré de façon à prendre à témoin, le corps social et le coupable lui-même, avant l’application de la peine exceptionnelle (privative de liberté), ceci pour contribuer à l’empêchement des infractions futures de la part du coupable et de tous ceux qui seraient tentés de suivre son exemple.

Le contenu du futur rapport portera sur la restitution du travail effectué par cette équipe, cachera les responsabilités partagées des cibles, présentera la méthodologie appliquée et décrira certains faits observés au cours de sa mise en œuvre au sein de la Prison Centrale de Yaoundé, période allant du 05 au 30 Septembre 2016.

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