Rétention administrative : le tribunal de Boulogne-sur-Mer à bout de
souffle
Coup de gueule des magistrats du tribunal de grande instance de Boulogne-sur-Mer qui demandent plus d’effectifs. Une de leurs difficultés : traiter les affaires de rétention administrative dans les 24 heures. Une situation liée à la crise migratoire que connaît le Calaisis.
Par Hélène Lancial | Publié le 04/06/2017
*Plus de 6 500 affaires. *C’est le nombre de dossiers que le tribunal de Boulogne-sur-Mer devrait traiter en 2017 dans le cadre de la rétention administrative (*), selon Xavier Puel, président du tribunal de grande instance de Boulogne-sur-Mer. Ce chiffre avait atteint 2 700 en 2016. « /Certains ont cru que le démantèlement de la <gao>jungle<gaf> <http://www.lavoixdunord.fr/65949/article/2016-10-27/les-questions-qui-se-posent-apres-le-demantelement-de-la-jungle> à Calais allait réduire l’activité de notre tribunal. C’est tout le contraire qui s’est produit. Les effectifs de police se sont redéployés sur le territoire, les arrestations de migrants et les placements en centres de rétention se sont multipliés/. »
« On a cru que le démantèlement de la «jungle» allait réduire l’activité de notre tribunal. C’est tout le contraire qui s’est produit. »
À cette situation est venue s’ajouter une réforme en novembre 2016 qui oblige les juges à *traiter les affaires de rétention administrative dans les 24 heures.* Résultat, des audiences se déroulent tous les jours, week-ends et jours fériés compris.
Un magistrat supplémentaire avait été nommé spécialement en prévision de cette réforme en septembre <http://www.lavoixdunord.fr/region/suractivite-liee-aux-migrants-deux-magistrats-en-plus-ia31b49030n3720773>. « /Mais ce n’est pas suffisant. Dans de grandes juridictions comme à Lille, Paris ou Marseille, où on peut atteindre 140 magistrats, il est plus facile de se réorganiser.../»
Et Xavier Puel de pointer du doigt la *spécificité du territoire* : une immigration de passage qui est structurelle, des trafics de drogue à démanteler... « /Des efforts ont été faits pour renforcer les effectifs de police et de douane. On aimerait qu’il en soit de même pour la justice./ »
(*) La rétention administrative permet de maintenir dans un lieu fermé un étranger qui fait l'objet d'une décision d'éloignement, dans l'attente de son renvoi forcé. La rétention est décidée par l'administration, puis éventuellement prolongée par le juge, lorsque le départ immédiat de l'étranger de France est impossible. Elle ne peut pas dépasser 45 jours. L'étranger retenu dispose de certains droits et peut recevoir l'aide d'associations.
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